Tabou ?

Comité de la Jupe

Comme l’a si bien résumé Christine Pedotti «  Soyons sérieux, on n’est pas pour l’avortement, pas plus qu’on est pour la guerre. Mais parfois, il faut faire la guerre ».

Par un récit douloureux récompensé par le 1er Prix de dissertation organisé par la Fédération Internationale pour la planification familiale à l’occasion de la célébration de ses 60 ans, Alizata KOUDA, du Burkina Faso, invite le lecteur à dépasser le débat du droit à la vie et du droit à disposer de son corps pour entrer en empathie avec la souffrance des femmes acculées à l’avortement.

Il n’est pas question, pour Alizata, de juger mais de montrer la violence d’une société patriarcale africaine qui nie la nécessité de mettre en place des services post avortement adéquats où on soigne et conseille, sans juger, sans moraliser ni dénoncer.

Le texte d’Alizata KOUDA, par son extrême humanité, nous plonge dans ces drames de femmes encore soumises à un ordre patriarcal sans tendresse ni concession pour leur détresse. Un ordre d’autant plus rigoureux et inhumain qu’il cherche à dédouaner les partenaires avoués ou clandestins.

Par deux vécus, elle met en scène le drame :

« …Un beau matin vous faites un test suite à un retard dans votre cycle mensuel, quand vous voyez les deux traits roses, c’est toute une vie qui semble s’effondrer devant vous. »

Acculée à l’avortement, la jeune femme va chez un faiseur de miracles, « sans réelle préparation mentale, en pensant qu’en cinq minutes ce sera fini. »

« Il vous dit de vous allonger sur la natte. Vous êtes comme dans un rêve. Vous en êtes vite tirée par la douleur vive qui traversera vos entrailles. Muni de deux rayons métalliques pour vélos aiguisés, le faiseur de miracles vous transperce le col de l’utérus pour l’ouvrir, tout en vous intimant l’ordre de ne pas crier sous peine d’être renvoyée d’où vous venez.

Vous vous mordez la main jusqu’au sang pour étrangler ce cris qui ne cesse de monter ; Il continue de piquer inlassablement. » (…)

La narratrice s’en tire, mais elle ne veut pas nous laisser sur ce « happy end ».

Une amie qui lui est chère découvre qu’elle est enceinte de son fiancé deux mois avant la cérémonie du mariage.

Le fiancé refuse cette grossesse, il veut « un mariage religieux en bonne et due forme ».

Elle ne veut pas déshonorer sa famille. Les amies alertées la dissuadent d’avorter. «  Mais quand une femme décide vraiment d’avorter rien ni personne ne peut l’en dissuader ».

« Durant des jours elle l’a caché à tous. Souffrant seule et buvant des décoctions censées éviter l’hémorragie et les infections. Quand elle s’est décidée à aller à l’hôpital, elle a reçu une leçon de morale en lieu et place de soins avant de se faire injurier et traiter de criminelle ».

Conduite ensuite dans une clinique privée, «  en quelques heures elle est passée de vie à trépas. »

(…) Lorsque la famille apprit la cause de son décès, « j’ai pris – écrit elle - toute la mesure de l’égoïsme, de l’hypocrisie et de la cruauté humaine. Son fiancé a feint de ne pas savoir qu’elle était enceinte et demandait pourquoi elle en est arrivée là ».

(…) « Son père fut celui qui m’a le plus choquée, le regard vide mais déterminé, il jurait que le corps de cette fille impie ne franchirait pas le seuil de sa concession. Cette fille en qui il avait placé ses espoirs l’avait déshonoré. Cette fille mécréante avait osé penser à ôter une vie. La vie humaine, œuvre de Dieu, cette vie sacrée parmi les plus sacrées.

Une seule envie me taraudait l’esprit : étouffer ses paroles sans humanité indigne d’un père. Comment osait-il parler du caractère sacré de la vie, lui qui est un fervent militant de la peine de mort ?

Et la vie de sa fille ? N’était elle pas sacrée ? »

Par la suite, Alizata apprit qu’elle fut enterrée le lendemain de son décès dans la discrétion la plus totale. « Cette honte devait rester en famille et servir de leçon à ses autres filles. Il les renierait si elles avaient le malheur de tomber enceinte avant le mariage. Jamais il ne leur pardonnerait ce sacrilège même dans la mort. »

« Tous ensemble, accuse-t-elle, NOUS l’avons tuée. En définitive, il ne s’agit ni de combattre, ni encourager, ni banaliser l’avortement, mais juste assumer notre devoir collectif d’éducation, d’information, de sensibilisation, d’offre de service de santé pour éviter les grossesses non désirées. Et lorsque malheureusement on a échoué dans notre mission, il faut qu’on se mette humblement en question. Ainsi on évitera de porter des jugements et tout simplement avec humanité, on accompagnera la femme. »

Comme un électrochoc, ces interrogations réactivent la mémoire.

Le libre choix de la maternité par les méthodes contraceptives et le droit à l’avortement sont en France un acquis récent.

