Le Pape lave les pieds d’une femme

Comité de la Jupe

Regardez cette photo : c’est une « bombinette » que nous apporte le bon pape François : il lave les pieds d’une femme !

Á quelques jours du jeudi saint, l’annonce ne pouvait mieux tomber. Elle va rendre un grand service à toutes les femmes qui sont exclues des services de l’autel (servants d’autel, lectures de la liturgie, distribution de la communion et lavement des pieds), à tous les croyants qui aspirent à une Église ouverte et fraternelle.

Regardez-la avec joie car elle exauce l’une de nos requêtes les plus fortes : rendre aux femmes leur légitimité dans la vie liturgique.

Si votre paroisse fait partie de celles qui excluent les femmes de sa vie liturgique, cette photo sera une aide précieuse.

Faîtes-la connaître à vos proches, montrez-là aux curés qui barrent l’accès des femmes aux services liturgiques, et surtout, refusez désormais de plier devant des exclusions blessantes et non fondées.

Et faites-nous connaître le résultat de vos démarches en déposant un commentaire à la fin de l'article.

La cause en vaut la peine !

Pour en savoir plus sur l’histoire et le sens du Lavement des pieds, lisez l’article ci-dessous.

Anne Soupa

Article publié sur le site du Comité de la Jupe ler février 2012

Avec   la   célébration   du   Jeudi   saint ,  revient   le   Lavement   des   pieds ,  qui   reprend   le   geste   de   Jésus   envers   ses   disciples .  Quelle   est   l ’ histoire   de   ce   geste  ?  Quel   sens   lui   donner  ?

L’évangéliste Jean a choisi de rapporter le Lavement des pieds à la place de l’institution de la Cène. Il souligne ainsi l’aspect existentiel de l’Eucharistie. Le mémorial du dernier repas et de la vie donnée de Jésus Christ pour la vie du monde s’actualise en chaque chrétien en amour-service du frère. L’aspect sacramentel et l’aspect existentiel du dernier Repas ne peuvent être séparés.

« Avant   la   fête   de   la   Pâques ,  Jésus   sachant   que   son   heure   était   venue ,  lui   qui   avait   aimé   les   siens   qui   étaient   dans   le   monde ,  les   aima   jusqu ’ à   l ’ extrême …. Jésus   se   lève   de   table ,  dépose   son   vêtement   et   prend   un   linge   dont   il   se   ceint .  Il   verse   ensuite   de   l ’ eau   dans   un   bassin   et   commence   à   laver   les   pieds   des   disciples   et   les   essuyer   avec   le   linge   dont   il   est   ceint  » (Jn 13, 1. 4-5).

Deux remarques, au préalable. Jean ne restreint pas ce geste aux seuls douze apôtres, et l’on sait par ailleurs que parmi les disciples il y avait des femmes qui « suivaient Jésus ». Cette dernière qualité contribue à définir un « apôtre ». La deuxième remarque est que dans aucun des récits évangéliques, la Cène - avec l’institution de l’Eucharistie – n’est pas d'abord une institution ministérielle. Elle est mémorial de la Nouvelle Alliance de Dieu avec l’humanité en Jésus Christ.

 

Un peu dhistoire

Dès les premiers temps de l’Église, ce geste d’humble service de Jésus est pratiqué, mais pas toujours en relation avec le Dernier Repas et l’institution de l’Eucharistie.

Saint Athanase et Saint Amboise évêque de Milan, mentionnent que l’évêque, avant de baptiser les catéchumènes, leur lave les pieds, posant ensuite par trois fois le talon du catéchumène sur son front.

Origène puis Saint Augustin y voient un rite pénitentiel lavant les péchés commis aux « extrémités de notre être ». Saint Macaire le relie avec l’eucharistie, car il institue une « communion de charité dans le service de l’autre ». Selon aussi la belle formule de Saint Augustin : « Il n’y a de Présence Réelle que si elle est réalisante », c'est-à-dire réalisant la communion dans la charité reçue et vécue.

Au 4e siècle ce rite précède la communion chaque jour, y compris pour les voyageurs.

Au Moyen Age ce rite s’appelle Mandatum (« commandement », en latin) ou Mande ou Mandet, pour rappeler le Mandatum   Novum (commandement nouveau) donné par Jésus. Il est largement pratiqué par les souverains rois et reines, les évêques, les abbés, en général autour de Pâques. Il vaut œuvre de bienfaisance.

Au temps de la Réforme, à Rome, le Lavement des pieds était distinct de la liturgie eucharistique de la Cène du Jeudi Saint. Le pape lavait les pieds, déjà bien savonnés au préalable… de 13 prêtres pauvres. Il était ensuite offert à ces prêtres un bon repas, le pape servant le premier plat et le premier verre de vin, mais sans partager leur repas... Luther et Calvin ont aboli ce rite jugé théâtral et sans vraie charité. C’est d’ailleurs un Jeudi Saint que le pape excommunia Luther le matin et pratiqua le Lavement des pieds l’après-midi. Cependant certaines églises protestantes ont conservé le Lavement des pieds dans leur célébration du Jeudi Saint.

L’Église anglicane l’a repris il y a un peu plus d’un siècle, de même que l’Église orthodoxe russe. L’Église orthodoxe grecque, les églises orientales arméniennes, coptes… l’ont toujours pratiqué.

