« POUR QU'ILS AIENT LA VIE »

Comité de la Jupe

C’est ce verset de l’Évangile de Jean qui a toujours habité ma vie, mon action, mon cœur.

Ceci m'a conduit vers ceux qui en sont en partie privés : «Nous sommes en vie mais nous ne vivons pas ». Qui sont-ils ? Ceux qui ne mangent pas à leur faim, qui ne savent ni lire ni écrire, qui n'ont pas de domicile, de chez soi, pas de quoi se soigner, pas d'éducation, de travail, de relations amicales et affectives, qui ont un handicap...

«…  pour qu'ils aient la vie en abondance, »  ce sont ceux qui ne savent pas encore que notre Dieu, Père, les aime avec tendresse.

- Comment je le vis ? En tout premier lieu, je le vis en communion avec Jésus le Nazaréen, qui a dit : « Je suis venu pour qu'ils aient la vie... »

La congrégation a répondu à cette aspiration en m'envoyant en République Dominicaine, pendant 15 années, dans les milieux pauvres (barios). J'ai, avecd'autres, essayé qu'ils aient une vie digne, le minimu, eau, électricité, routes, école, maisons et non taudis, j'y ai investi le tout de ma personne. Á travers réussites, échecs, souffrances, j'ai ressenti une joie profonde et un grand attachement à ce peuple de méprisés, classés, abandonnés à leur sort. « être la chispa que provoca el incendio ». Combien de femmes se sont redressées, ont existé ...

Actuellement, en France, mon temps, ma personne sont donnés :

  • aux frères venus d’ailleurs : service de repas, alphabétisation, accompagnement pour démarches, reconnaissance et communion à leur espoir …
  • aux SDF, aux malades de l'alcool, drogue, malades psychiatriques, ceci dans une maison d'accueil de jour.

Jésus a lavé les pieds de ses disciples, « je vous ai donné l'exemple pour que vous fassiez comme j'ai fait » Ces personnes m'ont convertie à être très humble dans ce service, être respectueuse, bonne, bienveillante, considérant que chaque personne a sa dignité, lui permettant de la vivre mieux, de la récupérer.

Toute cette vie me convertit également dans ma relation au Christ et à Dieu, Lui le Dieu de miséricorde, « J’ai vu, j'ai vu la misère de mon peuple », « Pris de compassion Jésus guérit... ». Cette relation habite mon cœur et influence mon comportement, mes relations.

Je rends grâce au Seigneur d'avoir vécu ma vie religieuse, au moment de la fin du concile Vatican II. Pour répondre à ce « souffle », la congrégation m'a envoyée travailler en entreprise. Là j'ai eu l'impression de redécouvrir les méfaits du capitalisme, de l'exploitation. Ma rencontre avec Dieu est devenue autre, à travers la prière de la Parole de Dieu, la vie vécue au coude à coude dans le travail au rendement, l'engagement syndical, « pour qu'ils aient la vie », l'habitat en HLM. etc Avec d'autres religieuses et laïcs engagés, la « révision de vie » a été un pilier de ma vie de foi en Église, en congrégation, avec une grande paix et une joie profonde.

Si la vie religieuse fait le choix des pauvres (pas seulement en discours) il me semble qu'elle sera toujours plus fidèle à l’Évangile du Christ.

Claudia Logeais, sœur des Sacrés Cœurs

Qui sont les sœurs des Sacrés Cœurs ? La congrégation des Sœurs des Sacrés Cœurs a été fondée en 1818, en Vendée, au lendemain de la Révolution française. Leur fondateur, le prêtre Pierre Monnereau, désirait renouer des liens entre les hommes, fondés sur la tendresse de Dieu. Les Sœurs travaillent à l’humanisation et à l’évangélisation dans un esprit d’amour et de proximité avec le peuple dont elles font partie. Outre le France et le Canada, elles sont aussi présentes à Madagascar, en République dominicaine, au Congo…

Sylvie de Chalus

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