Il nous arrive, dans nos jugements, de trop souvent oublier la situation des femmes avant la dépénalisation de l’avortement et l’évolution des mentalités des familles.

Placées aujourd’hui entre éthique et miséricorde que privilégions nous ?

http://www.lefaso.net/spip.php?article53797&rubrique4

Jacqueline

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Commentaires

« Nous l’avons tuée… » Comment surmonter de tels drames ? En optant pour une éthique sociale généreuse, en faveur d’un accueil de la vie synonyme d’action de grâce, plutôt que pour la « morale » étriquée, individualiste et morbide du Planning familial. Changeons de regard, bâtissons de réelles structures d’accueil ! Et de nombreuses jeunes filles ne se sentiront plus « acculées à l’avortement ».

Toujours la même histoire... on parle d'éducation des femmes, de leur apporter un soutien psychologique, un accompagnement... mais les moeurs ne changent pas... nous ne faisons rien ou si peu! Osera-t-on un jour, parler de l'éducation des hommes, de leur implication et de leur responsabilité dans tous ces drames qu'ils "imposent" aux femmes? Les violeurs sont des criminels en puissance: à cause d'eux des femmes se retrouvent dans une voie sans issue où seul l'avortement semble être la solution pour essayer d'effacer et oublier l'agression. Résultat: une vie, un tout petit bout de vie, est supprimé, et une vie de femme est brisée, souvent pour le reste de ses jours. Donc, les violeurs commettent 2 meurtres: ce sont eux qui "tuent" la vie, qui avortent, et en même temps, ils tuent "psychologiquement" celle dont ils ont "possédé" le corps sans consentement et sans amour. Mais il y a pire, plus sournois que les violeurs... Il y a tous ces hommes, amants, officiels ou non, qui refusent d'assumer la responsabilité de leurs actes. Sous couvert d'un prétendu amour, ils jouissent, profitent, usent du corps et du coeur de celle qu'ils prétendent aimer... mais détournent les yeux quand ils se retrouvent devant le fait accompli... Une grossesse non désirée demeure "la faute" de la femme... l'homme n'y est donc toujours pour rien? Il me semble que le rôle de l'Eglise est de rappeler la responsabilité des hommes dans la volonté d'avorter des femmes: ce n'est pas une possibilité, c'est une évidence! Une évidence urgente et pressente!!! Le patriarcat écrase et opprime les femmes depuis trop longtemps. Partout dans le monde en Afrique ou ailleurs, l'Eglise devrait proclamer sa joie de voir une femme enceinte et inviter les hommes, le père de l'enfant comme les autres, à la respecter et la soutenir dans l'aventure "sacrée" qu'est le don de la vie. L'éducation des hommes me semblent être la seule voie devant tant de souffrances... mais comment faire pour faire bouger les mentalités????

Je voudrais revenir sur votre comparaison de départ entre la guerre et l'avortement.Certes on est parfois obligé de faire la guerre mais dans un guerre on se bat contre une personne remplie de haine , une personne qui nous veut du mal , une personne conscient du mal qu'il engendre autour de lui .Alors que dans l'avortement on tue un innocent ,un être tellement fragile qu'il n'est même pas capable de crier lorsqu'on lui ôte la vie . Alors excusez moi de vous dire que vos comparaisons sont vraiment déplacé. Si l'Afrique a du travail sur la planche dans tous les domaine de la santé et de l’éducation sexuelle évitez d'exalter la societe occidentale qui soit disant ne serait ^plus patriarcale. Rien qu'en France dans une société où les moyens de contraceptions sont presque gratuit le nombre d'avortement n'a pas diminué depuis la Loi Veil ,elle continue d’osciller autour de 200.000 chaque année. Serait-il cela que vous appelez progrès ? Si la société africaine baigne parfois dans une certaine hypocrisie oscilla entre la religion ,la culture et la modernité occidentale ,l'occident quant elle n'a plus honte de rien , c'est l'individualisme consumérisme hédoniste qui fait la Loi,chacun fait absolument ce qu'il veut tant qu'on n'a pas d'image de mort à la télé. Alors Oui dans une societe d'émotion et du spectacle comme la notre la victime c'est l'enfant à naitre qui ne peut pleurer devant la camera.Et dans une societe traditionnelle comme celle d'Afrique ,proche orient ou du golf c'est la femme qui est la victime .Alors apparemment entre l'enfant et la femme vous avez choisi la femme moi je choisi ni l'un ,ni l'autre car Jésus est mort pour toute âme.

pour répondre par oui ou non Miséricorde mais faut-il répondre ainsi? l'éthique est un choix moral qui prend en compte la loi bien sûr et aussi la situation pour un jugement en conscience éclairée! alors qui est éthique dans cette histoire dramatique ? le père qui fuit ..........et pourtant il faut bien être deux pour donner la vie !! la famille qui rejette la société qui exclue qui tue dans l'histoire tout d'abord l'enfant puis la mère ? en premier le père, la famille, la société alors à mon sens il n'y a pas de conflit entre l'éthique et la miséricorde il y a un acte criminel c'est de laisser une femme seule avec ce petit être en elle , de la laisser mourir de chagrin puis de lui ôter la vie pour non assistance à personne en danger! en France il n'y a pas si longtemps cela était courant non nous n'avons pas besoin d'invoquer la miséricorde pour justifier la non condamnation d'une femme quand tous l'ont condamnée ...........nous avons besoin de l'aider et de l'aimer! n'oublions jamais que le oui de Joseph fut décisif .......car sinon Marie était condamnée et le Christ dans le ventre de sa mère!!

