Rester présentes au monde qui nous entoure

Comité de la Jupe

Photo soeurs de la Retraite_2Nous nous adressons à vous, les femmes du « Comité de la jupe » qui avez interpellé les congrégations féminines :

Notre Congrégation des Sœurs de « La Retraite » est née au 17° siècle, à l’heure où le monde, et donc aussi l’Église, considérait que les femmes devaient rester au foyer. Á cette époque, en Bretagne, il y avait un renouveau spirituel porté par quelques missionnaires courageux. Le Père Huby, jésuite, a alors ouvert le premier centre spirituel pour que des hommes puissent se recueillir et approfondir leur foi. Cela s’adressait naturellement aux hommes ! Mais qui pensait aux femmes ? Dans cette même ville de Vannes, Catherine de Francheville recevait déjà chez elle des femmes pour les aider à vivre une expérience spirituelle selon la pédagogie de St Ignace de Loyola. Elle a alors acheté une maison, la première maison d’Exercices spirituels pour des groupes de femmes. Un peu partout en Bretagne, puis en France, se sont multipliées de telles maisons pour permettre aux femmes de se retirer un moment et de faire les Exercices Spirituels de St Ignace! Ces maisons étaient animées par des femmes qui, petit à petit se sont consacrées à Dieu. Ce fut pour nous le début d’une aventure qui demeure encore aujourd’hui. Mais ces trois siècles d’histoire ne furent pas toujours tranquilles. La Révolution de 1789 et les lois anticléricales de 1904 sont passées par là : ces bouleversements n’ont pas arrêté le dynamisme de femmes habituées à se battre pour la cause à laquelle elles avaient donné leur vie !

Quelle est notre passion aujourd’hui ?

Nous sommes toujours dynamisées par ce que dit notre Règle de Vie : « Aider à la croissance des personnes et des communautés humaines… Et pour cela, nous sentons l’importance de prendre de la distance par rapport à la vie quotidienne pour faire silence et écouter, découvrir le sens de ce que l’on vit, reconnaître les forces de vie et de mort en soi et autour de soi, faire des choix dans la liberté. Tout ceci, nous le vivons dans la contemplation du Christ… à l’œuvre dans le monde ».

Notre initiative personnelle ou communautaire ?

Nous sommes, ici à Nantes-St Herblain, une communauté de sœurs entre 69 et 85 ans. Nous habitons au 5° étage d’un immeuble. Nous venons d’arriver sur ce secteur. Notre souci est de rester présentes au monde qui nous entoure: écoute des personnes qui demandent un accompagnement, participation à la vie paroissiale et à des organismes caritatifs, accueil dans des lieux d’écoute, aide aux devoirs pour des enfants ou alphabétisation d’adultes, visites à des personnes âgées dans des hôpitaux, collaboration avec des jésuites dans un centre spirituel…

En quoi le Concile de Vatican II a-t-il transformé la vie religieuse et le rapport au monde de votre Institut ?

Nous avons toutes vécu le Concile Vatican II. Ce fut pour nous une révolution désirée : nous sentions que le style de vie de notre vie religieuse était obsolète, nous qui étions jeunes et avions un grand désir d’ouverture au monde. Peu à peu, nous avons laissé le costume religieux et la clôture, et nous sommes sorties de nos communautés à la rencontre des autres qui nous sentaient alors plus proches. Nous avons entrepris des formations plus larges pour être disponibles aux besoins du monde et de l’Église. Progressivement, nous étions à même de collaborer avec des laïcs ou des prêtres pour diverses missions. Nous avons pu répondre à des besoins nouveaux dans différents milieux. Ainsi, nous avons été appelées à partir au Cameroun puis au Chili.

Tout cela ne s’est pas fait tout seul… et l’évolution n’est pas terminée! Nous sommes pleines d’espérance : les femmes ont en elles tout le dynamisme nécessaire pour participer à la construction de l’avenir.

Sœurs de La Retraite à Saint Herblain

Les Sœurs de la Retraite.

Le nom fait question, d’où vient-il ?

Au XVIIème siècle, dans la région de Vannes, une jeune femme, Catherine de Francheville suit les Exercices spirituels de St Ignace avec le Père Huby, un Jésuite, mais elle ne peut le faire dans la Maison de Retraite, réservée aux hommes. Elle fonde alors une Maison de Retraite pour les femmes en 1675, puis une communauté au service des retraites. Aujourd’hui les engagements se sont diversifiés.

«  Notre façon de nous situer dans le monde et d’être présentes aux autres est toujours informée par l’expérience des Exercices spirituels de St Ignace… Nous portons attention à la fois à la personne humaine et au monde dans lequel elle est située. » Règle de Vie 1-5

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