Au jour le jour, la vie dans une cité marseillaise

Comité de la Jupe

Voici le premier des témoignages de religieuses que nous allons publier sur le site. Il comporte deux articles et émane de Jeanine et Danielle. Les Franciscaines missionnaires de Marie, à l’exemple de François d’Assise, se rendent disponibles sur les cinq continents, pour la mission, celle annoncer l’Évangile à ceux qui ne le connaissent pas, avec une préférence pour les plus pauvres : « Le Christ contemplé nous envoie à nos frères… et nos frères nous renvoient à la contemplation du Christ ». (Constitutions 3)

marseilleNotre appartenance à l’Institut des Franciscaines Missionnaires de Marie, présent sur tous les continents, nous permet de garder les yeux et le cœur ouverts sur le monde et sur ce qui s’y vit. Nous avons vécu à l’étranger, nous sommes ouvertes aux autres cultures et aux autres religions, et notre prière s’élargit aux intentions du globe.

Nous sommes aujourd’hui en grande cité, à Marseille, dans le quartier d’Air Bel, par un choix commun entre notre Institut et nous-mêmes, et pour lequel nous avons une lettre de mission de l’archevêché.

Qu’est-ce qui caractérise ce quartier : C’est une cité de 1200 logements et de 6 à 7000 habitants, à l’est de Marseille, cité régie par quatre bailleurs, comprenant une trentaine de nationalités et des religions différentes.

 

On y rencontre :

  • des familles monoparentales en grand nombre ;
  • des personnes isolées, malades, sans ressources ;
  • des gens menacés d’expulsion, en grande difficulté financière ;
  • des personnes âgées avec très petites retraites ; dn taux de chômage très élevé, surtout chez les jeunes ;
  • de commerce parallèle et vente de stupéfiants ;
  • un Islam qui pose question.

Voilà en gros les difficultés que rencontrent les familles que nous côtoyons. Nous intervenons toujours au travers d’associations dont nous sommes membres (le CCFD, la CLCV, le Centre Social etc.)

Nous portons une oreille attentive à tous ces problèmes. Chaque jour, en circulant dans la cité, nos rencontres sont riches d’échanges sur le vécu, surtout avec les femmes. Elles nous font découvrir toutes les richesses vécues au quotidien avec courage et beaucoup d’amour.

Nous en sommes témoins. Nous encourageons leurs initiatives, et unissons nos forces à celles de la Confédération du Logement, des Consommateurs et du Cadre de Vie (CLCV) Nous faisons des lettres de soutien aux demandes de mutation qui traînent en longueur, nous aidons aux pétitions collectives, aux démarches de rencontres avec les logeurs, à la vérification des charges chez chacun des quatre logeurs.

Voici un exemple de réussite en collaboration avec le Centre Social et la CLCV : les sentiers et les rues étaient ravinés en 2011. Pour appuyer notre demande au Syndic (chargé par les 4 logeurs de l’entretien des espaces extérieurs), nous avons sollicité une équipe d’enfants du CLSH (Centre de Loisirs Sans Hébergement), au Centre Social, en vue de photographier ces espaces dangereux avec risques de chutes. Six mois après, le macadam goudronné remplaçait les trous. Les enfants (de 5 ans) sont revenus, victorieux : « Madame, là où on a photographié, ils ont tout réparé ! »

Ainsi, nous partageons depuis des années, la vie de nos concitoyens par les rencontres, les partages, les engagements au sein des associations locales ; notre une présence est souvent silencieuse, mais attentive au vécu de chaque jour et de chacun. Notre prière quotidienne tisse des liens avec tous ceux que nous rencontrons et avec nos sœurs de partout qui vivent dans les pays éprouvés.

Nous sommes conscientes que notre disponibilité de religieuses nous permet de vivre pleinement notre mission, d’être, là où la vie n’est pas facile, des petites lumières d’espérance.

Sœurs Jeanine Lhermet et Danielle Adam, Franciscaines missionnaires de Marie.

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