« Laissez-nous vivre », le cri des femmes du Congo

Comité de la Jupe

« C’est au nom des victimes, qui ne savent plus comment pouvoir nommer un Dieu qui semble s’être  absenté durant leur calvaire que nous osons écrire ces lignes. » Ainsi débute l’une des lettres du dossier : « Laissez nous vivre », que nous a adressé le Père Bernard Ugeux, Père Blanc, profondément touché par les souffrances endurées par les femmes congolaises.

En effet, quelle parole adopter face à ce qui semble le mal absolu ?

Au Kivu, une région à l’est  de  la République démocratique du Congo, martyrisée par près de 20 ans d’une guerre oubliée, environ 500 000 femmes ont été violées par des groupes armés  et ont subies d’atroces mutilations sexuelles. Les enfants nés de ces viols sont stigmatisés dans les communautés. Les familles vivent dans la peur.

Les Églises congolaises ont dénoncé ces atrocités, elles ont créé des structures pour accueillir les victimes,  gèrent les écoles, s’occupent  des projets de développement, mais comment parler encore de Dieu à ces femmes qui ont vécu l’enfer ?

Les communautés chrétiennes ont du mal à aborder la question.

Bernard UGEUX, ancien professeur de théologie à l’Université de Toulouse, décide alors de réunir l’été dernier à Bukavu, un groupe de réflexion de treize  personnes, dont des infirmières, des psychologues et des théologiens catholiques et protestants. Objectif : faire connaître la situation, mais aussi et surtout déboucher sur un document pédagogique sous formes de lettres.

Celui-ci est en ligne, lisible et téléchargeable ici

Nous vous invitons à l’ouvrir, il est destiné à tous.

En effet, la réflexion sur les sévices subis par ces femmes et ces enfants nous concerne tous. Elle  va beaucoup plus loin que la situation du Congo, elle nous renvoie à tous les viols collectifs perpétrés en temps de guerre. Elle nous renvoie aussi à notre banal quotidien  où le viol est plus fréquent qu’on ne le pense.

Elle nous renvoie aujourd’hui à  l’étudiante victime d’un viol collectif mi-décembre à New Delhi. La « Fille de l’Inde » (India Daughter) comme elle est désormais appelée, devient ainsi la victime emblématique des violences faites aux femmes en toute impunité dans ce pays.

La question est lourde de sens. Elle touche à l’idée qu’on se fait de la Femme,  de la Justice  et de la Vie.

  • Comment redonner à ces femmes confiance et dignité, comment les soutenir dans leurs efforts à dégager un avenir de leurs décombres ?
  • Comment les « extraire » de la gangue de honte qui les paralyse et les rend muettes ?
  • Quel Seigneur de la vie et de la joie peuvent-elles encore supplier, quelle confiance peuvent-elles espérer ?
  • Quels mots, quel soin, quelle attention et quelle  possible espérance pourrons-nous offrir pour qu’elles puissent à nouveau croire en une bonté d’homme, en la présence aimante du Dieu Très bas ?
  • Quelle parole tranchante comme le glaive saura déchirer un silence complice, saura dénoncer fermement ces violences barbares, ces injustices nées du pillage délibéré d’un minerai rare considéré par l’industrie comme presque aussi précieux que l’or.

« Recouds les femmes et tais-toi » lance la soldatesque au médecin.

La violence sur ces femmes s'accompagne ainsi de menaces de mort pour ceux qui les aident. Ils les veulent seules, abandonnées, privées de parole.

Oserons-nous un geste prophétique ? Qui saura, à l’image du Père Ugeux et de son équipe, leur redonner parole de dignité ?

Oserons-nous tous ensemble leur rendre témoignage ?

Oserons-nous donner chair à nos tentatives d’accueillir, à la lumière de la Vérité du Dieu fait homme, ces souffrances de femmes humiliées ? Souffrances muettes, vécues dans la honte et quelques fois le rejet.

Oserons en appeler à l’Église-Institution et lui dire :

«  Ne sois pas comme David qui s’est tu quand sa fille Tamar a été violée par son demi-frère Amnon  » - « Expulsez cette fille de chez moi, et verrouille la porte derrière elle ! » a crié le violeur envahi par le dégout (2 Samuel 13)

Tes filles, notre Mère Église, sont souvent derrière la porte.

Protège-les et  donne leur égale dignité de choix afin que nul de tes fils, clerc ou laïc, ne puisse avoir la tentation de penser que leur sexe leur donne un pouvoir de définition sur « ce qu’est une femme».

Ne laisse pas le frère violer la soeur. Il n'y a pas que des viols physiques et barbares, il en est de plus sophistiqués qui touchent à l’identité.