 

Aujourd ’ hui   dans   nos   paroisses

Il est intéressant de lire ce qu’en dit le missel romain : «  Après   l ’ homélie ,  dans   laquelle   on   met   en   lumière   les   mystères   principaux   que   célèbre   cette   messe ,  à   savoir   l ’ institution   de   l ’ Eucharistie   et   du   Sacerdoce ,  ainsi   que   le   commandement   du   Seigneur   sur   la   charité   fraternelle ,  on   procède   au   lavement   des   pieds ,  là   où ,  pastoralement ,  il   semble   bon   de   le   faire .  Les   hommes   qui   ont   été   choisis   sont   conduits   aux   sièges   qui   leur   ont   été   préparés   à   l ’ endroit   le   plus   apte .  Alors   le   prêtre  ( après   avoir   déposé   la   chasuble ,  si   c ’ est   nécessaire )  verse   de   l ’ eau   sur   les   pieds   de   chacun ,  puis   les   essuie ,  aidé   en   tout   cela   par   les   ministres  ».

Par le choix « d’hommes », il semblerait, en référence dans le même texte à l’institution de l’Eucharistie et du sacerdoce, (la majuscule sous entendant ministère ordonné…) que ces hommes sont censés représenter les 12 apôtres. Le missel romain n’indique cependant pas de nombre…

 

Le lavement des pieds : un rite ou un appel à aimer ?

Est-il un simple rappel de l’abaissement de Jésus qui s’est fait serviteur de ses disciples et même de celui qui allait le trahir ? Un geste du passé sans impact dans nos vies…. Est il une valorisation des seuls ministres institués représentés par ces « hommes choisis » parmi l’assemblée et censés représentés les douze apôtres ? Un service de charité en vase clos…

Il est vrai que dans de nombreuses paroisses, femmes et hommes sont encore invités à bénéficier de ce rite, signifiant ainsi que l’appel Jésus à se faire serviteur s’adresse à tous ses disciples.

Ces questions montrent bien le flou qui accompagne aujourd’hui le Lavement des pieds. Ou bien le rite se limite aux desservants, ou bien il est signe de l’amour pour tous, et on voit mal alors pourquoi le missel romain le destine seulement aux hommes.

À chacun-e-s d’entre nous d’être attentifs, cette année, à la manière dont ce geste de Jésus, subversif et riche de sens, sera pratiqué pour faire vivre aujourd’hui le commandement nouveau : « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé », sans aucune discrimination, respectant l’égale dignité des femmes et des hommes, disciples de Jésus. Soyons prêt-e-s à intervenir pour que ce rite continue à annoncer l’étonnante et révolutionnaire nouveauté de l’Évangile : le « maître » doit se faire le serviteur de ses frères et c’est à des femmes que Jésus a confié l’annonce de sa résurrection et seul l'amour vécu en actes sera la mesure de nos vies !

 

Claude Dubois

Article publié sur le site du Comité de la Jupe ler février 2012

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Commentaires

Ces jours derniers, en écoutant commenter abondamment l'humilité du pape François, illustrée par sa décision d'aller laver les pieds de prisonniers au jour du vendredi saint, je n'ai cessé de réagir, - in petto et ex petto : « j'y croirai, à son humilité, lorsqu'il lavera les pieds d'une femme. » Eh bien ! C'est donc advenu ! Je suis sidérée. Émue. Réconfortée. Enchantée. Je vais faire usage de cette photo, bien sûr. Je prévois déjà qu'elle va en déstabiliser plus d'un… parmi ceux –là même qui faisaient profession, jusqu'à il y a peu, d’une papolâtrie ombrageuse … (Sa Sainteté par ci, Sa Sainteté par là. Jusqu'à il y a peu.) Mais elle va en réjouir beaucoup, beaucoup d’autres. Peut-on savoir où et quand elle a été prise ?

Le terme "bombinette" n'est pas me semble-t-il un terme approprié car trop connoté dans un contexte franco-français (référence à la stratégie de défense de la France). N'ayons fait peur des mots, il s'agit plutôt d'une "petite" révolution, (une révolutionnette ?) un signe très fort dans le contexte romain, qui nous l'espérons en laisse présager d'autres encore plus forts en direction des femmes, mais pas uniquement. Longue vie à François, évêque de Rome, mais donnons lui quand même la possibilité de démissionner dès qu'il ne se sentira plus la force de faire la "révolution".

si vous seriez intelligent vous ariez compris poruquoi le lavement des pieds ne se fait qu'à des hommes...; Tout simplement par respect: le prêtre à genoux devant une femme peut être g^énant aussi bien pour le prêtre que pour la dame! voilà pourquoi le missel précise des hommes!

@chauvet En effet, nous devons gravement manquer d'intelligence, et le pape François aussi. Merci de l'info. Profitez bien de la vôtre! Une dernière chose, il me semble que c'est plutôt une femme à genoux devant un homme qui me ferait songer à une situation inconvenante. Mais sans doute ai-je l'esprit non seulement borné mais très mal tourné!

Dans les petites villes et villages de province, les femmes sont présentes à 80% dans tous les services d'Eglise, y compris dans la vie liturgique : cette photo n'est donc pas un scoop ! Le problème, c'est de trouver des hommes qui veuillent bien s'investir un peu !!! Autre question : pourquoi le Comité de la Jupe et la CCBF ne regroupent-ils pas leurs 2 sites ? Ils ont des contenus similaires et une présentation identique. Y a t-il une raison historique ?