Oui, Marie-Jeanne, vous avez raison, jamais je n'ai entendu l'Eglise rappeler aux hommes leur responsabilité devant le fait qu'un rapport non protégé mène au risque de provoquer une grossesse. C'est un travail d'éducation à faire dés le plus jeune âge; et qui n'est fait, ni par les autorités civiles (quelques heures par an dans les collèges)ni par les autorités religieuses ( du moins catholiques; car protestants et orthodoxes semblent plus rigoureux sur le sujet de la responsabilité) . Quant à celui qui parle d'hédonisme et d'individualisme dans le douloureux problème des interruptions de grossesse, je voudrais , en tant que travailleur social ayant pratiqué de nombreux entretiens préalables à une IVG, lui rappeler ceci: la première cause d'IVG chez les mineures est l'inceste. Oui. Et ce n'est pas prés de finir: une nièce a attiré mon attention sur le nombre de jeunes filles, parfois trés jeunes, qui demandent de l'aide sur les forums de discussion médicaux, parce que leur père, leur beau-père, leur grand'père, leur oncle, les oblige à des rapports , et qu'elles craignent d'être enceintes.Ces IVG ne représentent que la moitié des incestes, car beaucoup de jeunes filles sont si terrifiées par ce qui leur arrive qu'elles ne veulent pas y croire, et attendent qu'il soit trop tard. Ensuite viennent les viols; et ensuite la misère. S'il y a une guerre à faire, comme le disait l'Abbé Pierre, c'est à la misère! Que peut faire une mère de deux trois enfants dont le conjoint est au chômage et qui enchaÎne les petits boulots, si survient un accident de contraception? les aides apportées sont sans commune mesure avec le cout d'un enfant, et surtout, le fait qu'aucun employeur ne voudra plus embaucher une femme enceinte..Donc je ne vois pas en quoi quiconque cherche à jouir égoïstement de la vie là dedans!! Etre face à ces femmes vous met en face du réel, et non pas de théories abstraites.Ensuite, le Planning Familial, d'abord appelé "maternité heureuse" a fait un travail formidable d'accompagnement des femmes; et s'est efforçé de lutter pour que toutes les femmes aient accès à une contraception valable, et ainsi éviter les IVG. Je ne vois pas ce qui est morbide? Connaissez vous le Planning ? Que de jugements d'hommes bien à l'abri dans leur corps, sur les problématiques des femmes!

@Morvan, vous oubliez un problème fondamental. Comme le souligne la jeune Alizata Kouda, une fille qui voudra avorter, le fera et par n'importe quel prix. Au Burkina Faso, une fille enceinte risque le déshonneur et elle risque de se retrouver seule avec son enfant. Ce sont des milliers de jeunes filles qui chaque année meurent des conséquences de l'avortement clandestin, des morts qui sont vécus comme honteuses par la famille. Le véritable drame est là. C'est vrai qu'en France, il y a 200 000 avortements par an mais là aussi le regard social joue pour beaucoup. Une jeune mère sera mal vue en France, à propos d'elle on dira "quelle cruche, elle n'aura pas su se protéger". Elle restera une mère qui devra élever seul son enfant à un âge où elle n'a pas forcément la maturité pour. De plus, poursuivre des études ou trouver un emploi est très dur quand on est une jeune mère. Comment fera-t-elle pour garder son enfant? Quel homme voudra d'elle alors qu'elle a déjà un enfant? C'est toutes ces questions là auquel elle devra faire face. Tu parles de l'hédonisme des sociétés occidentales, je ferais juste remarquer que le pays au monde qui arrive à avoir le plus faible nombre d'IVG ce sont les Pays-Bas alors qu'ils ont une législation très libérale sur le sujet (avortement jusqu'à 24 semaines d’aménorrhée, ce qui peut fendre le cœur quand on voit ça). Croire qu'en interdisant l'avortement, on réglera le problème est illusoire. Comme le montre l'exemple du Burkina Faso, cela ne fait provoquer que des drames humains et faire le business des faiseurs d'ange. C'est cette raison-là qui avait poussé la France à adopter la loi Veil. @Dangessin, les structures d'accueil ne règlent pas le problème. Tu accueilles temporairement la jeune fille mais après tu fais quoi? Elle restera toujours seule avec son enfant.