Jacqueline Lach-Andreae

Crédit photo : Mayelle"

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Commentaires

La "théologie de la guerre" ayant autorisé la torture, pourquoi pas le viol! Comme l'avait remarqué des prêtres et des théologiens vers la fin des années 50, en France, s'il y a une théologie de la guerre, il n'est pas question d'en envisager une pour la lutte des classes. C'est pas pareil, voyez-vous! La guerre est dirigée par des "grands" qui utilisent des "petits", alors que lutte des classes et de libération sont tentées par des petits contre des grands. Deux décennies plus tard, la même erreur majeure a été commise, avec plus de doigté mais pour le même résultat, à l'encontre de la théologie de la libération. Ne nous y trompons pas, la mise au pas des religieuses américaine relève du même interventionnisme de l'institution au bénéfice des puissants. Qu'y a-t-il, pour l'institution qui se prétend catholique, de plus petit et dépourvu de pouvoir que la femme, et que la mariolâtrie est commode.

Désolée, mais je vais ètre très dure. Quand je vois comme la majorité des religions y compris certaines confessions chrétiennes traitent les femmes dès leur petite enfance, on ne peut pas s'attendre à ce que la situation s'améliore. Il faudrait déja commencer par là. Il y a des exemples tellement criants du mépris de la femme, ici tout près de chez moi près de chez vous. Les mères devraient avant tout éduquer leurs fils dans le respect des filles. Il y a encore fort à faire dans tous les domaines. Cela ne m'empêche pas de penser à nos soeurs d'Afrique d'Inde du Pakistan et autres.

Toujours la même histoire; la femme est un être maudit, méprisable, aliènable, utilisable,... et même, comme tous les objets, jetable et détruisable! Je sais bien qu'il existe des hommes de bonne volonté, des hommes charitables et respectueux, mais en lisant des textes comme celui-ci, on voit bien que rien ne change dans notre pauvre monde. Nous, les femmes, nous sommes condamnées à rester des "choses" jusqu'à la fin de nos jours. J'ai de plus en plus de mal à croire, à espérer que cela puisse changer véritablement un jour... Est-ce que Dieu veut véritablement que des actes et des situations pareils se perpétuent éternellement?

Non, Marie Jeanne, Dieu ne veut pas. Mais le péché lui, il est là, il détruit l'humanité, celle des femmes violées, celle des hommes violeurs. Reste à continuer à croire que Dieu veut nous sauver du péché et qu'il nous sauve pour peu que nous accueillions ce salut. C'est là que nous avons à faire preuve de foi et d'espérance, cat je suis d'accord avec vous, à vue humaine, il y a de quoi désespérer.

Il me semble que c'est aux hommes qu'il faudrait parler de Dieu, et non aux femmes! parler de Dieu aux femmes, c'est être là, soutenir, écouter, aider à reconstruire, aider matériellement, s'occuper de l'avenir des enfants. Et agir dans les ONG et les organismes de défense des droits humains. Cela ne passe pas forcément par des mots. Ceci dit, je n'ai justement pas vu beaucoup de femmes de groupes catholiques dans les manifestations publiques contre le sort fait aux femmes violées en France! Il y en a encore eu une récemment voici quelques mois à la suite du procés de Créteil. Serait ce plus confortable de s'occuper de ces problèmes lorsqu'il sont lointains ? Et faut il attendre que ce soit un prêtre qui en parle ? le viol, hélas, c'est juste à côté de chez vous....

Christine, je sais que Dieu ne veut pas ça. Il nous appelle à autre chose: à devenir ses enfants, tous, sans distinction de race, de sexe ou d'âge. Mais, il n'empêche que le bonheur et la paix demeurent inaccessible ici bas... parce que nous demeurons des animaux, incapables d'aimer et de raisonner en vérité. Bien sûr, il y a ceux qui commettent les crimes, mais il y a tous ceux qui se taisent et laissent faire, il y a ceux qui font semblant d'agir pour sauver les apparences mais n'en font pas mieux. Et puis, surtout, il y a tous ceux (mais plus souvent celles)qui subissent, qui n'ont plus la force de lutter pour se défendre, et qui continueront de subir physiquement et/ou moralement jusqu'à leur mort. Nous lisons ou écrivons de belles paroles, nous essayons de les clamer à haute voix mais... nous n'en vivons pas. C'est vrai que très souvent la violence est "orchestrée" par les hommes mais n'oublions pas que ces hommes ont été élevés par des femmes... parce que, pendant que les hommes se perdent dans des guerres et des combats de toute sorte, ce sont très souvent, nous, les femmes, qui transmettons la culture et ... l'amour du prochain. Ne construisons-nous pas notre propre malheur dans la manière dont les fils sont élevés? Si je crois et j'espère en le salut et la résurection, j'ai de plus en plus du mal en croire et espérer en l'humanité et en son avenir.

Bonsoir Il y a quelques jours j écrivais "Il y a encore fort à faire dans tous les domaines" Ces trois femmes qui ont été sauvagement assassinées vivaient à nos côtés!!!!!quelle que soit la raison invoquée par le ou les meurtriers;c est une honte c est un malheur .Combien d entre-nous se sont elles jointes au cortège de ce jour? Je suis d autant plus triste que je suis témoin tous les jours de l attention et de la générosité prodiguées à des gens de la rue à des vieilles dames ou des messieurs handicapés par des femmes kurdes qui tiennent une librairie en bas de chez moi.Je leur exprime toute ma compassion,et les remercie pour l exemple qu'elles me donnent.Que leurs soeurs,nos soeurs reposent en Paix .

