Nous, catholiques, refusons de condamner « le genre »

Comité de la Jupe

Nous sommes des chrétiennes et des chrétiens, attachés au message de l’Évangile, et nous vivons fidèlement cet attachement au sein de l’Église catholique. Notre expérience professionnelle, nos engagements associatifs et nos vies d’hommes et de femmes nous donnent compétence pour analyser les évolutions des rapports entre les hommes et les femmes dans les sociétés contemporaines, et pour y discerner les signes des temps.

Nous avons pris connaissance des recommandations de notre Saint Père le pape Benoît XVI adressées au conseil pontifical Cor Unum, dans lesquelles il exprime son opposition à l’égard de ce qu’il appelle « la théorie du genre », en la mettant sur le même plan que « les idéologies qui exaltaient le culte de la nation, de la race, de la classe sociale ». Nous jugeons cette condamnation non fondée et infamante. Le refus qui l’accompagne de collaborer avec toute institution susceptible d’adhérer à ce type de pensée, est à nos yeux une erreur grave, tant du point de vue de la démarche intellectuelle que du choix des actions engagées au service de l’Évangile. Nous affirmons ici, avec la plus grande solennité, que nous ne pouvons y souscrire.

En premier lieu, elle est stérilisante. En effet, dans le domaine de la pensée, refuser de prendre connaissance de certaines œuvres, ou d’échanger des arguments avec certains partenaires sans montrer un a priori bienveillant et enclin au débat n’est pas le meilleur moyen de progresser et d’aller vers la vérité. Que serait devenu Thomas d’Aquin s’il s’était abstenu de lire Aristote, au prétexte qu’il ne connaissait pas le vrai Dieu, et que ses œuvres lui étaient transmises par des traducteurs musulmans ?

Par ailleurs, sur le terrain, savoir si l’on doit ou non collaborer avec des acteurs animés par d’autres idées que les nôtres est une décision qui ne peut être prise que localement et à un moment donné, en fonction des forces en présence et de l’urgence de la situation. Que serait devenue la lutte contre le nazisme et le fascisme, si les résistants chrétiens avaient refusé de se battre aux côtés des communistes, athées et solidaires d’un régime criminel ?

Si l’on en vient maintenant au fond du sujet, cessons de laisser dire que la notion de genre est une machine de guerre contre la conception de l’humanité qui est la nôtre. C’est faux. Elle est le fruit d’un combat social qui s’est développé depuis environ un siècle, au départ dans les pays développés (États-Unis d’Amérique et Europe), et dont les pays en développement commencent à ressentir les fruits, le combat pour l’égalité entre les hommes et les femmes. Ce combat social a stimulé la réflexion de chercheurs dans de nombreuses disciplines des sciences humaines, ces recherches ne sont pas closes, et ne constituent pas du tout une « théorie » unique, mais un champ diversifié et toujours en mouvement, qu’il ne faudrait pas réduire à certaines de ses expressions très radicales.

La vraie question n’est donc pas ce que l’on pense de la notion de genre, mais ce que l’on pense de l’égalité homme/femme. Et, de fait, la lutte pour les droits des femmes remet en cause la conception traditionnelle, patriarcale, inégalitaire, des rôles attribués aux hommes et aux femmes au sein de l’humanité. Dans les sociétés en développement en particulier, la situation des femmes est encore tragiquement inégalitaire. L’accès des femmes à l’éducation, à la santé, à l’autonomie, à la maîtrise de leur fécondité se heurte à des résistances puissantes des sociétés traditionnelles. Pire encore : c’est le simple droit des femmes à la vie, à la sécurité et à l’intégrité physique qui est dans certains lieux constamment menacé. On ne peut pas, comme le fait le pape dans ses interventions à ce sujet, prétendre que l’on salue comme un authentique progrès l’accès des femmes à l’égalité des droits, et continuer néanmoins de défendre une conception de l’humanité où la différence des sexes implique une différence de nature et de vocation entre les hommes et les femmes. Il y a là une contorsion intellectuelle insoutenable.

Comment nier en effet que les rapports homme/femme soient l’objet d’apprentissages influencés par le contexte historique et social ? Prétendre connaître absolument, et au mépris de toute investigation menée avec les acquis des sciences sociales, quelle part des relations homme/femme doit échapper à l’analyse sociologique et historique manifeste un blocage de la pensée que rien ne justifie. Derrière ce blocage de la pensée, nous soupçonnons une incapacité à prendre parti dans le combat pour les droits des femmes. Et pourtant, ce combat n’est-il pas celui des opprimées contre leur oppression, et la place des chrétiens n’est-elle pas tout naturellement de renverser les puissants de leur trône ?

S’élever a priori contre la seule utilisation de la notion de genre, c’est confondre la défense de l’Évangile avec celle d’un système social particulier. L’Église a fait cette erreur voici deux siècles et demi, en confondant défense de la foi et défense des institutions monarchiques, puis des privilèges de la bourgeoisie. En refaisant une erreur analogue, nous nous condamnerions à une marginalisation plus grande encore que celle qui est déjà la nôtre. Comment ne pas craindre que cette condamnation hâtive ne soit l’un des maillons d’une croisade antimoderniste visant à diaboliser une évolution contraire aux positions acquises de l’institution ?

C’est pourquoi nous en appelons, avec un souci brûlant, aux fidèles catholiques, aux prêtres, aux religieux et religieuses, aux diacres, aux évêques, pour qu’ils évitent à notre Église cette impasse intellectuelle et pour qu’ils sachent reconnaître, derrière une dispute sur des mots, les vrais enjeux de la lutte pour les droits des femmes, et la juste place de leur Église dans ce combat évangélique.

Anne-Marie de la Haye et l’ensemble du bureau du Comité de la Jupe

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Commentaires

@Christian, Je m'échine à répéter encore et toujours la même chose: il n'exist de théorie du gene que dans les fantasme de ceux qui caricaturent les études de genre, en particulier en prétendant qu'on "choisirait son genre". Impossible donc de dire que "la théorie du genre" affirmerait telle ou telle chose puisqu'elle n'existe pas. Ce qu'observent les études de genre c'est que bien des différences entre les hommes et les femmes son bel et bien liées à des différences culturelles, transmise par l'éducation, les usages, les moeurs… Il se trouve que ces études concourent à montrer que des opinions telles que "les hommes sont ceci" ou le "femmes sont cela" sont en fait des stéréotypes. Il se trouve qu'un certain nombre de ces stéréotypes ont été invoqués pour justifier des inégalités ente les hommes et les femmes. De ce point de vue, les études de genre contribuent à la lutter contre les inégalités. La question des "rôles spécifiques" est elle compliquée car le plus souvent, on observe que c'est une instance de pouvoir qui assigne tel ou telle à un rôle spécifique. Les états européens ont ainsi au cours du siècle dernier disposé à la fois de la chair des hommes qui ont été envoyés au combat et du ventre des femmes qui étaient assignées à la reproduction afin de remplacer les pertes des guerres. Pour autant, est-ce la "nature" des hommes de tenir des fusils et celle des femmes de laver des couches? Les études de genre déconstruisent nos stéréotypes cela nous libère et nous inquiète tout à la fois.