à Anne-Marie de la Haye Bien entendu, et contrairement ce que vous affirmez, je n'ai jamais dit que les femmes devaient être exclues de ce rite. J'ai tout simplement écrit qu'il y avait des raisons pratiques qui pouvaient compliquer la participation des femmes à cette action liturgique et que cela pouvait expliquer le choix d'hommes par certains prêtres. Je n'ai pas fait une dissertation théologique sur le lavement des pieds. Historiquement beaucoup de faits s'expliquent par des motivations purement pratiques. Si l'on se place au XVIIIè siècle croyez-vous que les femmes avec leur accoutrement de l'époque (bas plus pantalons plus robes) auraient pu participer au lavement des pieds ? Le port du pantalon par les femmes ne s'est répandu qu'au XXème siècle et féminisé dans les années 1970(voir l'excellent essai de la regrettée Christine Bard : "Une histoire politique du pantalon" Editions du Seuil 1 vol. ((392 p.-[8] p. de pl.)) : ill. en noir et en coul., couv. ill. ; 24 cm ISBN 978-2-02-100407-6 br. 22 EUR.) Pour conclure la discussion mieux vaudrait définitivement supprimer ce rite désuet qui fleure le théâtre de pacotille. Vous me répondrez sans doute que le théâtre et l'opéra sont nés dans le cadre de l'Eglise. L'éxemple que vous proposez de la célébration dans votre paroisse me semble bien artficiel et pour tout dire assez primaire. Je pense que le prêtre aurait mieux fait de délivrer un bon sermon sur le commandement du mandatum par le Seigneur. C'eut été plus efficace.Comprenez vous pourquoi dans les églises protestantes il n'y a pas besoin de se liver à ce rite parce que les pasteurs expliquent et commentent la parole de Dieu.

C'est un signe encourageant, un "symbole" très fort, le genre d'attitude qui va sans doute petit à petit faire évoluer les choses. A suivre donc.

Ce pape Francois me faisait deja une bien meilleure impression que Benoit XVI et Jean Paul Ii !!!

Oui, à suivre. En tout cas, signe très fort.

En évoquant « le lavement des pieds » je ne peux m'empêcher de penser: « Qui lavent les chaussettes blanches, noires, violettes ou rouges de ceux qui lavent les pieds? » Au Vatican, ce sont des « bonnes soeurs ». À Buenos Aires, c'était sûrement not'pape François, dans son petit appartement, pas loin de l'Évêché. De qui nos Prélats homophobes, vont-ils laver les pieds cette année?

Dans notre paroisse, hommes et femmes participent au lavement de pieds... J'y ai pris part moi-même l'année dernière, j'étais catéchumène, aux côtés d'autres femmes et d'hommes. Je ne savais même pas que ça posait problème pour certaines personnes !

@ Chauvet. Christine vient de vous répondre avec ironie; je voudrais vous répondre sérieusement. Vous dites qu'un prêtre qui lave les pieds d'une femmes, ça pourrait être inconvenant. Je vous pose sérieusement la question: pourquoi? Je suppose que vous voulez dire: il s'agit d'un contact physique entre deux personnes de sexes différents, et le prêtre doit se tenir à l'abri des tentations du sexe. Mais, à votre avis, que se passe-t-il entre un kinésitherapeute (mâle) et ses patientes, entre une infirmière et ses patients? En général, rien, et si ces professionnels du soin des corps ressentent à l'occasion une émotion déplacée pendant leur activité professionnelle, c'est leur problème, et cela ne les empêche pas de continuer à pratiquer dignement. Pourquoi donc un prêtre ne serait-il pas capable de la même maîtrise de soi? Parce que le célibat obligatoire (et peut-être pas pleinement consenti) le met dans un état de frustration hyper-sensible? Si c'est le cas, mieux vaudrait peut-être supprimer l'obligation du célibat, non? Le problème avec le célibat des prêtres, c'est qu'à force de prétendre que l'on n'est pas concerné par le sexe, on finit par ne plus penser qu'à ça, et à se représenter la sexualité comme une force monstrueuse, diabolique, irrépressible, qui va tout emporter si on lui laisse la moindre petite faille où s'immiscer. Du calme, voyons. Si un prêtre ressent un émotion hors de propos pendant le lavement des pieds (qu'il ait devant lui une paroissienne ou un paroissien, d'ailleurs) ce n'est ni un péché ni le début d'une liaison torride. C'est juste une émotion hors de propos. Ce n'est pas grave. Et si le problème est dans le regard de l'assemblée, si ce sont non pas le prêtre et la paroissienne qui courent un risque dans cette scéne, mais les paroissiens qui vont s'imaginer des choses, on pourrait peut-être faire l'éducation des paroissiens, non? Mais évidemment, compter sur l'Église pour l'éducation sexuelle, c'est trop lui demander.

J’avais vu dans la presse une autre photographie de la même célébration, le cardinal Bergoglio lavant les pieds de deux nouveau-nés et je m’étais posé la question si on avait demandé aux mères de présenter seulement des nourrissons mâles ! Cette photo me rassure et me réjouit ! Le lavement des pieds s’adresse ici aux êtres les plus fragiles et les plus démunis, charité en acte qui est demandée aux fidèles qui regardent et qui auront à faire de même dans leur vie. C’est rappeler la prééminence de la charité, caractéristique chrétienne par excellence. Le Jeudi saint, il y a superposition de significations riches et nombreuses : l’institution de l’Eucharistie, source de la vie chrétienne, le lavement des pieds, signe de l’amour de Dieu pour tous les hommes et appel à la charité, l’institution du Sacerdoce, qui me paraît présente, mais secondaire. Or, ces dernières années, en ne choisissant que des hommes pour ce geste, on mettait l’accent sur l’institution du Sacerdoce, en rappelant que le Christ n’avait choisi que des hommes pour cette fonction. Mais, en toute rigueur de termes, il faudrait alors ne choisir que des prêtres, ou du moins des séminaristes, ce qui se faisait à Rome, comme le rappelle Claude Dubois dans son article, le Pape lavant les pieds de prêtres de Rome. Etablir une discrimination parmi les laïcs – que nous n’avons pas toujours connue après le Concile – me paraît une discrimination fondée sur le genre, dont les soubassements théologiques me semblent fragiles. Je vois ici plutôt ce qu’analyse Françoise Héritier dans son livre Masculin/ Féminin : les hommes se sont octroyé la production et la représentation du symbolique, excluant les femmes du « jeu liturgique », comme ils les excluaient, d’ailleurs, du jeu scénique dans les représentations théâtrales. Cette pensée différentialiste introduit de la hiérarchie entre les sexes, ceux qui sont aptes à exprimer le sacré ou le religieux, les hommes, et les autres, les femmes. C’est ce que, depuis quelques années, nous sommes obligées de subir le jour du Jeudi Saint dans des paroisses de plus en plus nombreuses. Il y a là quelque chose de profondément triste, qui altère gravement la crédibilité de l’Eglise.