@Michelle, Je me permets de copier-coller une partie de votre message; Ceci dit, je n’ai justement pas vu beaucoup de femmes de groupes catholiques dans les manifestations publiques contre le sort fait aux femmes violées en France! Il y en a encore eu une récemment voici quelques mois à la suite du procés de Créteil. Hélas, c'est vrai, c'est pourquoi le cri des femmes du Congo doit nous réveiller. Je sais les femmes catholiques, détournent les yeux lorsque je parle des viols qu'ils soient en France, en Inde, en Afrique. Mais elles oublient un chose : le viol et les violences sexuelles sont comme les maladies endémiques, on s'en accommode tant qu'on n'est pas touché. Mais si cela leur arrivait, ou arrivait à leur fille ou leur soeur, (ou leur mère pourquoi pas ?) qu'en penseraient elles ? J'ai coutume de dire que la femme catholique est la pire ennemie de la femme. C'est à développer.......

@ Anne-Marie, ne soyez pas désolée, vous êtes tout à fait dans le sujet. Les religions ont beaucoup à faire pour changer .. mais elles ne le feront pas et tout spécialement l'Eglise catholique pourquoi ? Ce qui suit n'est que mon opinion, mais discutons en : 1°) parce qu'elles savent que les femmes resteront dans le giron de leur Eglise, nous y sommes attachées. Nous composons le plus gros du Peuple et nous ne dédaignons pas d'être manipulées au point de paraître à des yeux "étrangers" complètement masochistes. 2°) parce que l'Eglise catholique veut garder les "garçons" : ses petits mâles et ses gros macho. Il faut donc construire une différence de degré 3°) parce que le système sur lequel reposent ces religions et celui de l'Eglise catholique en particulier est un système patriarcal. Si vous y mettez une dose de féminité, tout s'écroule. Le Comité de la Jupe a relevé le défi de dire ce qui ne va pas dans le système. Le comité le fait avec d'autant plus de courage que nous avons opté pour le "ni-partir" "ni nous taire" Dans le contexte actuel c'est une gageure..... Alors je vous invite à vous manifester et si ce n'est déjà fait de nous rejoindre. Soyons de ces femmes catholiques qui ne détournent pas les yeux devant les violences faites au femmes comme si cela ne pouvait être combattu et faisait le gros de cette fatalité dans laquelle on aime se réfugier par paresse. Nous sommes les artisans de notre destin et notre destin est intimement lié à celui de toutes les femmes, qu'elles habitent dans notre quartier, en Inde ou au Congo.

SUITE au "Cri des Femmes du Congo". @marie-Jeanne écrit : Si je crois et j’espère en le salut et la résurrection, j’ai de plus en plus du mal à croire et espérer en l’humanité et en son avenir. Chère marie Jeanne. l'Esprit de la Résurrection, l'Esprit Saint nous inonde comme une pluie bienfaisante , il suffit de rassembler nos mains en une coupe pour le recueillir. Il suffit d'ouvrir les yeux. Dans l'article je vous faisais part du dossier construit par groupe de travail sur le terrain.Ce dossier est accessible, il suffit de cliquer. Il est copieux, mais sa lecture nous remonte les épaules et délie nos jambes. En effet, tout au long des lettres adressées à différentes catégories on peut suivre ce que j'appelle le fil de l'AMOUR : lettre aux Eglises, lettres aux victimes, lettres aux agresseurs, lettre aux maris ....C'est un magnifique témoignage d'ESPERANCE. Le compte rendu de la première réunion du GCRA nous arrive : tout aussi violent de Foi et d'Espérance : Il ne s’agit pas pour nous d’une activité parmi d’autres, écrivent ils mais d’une passion dans le double sens du terme : une souffrance (devant les violences qui continuent) et un engagement existentiel qui prend toute la personne. C’est aussi un acte de foi et d’espérance. Le viol public qui vient de se passer à New Delhi montre que le problème est mondial et qu’il pose la question d’un changement profond des mentalités concernant le respect de la dignité de la femme dans le monde. 1.La diffusion de la version française en PDF par internet a été un vrai succès : plusieurs revues (La Vie, La Croix, L’appel), des radios (Présence à Toulouse, Radio Vatican, en projet RFI et radio Maria) y ont fait écho, ainsi que des blogs et Facebook. Elle est en téléchargement libre sur les sites suivants : Société de M.Afr., Conseil Œcuménique des Eglises, Observatoire international des violences sexuelles (Paris), Conférence des Baptisés de France, etc. Il y a eu des échos très positifs des pays francophones : France, Belgique, Suisse et Canada, sans compter la RDC. Les échos viennent de personnes engagées sur le terrain ou en responsabilité institutionnelle. Le commun des mortels n’est pas attiré par ce genre de littérature ! Cependant le document circule largement sur le web et il est impossible de savoir combien de personnes l’ont téléchargé ou fait suivre. La traduction de la version anglaise doit commencer prochainement. Kivu Je tiens ce document à la disposition de qui le souhaite . écrire à jlachandreae@gmail.com ou lach.andreae@icloud.com Je répondrai aussitôt. tuko pamoja comme dit la salutation du texte.....