"Ne répondez pas trop vite : "Non, ce n'est pas pour moi" à la question de devenir, prêtre, religieux ou religieuse" (parole adressée aux confirmands par l'Abbé Jean Bondu Vicaire Épiscopal à la célébration du sacrement de la Confirmation, le dimanche 27 janvier 2013 dans l'église de Commequiers 85) ; j'adresse la même parole à notre Saint Père le pape Benoît XVI : ne rejetez pas trop vite la "théorie du genre" ; l'Histoire nous enseigne d'ailleurs que nous, les chrétiens, nous nous sommes trompés à bien des reprises dans nos condamnations ; un pape historien plutôt que théologien pourrait peut-être éviter de refaire les mêmes erreurs. "La pensée qui n'est pas une pensée complexe est une pensée erronée, elle nous condamne à vivre dans l'aveuglement." (Claude Régy dans LA VIE N° 3515) "La difficulté n'est pas de comprendre les idées nouvelles, mais d'échapper aux idées anciennes." (John Maynard Keynes)

je suis surpris. je pensais que la théorie de genre promeut le choix à chacun de choisir son sexe, de nier la différence sexuelle.j'entends que des parents donnent de prénoms asexués à leurs enfants pour qu'ils décident de leurs sexes. Dire que la culture, l'éducation façonnent des comportements hommes femmes me parait une évidence. chercher à redéfinir les roles est assurément libérateur. Mais est-ce essentiellement cela la théorie du genre? cordialement Gilles

@Gilles de la Simone, Et bien oui, vous avez raison d'être étonné. Ce que vous avez entendu, ce sont de excès absurdes, pour ne pas dire scandaleux, qui n'ont rigoureusement rien à voir avec les études de genre, gender studies, en anglais, qui en effet s'attachent à déterminer ce qui dans la culture et l'éducation façonne les comportement des hommes et des femmes. Ce dont vous parlez s'apparente plutôt à la "théorie queer". Vous pouvez le vérifier en consultant la notice "théorie queer" dans wikipédia http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_queer vou y lirez en particulier que "La théorie queer apparait au sein des études de genre, développé à partir du début des années 1990 aux États-Unis, au travers de relectures déconstructivistes, dans le prolongement des idées de Foucault et Derrida." Il est donc souhaitable d'user des termes qui conviennent. il n'existe pas de "théorie du genre" mais seulement des études de genre. Il existe aussi "la théorie queer" qui est une position militante particulière qui ne recouvre pas et de très loin le champ très vaste des études de genre.

BRAVO !

Tiens, revoilà donc l'Index! Ce qui est consternant, c'est que visiblement, Benoît XVI n'a pas lu les ouvrages qu'il incrimine; mais s'en ai fait faire des condensés ou résumés par des conseillers plus que partiaux. Aussi, ce n'est pas du temps perdu de contester cette lecture insensée, mais lira t-il cet article??? Il est curieux que précédemment, si le travail sur la construction des normes sent tellement le souffre, il n'y ait jamais eu d'anathèmes contre les oeuvres de Foucault et Bourdieu, pour ne nommer qu'eux ? Je recommande la lecture d'un ouvrage d'entretiens avec Judith Butler, intitulé "Humain, Inhumain, le travail critique des normes", où elle interroge comment nous humanisons ou déshumanisons nos semblables, par le discours, la perspective, et l'élaboration d'une "morale". A la lumière du 11 Septembre, elle pointe la différence de traitement entre les victimes de l'attentat, trés vite individualisés, avec leur portrait, leur situation familiale et leurs espoirs; et plus tard la masse informe des Irakiens, déshumanisée car présentée comme un conglomérat anonyme. Qui décidons nous qui vaille la peine d'être pleuré, demande -t-elle.Dans le cadre du conflit Israelo-Palestinien, des associations ont tenté d'envoyer à des journaux des nécrologies individualisées des victimes des tirs et bombardement de l'armée du Tsahal, rédigées comme les nécrologies américaines"nous pleurons X, père et grand'père, cultivateur; Y, dix ans, qui allait à telle école", etc...la censure n'a jamais accepté cette publication, car alors , l'Ennemi devenait Humain...A lire toutes ces passionnantes interrogations, on se demande en quoi la lecture de ces études serait toxique, bien au contraire; puisqu'elles évoquent comment nous pourrions devenir plus humains.Elles ont seulement le tort d'interroger AUSSI la déshumanisation et les dommages causés par les normes de genre(voir les panneaux"la France n'a pas besoin d'homosexuels", "homosexuels " étant vue comme une masse menaçante qui n'est pas sans rappeler le mythe du Juif des années sombres.Ne nous interdisons pas de penser, Dieu ne nous veut pas idiots!

Le Monde des Religions, comme semble-t-il le Pape (en la caricaturant), résume les études de genre à une théoricienne en particulier - Judith Butler et les réflexions "queer" - mais montre un plus grand souci des faits en lui reconnaissant une "préoccupation morale plus nuancée que ne semble le supposer l’Église". http://www.lemondedesreligions.fr/actualite/pour-benoit-xvi-la-theorie-du-genre-legitime-le-mariage-gay-et-la-pma-28-01-2013-2931_118.php Pour mieux comprendre la complexité et la diversité des études académiques sur le genre, voir par exemple : http://www.laviedesidees.fr/Genre-etat-des-lieux.html

Pour moi les choses sont simplicissimes : je refuse de souscrire aux injonctions du Pape Benoît XVI concernant le refus de collaborer avec "tous type d' institution susceptible d’adhérer à ce type de pensée" . Merci pour cet article, qui dit bien que s’élever a priori contre la seule utilisation de la notion de genre, c’est confondre la défense de l’Évangile avec celle d’un système social particulier. En effet, il est beaucoup plus urgent de promouvoir l'égalité homme/femme.

À propos des deux références indiquées par Gonzague: -l'article du "monde des religions" fait justement remarquer que ce que dit Benoît XVI de "la théorie du genre" est inexact. Mais cette expression (théorie du genre, au singulier) est en soi un mensonge: il n'existe pas une seule et unique théorie qui fait référence à la notion de genre. Et d'ailleurs, "Le monde des religions" ne mentionne que Judith Butler comme référence sur la notion de genre, ce qui participe de la même désinformation que les propos du pape. - L'article dans "la vie des idées" est très complet et très bien informé, mais sa longueur et le style (imbuvablement) universitaire risque de rebuter plus d'un internaute. Beaucoup plus court, limpide, mais évidemment simplificateur, on peut conseiller la fiche pédagogique rédigée par l'association Adéquations: http://www.adequations.org/spip.php?article1218

Il est toujours étonnant, lorsqu’on cite les études sur le genre, que l’on s’intéresse si peu aux travaux de Thomas Walter LAQEUR, Historien contemporain à l’Unversité de Berkerley(USA). Il a publié en 1992 : « La Fabrique du Sexe,le corps et le genre, depuis les Grecs juqu’à Freud » Puis en 2005 (traduction chez Gallimard) »Contribution à l’histoire culturelle de la sexualité ». Laqeur situe sa pensée sur deux niveaux : le niveau historique ; et le niveau « post –moderne », c’est à dire l’absence de discours dominant . On peut considérer qu’il a travaillé dans le sillage de Foucault et Derrida. Fils et neveu de médecins, il a travaillé, côté historique, sur la construction des faits sexuels à partir de la médecine au XIXéme siècle ; et la construction culturelle du sexe en général. Il analyse sexe et genre selon 2 modèles distincts : Le modèle « unisexe », où le genre est fondateur, et le sexe n’en est que la représentation ; Le modèle « 2 sexes » où le sexe (tel que nous le connaissons en Occident) devient fondateur ; le genre social n’en étant plus que l’expression. Mais il précise que dans le monde unisexe ; comme dans le monde bisexué,le sexe est de l’ordre de la situation : il ne s’explique que dans le contexte de bataille autour du genre et du pouvoir. Selon lui, il en va du sexe comme du phénomène d’être humain ; c’est un phénomène contextuel. Et aucun ensemble de faits historiquement donnés ne justifie la représentation(majoritairement occidentale) de la différence sexuelle au XIXéme siècle. C’est là un résumé très bref, et sûrement très lacunaire, de la passionante approche de Laqeur. Mas comment se fait il qu’il n’ait pas encouru les foudres vaticanes ? et qu’il soit si mal connu ? Si le fait pour Butler d’être une femme rentre en jeu, pourquoi ne se souvient on pas qu’une des premières auteures à introduire la notion de sexe et genre dans les études féministes a été Kate Millett dans « La Politique du Mâle » (1970) ? Tout cela montre l’inanité de la notion de « théorie du genre ». Il s’agit en fait de tout le travail philosophique et historique sur la déconstruction des normes.

Intéressant ! Alors la théorie du genre n'affirmerait pas qu'on peut choisir son genre, mais qu'il y a égalité entre les hommes et les femmes ? Quelle égalité cependant ? de dignité OK, de capacité à tenir les mêmes rôles dans la société ? sans doute pour la plupart, mais sans gommer les différences qui, parfois, engendre des rôles spécifiques !