Troublant le texte d'Alizata n'est-ce pas ? Peut-être pas pour les jeunes femmes, mais pour celles de ma génération qui ont côtoyé des femmes ayant eu recours à l'avortement clandestin ou lorsqu'elles en avaient les moyens allaient en Angleterre ou en Suisse se faire avorter, je n'ai pas peur de le dire, ce fut comme un tsunami de la mémoire. oui, il y a toujours eu des grossesses non désirées, des surprises du cycle qui sont des catastrophes, des amours passionnées qui se transforment en un débandade désordonnée des amants "officiels" ou "occasionnels" quand ce n'étaient pas les maris qui disaient " débrouille-toi, nous ne pouvons pas en avoir un autre". Oui, il y a toujours des viols, de monstrueux, et d'autres beaucoup plus familiaux, des pères qui violent leurs filles, etc... faut il laisser la jeune avec cette double peine, cette double détresse. Non bien sûr. En afrique, la jeune est livrée aux mains d'un faiseur de miracle, aujourd'hui en France elle a recours à une interruption de grossesse médicalement assistée , les dégats physiques ne sont plus ce qu'ils étaient; mais dans l'accompagnement qu'en est il ?

@ P.Morvan Je suis désolée de vous dire ça mais visiblement, vous n'avez rien compris! Vous ne parlez que des femmes qui avortent. Les hommes "n'avortent" pas selon vous? Vous dites aussi qu'il ne faut pas comparer la guerre et l'avortement car lorsqu'on fait la guerre, c'est contre quelqu'un qui a de la haine (il y aura peut-être à dire là-dessus mais ce n'est pas le sujet)... - Quand une femme est violée et demande un avortement: vous êtes vraiment sûr que c'est la femme qui commet un acte de violence? ou se contente d'elle d'essayer d'effacer un événement trop douloureux à assumer? - Quand une femme se retrouve obligée d'avorter parce que l'homme qu'elle aimait préfère s'enfuir plutôt que prendre ses responsabilités, qu'elle se retrouve abandonnée et démunie, vous pensez sérieusement qu'elle est la seule responsable? Et le père, sa réaction n'est-elle pas une forme de violence? - Quand une femme se retrouve devant un terrible choix imposé par son mari: soit tu te fais avorter parce que je ne veux pas de gosse et je reste, soit tu le gardes et je m'en vais, c'est lequel des deux, du père et de la mère qui est le plus fautif selon vous? (j'en ai connu, je vous garantie que ça existe! et en France!!!) - Quand une jeune fille se fait avorter en cachette parce qu'elle a peur d'être rejetée de sa famille, que ce soit en France ou beaucoup plus loin, c'est elle qui est coupable de violence ou la famille qui, sous le couvert de la religion et/ou de la morale, entraîne cette jeune fille dans ce geste désespéré? Je tiens à vous préciser que je suis contre l'avortement quand il est réduit à un acte banal et anodin. Oui, l'avortement est la mise à mort d'un tout petit qui ne demandait rien d'autre que de vivre. Mais, s'il vous plaît, ne minimisez pas la souffrance morale et la détresse des femmes qui se font avorter! En vous lisant, je suis obligée de vous dire que j'ai sentie une grande colère monter en moi. Pardonnez-moi de vous dire ça mais je vous trouve pitoyable!

P.Morvan Dans la Genèse Dieu dit "que la lumière soit..que la terre verdisse..que la terre produise des êtres vivants" mais il dit "FAISONS l'homme". Luc nous dit que l'ange propose à Marie "TU CONCEVRAS" et il ne la quitte qu'après son OUI réfléchi. La source de la vie c'est la volonté aimante et le oui réfléchi. "Vous dites "Alors que dans l’avortement on tue un innocent ,un être tellement fragile qu’il n’est même pas capable de crier lorsqu’on lui ôte la vie" et " la victime c’est l’enfant à naitre qui ne peut pleurer devant la camera." Des femmes le ressentent ainsi, elles peuvent surmonter leurs volontés et désirs violés, négligés, piétinés et c'est très bien. Pour d'autres vos propos sont lettres mortes, sentimentalisme à deux sous irréaliste, l'embryon qui leur est imposé n'est pas enfant,et c'est très bien qu'elles puissent avorter.Et NON ce n'est pas parce qu'elles n'ont honte de rien, qu'elles sont individualistes,hédonistes, consuméristes dans une société occidentale dépravée; Comprenez qu'ont été bafouées les règles divines,source de vie que sont la volonté aimante et le oui réfléchi, c'est ça la douleur insoutenable qui les fait crier, ce cri c'est l'avortement. C'est ce cri qui doit disparaitre, comme doit disparaitre la guerre.

oui toujours la même histoire P. Morvan non aujourd'hui en France on ne choisit pas la mère on laisse le père et la mère décider du possible car où est votre parole pour les pères! qu'il y ait des abus dans les demandes d'IVG cela est vrai parfois mais le plus souvent c'est un drame vécu seule par la femme je me souviens du dernier dialogue avec une femme ,elle avait subi son époux qui partait si elle le gardait et puis cet homme était-il complétement responsable.....il y avait eu une erreur de contraception cessons cette hypocrisie une IVG est toujours un drame par contre je n'ai pas beaucoup connu d'hommes bouleversés par cela dans ma carrière de gynéco mais j'ai vu beaucoup de femmes en larmes , j'en ai connues qui en sont mortes et puis vous savez que parfois on peut mourir en donnant la vie et autrefois c'était banal qui s'est insurgé pour ces morts de femmes