@Jaqueline: prés de chez nous: 75 000 femmes violées en France chaque année. 10% de plaintes déposées 2250 victimes, soit 3% ont droit à un procès pénal. 1% de condamnations des agresseurs, = 72750 violeurs potentiels dans la nature. Il y a un problème avec l'attitude de l'ensemble des acteurs sociaux et de la justice; et il faut, en effet, que bien des femmes détournent les yeux pour en arriver là...

Chère Jacqueline, j'ai lu votre document en entier mais.... cela ne m'a pas rassurée pour autant! Certes, je suis ravie de voir toutes ces personnes qui se rassemblent pour crier haut et fort que ça suffit: sincèrement, je trouve votre texte magnifique! Cependant, les évêques en France appellent à manifester contre le "mariage pour tous", d'autres évêques aux Philippines appellent à manifester contre la nouvelle loi qui voulait apporter la gratuité de la pilule (voir le commentaire d'Anne-Marie sur le site de la CCBF),... Cela n'arrête pas et ne semble jamais vouloir s'arrêter. A chaque fois, c'est la même histoire: le clergé ne semble pas là pour servir de guide et de soutien au peuple de Dieu, il préfère manipuler, mépriser,...faire violence d'une façon ou d'une autre sur ceux et surtout celles, qui sont les plus fragiles, les plus pauvres. Ces messieurs préfèrent rester crispés sur leurs lois antiques et dépassées plutôt que d'appliquer le double commandement d'amour! Ne vous y trompez pas: vous arrivez à vous faire entendre (au moins un peu) parce que vous avez certainement des diplômes et une certaine renommée. Mais quand on est une femme sans diplôme comme moi, on est condamnée à subir et se taire car tout le monde s'en fout! Mais moi, j'ai encore la chance de vivre dans un pays plus libre, plus respectueux des droits de l'Homme ( et des femmes?)que toutes ces femmes du Congo ou d'ailleurs. Mais cela ne nous fait pas oublier qu'il y a des prédateurs aussi dans notre pays , même s'ils sont heureusement moins nombreux. Pour finir, je ne voudrai pas vous décourager mais je dois vous dire que je suis triste de voir le peu de réaction que votre article a suscité sur ce site: 10 commentaires (dont 3 sont de vous) depuis le 3 janvier. Alors "l'Esprit nous inonde comme une pluie bienfaisante", vous voyez ça où????... Moi, je n'ai presque plus la force d'y croire.

@Marie-Jeanne, Vous m'écrivez : A chaque fois, c’est la même histoire: le clergé ne semble pas là pour servir de guide et de soutien au peuple de Dieu, il préfère manipuler, mépriser,…faire violence d’une façon ou d’une autre sur ceux et surtout celles, qui sont les plus fragiles, les plus pauvres. Ces messieurs préfèrent rester crispés sur leurs lois antiques et dépassées plutôt que d’appliquer le double commandement d’amour! Bien sûr que vous avez raison et plutôt deux fois qu'une, mais ce n'est pas une raison pour renoncer. Désespérer, renoncer, c'est ne plus avoir confiance en soi. Il faut lutter et lutter nous ne sommes pas seules.. Merci mille fois pour ce message trouvé ce matin.

Chère Marie Jeanne, Ayez encore , s'il vous plait, la force d'y croire, parce que Dieu vous a donné-ainsi qu'à tous les humains- une force: celle de vous exprimer, et comme vous le soulignez, vous avez la chance de vivre en démocratie. Ne croyez pas qu'il n'y avait que des femmes bardées de diplômes dans les manifestations des Mouvements de Libération des Femmes! c'est ce qu'ont voulu faire croire les media, mais c'est faux! En 1980, nous avons réuni plusieurs centaines d'agricultrices qui ont décrit leurs conditions de vie, et leur absence totale de statut pour une vie de trimage. Et à la suite de multiples manifestations et pétitions, a été voté le statut de "conjoint-collaborateur" encore en vigueur aujourd'hui. Et auparavant, en 1979, les femmes qui sont descendues dans la rue pour demander que la légalisation de l'IVG ne crée pas un éternel fossé entre riches et pauvres, et que l'intervention puisse être remboursée, étaient de tous milieux,et beaucoup n'avaient jamais manifesté de leur vie! c'étaient souvent de simples mères de famille,qui voulaient une société juste. Dans la dernière manifestation sur les viols de Créteil, il y avait nombre de jeunes filles venues des banlieues qui ne semblaient pas non plus être des intellectuelles, mais des femmes qui défendaient leurs soeurs. Réclamer sa dignité est à la portée de toutes les femmes. Seulement voilà, le clergé s'y entend à diaboliser toute forme de révolte...quand elle ne l'orchestre pas! Car tout à coup ces derniers jours, manifester pour une femme ne sentait plus le souffre! Puisque quelques Monseigneurs donnaient de l'encouragement la voix et du geste! Rappelez vous qu'il faut avoir faim et soif de justice, et prenez votre banderole quand c'est nécessaire, cela remonte le moral!