J’ai comme l’impression qu’il y a une grande confusion sur les études du genre. Dans son livre « Le genre démasqué » Élizabeth Montfort* semble donner raison à Benoit XVI en affirmant qu'il existe bien la théorie du genre mais aussi les études du genre . * https://www.youtube.com/watch?v=pOubDnUAw-w * https://www.youtube.com/watch?v=OQ2edlerjA0

@Gloria Mandata Vous allez chercher quelqu'un qui a précisément assis sa notoriété sur la condamnation des ce qu'elle nomme la théorie du genre,. Elle le fait comme catholique pratiquante, se réfère à Jean Paul II et n'est en aucun cas une universitaire. C'est une militante. Elle fait donc ce que nous pointons du doigt. Elle fabrique un épouvantail. Ensuite, elle crie "il est épouvantable, brûlons-le!" Il y a effectivement confusion sur les études de genre confusion qui est entretenue à dessein par ceux qui s'acharnent à inventer des "théories" qui n'existe que dans leur fantasme. Ce doit être la vingtième fois que j'écris cela!

@Christian: les deux questions cruciales sont: A partir d'où la différence est pensée ?,; qui en élabore le discours? A partir de ce discours normatif,élaboré, en général par la classe/race/genre dominant; quelle est la marge de manoeuvre des individus auxquels on assigne une place donnée, justifiée par un "ordre"immuable, et un savoir accaparé par le dominant?

L'Eglise institutionnelle serait elle, en effet, une fabrique d'épouvantails? Une amie comédienne évoquait récemment l'excommunication des comédiens, qui a duré fort longtemps...A suivi l'excommunication des divorcés; l'interdiction d'obsèques religieuses des malheureux suicidés; la condamnation du marxisme..Il semble y avoir toujours des pensées, des interrogations, des satires, qui sentent le souffre. Quel mépris pour l'intelligence humaine, pour la conscience des fidèles! Mais l'Eglise catholique n'est pas seule dans sa rage de censure: des Amish aux islamistes intégristes, on trouvera toujours des personnes qui , au mot "culture", sortent leur révolver au nom de Dieu... Soyons rassurées, le Christ est étranger à ces machines à exclure et condamner.

Allons-nous vers des sociétés matriarcales ? Personnellement, je crois que ce serait une bonne chose...jusqu'au jour où les hommes se révolteront, tellement ils seront asservis par les femmes. Mais qu'est-ce que l'homme ? Qu'est ce que la femme ? Dans quelques décennies, comment allons nous distinguer un homme d'une femme ? Cela m'angoisse, mais c'est déjà une question d'un autre âge. "...défendre une conception de l’humanité où la différence des sexes implique une différence de nature et de vocation entre les hommes et les femmes"...plus personne n'y songera ! D'autant plus que la notion de nature aura totalement disparu. Attention, un genre peut en cacher un autre.

Christine ne cesse de répéter que "la théorie du genre" n'existe pas, et je confirme que ce qu'elle en dit est strictement vrai. Vous pouvez d'ailleur relire l'intervention de Françoise Héritier, professeur au Collège de France, devant la Délégation eux droits des femmes, le 16 octobre 2011 (lien sur la page d'accueil de ce site) elle ne dit pas autre chose. Pour ma part, j'ai été 25 ans chercheur au CNRS, sept ans professeur des universités, et sans être une spécialiste des études de genre, j'en étais assez proche pour savoir de quoi je parle: je vous assure que, dans ce domaine comme dans tout champ de recherche tant soit peu intéressant, la diversité des théories est le combustible qui alimente le plaisir de chercher. Parler de "la "théorie du genre au singulier est une supercherie. L'oeuvre de Judith Butler, qui semble être la bête noire de Benoît XVI, existe effectivement (mais les analyses de cet auteur ont évolué au fil des années, et donc là aussi le singulier est trompeur) mais ne représente qu'une composante parmi d'autres de ce champ très hétérogène.

Je viens de relire l'intervention de Françoise Héritier, que je n'avais pas relue depuis sa parution sur notre site, et je m'aperçois que F. H. utilise l'expression "théorie du genre", au singulier, ce qui semble me donner tort. En réalité, si on lit attentivement cette intervention et la discussion qui suit, on s'aperçoit que, derrière cette expression commode, il s'agit de toute autre chose que ce qui est dénoncé par le pape. Non pas une théorie abstraite, non pas un ensemble de propositions reliant des concepts entre eux dans un tout cohérent, non pas une idéologie, mais un champ de recherche très diversifié, des gens relevant de disciplines scientifiques variés, et qui tous, selon les règles de leur domaine, soumettent leurs hypothèses à l'épreuve des faits. Au passage, F. H. évoque les oeuvres de Judith Butler, sans leur accorder ni grande importance ni grande dangerosité. Ce qui n'est pas possible n'est pas dangereux, dit-elle en substance. Et cette réfutation rapide de Butler ne l'empêche éidemment pas de continuer à utiliser la notion de genre. C'est l'exact opposé de la position de Benoît XVI. Pour le Pape, si vous utilisez la notion de genre, vous êtes nécessairement un adepte de Butler, donc, vade retro satanas! Pour F. H., on ne peut pas se passer de la notion de genre, mais on peut très bien se passer de Butler, et ce n'est pas un problème.

Euh... excusez moi de multiplier les messages... je viens seulement de lire celui de Béa. Qu'est-ce que c'est que ce rêve (ce cauchemar? ) d'un société matriarcale??? Quand on lutte contre un système hierarchique, ce n'est pas pour le remplacer par un autre!

Je voudrais en profite pour vous poser quelques questions puis que vous semblez bien connaitre ces questions. Puisque vous semblez dire que les études du genre sont aux sciences humaine et social ce que la recherche appliqué est aux sciences naturelles. -Qu’ont été les applications directes de ces études (qui durent depuis 30 ans) dans notre vie quotidienne? -Est-ce que pour vous la légalisation de l’homoparentalité dans quelques pays occidentale n’est pas justement le fruit de ces études ? -Qu’ont –ils en commun ces études du genre ? Autrement dit existe-il des concordances entres ces études ? -Existe-il des spécialistes de ces questions qui sont par exemple opposé à l’homoparentalité ou qui comprennent la position de l’Eglise sur la question de l’ordination des femmes ? -Est-ce que les études du genre remettent en question notre lecture de l a Bible (je pense notamment au récit de la Genèse ou à certains épitres de saint Paul).

P.Morvan, d'autres que moi répondrons peut-être à vos questions, je soulignerai cependant qu'elles sont appuyées sur un présupposé amusant, c'est qu'au fond, elles seraient légitimes si elles donnaient raison au pape etc… Il se pourrait aussi que leurs résultats montrent que nombre de propositions catholiques traditionnelles sont en fait insoutenable. Je vais prendre un exemple, c'est un peu comme si, il y quatre siècles vous aviez demandé si les recherches des scientifiques comme Galilée pouvaient appuyer le fait que le soleil tourne autour de la Terre. Sinon, sachez quand même que les études de genre sont issue des travaux de ce qu'on appelle la "french theory", Foucault, Derrida, Gattary, Deleuze, tous considérés comme de grands ennemis par le catholicisme classique parce que maîtres de la déconstruction et donc promoteurs, ô, horreur du pire "relativisme". Mais rassurez-vous,vous pouvez retourner dormir sur vos deux oreilles appuyé sur Aristote et Thomas d'Aquin. Chutt, dormez bien! le monde tourne mais vous pouvez l'ignorer.

Du côté catholique, – bien que ce ne soit pas la tendance majoritaire – on essaie parfois de connaître les études de genre et de s’y intéresser, en permettant à des universitaires de toucher un public plus large. A ce propos, on peut saluer l’initiative des Semaines sociales de France, qui ont rassemblé trois mille personnes, et le thème de cette année, « Hommes et Femmes, la nouvelle donne ». Le premier jour, l’historienne Michelle Perrot a rappelé la teneur de ses travaux, elle a dirigé avec Georges Duby la publication d’une Histoire des femmes en Occident. Elle a désiré sortir les femmes de l’invisibilité dans laquelle elles étaient reléguées. Cet ouvrage, accessible au grand public, débordant l’espace universitaire, a contribué à vulgariser les études suivant le genre et à en montrer la fécondité. Avec la condamnation de Benoit XVI, le danger est de diaboliser le terme auprès des catholiques, de les pousser à refuser ce type d’études, largement accepté par la communauté des universitaires. Les catholiques seraient alors, encore un peu plus, en marge de la modernité. Bien sûr, les études de genre montrent la diversité des rôles et des fonctions suivant le contexte historique, culturel, elles portent en elles le germe du relativisme, toujours suspect aux yeux de ceux qui parlent de nature humaine invariante. Elles insistent aussi sur les rapports de pouvoir, montrant souvent comment la domination masculine se traduit dans les structures ; elles permettent aux femmes une analyse clairvoyante, de nature politique et leur donnent des outils intellectuels dans leur émancipation. Mais qui s’en plaindrait ? L’Eglise, au cours de son histoire, a beaucoup utilisé le concept de «loi naturelle» - qui me semble hérité du stoïcisme antique. Peut-on le garder ? C’est aux théologiens qu’il revient de répondre, mais à nouveaux frais, en tenant compte de la situation de la philosophie moderne et des sciences humaines. C’est un grand effort intellectuel qui est demandé. Benoît XVI lui-même parle de la nécessité d’allier la raison et la foi. Le Christianisme contemporain, décidément, ne devrait pas avoir peur des études de genre. Au cours de son histoire, il a su dialoguer avec d’autres courants intellectuels. A cet égard, la « disputatio » qui a eu lieu dans la cathédrale de Rouen, il y a quelques années, entre le sociologue Eric Fassin et la théologienne Véronique Margron est exemplaire.