Bon, ce n'est pas sur le lavement des pieds que je réagis, mais sur ce que j'entends dire chaque année et qui est écrit semble-t-il dans le missel romain à savoir que le Jeudi-Saint on célèbrerait l’institution de l'Eucharistie, là je suis d'accord et du SACERDOCE et là je ne suis plus d'accord... Les premiers chrétiens célébraient l'Eucharistie alors qu'il n'y avait pas encore de ministres ordonnés il me semble. C'est plus tard qu'on a constitué une caste de prêtres sur le modèle des prêtres des religions antiques et juive et que ceux-ci ont confisqué l'Eucharistie. On nous dit : pas de prêtres, pas d'Eucharistie...mais est-ce bien comme cela qu'il faut voir les choses? Jésus n'a pas institué le sacerdoce : il suffit de voir de quelle manière il réagissait aux manières d'agir des prêtres juifs de son temps... L'Eucharistie c'est un cadeau que Jésus a fait à TOUS ses disciples et non pas un rite magique sacré qui est réservé à des gens eux-mêmes sacrés et mis à part...

On recherche 12 hommes pour le lavement des pieds du Jeudi Saint - envoyez un message à l’adresse centre_saint_paul@yahoo.fr ou appelez le 07 62 07 26 41 - Merci ! http://ab2t.blogspot.fr/2013/03/la-semaine-sainte-au-centre-saint-paul.html

Je crois que le missel romain emploie le mot vir, ce qui réserverait le lavement des pieds au fidèles de sexe masculin. J'avoue que c'est la première fois que je me pose la question. Aussi loin que je me rappelle - même avant V2 - Il y avait toujours des femmes pour le lavement des pieds. Je vais creuser le problème. A noter que chez les Chrétiens orientaux seuls les hommes sont admis au lavement des pieds et il n'y a guère d'espoir que les choses évoluent. Ceci dit les intégristes et leurs "compagnons de route" soulèvent artificiellement ce point pour faire parler d'eux ; laissons les à leurs divagations haineuses (allez sur leurs sites aux relents antisémites, vous verrez que ces gens ne sont pas des chrétiens).

J'en ai plein le dos de tous ceux qui disent pour ceci ou pour cela dans la lithurgie : que des hommes. Ce sont des obsedes sexuels !!!! Comme celui qui a ecrit que ce serait genant pour le pretre comme pour la dame. Monsieur le mec viril, allez donc aider votre femme a faire la cuisine et le menage et fichez la paix aux femmes qui s'impliquent dans la lithurgie. Quand le pape etait Benoit XVI les tradis lui obeissait et les meme desobeissent au pape Francois !!!

En complément à mon messa d'hier, j'ai réfléchi que si l'on choisit des hommes c'est surtout pour une raison de commodité qui fera peut-être sourire certain(e)s mais qui est réel. Pour les hommes c'est simple ils n'ont qu'à enlever leur chaussure et leur chaussette et relever le bas de leur pantalon. Pour une femme c'est compliqué. Si vous êtes en jupe et en collant il vous faudra enlever votre collant ce qui me paraît difficile en public. Idem si vous avez mis un collant sous votre pantalon. Et après il faudra refaire la même opération dans le sens contraire ce qui est encore plus scabreux en public. Vous me direz qu'on peut venir en legging ! Et puis (je parle ici également pour les messieurs) surtout ne venez pas en bottes car enlever et retirer des bottes en public n'est pas un spectacle de choix. Conclusion : Monsieur le Curé fera appel à des impétrantes qui auront soin de revêtir un pantalon, des chaussettes et des escarpins, ce qui par les temps hivernaux que nous vivons n'est guère agréable. Notons que la photo du Pape François a été prise dans un pays au climat chaud où l'on peut se passer de porter des collants. Ajoutons que le lavement des pieds n'est qu'un simple rite symbolique qu'il ne faudrat pas majorer. Ainsi que vous le dites très justement "Luther et Calvin ont aboli ce rite jugé théâtral et sans vraie charité". J'ajoute que le Missale romanum précise que " on procède au lavement des pieds , là où , pastoralement , il semble bon de le faire". Il n'y aurait donc qu'intérêt à supprimer ce rite qui n'ajoute rien alors que la cérémonie est destinée à céléber l'institution de l'Eucharistie par Jésus. D'ailleurs antérieurement à la réforme du Triduum pascal par Pie XII en 1956 la Lavement des pieds faisait l'objet d'une cérémonie distincte de la messe (en général l'après midi). Une petite précision : dans l'Eglise d'Angleterre seules quelques paroisses très High Church pratiquent le lavement des pieds qui ne figure pas dans le BCP de 1662. En conclusion comme disait le vieux Will "Much ado about nothing".