Je remarque que, comme voici prés de quarante ans, on parle beaucoup de jeunes filles(et j'ai rappelé une des causes des IVG ou IMG de jeunes filles: victimes d'inceste), et pas assez des mères de famille qui n'ont d'autre choix que d'interrompre leur grossesse. Un des combats de Simone Veil avait été de contrer les propos absurdes sur la prétendue "débauche" que la légalisation de l'avortement allait entraîner. Un contingent important de femmes ne pouvant assumer un autre enfant, était fait de femmes mariées et déjà mères; et pour les femmes adultes, c'est encore le cas. Pour elles, des structures d'accueil ne résolvent rien!! SI on veut sincèrement diminuer le nombre des IVG, sans pour cela porter de jugement(ce qui est notre "boulot" de chrétiens)il faut agir sur les mentalités: sur les employeurs, pour qui être enceinte est une tare, et qui proposent sans honte des licenciements à l'amiable à des salariées enceintes, sur les pouvoirs publics(mais je crois que c'est bien parti pour avoir davantage de places de crèche), sur les jeunes hommes. Une fois cela fait, il y aura TOUJOURS des femmes enceintes accidentellement, qui se sentent incapables d'assumer cet enfant. Et quand on les oblige à avoir l'enfant,ou qu'elles ont dépassé les délais, vous savez ce que cela donne ? au mieux , un rejet inconscient qui trouble les relations mère/enfant, au pire, et c'est fréquent, la maltraitance. Ces temps derniers, deux cas ont défrayé la chronique: deux jeunes garçons croupissant la nuit dans un garage, et un bébé de 4 mois gravement blessé par un père impatienté qui l'avait "laissé tomber". Et la souffrance de ces enfants n'a rien à voir avec un embryon de quelques millimètres qui n'a pas encore de système nerveux, c'est un traumatisme qui va marquer toute leur vie, et leur devenir de parents quand ils seront adultes. A tous ces messieurs qui prêchent, il faudrait proposer un stage dans une permanence de travailleur social; et un autre auprès de la Brigade de Protection des Mineurs.Pleines d'espoir envers l'être humain, espérons que leur position changerait alors....

@P.Morvan vous écrivez " Alors apparemment entre l’enfant et la femme vous avez choisi la femme moi je choisi ni l’un ,ni l’autre car Jésus est mort pour toute âme." Non P. Morvan, je ne choisis pas, la douleur des femmes s'impose à moi. Cette détresse qui conduit à "avorter" m'interpelle depuis ma jeunesse, car j'ai connu l'époque qui a précédé la libéralisation de la loi. J'aime la vie et connais la joie de la donner , je la défends, je suis mère et grand mère. Et c'est bien la raison qui me fait me pencher sur ces détresses. Aucune femme n'a envie d'avorter, elle est y parfois inexorablement conduite par tout ce que les correspondantes nous expliquent . Les messages posés parlent aussi de la responsabilité des hommes. Ce sont des messages d'une profonde humanité qui résonnent de charité alors que le rappel sec de la règle est comme un coup de fouet. Bien sûr qu'il faut défendre la vie ! Qui le nie ? Mais souvenez vous du silence de jésus lorsqu'on lui amène la femme adultère, des signes dans le sable puis " Que celui qui n'a jamais péché lui jette la première pierre".... les plus anciens sont partis les premiers. Ils connaissaient la faiblesse des humains , et peut-être ont ils pensé soudainement, eux les purs, qu'ils avaient été l'un de ces grands absents que sont les hommes qui ont participé à l'adultère et ne sont jamais jugés. Dans le cas de l'avortement, c'est la même chose, la règle rappelle le prix de la vie, mais oublie le prix de la vie de la femme et surtout se voile face sur la responsabilité de l'homme.

Il y a 60 ans, externe de garde le week-end, je me souviens de ces femmes seules ou accompagnées d'une amie, rarement de leur mari, saignant abondamment après un avortement clandestin, et avoir entendu, une fois, l'assistant de chirurgie (très catho) dire pour le curetage:« pas d'anesthésie, cela lui apprendra..ainsi elle s'en rappellera et ne recommencera plus....»