Avant de répondre à P. Morvan sur les résultats et les applications possibles des études de genre (je le ferai à tête reposée , sans doute demain) je voudrais tout de suite souligner que certaines de ses questions impliquent des confusions. 1) l'objet premier des études de genre n'est pas l'orientation sexuelle. Quand on parle de rapports sociaux entre les hommes et les femmes, il ne s'agit pas seulement des rapports sexuels! 2) quand les chercheurs en sciences humaines travaillent sur une question, ce n'est pas nécssairement, pas uniquement, et souvent même pas du tout, avec l'intention d'agir sur la société.Le but d'une recherche n'est pas d'être utilisée, le but est de comprendre la réalité. L'action sur la société, c'est l'affaire des politiques, ou des gens engagés dans des associations, pas l'affaire des chercheurs. Et le même "résultat scientifique" peut donner lieux à des "applications" fort diverses, selon les groupes qui décident de s'en servir. Les chercheurs ne sont pas responsables des applications que l'on fait de leurs travaux. 3) il y a des chercheurs qui expriment publiquement leurs convictions sur les problèmes sociaux du moment. D'autres qui ne le font pas. Ce sont deux domaines d'activité distincts. Un chercheur peut faire des découvertes remarquables et prendre des positions politiques stupides; et inversement. Vous ne pouvez pas juger du sérieux d'un travail scientifique par la façon dont le chercheur s'engage en matière politique. 4) Pour ce qui est de l'interprétation des textes bibliques, les exégètes n'ont pas attendu la sociologie contemporaine pour comprendre qu'un texte est écrit par un être humain inscrit dans une société donnée à une époque donnée. Ce qui n'empêche pas que les textes soient des expressions de foi où nous pouvons puiser la nôtre. De toute façon, notre foi aussi est incrite dans son contexte social et historique.

A Anne-Marie de la Haye. Le matriarcat peut être un rêve, j'estime que l'autorité féminine est nécessaire dans ce monde qui deviendrait, pour le coup, moins violent. Mais ce sera effectivement vite un cauchemar dans notre société où les femmes ont appris à se conduire comme des hommes. Une vraie société matriarcale peut mettre des siècles à réussir !

@Patric Morvan: il n'y a jamais d'applications directes, dans la vie quotidienne, de travaux de recherche. Ce ne sont pas des théorèmes, dont on pourrait vérifier le bien fondé par des applications concrètes. Nous ne sommes pas dans le domaine mathématique. Mais des groupes, des personnes, peuvent s'appuyer sur eux pour poser le bien-fondé de certaines luttes. Tout le travail critique des normes concerne l'ensemble des normes sociales, dans des cultures et à des époques données, et donc bien d'autres sujets que la sexualité, comme les notions de maladie mentale, ou le traitement des personnes sans domicile ou en état de mendicité. Mais ce travail interroge constamment le rapport entre normes et pouvoir. Quelle que soit la nature du pouvoir. Les études sur le genre poursuivent ces interrogations.C'est pourquoi elles ont été reprises par autant d'auteures féministes ou impliquées dans les mouvements de libération des femmes. Les luttes de femmes sont la bête noire des religieux(pas des religions, distinguo)et des conservateurs, car les normes de genre sont les plus ancrées, et les plus tenaces, et les remettre en question ébranle le socle de la première désignation à une place figée. Les chercheuses qui étaient à la fois féministes et homosexuelles ont énormément contribué à élargir le champ de ces études.Il s'en est tout de même suivi, peu à peu, dans la société concrète, un changement de vision sur ce qu'était une femme, ne fut ce que parce que les femmes avaient une pensée propre et visible, même si leurs idées étaient combattues.

J'avais promis de répondre plus concrètement à certaines questions de P. Morvan. Voici donc quelques éléments de réponse à la question "quelles sont les applications de ces études". -Dans le domaine des stéréoptypes diffusés par les manuels scolaires, un gros travail a été commencé, sous l'impulsion d'Yvette Roudy dès 1981 (Hé oui, c'est un travail de longue haleine...) pour que ces manuels donnent une image moins étroite des rôles masculins et féminins. Je dis, très modestement "image moins étroite", parce que je ne crois pas qu'il soit possible d'éliminer complètement les images stéréotypées, que ce soit dans les manuels scolaires ou n'importe où; mais on peut essayer d'en réduire l'impact. Sur ce sujet, il y a eu concertation entre les éditeurs, les représentants du ministère de l'éducation, et ceux des syndicats d'enseignants. Les manuels ont un peu évolué, mais très peu. Une étude commanditée par la Halde en 2008-2009 (vingt-sept ans plus tard...)aboutit à une conclusion pessimiste: "Les manuels toutes disciplines et tous niveaux confondus sont très majoritairement ségrégationnistes dans la mesure où ils proposent une vision extrêmement sexuée des rôles et des espaces affectés à chacun des sexes. Les femmes sont très rarement représentées dans des contextes qui ne tiennent pas compte de leur appartenance au "groupe des femmes" ". L'effet des recherches est donc essentiellement de rendre les pouvoirs publics et les enseignants davantage conscients de la nécessité de lutter contre les stéréotypes. Mais le travail qui reste à faire est immense. http://www.adequations.org/spip.php?article1247 http://www.snes.fr/L-image-des-femmes-dans-les.html- Le monde du travail fait aussi partie des domaines où les études de genre ont montré l'omniprésence de la domination masculine, et l'emprise des rôles traditionnels, fût-ce au prix d'une perte des talents féminins potentiels, lesquels talents pourraient être au service du développement économique... Une évolution positive doit être soulignée: la loi stipule actuellement que: ": il est interdit, dans une offre d’emploi, de mentionner le sexe du candidat recherché, sauf si l’appartenance à l’un ou l’autre sexe est la condition déterminante de l’exercice d’un emploi". - toujours dans le domaine du travail, l'évolution de la législation sur le harcèlement sexuel est sans doute une conséquence de travaux sur le genre. - S'agissant de la répression des crimes et délits sexuels, la difficulté ne tient pas seulement à la rédaction de lois non sexistes, mais à la façon dont les victimes éventuelles sont accueillies et entendues. On ne compte plus les témoignanges de femmes victimes d'atteintes sexuelles qui disent avoir été traitées comme des coupables, ridiculisées ou simplement négligées. Toutefois, la formation dispensée aux futurs policiers et gendarmes tient davantage compte qu'autrefois du respect dû aux victimes. Les règlements stipulent qu'une femme qui dépose plainte pour viol ou agression sexuelle peut, sur sa demande et si cela est possible, être entendue par une fonctionnaire femme. Le fait que cette recommandation soit écrite dans les règlements montre que l'institution policière et judiciaire commence à être consciente que, pour lutter contre les crimes et délits sexuels, il faut d'abord que l'institution ele-même n'en soit pas complice dans son fonctionnement quotidien. Voilà, c'étaient quelques exemples d'effets des études de genre sur la réalité sociale actuelle.