Eh bien je ne suis pas d'accord du tout avec vous. Voilà un geste, explicitement laissé par Jésus aux siens comme le signe du service et de la fraternité. Un signe qui est compréhensible par tout le monde. Et on y renoncerait pour des histoires de collants alors qu'aujourd'hui, femmes et hommes se vêtent quotidiennement avec la même simplicité, jeans et chaussettes. Je vous assure que se mettre à genoux aux pieds de quelqu'un pour lui laver les pieds, c'est hautement signifiant pour celui qui le fait comme pour celui qui reçoit le geste.

Votre paroisse a-t-elle exclu les femmes du lavement des pieds ? Signalez-le au Comité de la Jupe pour sa cartographie des exclusions ici : https://docs.google.com/spreadsheet/viewform?formkey=dFQzNEx4cl9EQ2JENzYzRTVLMDJzSGc6MQ

Eh bien, une fois pape, il persiste et signe et récidive! Il lave les pieds d'une femme, musulmane, et détenue. http://religions.blogs.ouest-france.fr/archive/2013/03/29/voir-en-tout-homme-une-lueur-du-ressuscite.html

Les explications détaillées d'Isa pour nous démontrer que c'est plus pratique pour les hommes me laissent bouche bée. Évidemment que c'est pas pratique si on fait exprès de se mettre dans un état où ce n'est pas pratique. Par ailleurs, il va de soi que toute personne qui se trouverait gênée pour une raison qu'elle n'a pas à faire connaître est excusée. Comment ne voyez-vous pas, Isa, que les raisons que vous développez- qui sont réelles, mais anecdotiques- ne justifient en aucune façon que toutes le femmes soient, par principe et en toutes circonstances, exclues de ce rite? Or, certains chrétiens, ecclésiastiques et laïcs, soutiennent sérieusement (enfin.. à leurs yeux, c'est sérieux) qu'on ne DOIT pas admettre de femmes dans ce rite... C'est cela qui est choquant, pas le fait que ce rite puisse être, en certains lieux ou à certains moments, d'une réalisation difficile. Hier, dans notre paroisse, le rite du lavement des pieds a mis en acte le commandement de Jésus: "vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres". Le prêtre a lavé les pieds de deux personnes (un homme et une femme, je crois) et ceux-ci sont ensuite allés laver les pieds d'autres personnes, qui étaient installées en bord d'allée, tout au long de la nef. Le prêtre est resté debout dans l'allée, veillant sur eux silencieusement. J'ai ressenti cette présence silencieuse comme le signe que la parole prononcée continue d'être efficace, longtemps après et au loin... C'était simple et fort.

Tongue in the cheek... Et dans les communautés religieuses de femmes, on ne célèbre pas le lavement des pieds???? Dommage...

Parlez pour vous pour les jeans et chaussettes. Je préfère jupes et collants, c'est quand même plus féminin. Les jeans c'est néligé tout juste bon bon pour les loisirs pas pour aller à la messe. Et puis on peut metre un collant sous le jean ce qui nous ramène à notre problématique. Décidément c'est une espèce de dictature que de vouloir obliger les femmes à s'habiller en jeans et en chaussetes. Maintenant je suis de l'avis des bienheureux Réformateurs il s'agit d'un rite théâtral et sans vraie charité et puis je n'admets pas qu'un être humain se mette à genoux aux pieds d'un autre être humain. Nous sommes en démocratie et nous sommes tous égaux. Je déteste toute espèce d'avilissement. Vous aurez constaté que le "pape" François a relevé les gens qui voulaient s'agenouiller devant lui.

@Isa, Libre à vous de ne pas aimer ce rite, mais ne venez pas nous dire qu'il est impossible ou trop difficile à célébrer avec des femmes.

Bon, c'est vrai qu'hier soir lors de la messe, au moment où le prêtre a lavé les pieds des membres de l'équipe de conduite de la paroisse ( deux femmes et deux hommes), je me suis fait intérieurement la réflexion que j'avais un collant sous mon pantalon et me suis demandée si les deux femmes avaient pensé à mettre des chaussettes! ( voilà mes pensées hautement spirituelles). J'ai aussi trouvé cela un peu théâtral...Puis j'ai pensé à la symbolique, au pape, aux propos d'Annick de Souzenelelle ( que j'ai donnés en commentaire sur fb) et me suis dit que ce geste reçu ou donné devait d'une manière ou d'une autre toucher .

@ Isa et Christine Non mais, attendez, on joue à quoi, ici? On tient une rubrique de mode, ou bien on se demande quelle est la signfication spirituelle du rite? Si la signification vaut d'être manifestée, prenons les moyens concrets de la manifester clairement et dignement. Et si ce n'est pas "féminin", peu importe; il s'agit de notre humanité, pas de notre glamour. En revanche, le mouvement de révolte d'Isa, disant qu'elle n'admet pas qu'un être humain se mette à genoux devant un autre être humain, ça c'est sérieux. C'est même très proche de la réaction de Pierre, qui refuse que son Seigneur lui lave les pieds. Nous nous faisons une certaine idée de la dignité de l'être humain, et de la grandeur de Dieu, et ces idées ne sont nullement dérisoires, nous avons raison - vous avez raison, Isa- de refuser certains gestes, certains signes, qui bafouent nos valeurs fondamentales. Jésus qui passe un linge de toilette à sa ceinture, qui s'agenouille, qui essuie le crasse des pieds de ses disciples, c'est un geste choquant, c'est le monde à l'envers, au sens fort, violent, troublant de certains gestes évangéliques (le fouet qui chasse les marchands du temple, l'ouverture du tombeau puant de Lazare, François d'Assise qui se met nu pour se jeter aux pieds de son évêque...). Il y a des moments où la force de l'Évangile ne peut se dire que par des gestes choquants. Et si nous ne sommes pas choqués, peut-être est-ce parce que nous n'avons pas encore compris. La révélation du mystère exige que nous traversions ce trouble.