Marie-Jeanne, ... mais croire en quoi? Même si, j'en suis d’accord, la pluie bienfaisante ressemble à un déluge d'affreuses nouvelles. Qui parle de partir!? Certes l'institution quitte l’Église pour maintenir la vision déséquilibrée des sexes au service de son pouvoir, avec l'aide de notions comme le sacré ou le péché? Et alors! Rester en Église peut-être adhérer à l'institution qu'on peut espérer pousser, contraindre car il le faut, à demeurer vivante. Et cela peut tout autant être laisser tomber l'institution, et non l’Église, en faisant savoir pourquoi, avec l'espérance que ce puisse être la meilleure manière de lui redonner vie. Je crois que l'amour, celui qui habite à divers degrés chaque humain, est le seul signe que Dieu n'est sans doute pas une vue de l'esprit humain, et j'espère que la communauté humaine progresse malgré toutes nos erreurs, nos faiblesses, à travers chacun.

Depuis que je suis adulte, j'essaye de lutter avec mes "petits moyens", sans bruit, sans éclats, avec le plus d'humilité possible. Mais l'Eglise (notre mère comme on dit) m'a broyée... elle a fait de moi une sorte de "déchet" inutilisable et irrécupérable... et je crois que je préfère être "orpheline" de cette mère-là et la fuir... J'arrive à retrouver un peu d'espoir depuis que j'ai découvert la CCBF et le Comité de la Jupe, mais je dois avouer que cela n'a pas réussi à changer mon quotidien: je ne crois plus qu'on puisse être femme et se croire chrétienne car les femmes n'ont rien à faire dans l'Eglise si ce n'est qu'être une sorte d'esclaves, obéissantes et corvéables à l'infini, et comme je ne veux plus être de cette catégorie... je fuis! "Je crois que l'amour, celui qui habite chaque humain, est le seul signe que Dieu n'est sans doute pas une vue de l'esprit humain...", oui Jean Pierre...mais nous ne sommes pas des humains, nous sommes des femmes! Alors, vous pouvez bien dire ce que vous voulez, ça ne changera rien à ce fait.Essayez donc de dire vos belles phrases aux femmes du Congo, et vous viendrez nous dire ce qu'elles vous ont répondu.

Quel beau dialogue ! Quelle belle communauté virtuelle mais si vivante.Oui, pour parler les diplômes ne sont pas obligatoires : du bon sens, la Foi en Celui qui nous a dit, "la foi soulève les montagnes", du courage et un profond respect de toutes les opinions. Le respect délie les langues. Si je suis respectueuse de la liberté d'expression de l'Autre, je serais rassurée sur ma capacité à m'exprimer et être entendue. Et si l'on ne m'entend pas, je recommence....encore et encore..Pas besoin de grands discours. Seulement ETRE. Oui les femmes commencent à bouger, des femmes de toutes communautés, de toutes religions. Elles ont compris qu'on a le devoir de porter l'évolution de sa condition, pas seulement pour soi mais pour toutes les femmes de la terre. Dans l'Evangile de Luc, on trouve souvent cette expression dans la bouche de Jésus, il faut que cela se passe... il faut que, eh bien il faut que la libération de la condition féminine se fasse, nous en sommes à cette étape.

@ Jacqueline: Oui, pour parler, les diplômes ne sont pas obligatoires... mais ils le sont pour être entendue et respectée. Il y a quelques années, j'ai pris la parole devant l'évêque pour exprimer ce que je pensais, ce que je ressentais... il n'a pas voulu chercher à comprendre, il n'a entendu que ce qu'il voulait entendre, il n'a eu aucun respect pour ma liberté d'expression et d'opinion. Je pense que vous ne savez pas véritablement ce que c'est que "lutter" de tout son être. Vous n'êtes sans doute jamais descendu de votre piédestal, vous ne vous êtes jamais trop "sali les mains", vous n'êtes jamais sortie de votre "confort", vous ne savez pas ce que c'est d'être humiliée et rejetée. Et c'est sans doute tant mieux! Cela vous a permis de conserver vos forces pour lutter pour celles qui ne peuvent et ne savent se défendre. Mais, essayez d'être lucide: tout le monde ne peut avoir assez de force, de courage et d'intelligence pour se battre... Alors, vous qui avez toutes ces capacités, continuez de vous battre pour toutes celles qui ne peuvent pas ou plus, qu'elles soient du Congo ou d'ailleurs...