Chère Anne-Marie de la Haye; Je viens de me plonger dans les écrits de E Fassin , j’en ressort encore une fois choqué pour moi ces études sont vraiment fruit de l’athéisme contemporain ,c’est du moins l’impression qu’elles me donnent (la preuve est que leurs spécialistes sont quasi athée) j’ai donc du mal à comprendre comment on peut les concilier avec la foi chrétienne surtout catholique (mais vous y arrivez donc tant mieux pour vous ) . Je ne dis pas que tout y est faux. Pour prendre une comparaison les études du genre c’est comme les recherches sur les embryons… pour moi la fin ne justifie pas les moyens.

@P.Morvan; Avant vous, beaucoup se sont récriés à l'idée que la terre était ronde, qu'elle tournait autour du soleil, que l'univers avant 15 milliard d'années et que les hommes étaient issus d'un lent processus d'évolution. ça ne rend personne athée, sauf si l'on met Dieu dans le rôle d'un petit mécanicien tireur de ficelle. Avec des raisonnements comme le vôtre des taliban ferment des écoles et des universités… pour sauver Dieu et lutter contre le blasphème. Détendez-vos et allez voir "Lincoln", au cinéma. Vous verrez par exemple comment on y défend l'esclavage au nom de la loi naturelle. Et en effet, la dernière défense de l'esclavage dans un texte romain date de 1860. Il y est dit conforme à la moi naturelle. La défense de la différence entre les hommes et les femmes au nom de cette fameuse et fumeuse loi naturelle et aussi absurde que la défense de la "différence" entre blancs et noirs qui était l'un des soutien de l'esclavage.

Cher Patrick Morvan. Comme vous l'a déjà dit Christine, vous avez le "chic" pour trouver les références qui vous conforteront dans votre conviction initiale... Certes, vous avez fait l'effort (bravo, j'imagine que c'était dur...) de lire un auteur très impliqué dans les études de genre. Et vous avez été choqué. Pourquoi? J'imagine, parce que vous avez trouvé dans ses écrits ce que vous avez ressenti comme une apologie de l'homosexualité, et, pour vous, l'homosexualité, c'est le diable. Je crois qu'il est trop tôt pour que vous puissiez changer de regard sur l'homosexualité, je n'essaierai donc pas de vous convaincre là-dessus. Revenons plutôt aux exemples que je vous donnais dans mon précédent message. Trouvez-vous que c'est une bonne ou une mauvaise chose de réidger les manuels scolaires de façon qu'ils ne cantonnent pas les femmes aux rôles de mère de famille, de puéricultrice ou de femme de ménage, qu'ils ne cantonnent pas les hommes aux rôles de chauffeur routier, de chef d'entreprise ou de commandant de navire? Si vous estimez que c'est une bonne chose, je vous dis, moi, que cet effort- qui ne fait que commencer- n'aurait pas été possible sans l'existence de recherche sur le genre. Même chose si vous estimez qu'il est bon de ne pas discriminer les candidats à un emploi selon le sexe, qu'il est bon d'empêcher les cadres de profiter de leur autorité pour coucher avec leurs subordonnées, qu'il est bon d'accueillir avec respect les victimes d'aggressions sexuelles. Ces évolutions de nos moeurs, si timides soient-elles encore, n'auraient tout simplement pas eu lieu du tout sans l'existence de recherches sur le genre. Si vous voulez du genre "soft", des recherches qui ne heurtent pas votre difficulté à admettre qu'on puisse être homosexuel et normal, il y en a des bibliothèques entières depuis plus de trente ans, mais il s'agit d'articles publiés dans les revues scientifiques, la plupart du temps en anglais (même quand les auteurs ne sont pas anglophones!) et rédigés dans un style qui n'est pas fait pour séduire le grand public. À titre de simple illustration vous pouvez essayer de lire le texte à l'adresse ci-dessous: http://www.inrp.fr/biennale/8biennale/contrib/longue/111.pdf Je ne connais pas l'auteur, je ne dis pas que ce travail soit particulièrement génial ni révolutionnaire, c'est juste un exemple de "ce qui se fait" dans les travaux universitaires sur le genre. Où voyez-vous que ce soit "le fruit de l'athéisme contemporain"? . Il s'agit simplement d'étudier, avec les règles des SCIENCES humaines, la façon dont les normes sociales modèlent les relations entre les hommes et les femmes. Et, j'insiste, quand on parle de "relation entre les hommes et les femmes", cela inclut bien sûr les relations amoureuses et/ ou sexuelles, mais cela ne s'y limite pas. Notre conversation présente est une interaction entre un homme et une femme. Arrêtez donc de voir le diable partout. D'ailleurs, vous savez aussi bien que moi que le diable (s'il existe, mais même s'il n'existe pas, l'oeuvre quo'n lui attribue, elle, existe effectivement), le diable, donc, se trouve généralement là où on ne l'y attend pas. Sa ruse favorite est de se déguiser en pieuse personne.

@Christine: Oui, j'ai moi aussi , dés que j'ai vu le film, fait le parallèle; puisque le 13éme amendement est vu comme une "insulte à Dieu". Cependant, je rectifie, il ne s'agit pas de différence voulue par Dieu, mais d'INÉGALITÉ. Cette même inégalité entre riches et pauvres, soi disant aussi voulue par Dieu, en Europe, et qui a causé tant d'anticléricalisme chez ceux qui défendaient (à juste titre) un meilleur partage des richesses et plus de justice.

Le texte proposé par Anne-Marie me renvoi l'image souriante d'un Pt de fédération du BTP avec lequel j'avais rendez-vous il y a 20 ans! Ce rendez-vous fut entrecoupé par une courte séance de signatures urgentes dont un diplôme d'artisan mention très bien en plâtrerie, décerné à une jeune fille. Le Pt me signala, en aparté et avec ce sourire mémorisé, sa satisfaction qu'aujourd'hui une fille se mesure avec succès à des garçons, portant le plâtre à l'épaule jusqu'au plafond et l'étalant à bout de bras. Allons M Morvan, le monde continue d'évoluer. Le peuple juif n'a pas tué jésus, les noirs sont des êtres humains, l'homosexualité n'est plus une tare de la nature, et le refus des questions de genre, au cœur d'un psychodramme franchouillard, ne va pas tarder à faire sourire. C'est en tous cas ce que constate Jean-François Debiol -ex UMP Lyonnais viré, tendance droite catho d'avant guerre- qui a invité pour la Toussaint 2012 à Paray Le Monial un curieux conglomérat afin de préparer, en catimini, la grande manif de janvier. Son invitation constate en effet d'entrée la grande solitude de sa tendance intellectuelle dans la société: "Notre visibilité et notre impact dans la société française diminuent avec le temps, au même rythme d’ailleurs que s’amenuise la catholicité de notre société. Ainsi, des 5% de Philippe de Villiers aux élections présidentielles de 1995, nous sommes passés au 1% de Christine Boutin en 2002 tandis que, dix ans plus tard, il est devenu impossible aux candidats désireux de défendre nos valeurs de recueillir les 500 signatures fatidiques." Pour les curieux des dessous de cette manif, article sur cette réunion ... http://www.rue89.com/2013/01/13/paray-le-monial-etrange-seminaire-plutot-que-grand-complot-238553 ... et courrier d'invitation, programme de travail et liste des personnes "pressents" (pas présentes, pas pressenties!) http://antifa-net.fr/wp/mariagepourtous-reunion-secrete-du-lobby-anti-mariage-gay/invitation-paray-2012-2/

Chère Anne-Marie de la Haye ; Merci pour le texte. Je tiens à dire que je n’ai jamais dit que l’homosexualité était le diable cette expression ne veut d’ailleurs rien dire .Si vous voulez savoir pour moi, l'homosexualité n'est ni un destin, ni un choix. C'est une blessure parmi la foule de blessures humaines de nature très diverse qui nous limitent dans notre rapport à l'autre, tous autant que nous sommes. Désirer une personne du même sexe ce n'est pas, ce n'est jamais, cela ne peut pas être le signe que l'on est quelqu'un de limité, handicapé de la relation ou du bonheur , incapable d'aimer en vérité. Par contre, oui, l'acte homosexuel en soi est limité. Et pour revenir aux études du genre avant de vous donner mon avis sur ce texte je voudrais d’abord vous suggérer une toute petite vidéo (*) qui parle des études de Gerianne Alexander (Pr à Texas A&M University de psychologie ) qui reflète un peu mon avis sur cette question. (Attention je ne parle pas de l’interprétation qu’en fait le Dr Jean-David Ponci dans la vidéo). (*) https://www.youtube.com/watch?v=VFVtR0U4gSs