Je tiens à vous présenter toutes mes excuses ainsi qu'à tous les internautes pour avoir commis un impair involontaire dans mon message. Madame Christine Brard est heureusement bien vivante et je lui présente également toutes mes excuses en lui souhaitant de continuer à nous enchanter avec ses ouvrages vraiment remarquables.

Une amie qui travaille dans un centre d'accueil et de soins pour S.D.F me disait : "Comme notre travail serait simple si celles et ceux qu'on reçoit étaient aussi paisibles et avaient les pieds aussi soignés que ces figurants du jeudi saint, et comme ce serait simple s'il n'y en avait que douze..!"

@ Isa Je sens que la discussion vous a blessée, et je vous prie de me pardonner de ma maladresse. Le malentendu (entre vous et moi, je crois, peut-être avec d'autres) c'est que vous vous placez sur le registre de ce qui est pratique, aisément faisable, etc., alors que la discussion actuelle, et entre liturgistes, porte sur la signification ecclésiologique de ce rite. Alors, quand vous parlez de collants et de pantalon, on a (j'ai eu) l'impression que vous cherchiez à noyer le poisson. Maintenant, si vraiment vous ne faites pas de théologie, si vraiment la signification ecclésiologique vous est indifférente, alors vos arguments sont justes. D'un point de vue pratique, ce n'est pas toujours faisable; et si l'assistance voit dans ce geste autre chose que ce que l'équipe liturgique souhaitait y mettre, il ne faut pas le faire. Quant à savoir si un bon sermon vaut mieux qu'un geste symbolique, c'est tout le fondement de la liturgie qui est en jeu là-dedans... Il y faudrait au moins une session de huit jours; et ce serait encore trop rapide!

Je me permets d'ajouter simplement mon témoignage, qui est très proche de celui de M.F.: Travaillant auprès de personnes âgées, chaque jour j'ai l'immense BONHEUR de m'abaisser devant eux pour leur laver les pieds chaque jour. Oui, je le dis sans tricher: c'est un immense BONHEUR que de laver ces pieds plus ou moins tordus et fatigués par certaines maladies et le poids des années, moment de complicité, de tendresse, parfois d'humour, ... et d'amour tout simplement! Je ne me sens pas "abaissée" comme certaines personnes semblent le craindre. Non, au contraire, je me sens "grandie" d'avoir apporté un peu de confort, un peu de dignité à des personnes qui en ont tant besoin. Que j'ai devant moi un homme ou une femme, je ne fais pas de différence: je ne vois qu'un être humain tout simplement. Je ne me suis jamais demandé si c'était plus dégradant, plus indéçant devant un homme ou une femme car pour moi, la question n'a aucun lieu de se poser. Il me semble que si ce geste gêne certains ou certaines quand il est fait dans une église, c'est peut-être que trop de personnes sont un peu trop obsédés par le sexe. Je me permets de faire remarquer que si la sexualité est une partie indéniable et importante de notre humanité, elle n'en est pas l'unique composante! Je trouve bien dommage que trop de personnes encore, prêtres ou laïcs, n'arrivent pas à regarder un autre être humain, une autre personne dans toute son humanité, dans ce quel a de plus beau et de plus noble...de plus divin. Je vous confie en plus une petite anecdote: l'autre jour, en consultant le site de mon diocèse, j'ai trouvé une magnifique photo de l'évêque en train de laver les pied d'un beau jeune homme, bien propre sur lui et bien endimanché, prise lors de la célébration du Jeudi Saint. Le lendemain, me retrouvant à genoux devant des pieds remplis de mycoses et de cors, je n'ai pas pu m'empêcher de repenser à la belle photo de l'évêque. Alors, il m'est venu certaines questions à l'esprit: - Peut-on imaginer un évêque ou un prêtre en train de laver de tels pieds, plein de mycose et de cors? - Pourquoi s'obstinent-ils toujours à vouloir laver des pieds déjà bien propres? - Y a-t-il en France ou quelque part dans le monde, des prêtres acceptant de "laver" les pieds à des "indigeants", des malades? - Pourquoi ce geste rempli de sens n'est-il effectué qu'une seule fois par an? S'il avait lieu chaque jour ou presque, n'aurait-il pas plus de sens? Ne serait-il pas plus un "signe"? - Est-ce vraiment obligatoire que ce soit le prêtre qui effectue le "lavement des pieds"? Ne peut-il pas être effectué par un ou des laïcs? En y réfléchissant, je me demande si le geste effectué dans nos églises le jeudi saint n'est pas effectivement "que" théatrale... Je ne suis pas prêtre, je ne suis qu'une simple femme mais j'ai l'immense BONHEUR de laver chaque jour les pieds de mes frères et soeurs en humanité... et à chaque fois, je pense au Christ... et à chaque fois, je rends grâce à Dieu de me donner à vivre de tels moments! PS: Pour mes questions, je considère que notre Pape François est "hors concours". Je n'oublie pas non plus tous les prêtres qui, de part le mode, servent véritablement leurs frères et soeurs en humanité, dans la plus grande humilité du quotidien

a Anne-Marie de la Haye Je vous rappelle quand même l’équipe liturgique qui dit ce qu'il a dans un rite ecclésiastique mais le Magistère. usqu'à présent dans les textes sur le lavement des pieds on parlait de VIR et non pas d'HOMO ; ce qui en bon français se traduit par individu du sexe masculin. Bien entendu, la traduction française due à l'épiscopat français était ambigue par manque de précision. Maintenant es-ce que le pape en lavant les pieds d'une femme de la prison a entendu abroger les dispositions du Missale Romanum ? Certes le Pape dispose de la pénitude des pouvoirs mais cela me parait discutable en vertu de la rège du parallelisme des formes. Que voulez-vous, je ne fais pas de l'idéologie ni de la politique mais de l'histoire et du droit. Dernière remarque : je m'étonne qu'un site placé sous l'égide de la jupe veuille obliger ses adeptes à ne revêtir que le pantalon et en l'occurence le jean. Une petite jupe bleue plissée peut-être délicieuse accompagnée d'un carré Hermès. ecrois d'ailleurs que les hommes préfèrent.