P Morvan, que savez-vous de la guerre, de l'avortement, du remord, de la "grandeur" de la vie? La vie apprend cela, le sens de l'Amour qui habite chaque être nous l'apprend, chacun rencontre des "situations" qui le force à apprendre, à moins qu'on préfère détourner le regard en se trouvant "bien" et en trouvant l'autre "critiquable", voire "mauvais". A quelques jours du grand départ de tous les militaires français d'Algérie, un de mes aînés, qui fut mon chef de troupe scoute a été sauvé par les fellagas qui par contre tiraient comme des lapins presque tout ce qui portait uniforme français. Ces affreux "pleins de haine" dites-vous, l'ont eut deux fois bien aligné dans le viseur, mais la consigne donnée "pas celui-là!" fut respectée parce qu'il avait soigné des gens des villages alentours, avec le sourire, et aussi parce qu'il était connu qu'il avait, à cause de ces soins, écopé de 15 jours de cabane sur demande du médecin chef qui ne tolérait pas qu'un non médecin fasse ce que lui refusait de faire. Savez-vous ce qu'est sentir ses parents, au bord de la mort, déborder du remord d'avoir l'un poussé son épouse à avorter, l'autre de n'avoir pas su s'opposer à cette volonté. Pourtant tous deux ont fait de leur mieux pour assister cette vie qu'ils ont tenter de tuer et qui est malgré tout venue, à grandir le mieux possible malgré de sévères séquelles. Savez-vous ce que c'est que n'avoir pu connaître un grand-père parce qu'il refusa les armes en 14. Il fit donc 5 ans de brancardages sur la Somme, la Marne et la Lorraine afin que le champ de batailles soit net au soleil levant. Pour aider ces parias à tenir le coup c'était somnifères et tranquillisants chaque soir et absinthe au petit déjeuner pour le courage d'y aller! Cet homme -musicien qui connut sa femme à un mariage chez Massenet, fut légèrement gazé, sombra dans l'alcool et, laissant sa femme sans métier et 4 enfants, il partit "à la cloche de bois" sans crier gare dans les années 30. Il est mort de la guerre dans les années 50, enterré à la fosse commune d'un village de son enfance. Mais il n'est pas "mort pour le France!"; sa veuve bien qu'aidée par la famille vécu dans la misère, ne reçut aucune pension "militaire" et même pas un nom sur un monument! Et itou de l'autre côté "pour la gloire de l'Empire germanique". Mais qui êtes vous, Monsieur le donneur de leçon qui vous moquez du monde?!!! Il ne s'agit pas de théoriser, il s'agit de chairs, d'âmes, de la vie, la vraie celle de presque tout le monde. Veillez à ne pas passer trop à côté, s'il vous plait.

J'ai déjà écrit ce qui suit le 19 11 2011 ds la CCBF: « Je copie qq lignes du colloque « Avortement et respect de la vie humaine » (Colloque du Centre Catholique des médecins français -Commission Conjugale-) Janvier 1972. - Pour qu'un embryon soit déclaré véritablement humain, il faut qu'il soit effectivement destiné à devenir un homme, il faut qu'on se sache capable de le faire vivre, qu'on l'accepte et qu'on décide de l'introduire un jour dans la communauté humaine. - Il y a des gens farouchement contre l'IVG et qui ne le sont pas du tout contre la peine de mort et contre la guerre. - Quelle représentation a-t-on de Dieu, quelle représentation a-t-on de la vie que Dieu veut donner à l'homme..Quelle est la vie à quoi Dieu s'intéresse? Quelle est la vie humaine dont Dieu a besoin pour pouvoir mener sa vie de Dieu avec les hommes? - De quel droit peut on décider d'interrompre une grossesse? Mais la question doit d'abord être retounée: de quel droit appelez vous à vivre? qu'est ce que cela signifie: être procréateur? - Respect de la vie humaine de la femme.

que savez-vous du planning familial ?? savez-vous que de nombreux chrétiens et religieuses ont reçu des jeunes filles ou femmes pour un entretien pré IVG? pour discerner avec elles le scandale est la demande de retrait par le magistère des religieuses de ces lieux ! comme le dit Véronique Margron: Au bord du gouffre si les chrétiens ne sont pas la au plus près > comment le Christ peut il descendre dans le tombeau lui qui est la vie ? > Nous ne pouvons répéter d' anciennes recettes > Le bonheur c est la réciprocité dans le questionnemnet et l appétit > pour une Parole sans cesse fondatrice > Tenter de regarder en face ce qui nous arrive > Croire espérer aimer > En tout cas y mettre toute sa force > Souvent se taire habiter le silence les structures d'accueil c'est bien , mais elles ne résolvent pas tout et pourquoi parlez-vous toujours que de la femme !!! je le répète avec d'autres le scandale c'est la fuite du père de cet enfant, quand ce n'est pas le viol conjugal ou autre!! j'aimerais bien que ceux qui crient au crime dans le cadre de l'IVG crient avant au crime dans le cas de violences sexuelles , de viols, de pédophilie. mon expérience de gynéco m'a appris que beaucoup de belles paroles très droites et en règle ne sont pas toujours en accord avec les vies des donneurs de leçons

@Claudine ma soeur par le coeur. Comme tu parles bien. Ecoutez bien, écoutez la. On ne répétera jamais assez ce que dit véronique MAGRON, ce que nous crions toutes Au bord du gouffre si les chrétiens ne sont pas la au plus près > comment le Christ peut il descendre dans le tombeau lui qui est la vie ? > Nous ne pouvons répéter d’ anciennes recettes > Le bonheur c est la réciprocité dans le questionnemnet et l appétit > pour une Parole sans cesse fondatrice > Tenter de regarder en face ce qui nous arrive > Croire espérer aimer > En tout cas y mettre toute sa force > Souvent se taire habiter le silence CROIRE ESPERER AIMER.....