Cher Patrick Morvan. Merci pour la video de Gérianne Alexander. Très intéressant en effet. Vous semblez vous réjouir des résultats parce qu'ils prouvent qu'il y a des différences entre les filles et les garçons. Les auriez-vous contestés s'ils n'en avaient pas trouvé? Les scientifiques ne choisissent pas leurs résultats, seulement leurs méthodes... Sans discuter en détail cette recherche (il faudrait pour cela un compte rendu détaillé de la méthode), je rappelle simplement qu'une différence précoce n'est pas nécessairement une différence innée. Et je confirme que, avec cet exemple, nous sommes bien dans le domaine de recherche qui concerne le genre. Je reviens sur l'expression que j'ai employée et qui vous a déplue (l'homosexualité c'est le diable). Je me suis laissée aller à de l'ironie facile, je retire cette ironie. J'ai une excuse: vous aviez écrit, après avoir lu Eric Fassin, que ce courant de recherche était "le fruit de l'athéisme contemporain", sans expliquer pourquoi vous le voyez ainsi. J'avait fait l'hypothèse que c'était la place occupée dans ce courant par la prise de parole des homosexuels. Si j'ai fait erreur, pouvez-vous préciser pourquoi vous faites un rapport entre études de genre et athéisme? Et d'ailleurs, est-il donc impossible que des penseurs athées aient à certains égards raison? Au-delà de cette discussion personnelle entre vous et moi, et pour revenir à l'objet du texte mis en ligne par le "comité de la Jupe": on a parfaitement le droit (comme en tout débat d'idées) de ne pas être d'accord avec telle ou telle prise de position de tel auteur qui utilise la notion de genre. En revanche, refuser toute pertinence à un énorme champ de recherche, pour la raison que telle prise de position de tel auteur vous paraît choquante, c'est une attitude obscurantiste. Pour donner un autre exemple, plus représentatif et plus sérieux, de l'ampleur de ce champ de recherche voyez la revue "Sex roles", qui existe depuis (sauf erreur) une quarantaine d'années), qui n'est pas une revue militante, dont le contenu est accessible en ligne. Le numéro de janvier-février 2013 traite des différences de rémunération liées au sexe. Estimez-vous qu'il faut cesser ce genre de recherche? La condamnation formulée par le pape contre "le genre" tombe aussi sur "Sex roles". C'est tout simplement stupide. Non, je ne peux pas. http://link.springer.com/journal/11199/68/3/page/1

P. S. Quand j'ai écrit "plus représentatif et plus sérieux", je faisais allusion à ma citation précédente de Marie-Christine Tozsek, pas à Gerianne Alexander, qui me semble tout à fait sérieuse!

Bon, il est temps de siffler la fin de la récré, Les trolls ne sont pas les bienvenus, alors, Fred alias Morvan, ça suffit! Je vous rouvrirai l'accès à ce site quand interviendrez honnêtement avec une adresse électronique valide. En attendant, allez troller ailleurs.

Patrick Morvan, vous demandez des applications concrètes dues aux études sur le genre... J'aurais envie de dire comparez la vie quotidienne de nos jours et il y a deux ou trois générations : le simple fait que les femmes puissent travailler professionnellement et garder le fruit financier de leur travail, que des métiers dits "masculins" soient ouverts aux femmes et cela avec succès, la responsabilité parentale accordée aux mères, la mixité dans les établissements scolaires, etc... Je me souviens quand j'étais adolescente, et je ne suis pas si vieille que cela, avoir entendu mon père vitupérer contre la mixité scolaire, en disant que les garçons allaient être retardés par les filles, puisque, tout le monde le sait, c'est dans leur nature, elles sont moins intelligentes que les garçons ! Tout ceci qui fait partie de notre quotidien ne l'était pas il y a quelques années, et ne l'est toujours pas dans un certain nombre de pays. Les études faites sur ce qui relève de la nature et ce qui relève de la culture ont un impact sur notre société. Bien sûr, il y a des "dommages collatéraux", des abus, etc... mais ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain : le travail sur le genre donne aussi de bons fruits. Mais, bien sûr, je suis une femme, et j'aime mieux ma vie que celle qu'ont eu ma mère ou mes tantes. J'avais lors de mes études entendu parler du "gender", mais jamais on ne parlait d'homosexualité. C'est avec stupéfaction que j'ai découvert ce qu'en perçoivent actuellement les braves gens de mon entourage, en paroisse notamment, qui n'y connaissent absolument rien et hurlent au loup ! Je considère cela comme de la désinformation, et cela m'irrite tout particulièrement...Vous pouvez donc imaginer ma joie lorsque j'ai lu les articles et commentaires de ce site ! Ouf... ! Et merci à tous !

Bonjour, Je voudrais répondre à cet article. Je vous cite : "Nous sommes des chrétiennes et des chrétiens, attachés au message de l’Évangile, et nous vivons fidèlement cet attachement au sein de l’Église catholique." Puis ensuite : "Nous avons pris connaissance des recommandations de notre Saint Père le pape Benoît XVI adressées au conseil pontifical Cor Unum, dans lesquelles il exprime son opposition à l’égard de ce qu’il appelle « la théorie du genre », en la mettant sur le même plan que « les idéologies qui exaltaient le culte de la nation, de la race, de la classe sociale ». Nous jugeons cette condamnation non fondée et infamante." Ces 2 passages sont incompatibles : comment pouvez-vous vous dire catholiques et en même temps refuser l'enseignement de l'Eglise, le Magistère? Si cela ne vous plait pas, convertissez-vous au protestantisme où la libre interprétation des évangiles est la règle. mais si vous êtes catholiques alors vous devez adhérer au Magistère de l'Eglise (et tout particulièrement les textes du Saint Père).

@Chalmel Mathilde Avant de flanquer hors de l'Église vos frère et soeurs, renseignez-vous quand même. Il existe dans le catholicisme une hiérarchie des normes et des valeurs différentes des paroles magistérielles. Nul n'est tenu d'avoir un plein accord avec tout ce qui est dit. Ce que vous nommez Magistère est la fonction enseignante de l'Église. C'est de la parole "ordinaire". Dans ce cadre, tout n'a pas la même autorité. Nul n'est excommunié et encore moins exclu de l'Église pour avoir des divergences d'opinion sur des points mineurs. Les cathos ne sont pas des petits soldats. Ils ne doivent pas mettre leur cerveau à la consigne au moment de leur baptême, parce que désormais le Magistère va penser pour eux. Sur la parole magistérielle, voilà ce que disait un certain Joseph Ratzinger dans un document de la Congrégation pour la doctrine de la foi, sur la vocation ecclésiale du théologien daté du 24 mai 1990. « Enfin le magistère, dans le but de servir le mieux possible le Peuple de Dieu, et en particulier pour le mettre en garde contre des opinions dangereuses pouvant conduire à l’erreur, peut intervenir sur des questions débattues dans lesquelles sont impliqués, à côté de principes fermes, des éléments conjecturaux et contingents. Et ce n’est souvent qu’avec le recul du temps qu’il devient possible de faire le partage entre le nécessaire et le contingent. » Autrement dit, avec le temps, on se rend compte que dans des affirmations que l’Église a énoncées avec un très haut degré d’autorité, il y avait des éléments contingents et conjecturaux, c’est-à-dire liés à des conditions socioculturelles particulières. Et le discours devant Cor Unum n'a même pas "un très haut degré d'autorité". Alors…

@ Michelle Faut-il, ne faut-il pas répondre à la polémique sur le genre? Je comprends bien ce que vous dites avec votre "ça ne sert à rien". Bien sûr qu'il ne faut pas espérer convaincre certains de nos adversaires, qui savent très bien ce qu'ils font et n'ont pas le temps de nous écouter. En revanche, l'opinion publique se construit assez largement en fonction de l'occupation du terrain par les uns ou les autres. Si les adversaires de la notion de genre sont les seuls à se faire entendre, cette position deviendra la vérité qu'il faut croire, pour un tas de gens qui n'ont ni le loisir ni les moyens culturels de s'informer par eux-mêmes. Donc, je suis convaincue qu'il faut continuer à parler, à se montrer, à exister, à proposer un autre disours. Mais pas nécessairement sous la forme de la réponse aux allégations d'un tel ou un tel. Mieux vaut un discours "pour" qu'un discours "contre". Pour la mixité dans tous les domaines: il faut des hommes dans les écoles maternelles (j'ai un ami homme qui dit "je suis maîtresse en école maternelle"), des femmes dans les BTP, des hommes "femme de ménage", des femmes chirurgiens, des hommes "sages-femmes", des femmes préfets, des hommes qui font le catéchisme, des femmes prêtres... Pour que les pères prennent des congés parentaux, pour que les pères aient le droit de quitter leur boulot avant l'heure de fermeture de la crêche. Et puis, quand même, contre un certain nombre de choses, par exemple dans le langage courant: contre le fait que le féminin soit à lui seul une injure quand on s'adresse à un homme... bon, j'arrête, il y en aurait trop. Ce que je voulais dire, c'est: oui, oui, oui, il faut continer à prendre la parole.