@Isa, Merci de révéler enfin la véritable raison de votre intervention. Vous êtes là parce que vous êtes prodigieusement agacée par le non respect de la loi et des rubriques du missel. Comme disait Jésus à ceux qui observait les plus petits détails de la loi: "ce peuple m'honore des lèvres mais son coeur est loin de moi." Où est votre coeur Isa? Dans le Missale Romanum? Dans le code de droit canonique? Lisez le témoignage de Marie-Jeanne, ci-dessous, vous verrez où est son coeur. Quant à l'histoire et au droit, bien manipulés, nous savons où ils ont mené Jésus de Nazareth, sur la croix.

La liturgie est un moment privilégié, qui permet d’unifier le corps, l’esprit et l’âme. Nous ne sommes pas seulement des êtres de raison, notre sensibilité peut être touchée par la beauté de ce que nous voyons, de ce que nous sentons et de ce que nous entendons, sans que l’on évoque trop vite le caractère de spectacle ou de théâtre. Je me souviens des très belles liturgies de Saint-Séverin, alors que j’étais jeune étudiante à la Sorbonne. J’attendais avec impatience les Jours saints, c’était une catéchèse en actes, dont les paroles, les images et le symbolisme fort m’ont marquée. Depuis 2002, j’ai vécu douloureusement la restauration dans la liturgie, ce côté très rituel, très codifié, presque cadenassé, qui empêche toute respiration. J’ai vécu aussi douloureusement l’exclusion des femmes du Lavement des pieds, le Jeudi Saint, dans les paroisses que je fréquentais, ce sentiment très vif de faire partie des fidèles de second choix. C’est dire combien le geste du Pape François me touche ; ces pieds, sur Internet, sans visage, mais nous savons que, derrière ces pieds anonymes, il y avait deux visages de femmes. C’est une grande espérance, qui va nous permettre, peut-être, d’habiter à nouveau la liturgie sans tension excessive, sans ressentiment, d’y trouver la paix et la joie. Le geste rappelé par Anne-Marie me touche aussi, par sa seule évocation, geste « simple et fort », la parole du prêtre et son action étant relayées dans la liturgie, avant de l’être au-dehors, hors-temps liturgique, hors-espace liturgique.

Le pape François a lavé les pieds d’une femme. Je salue ce geste symbolique. Mais quelques jours plus tard, à l’audience générale du mercredi 3 avril, son exposé sur la mission des femmes me fait craindre qu’elles soient encore loin d’être pleinement intégrées à la vie de l’église. Le texte peut être consulté en suivant le lien : http://www.vatican.va/news_services/or/or_fra/text.html#1 Après un retour sur les récits de la résurrection, dans lesquels les femmes sont aux premières loges du témoignage, après un constat qui ne laisse aucun doute sur l’importance que ce récit peut revêtir dans le contexte historique de sa rédaction, le pape François en tire des conclusions qui me semblent immédiatement réduire la portée de l’événement : « Et c'est un peu la mission des femmes: des mères, des femmes! Rendre témoignage aux enfants, aux petits-enfants, que Jésus est vivant, il est le vivant, il est le ressuscité. Mères et femmes, allez de l'avant avec ce témoignage! Pour Dieu c'est le cœur qui compte, combien nous sommes ouverts à Lui, si nous sommes comme les enfants qui ont confiance. Mais cela nous fait aussi réfléchir sur la manière dont les femmes, dans l'Eglise et dans le chemin de foi, ont eu et ont aujourd'hui aussi un rôle particulier en ouvrant les portes aux Seigneur, en le suivant et en communiquant sa Face, car le regard de la foi a toujours besoin du regard simple et profond de l'amour…» Bien sûr, nous pouvons rendre témoignage aux enfants et petits-enfants ; bien sûr, le regard simple et profond de l’amour peut enrichir notre foi (et je crois que ces qualités ne sont pas l’exclusivité des femmes, heureusement). Ce qui pose problème à mes yeux, c’est cette conclusion qui attribue à la femme un rôle particulier, limitatif, et qui semble nier d’autres capacités humaines : penser, agir, annoncer (pas seulement aux enfants), nier des compétences que femmes et hommes partagent pourtant. L’église est-elle en situation tellement favorable qu’elle puisse encore se priver de reconnaître à tous, hommes et femmes, les missions d’aimer, de parler et d’agir ?

Isa, délicieuse Isa.... oohh! "Une petite jupe bleue plissée peut-être délicieuse accompagnée d’un carré Hermès. Je crois d’ailleurs que les hommes préfèrent." Vous ne pensez donc qu'à plaire aux hommes en choisissant votre tenue ?

Je partage tout à fait les inquiétudes de Françoise Renard. Cette façon d'associer systématiquement féminité et maternité, femme-enfant-amour-coeur, comme si nous n'étions pas tous, hommes et femmes, appellés à l'amour et à l'esprit d'enfance, montre que, pour le pape François, il y a bien un "être féminin" spécifique, qui est celui de la tradition. Mais ne désespérons pas. Ce qui me touche chez François, c'est sa façon d'agir, plus que ses paroles. Je crois que cet homme est assez docile à l'Esprit pour que ses actes devancent sa pensée... Laissons venir les choses.