@Marie Jeanne, Certes on se fait mieux entendre si l'on s'exprime bien, et selon certains codes! Mais compte aussi la fonction, la position d'où l'on parle. Syndicaliste pendant plus de 15 ans, je peux vous dire que les dirigeants de grandes entreprises ou d'administrations ont majoritairement le plus grand mépris pour ceux qui représentent les salariés. C'est une question de rapports de pouvoir; et votre évêque s'est placé dans un rapport de pouvoir, et non dans une relation humaine comme c'est son rôle de la faire. J'ai eu à me battre pour mes camarades et moi même, dans un secteur très féminisé:Santé-Social. Le discours implicite: les femmes ont soi-disant la "vocation" de soigner, accueillir, aider, écouter!! Le résultat: des rémunérations qui sont une aumône. Vous devinez ma rage lorsqu'un représentant d'une administration a voulu refuser d'écouter des revendications salariales sur les auxiliaires de puériculture, en répliquant "de toutes façons , ce sont des salaires d'appoint"(sic) D'appoint de quoi, Monsieur? lui ai je répondu. A force de mépris, une grande grève a été votée. Nous avons défilé avec le slogan: "Ni bonnes, ni nonnes, ni c...", parce que nous en avions assez d'être traitées ainsi.Et nous avons gagné; pas sur tout, mais sur quelques points importants tout de même.Nous avons campé dans les squares; devant le Ministère de la Santé. Reçu des lances à eau. Mais nous avons gagné un peu plus de considération.

Lorsque j'ai "parlé" à l'évêque, ce n'était pas en mon nom propre, mais j'avais essayé de lui transmettre une sensation de malaise qu'une de ses actions avait suscité au sein de la communauté. Je n'étais pas syndicaliste (mais je crois qu'il n'y a pas de syndicat dans l'Eglise!)mais j'étais en responsabilité écclésiale. Vous avez fait sans doute plein de belles et grandes choses dans votre vie et moi non. Je suis quelqu'un de simple, qui aime la discrétion et qui essaye de régler les problèmes en tête à tête à chaque fois que cela est possible. Mais dans l'Eglise, les femmes n'ont pas droit à la parole, c'est un fait. Je ne crois pas que les femmes du Congo puissent compter sur les hommes d'Eglise pour les défendre. Quand à moi, de par mon histoire personnelle qui ne se limite pas, hélas, au mépris d'un évêque, je suis fatiguée de lutter en vain, de devoir toujours réclamer justice et reconnaissance. Je n'attends plus rien des hommes en général, alors des évêques... ce n'est même pas la peine d'en parler!

@MarieJeanne: un syndicaliste n'agit ni en son nom propre, ni pour lui même,mais au nom de ses camarades, pour eux , et avec eux. Je n'ai donc rien fait de spécial, que lutter, avec d'autres femmes, pour un peu de reconnaissance et de dignité. Mon but n'était absolument pas de me mettre en avant, mais de vous montrer que partout , des femmes peuvent se lever pour réclamer leur dignité. Cette semaine, à la télévision, il y a un reportage sur les femmes de LIP. Elles non plus n'avaient pas désespéré, et elles sont restées légendaires ...

Chère marie-Jeanne, Je me battrai avec vous, avec toutes les "Jupes du Comité", avec toutes les femmes de bonne volonté qui voudront faire entendre de la voix. Partageons nos expériences comme vous le faites si bien sur ce fil. Vous dites "Les femmes n'ont pas droit à la parole dans l'Eglise" , c'est vrai Marie -Jeanne, mais le dire est déjà un progrès, en prendre conscience est un premier pas... J'ai beaucoup aimé le témoignage de Michelle, vivant, vrai. La lutte des femmes dans l'Eglise pour la considération et l'égalité de choix est le même que celui mené dans la société. Une femme qui se désintéresserait du sort des femmes au travail, etc... ,me paraît faire partie de celles qui ne vivent que pour leur petit confort. Vivre les yeux baissés et bouche close dans l'Eglise est confortable, on n'y risque aucun désagrément. Et les pauvres femmes du Congo, qui y pense ? Si nous élargissions notre regard ? Pour répondre à la question des diplômes,je vous dirai que ce ne sont pas les diplômes qui comptent mais la "formation". En effet, il faut sortir de la culture infantilisante du catéchisme enseigné dans notre jeunesse et s'ouvrir par la formation. Se nourrir des Evangiles, suivre les pas du Christ, prendre conscience de ce que représente l'Incarnation dans le plan de Dieu et de la grande dignité conférée par le baptême ne peut conduire qu'à l'ouverture de notre intelligence et de notre coeur. C'est entrer dans un chantier qui ouvre beaucoup de portes. Alors Evêque ou pas, pas besoin d'avoir peur et d'être intimidée. Ils sont avant tout des baptisés comme nous , prêtres, rois et prophètes comme nous. Et les pauvres femmes du Congo ? Faites connaître autour de vous leur situation; Ce que vous ne pouvez faire, une personne de votre entourage pourra peut-être le faire. Merci pour elles.