Bonjour, je suis une jeune fille de 19 ans, je suis en prépa commerce et je suis croyante, fidèle moi aussi à l'Evangile, mais aussi à l'Eglise. En effet, je comprends vos combats, qui sont aussi les miens car je rencontre des préjugés dans le monde étudiant dans lequel j'évolue, et je me rends bien compte que ma présence dans une filière aussi prestigieuse, en particulier puisque je suis dans une grande prépa parisienne, est le fruit du combat des générations précédentes qui se sont battues pour un plus juste accès à l'éducation. Et je pense que ce domaine doit encore connaître plus de progrès, ainsi que la représentation dans les entreprises. Mais il ne faut pas tout mélanger. D'une part pour obtenir plus de femmes dans le monde de l'entreprise, il faut former plus de femmes, et ce n'est pas en imposant des quotas ou en forçant des filles à aller dans ces voies (ou celles scientifiques en particulier, comme on avait voulu me forcer initialement) que l'on va résoudre le problème. Il faut informer les filles des possibilités qui existent, leur faire essayer, mais ne pas les pousser si elles ne sentent pas que là est se trouve leur voie. Car, et c'est là le second point, je maintiens qu'il existe une donnée biologique au sexe (ce que conteste pleinement la théorie du genre, pour qui le sexe n'est qu'une donnée sociale), qui fait qu'une fille sera moins musclée qu'un garçon, moins portée au combat physique, et ce même s'il est impossible de généraliser, d'où la nécessité de proposer, de faire tester à chaque fille une voie ou des activités afin que sa propre identité et sensibilité s'y développe et choisisse de poursuivre ou non. Quant à votre encouragement à la "maîtrise de la fécondité", j'ai un doute quant aux méthodes employées. Si vous parlez de contraception chimique voire d'IVG, votre appel s'oppose alors à celui de l'Evangile, qui prône la vie. Une femme se réalise autant dans sa carrière que dans sa maternité, et elle devient l'esclave de l'homme lorsque, sous prétexte d'être sûre de ne pas être féconde, elle se sent obligée d'être l'objet de plaisir de son homme, mettant fin à la beauté de la nature cyclique féminine. La femme n'est certes pas une machine à procréer, d'où la nécessité de méthodes naturelles pour gérer sa fécondité, mais ce n'est pas en refusant le dialogue avec son conjoint, en se coupant de sa nature profonde et en mettant danger sa fécondité future qu'elle sera pleinement heureuse ! Bien à vous, dans un véritable féminisme, celui de l'accomplissement de la femme dans sa nature profonde de "sentinelles DE l'invisible", Claire

Vous dites: "Car, et c’est là le second point, je maintiens qu’il existe une donnée biologique au sexe (ce que conteste pleinement la théorie du genre, pour qui le sexe n’est qu’une donnée sociale), qui fait qu’une fille sera moins musclée qu’un garçon, moins portée au combat physique, et ce même s’il est impossible de généraliser, d’où la nécessité de proposer, de faire tester à chaque fille une voie ou des activités afin que sa propre identité et sensibilité s’y développe et choisisse de poursuivre ou non." Et bien c'est juste faux. Les études du genre, très précisément, prennent en compte la donnée biologique du sexe. MAIS elle disent qu'elle n'est pas le tout de ce qui fait le genre d'une personne. Les études de genre étudient cette "autre partie" qui n'est pas biologique. Vous répétez donc une chose fausse. Et quand on part d'une base fausse, on fait un raisonnement faux.

@ Christine et Claire. Je trouve que Christine est bien dure avec Claire... À part ça, Claire, Christine a raison de vous dire que vous vous trompez sur ce que signfie la notion de genre (et pas "la théorie du genre", parce qu'il n'y a pas UNE et une seule théorie du genre mais une multitude de travaux qui utilisent la notion de genre en se référant à des théories diverses). Personne n'a jamais dit que "le sexe est une donnée sociale", comme vous dites; se serait manifestement stupide, et les intellectuels sont parfois bizarres, mais rarement stupides. La notion de genre permet justement de bien distingeur le sexe, qui est une réalité biologique, et le genre, qui est un ensemble de règles sociales liées au sexe. J'ajoute que, en disant "le genre, c'est social", on ne veut pas nécessairement dire: "le genre, c'est mauvais", mais seulement que nous pouvons avoir un certain degré de liberté par rapport aux règles sociales liées au sexe. Je voudrais aussi vous répondre sur deux autres points. Vous semblez mettre la contraception chimique et l'IVG dans le même sac, cela me surprend et m'attriste. Pratiquer un avortement, c'est empêcher une vie humaine de se développer, c'est un acte d'une gravité dramatique, et même si j'ai, à l'époque, milité pour que l'avortement cesse d'être traité comme un crime, je n'ai jamais été "pour l'avortement": seulement pour que celles qui décident d'avorter n'aient pas à le faire dans des conditions qui mettent leur vie en danger. La contraception chimique, c'est l'utilisation d'un médicament pour modifier le cycle de fécondité féminin, c'est un acte moralement anodin, à mon avis, et je ne comprend absolument pas les objections de la hiérarchie catholique à ce sujet. Plus étrange encore à mes yeux votre crainte que, rendue inféconde par la pilule, une femme devienne l'esclave des désirs de son mari. N'y a-t-il donc pas, entre mari et femme, d'échange de parole qui permette à chacun et chacune de dire ce qu'il désire ou ne désire pas, d'accueillir le désir de l'autre et de respecter son besoin d'intimité? Une femme n'a-t-elle donc pas d'autre moyen de dire "pas ce soir", que de faire redouter une grossesse à son mari? Et si le mari est une brute qui ne la respecte pas, pourquoi l'at-telle épousé, dites-moi? Quelle idée vous faites-vous donc du désir masculin? Qui vous a fait croire que les désirs de l'homme sont choses irrépressibles qu'il fallait à tout prix satisfaire? Si votre fiancé, ou celui qui voudrait le devenir, a cette conception-là de son propre désir, un bon conseil: ne l'épousez pas; il y en a d'autres, croyez-moi.

Chère Anne-Marie, Vous répondez avec beaucoup de bienveillance à ce post de CLaire que je soupçonne pou rma part d'être tout simplement un leurre. Le texte répète un vague catéchisme mal assimilé. On lit ce genre de chose à peu près dans les même termes sur d'autres blog. Y a-t-il une vraie Claire là-dessous, et qui aurait vraiment 19 ans? Sinon, sur la vison du désir masculin, j'ai l'impression de lire un manuel pour jeune-fille datant des année cinquante ou les sermons de jeunes curés à la mode.

@Claire je suppose que c'est votre jeunesse qui parle: vous n'avez pas encore de vie de couple. Mariée depuis 41 ans, je peux vous dire que dans un couple équilibré, personne n'est objet pour personne.Les hommes et les femmes éprouvent la même intensité de désir et de plaisir; et il n'y a pas d'un côté des hommes actifs qui ont des "besoins" , et des femmes passives qui se "donnent"par obligation sans rien ressentir! Et ce n'est pas parce qu'une femme utilise une contraception orale qu'elle va se voir comme devant être toujours disponible. L'amour, c'est l'écoute du corps et de l'esprit de l'autre; et le désir, c'est le désir de la personne toute entière. Qui , quelles lectures vous ont donné pareille image des rapports de couple?Etant donné cette commune intensité de désir, si un jeune couple se retient de faire l'amour pendant de longues périodes(méthode Ogino), il en résulte de la frustration pour les deux, et donc de la mauvaise humeur et de la tension...qui vont se porter sur autre chose, et générer des disputes stériles.Par ailleurs, ce sont ces méthodes aléatoires qui sont responsables de beaucoup d'IVG. L'IVG ne doit être ni banalisée, ni dramatisée. IL y a des femmes qui sont dans l'incapacité de devenir mères de cet enfant là à ce moment là. Elles feront d'excellentes mères des enfants qu'elles auront désiré.