Permettez moi, Claudine, de n'être pas d'accord avec vous complètement: vous vous indignez qu'on ait ôté des religieuses de lieux où l'on effectuait des entretiens pré-IVG. Les raisons en sont sans doute mauvaises. Néanmoins, mettez vous à la place des femmes. Elles ne sont pas toutes catholiques. Voir de religieuses pourrait leur donner l'idée qu'au lieu de les écouter, on va tenter de les dissuader à toute force. Elles n'ont pas besoin de ça. En tant que chef de service, j'ai eu une employée Témoin de Jéhovah, qui a voulu refuser de faire des entretiens d'IVG; ne voulant pas se rendre "complice". J'ai du lui rappeler qu'elle était , comme moi, fonctionnaire, et que nous devions appliquer la loi, qui prévoyait ces entretiens, à l'époque obligatoires. Si je la laissais bénéficier d'une sorte de "clause de conscience", pourquoi pas avec les autres dispositifs, la loi sur le RMI ou autre ? la laÏcité, c'est cela: la neutralité des fonctionnaires, et elle ne pouvait se prévaloir d'une religion pour ne pas appliquer la loi. MAIS, j'ai réfléchi. Mes collègues aussi. Nous nous sommes dit que si elle culpabilisait les femmes, ce serait pire que tout. La neutralité en matière d'IVG est nécessaire, et c'est une technique: savoir mettre sous le boisseau ses propres opinions et ressentis. De me^me, j'ai prié celles qui disaient "c'est le problème de la femme, ça ne me regarde pas, je lui donne son papier, et c'est tout", de faire un VERITABLE entretien d'évaluation, car souvent, la femme est sous pression dans un sens ou un autre, et dégager avec elle ses propres désirs et capacités prend trois bons quarts d'heure, et ce n'est pas assez...Vous voyez comme la neutralité est indispensable.

à michelle bien sûr que ce point de vue est possible ! mais je connais des religieuses remarquables qui ont accompagné des femmes et respecté leurs choix je rappelle que l'un des centres de FIV à Paris a été suspendu il y a longtemps dans un hôpital tenu par des soeurs ..............et pas du fait des soeurs mais d'un interdit de rome et aujourd'hui cette attitude fait que les jeunes médecins de famille catho fuient ces spécialités à problèmes éthiques comme le dit fort bien Véronique Margron : si les chrétiens ne sont plus dans ces lieux, le christ est d'une certaine façon absent de ces lieux arrêtons cette obéissance stérile et laissons la conscience éclairée de chacun faire le choix d'accompagner en toute neutralité . comment parler de temple inviolable de l'Esprit pour la conscience éclairée et imposer à d'autres des choix intangibles . surtout quand le magistère se permet de ne même pas suivre ses sages réunis par lui! espérons qu'avec le Pape François la miséricorde l'emportera sur la loi! revenons à l'Evangile , car c'est bien l'Evangile que nous avons à annoncer : une bonne nouvelle et pas des interdits

Bonjour à vous, J’ai lu vos messages et sur la question de l’avortement comme de la contraception j’ai envie de préciser des petites choses qui me tiennent à cœur. J’ai fait de la prévention , de l’éducation sexuelle et je Co-anime des groupes de parole de femmes Africaines. Donc ce texte me parle beaucoup et me touche. l’avortement est une technique qui permet d’interrompre une grossesse par le biais soit d’un traitement médicamenteux , soit d’une action chirurgicale. Le délai maximal en France est à douze semaines. Ce qui compte ce n’est pas d'être pour ou contre l'avortement: c’est l’intention qui mène à l'acte. L'avortement génère des drames mais en évite aussi. A partir de douze semaines l'embryon n'a plus qu'à croître. Je pense que la sexualité est une responsabilité , que l’avortement est du même ressort et que c’est à la femme d’être dernière dépositaire de la décision : on participe à la conception mais on ne le porte pas.- Ce qui n'empêche pas d'en discuter. Je trouve que dans le champs de la procréation les déséquilibres entre hommes et femmes sont patents : Nous n'avons que la confiance et le préservatif. Une contraception efficace ( stérilet par exemple) permet de pouvoir choisir le moment ou la décision de la conception sera actée. Certaines pilules contraceptives sont abortives dans la mesure où elles empêchent la nidation de l’embryon : Des cellules en cours de division. D'autres sont contraceptives seulement. Pour le chrétien que je suis ce qui est important est cet adage: "Prima non nuocere". Il est regrettable que les institutions religieuses n’aient qu'à proposer une éducation morale articulée atour de dogmes déréalisés: Entre l'an 1000 et l'an 2013 il s'en sont passées des choses. l’éducation sexuelle est clairement déterminante car elle permet d'avoir de quoi faire des choix réfléchis donc moraux:"Connait-toi toi même et connait l’autre". Alors oui effectivement les hommes gagneraient à avoir une éducation sexuelle , mais les femmes aussi car j’en ai vu des vertes et des pas mûres….. Au sujet de la femme Africaine leur contexte socio-culturel pèse lourdement : Avoir des enfants , être mère , allaiter … et j’en passe sont cruciaux alors lorsque les choses ne se passent bien , elle subit. J'ai entendu que les hommes n'avaient pas le beau rôle : - certes-.