POUR PASSER DE L'INDIGNATION A L'ACTION La région du Kivu est riche en minerai essentiellement du coltan, un métal rare qui entre en particulier dans la composition des téléphones portables. Les grandes puissances et les fabricants de portable pour s'en procurer attisent les luttes entre différentes bandes armées ce qui entraine d'immenses souffrances des habitants: meurtres, viols, pillages dont l'article se fait le témoin. Une pétition pour faire connaître cette situation dramatique des populations est proposée ' vous êtes invité à la signer. en vous connectant sur le site: http://www.avaaz.org/fr/petition/Ne_plus_avoir_de_sang_dans_les_poches_avec_un_BLOOD_MOBILE QUELQUES ELEMENTS POUR COMPRENDRE LA SITUATION DE CE MALHEUREUX PAYS. DOCUMENT D’INFORMATION D’OXFAM 164 MARCHANDISES DE GUERRE Des communautés révèlent le vrai prix du conflit dans l’est de la RDC Les communautés considérées comme marchandises de guerre Dans le nord du Masisi, le petit bourg de Kashuga a subi, entre avril et juillet 2012, 12 attaques lancées par l’armée congolaise (FARDC), ainsi que par les groupes rebelles APCLS (Alliance des patriotes pour un Congo libre et souverain) et FDLR. Ils se disputaient le contrôle de recettes provenant de taxes illégales imposées aux habitants locaux qui vendaient ou achetaient des produits sur le marché hebdomadaire. EN effet, alors même que l’armée congolaise lutte contre les rebelles du M23, des groupes armés localisés font leur apparition, et des zones jusque-là relativement stables subissent de nouvelles attaques. Des données recueillies par Oxfam en 2012 montrent que des soldats du gouvernement, des policiers et des autorités civiles se disputent le droit d’exploiter les communautés locales et de leur extorquer de l’argent ou des biens, ce qui a pour effet de plonger ces personnes dans une pauvreté encore plus profonde et de miner leurs efforts en vue de gagner leur vie.

@ jean-pierre. Je penche de plus en plus dans votre sens. Je milite contre la torture ( ACAT ) et devant le désintérêt manifeste des instances dirigeantes de notre Eglise, je me dis que peut-être notre corps, à nous les femmes, n'est intéressant que dans un but de procréation et que le viol fait partie des méfaits de la sexualité... Dans ce lourd dossier sur les viols en Afrique ( et ailleurs, c'est une question qui réveille les consciences au niveau mondial ) , je vais ajouter quelques renseignements émanant de ma source de la RDC - le Père Bernard Ugeux - Père Blanc - Bukavu - " Une agence onusienne a compilé pour l'année 2012 des données sur les cas de violences sexuelles pour la province orientale de la RDC . Il y a eu 3304 cas de viols déclarés pour cette province , soit 10 par jour en moyenne. Les victimes connues sont des femmes à 97 % , mais aussi, pour 3% des hommes. Pour 50 % l'âge se situe entre 12 et 17 ans. Elles ont eu en grande majorité besoin de soins médicaux. On a également une idée du portrait-robot des auteurs présumés. Ils ont entre 18 et 40 ans. Près de 40 % n'ont pas été identifiés et 50 % autres sont considérés comme des civils. Ce qui veut dire qu'ils ne portaient pas d'uniformes... Par ailleurs, 12 % sont clairement identifiés comme appartenant aux groupes armés et un peu moins de 4 % de l'armée congolaise et la police nationale; Enfin, il faut signaler que 2 % des victimes seulement ont reçu des conseils juridiques ou ont formellement porté plainte. En effet, elles n'osent pas se signaler par peur d'être stigmatisées, c'est pourquoi l'impunité est aussi généralisée. C'est pourquoi ces statistiques doivent être presque doublées pour correspondre au nombre réel de victimes." B. Ugeux.

Chers amis, je m'étais donnée pour mission de vous tenir régulièrement au courant de ce qui passe autour de cette triste et cruelle histoire de viol utilisé comme arme de guerre au Nord Kivu ( RDC ) Le Père Ugeux , à Rome pour deux mois où il anime une session de "transisiton" pour les Père blancs en âge avancé, sessions ouvertes pour les première fois à la mixité , aux soeurs blanches, a pu faire remettre en mains propres au Pape François par un de ses confrères archevêque le document "Laissez nous vivre" dont je vous avais parlé. Le pape via la secrétairerie d'état a envoyé un message d'encouragement.