À propos du foulard Hermès d'Isa: soit cette dame est complètement idiote, ce qui m'étonnerait; soit elle agite ce foulard sous notre nez pour que nous foncions dessus comme des vaches landaises. Alors, arrêtons de céder à la provocation.

Le Pape François développe ici la conception traditionnelle de l’Eglise : les femmes sont sollicitées pour témoigner dans l’espace familial, elles peuvent être catéchistes, sous la responsabilité d’un ministre ordonné, mais on leur dénie la possibilité d’enseigner dans l’espace de l’église et d’avoir autorité sur des hommes. Ce sont souvent des textes de St Paul qui sont invoqués et la Tradition, tradition d’une société patriarcale. Lorsque Paul VI a proclamé docteurs de l’Eglise Catherine de Sienne et Thérèse d’Avila, il a dû, par avance, se défendre des arguments des adversaires selon lesquels une femme, par essence, ne pouvait pas être docteur puisque sa parole ne pouvait avoir autorité sur des hommes ! L’Eglise a donc attendu la seconde moitié du XXème siècle pour accepter que des femmes, d’une manière posthume et par l’intermédiaire de leurs écrits, aient une parole d’autorité, reconnue comme telle, mais elle ne leur reconnait pas une autorité dans l’espace public ni une inscription physique dans l’espace public. Au mieux leur reconnait-elle la possibilité d’être consultées comme experts. Le féminin même de ce mot nous échappe ! Nous ne pouvons que souscrire aux demandes du conclave des femmes, la possibilité pour les femmes d’une parole dans l’espace public, parole acceptée, parole reconnue par la communauté comme légitime et féconde. Aujourd’hui, nous en sommes loin. La situation, en France, dans les grandes villes, est beaucoup plus sombre qu’il y a dix ans !

Sylvie, n'y a-t-il pas une petite avancée dans la mesure où des femmes enseignent dans des séminaires? ( enfin, il me semble avoir lu cela quelque part...) Sinon, oui, je vous rejoins.

Vous me poussez à préciser ma pensée, Brigitte, et je vous en remercie. Il est vrai que les femmes peuvent accéder maintenant aux études de théologie. Leurs compétences sont reconnues et certaines enseignent dans les facultés catholiques .Elles peuvent même accéder à la fonction de doyen (une femme à Lille, pendant des années, Véronique Margron à Angers) .On sait aussi la confiance accordée par les Jésuites aux femmes professeurs au Centre Sèvres, par exemple. C’est un progrès réel, j’en conviens, d’autant que certaines enseignent même dans les séminaires, du moins à Paris et dans d’autres ville universitaires (mais pas dans les communautés traditionnelles, comme St Martin). Cependant, on peut remarquer que leur parole s’entend dans des lieux d’Eglise, avec l’autorisation des évêques, mais très rarement dans les églises-bâtiments, les conférences de Carême mises à part. Et ces dernières années, les femmes, à Notre Dame, étaient de moins en moins nombreuses. Cette année, année de la foi, seuls des prêtres parlent. C’est peut-être le thème qui le réclame, mais j’ai le sentiment que la parole d’une femme n’est pas vraiment audible devant la communauté des croyants rassemblée dans un lieu de culte. Pour le dire autrement, une femme peut parler avec compétence, mais pas avec autorité. Sa parole n’est pas reçue. Et je ne parle pas de la seule opposition des prêtres, mais aussi des fidèles. Il faudra probablement du temps pour changer les représentations et les habitudes, mais la dynamique à l’œuvre depuis une décennie ne va pas du tout en ce sens, tout au contraire. Et j’attends du Comité de la jupe qu’il contribue à changer les mentalités et qu’il fédère les personnes qui ne se reconnaissent pas dans le mouvement de restauration dont nous sommes témoins dans les grands centres urbains.

#Brigitte Papleux C'est exact, des femmes sont chargées de cours dans la formation des séminaristes (peut-être pas partout).

à Anne-Marie de la Haye Qu'avez vous donc contre le carré Hermès ? c'est quand même mieux que le foulard islamique. Si vous voulez je vous expliquerai tout cela lors de la manif anti mariage homo. Je vous laisse à votre délire mystico-féministe et je retourne à mon Missale romanum en VO.

@ Isa J'avais dit que je ne répondrai plus à la provocation... Mais je n'aime pas non plus laisser sans réponse une parole qui m'est adressée. Je n'ai rien contre le foulard Hermès. Je ne pourrais pas jurer que je n'en ai jamais porté. Ce qui n'a d'aileurs aucune importance. Je n'ai rien non plus contre le foulard islamique. Je trouve que la fixation des pouvoirs publics contre ce signe particulier d'appartenance religieuse est maladroit et injustifiable, précisément parce que je ne vois pas bien la différence entre ce foulard prétenduement islamique et un carré Hermès... Ce que je voulais dire, en parlant de "provocation" à propos du carré Hermès, c'est que l'ensemble de vos remarques à propos de l'habillement déplacent complètement la question, de "que signifie le rite du lavement des pieds?" à "comment vais-je m'habiller aujourd'hui pour être agréable à regarder?". Nous ne sommes pas ici pour donner aux visiteurs (visiteuses) du site des conseils de glamour. Et je n'ai rien non plus contre les conseils de glamour. Ni contre les gens qui manifestent pour des causes que je ne partage pas. Je sais que vous ne délirez pas, et vous savez que je ne délire pas. Je vous invite à vous demander pourquoi vous éprouvez le besoin de m'insulter.

Merci à Françoise et Sylvie pour leur réponse.

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