Si à l'époque où l'IVG n'était pas fait avec toutes les conditions médicales et sécurisantes d'aujourd'hui, il était douloureux et traumatique, ce qui est aujourd'hui le plus traumatique à vivre dans une démarche d'IVG, c'est le comportement de certains personnels médicaux, médecins et gynécos anti IVG qui traitent certaines jeunes filles et jeunes femmes comme si elles étaient des criminelles et des moins que rien et qui font parfois exprès de mettre des bâtons dans les roues dans leur volonté d'avorter en les renvoyant sans pilule abortive ou ordonnance pour démarche d'IVG, obligeant ces jeunes femmes déjà stressées par ce début de grossesse non désirée à des attentes longues au Planning Familial et de plus en plus souvent à des IVG à l'étranger par manque de disponibilité et de place dans les temps impartis en centre IVG en France. Ce comportement médical est honteux et écoeurant, pour tout dire lamentable. Et il constitue à l'heure d'aujourd'hui le principal traumatisme que les femmes gardent d'une IVG. Il est regrettable de constater que les structures catholiques fondamentalistes Pro-Life françaises exercent en toute impunité depuis plusieurs décennies et à dessein, des pressions religieuses intégristes sur les médecins et personnels médicaux via des structures d'hébergement d'internes et d'élèves infirmières (foyers AGEFO) pour que de moins en moins de médecins et de personnels médicaux s'impliquent dans les services et centres IVG. La loi d'entrave de 1993 devrait être étendue pour punir ces agissements odieux. Et il me semble aussi particulièrement grave de voir les mêmes structures catholiques fondamentalistes Pro-Life faire financer publiquement des centres catholiques anti-IVG dont certains ont fermé pour cause de maltraitances, viols et abus sexuels sur les jeunes femmes accueillies par les personnels et la direction (Foyer d'Ariane de la Roche sur Yon pour ne citer que celui-là). Personne ne doit contraindre une femme à avoir un enfant qu'elle ne désire pas et donc qu'elle ne pourra ni aimer ni élever dans des conditions minimum aussi bien matérielles que morales et affectives. Personne ne doit tenter de limiter par tous les moyens l'accès à l'IVG. L'IVG comme la contraception est un droit appuyé par une loi, la loi VEIL, renforcée par différents amendements et qui doit pouvoir s'appliquer pour garantir la liberté des femmes et des jeunes filles. La religion n'a pas à s'arroger le droit d'ingérence dans la décision des femmes et des jeunes filles qui font librement la démarche IVG. Catholique pratiquante, j'ai eu recours à l'IVG il y a 10 ans. J'ai eu à subir l'opprobre et les ralentissements et les jugements de médecins et de personnels médicaux opposés à l'IVG. Seul le Planning Familial et mon compagnon m'ont soutenue dans ma démarche, alors que ce début de grossesse était particulièrement destructeur (vomissements continus pendant 8 semaines sans plus pouvoir ni manger ni dormir ni boire et grosse déshydratation avec décapage intestinal et oesophagien, d'où pulsions suicidaires et désespoir total). Cet IVG m'a sauvé la vie (merci Gisèle Halimi et Simone Veil) et je ne le regretterai jamais. Ce qui m'a le plus blessée dans l'histoire, se sont les réactions médicales sans humanité ni respect ni vis à vis de mon corps qui rejetait cette grossesse (j'ai été brutalisée et insultée par un médecin anti-IVG qui m'a fait une échographie de datation) ni vis à vis de ma décision personnelle et de couple librement consentie et assumée (culpabilisation de différents médecins et personnels médicaux alors que pourtant me voyant vomir et être dans un état pathologique et psychologique très grave). Ce mépris et cette violence, j'en garde un vrai traumatisme et une méfiance vis à vis du monde médical. A l'époque je n'étais pas spécialement en faveur de l'IVG, mais mon expérience personnelle m'a fait réaliser l'importance de ce droit des femmes, essentiel autant que le droit à la contraception. Je ne souhaite à aucune femme de vivre les violences que j'ai eues à subir du personnel médical et des médecins en plus d'un début de grossesse pathologique pour saisir l'importance du droit à l'avortement et à la contraception. Les jugements théoriques de l'Eglise sur le sujet sont au regard de la réalité, odieux et sans aucune charité. Je le dis en tant que catholique comme en tant que femme. Dieu merci, les femmes n'écoutent plus guère l'Eglise dans ces domaines privés. Je m'en réjouis. Mais je constate hélas que des groupes fondamentalistes (en particulier la Fondation Lejeune en France, qui s'est aussi illustrée dernièrement dans les manifs anti-mariage pour tous) avec l'appui du Vatican, continuent à rendre difficile à l'accès à l'IVG et à la contraception des femmes, spécialement depuis quelques années. Je tiens à dénoncer ces actions qui n'ont aucun but charitable ni évangélique mais qui souhaitent juste contrôler la sexualité des femmes et les contraindre physiquement et moralement afin de perpétuer une domination masculine totalitaire.

françoise lu et approuvé !!

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