@Christine:moi aussi, j'ai trouvé qu'une partie du discours de Claire faisait "discours prémâché", mais à 19 ans, il arrive qu'on se raccroche à des discours tout cuits pour prendre de l'assurance et avoir des certitudes. Alors , le doute demeure... Pour revenir sur les études sur le genre, je viens de lire dans le Monde qu'une manifestante de la "Manif pour Tous""va continuer de lutter contre la théorie du genre,qui, à ses yeux,bannirait la notion "naturelle" de père et de mère, ou celle d'homme et de femme". C'est à dire que voilà une parfaite Don Quichotte, qui va se battre contre les moulins à vent d'une théorie inexistante. Ce qui montre qu'il y a des personnes qui NE VEULENT PAS comprendre, et ne souhaitent pas acquérir de connaissances sur les sujets que, visiblement, ils ignorent. Leur but est d'avoir un ennemi, un adversaire. l'Adversaire ? c'est l'esprit du Mal, parait -il. Le Mal, c'est surtout l'intolérance dont nous avons du subir la violence toutes ces semaines.

Rassurez-vous, je ne suis pas un"fantôme" d'Internet, j'existe bel et bien, et j'ai bien 19 ans ! Je suis désolée si j'ai blessé des personnes, et j'ai bien conscience de mon inexpérience dans le domaine conjugal. Je suis de la génération Benoît XVI, celle qui, portée par la génération Jean-Paul II, porte le fond (le message de l'Eglise) avec les moyens modernes, qui évangélise non pas par sectarisme ou parce que Papa-Maman nous ont dis=t de le faire (personnellement, mes parents ne sont pas cathos, ça résout le problème !), non, mais parce que cette génération est pleinement convaincue de la Vérité de ce que l'Eglise bimillinéaire a à dire sur et au monde ! Moi non plus je ne suis pas pour que des femmes meurent en avortant, et bien sûr que je comprends le combat pour qu'à la détresse morale ne s'ajoute pas la souffrance physique voire la mort. Mais je suis désolée de rejeter l'état d'esprit qui découle de cette loi, qui a banalisé un homicide jusqu'à le faire passer pour normal, pour moyen de contraception de secours auprès parfois des femmes, surtout les jeunes, mais surtout des hommes : je connais des jeunes filles de 19-20 ans traumatisées pour avoir avorté plusieurs fois parce que leur copain n'a même pas envisagé d'alternative ! Quant à la pilule, entre les problèmes provoqués par celles de 3ème et 4ème générations, et les autres problèmes qui commencent à être évoqués, je comprends bien que cela soit un soulagement de ne pas "risquer" d'avoir des enfants (mais si vous êtes croyantes, vous croyez que la Vie est un cadeau de Dieu !), mais je ne soutiens pas son utilisation, je suis pour une sexualité maîtrisée dans le cadre du mariage ! J'imagine que pour vous, qui devez être une à deux générations au-dessus de moi, c'est aberrant qu'une jeune puisse parler ainsi...Mais je suis persuadée, comme de très nombreux jeunes cathos, en particulier à Paris, que là résident les combats de demain ! Enfin, sur le genre, excusez-moi si j'ai amalgamé, mais de nombreux chercheurs sur cette... façon de considérer l'homme n'y voient eux-mêmes qu'un pur déterminisme social (http://www.youtube.com/watch?v=PfsJ5pyScPs) ! Pourriez-vous s'il vous plaît m'indiquer des sites où je puisse me renseigner sur la vision du genre qui vous paraît la bonne ? Et quant au Mal, oui j'y crois (je suis peut-être un peu vieux jeu à vos yeux ?) et je ne crois pas que ce soit un penchant de l'homme mais un scandale extérieur, qui divise au lieu de rassembler !

@Claire qui n'est pas un fantôme mais qui écrit exactement comme un troll bien connu de ce site, les études de genre sont des études, comme leur nom l'indique. Il n'y a donc pas de vision de ceci ou de cela. Il y des gens qui réfléchissent, qui étudient, qui observent, qui se posent des question et et qui interrogent encore les réponses qu'ils trouvent. Bref, ce ne sont pas des théoriciens, mais des chercheurs. Quant aux trucs que vous racontez sur votre "génération", elle accuse en creux les générations qui vous ont précédées d'être immorales et jouisseuses. IL se trouvent que si vous avez la liberté de choisir votre sexualité, virginité, abstinence, hétéro, homo, fidélité conjugale etc… c'est parce que vos mères et grand-mères se sont battues pour obtenir ce droit. Ne le méprisez pas. Des millions de femmes dans le monde n'en jouissent pas. Elles n'ont que le droit de se faire engrosser et de se taire.

Claire, Les étudiant-e-s qui sont dans les prestigieuses prépas de commerce ou d'ingénieurs ou de Lettres ou qui passent l'internat aujourd'hui ont autre choses à penser en ce moment que « Le genre » dont la plupart ont compris dès le début ce que cela voulait dire. Attendez les vacances pour relire cet article et ses commentaires. Et vous demanderez aussi aux grands parents qui, comme nous, ont eu le nombre d'enfants qu'ils souhaitaient si ces enfants n'étaient pas beaucoup trop rapprochés, du fait de la méthode Ogino ou de celle des températures...

chère Christine, oui, il est possible que le message signé Claire ait été rédigé par quelqu'un qui n'est pas vraiment une étudiante de 19 ans. Mais je ne pense pas que ce soit important. Ce genre de discours nous fait,à nous, vieilles routières des combats féministes, l'effet d'une réminiscence des années cinquante. Mais j'ai bien peur que cette impression soit trompeuse,et que ce genre de personnes existe réellement. Et je suis absolument certaine que le mythe du désir masculin irrépressible soit lui parfaitement vivant et constamment à l'oeuvre dans les relations homme/ femme. Il y a effectivement des hommes, des jeunes gens, des garçons, qui vivent leurs élans sexuels comme des besoins, des états dont la satisfaction leur est vitalement nécessaire, et qui ne supportent pas que la fille (les filles) qu'ils approchent ne soient pas immédiatement disponibles. C'est évidemment un problème d'éducation des garçons, au premier chef. Mais tant que cette éducation des garçons n'est pas faite, les filles doivent apprendre à ne pas se sentir coupables de dire non. Ce n'est pas que je ne t'aime pas, ce n'est pas que tu sois déplaisant, ce n'est pas que je sois une gouine, encore que ce serait mon droit, c'est juste que notre relation n'est pas de nature à donner du sens à un acte sexuel. Les filles ont le droit de dire non; dire non, c'est sexuel. Débrouillez-vous avec ça, les mecs.

L'institution catholique, entre autre, a du faire le deuil de son adversaire du XXème siècle, le communisme! Or un Grand Satan à combattre est plus qu'indispensable alors que la concurrence sur le marché des "religions" fait rage. Alors que les chapelles, protestantes en particulier, se sont emparées de la théorie du genre * (et du créationnisme), le catholicisme officiel considère qu'il ne peut pas laisser le terrain aux autres mais qu'il doit, au contraire, être à l'avant garde du combat comme l'a montré la tactique "élégante" employée sur le mariage. Dans ce contexte, promouvoir la soi-disant théorie du genre est un "gros coup" qu'il faut amplifier pour cliver, gratter les croutes et autres démangeaisons, construire des barricades, susciter le cas échéant des "drames". C'est commode et "médiatique en toc" alors que la planète gronde d'orages: croissance des inégalités, désastres écologiques, crises successives ici et là. Où est l'idéal évangélique là-dedans? * http://www.coeurnet.org/+113-La-theorie-du-genre-a-t-elle-sa-place-dans-les-manuels+ http://www.eglises-baptistes.fr/medias/fichiers/services/1/348/Congres-FEEBF-2013-Voeux.pdf

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