Quelques nouvelles du Congo...... lettre de la Savane de Bernard Ugeux. bombe à retardement » à propos des enfants et des jeunes victimes des violences des adultes. En effet, toute une génération de garçons et de filles est marquée par la guerre qui dure depuis plus de 15 ans. Qu’ils soient enfants soldats, filles esclaves sexuelles des groupes armés, enfants nés du viol par un ennemi et marqués par un sang qui les rend « impurs » aux yeux des populations locales (les autres enfants leur jettent des pierres), que deviendront-ils dans quelques années quand ils chercheront du travail, n’ayant été ni scolarisés ni socialisés ? Beaucoup rejoignent les enfants de la rue …qui ne sont parfois plus des enfants mais des jeunes gens qui sont pris par la prostitution ou par des gangs qui sévissent dans les cités populaires envahies par les réfugiés de l’intérieur. Il n’existe pas de statistiques fiables mais c’est de l’ordre de milliers d’enfants et de jeunes qui n’ont pas eu d’enfance ni d’éducation de base. Déjà, il existe une grande insécurité la nuit dans certains quartiers et les armes de guerre peuvent être trouvées à bon prix. C’est pourquoi l’action pour les enfants doit se poursuivre sans faiblir. Je vous ai déjà parlé des enfants accusés de sorcellerie. A Kinshasa, où ils sont des centaines à errer dans les rues, l’Etat a promis de l’aide aux associations qui s’en occupent…. Espérons que ces promesses déboucheront sur des réalisations.... ( Bernard Ugeux Père Blanc - Lettre de la Savane N° 15 Octobre 2013 )

cliquez sur ce lien : http://dianemarieamann.com/2013/08/12/godmothers-seek-international-criminal-tribunal-for-democratic-republic-of-congo/ Les Godmother en anglais les marraines ont posé une " déclaration sur les viols comme arme de guerre en RDC et pour l'instauration d'un Tribunal Pénal International pour la République démocratique du Congo" . Cette pétition relayée par Maître RETY a recueilli plus de 35000 soutiens. Un verrou vient ainsi de sauter contre le viol comme arme de guerre. Pour info on trouve : Pour info Françoise Héritier Mireille Delmas Marty Evelyne Accad Yvonne Knibiehler Andrée Michel jacqueline Berenstein-Wavre Gisèle Halimi Roselyne Bachelot Rama Yad Ingrid Betancourt Françoise Gaspard Geneviève Fraiss Véronique nahoum grappe marie Joseph Bertin Marie Odile Bertella Geffroy Linda Weil-Curiel Christiane Gillman Agnèse Case Sylvia Geraph Evelyne Morin-Rotureau Michèle Dayras Jules Falquet` Françoise Doboc Susan Georges Marie Ange Poyet Florence Montreynaud ETC. ETC...

Pour confirmer tout ce nous avons posé sur le site, cette video de KTO.... http://www.ktotv.com/videos-chretiennes/emissions/eglises-du-monde.html

Je tiens beaucoup à vous donner des nouvelles de cette communauté par le regard du Père UGEUX ( qui par ailleurs a un blog dans la Vie ). Par ces lignes, il s'adresse à une petite communauté toulousaine qui lui envoye régulièrement des fonds pour son centre d'accueil et d'éducation pour jeunes en grande difficulté . ( violées, déclarées sorcières, rejetées par les familles ) BENEDICTION ce sont de bonnes nouvelles! Réjouissons nous ....Laissons parler le Père UGEUX : "Des hommes se lèvent pour lutter contre la discrimination envers les femmes. C’est ce que j’évoque dans un texte que je viens de poster sur mon blog aujourd’hui. Régulièrement interpellés sur leur passivité et sur le fait que c’est principalement de la part des hommes que naissent les violences indescriptibles perpétrées sur les femmes dans l’Est de la RDC, un groupe d’une vingtaine d’hommes en responsabilité a décidé de fonder une branche locale de V-Men à Bukavu. Ils ont l’espoir et la volonté d’en faire le point de départ d’un élargissement du mouvement sur l’ensemble du pays. C’est donc en réponse à la situation dramatique des victimes que le Dr Mukwege, médecin obstétricien à Bukavu, dont il a été également question dans un post précédent (9/11/2012), très engagé dans V-Day, a pris l’initiative de lancer V-Men dans cette ville. Le 7 mars 2014, jour du lancement du groupe, les fondateurs ont publié une déclaration dont voici un extrait : « Les droits de la femme n’intéressent pas seulement les mouvements féministes ; c’est un enjeu global, c’est notre humanité commune et le devenir de notre société qui est en jeu. Nous devons tous nous mobiliser, hommes et femmes, pour une société plus juste favorisant l’épanouissement de tous. Réaffirmons notre attachement à la lutte pour l’égalité entre les genres où les hommes lutteront aux côté des femmes pour que cesse la situation actuelle de marginalisation de la femme et que l’accès limité aux ressources qu’endurent les femmes change ». Commence maintenant le recrutement des membres, qui devrait s’étendre progressivement à l’ensemble du pays. Ceux-ci, dont je suis, s’engagent non seulement à vivre personnellement et à promouvoir le respect des droits de la femme, mais aussi à intervenir dans le cadre d’actions de sensibilisation, particulièrement dans des milieux éducatifs et auprès des politiques." Bernard Ugeux Nouvelle lettre de la savane N° 17

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