Machisme des religions, comment en finir ?

Anne SOUPA

Avec la conférence qui porte ce titre (voir annonce dans le bandeau à droite), le Comité de la jupe pose la question de fond. Il ne s’agit plus d’aller enquêter du côté de nos sources, de vérifier une énième fois que non, nous ne rêvons pas, les femmes sont bien de l’espèce humaine et non des épigones d’une race animale, que, oui, la Bible leur reconnaît égale dignité et égale participation au peuple de Dieu, que, oui, le prêtre masculin et célibataire version 2014 n’est que l’un des héritiers possibles de l’institution des Douze voulue par Jésus et qu’il est très loin d’en remplir toutes les fonctions (je pense à la demande formulée par Jésus de « guérir toute maladie et toute langueur », Matthieu 10, 1). Non, il ne s’agit plus d’aller chercher dans nos sources ce qui crève les yeux : la main mise machiste sur les Églises n’est pas voulue par leurs fondateurs, elle est l’œuvre, (hier inconsciente, aujourd’hui fort consciente), de ceux qui en ont assuré la direction, tous des hommes. Il s’agit maintenant d’une chose et d’une seule : comment en finir ? Que faire devant les immobilismes récurrents, devenus tellement intenables dans des sociétés modernes qu’ils se maquillent désormais en flatteries, en tentatives de séduction envers les femmes, en nominations cosmétiques à des postes de visibilité maximale pour une responsabilité effective minimale ? Oui, que faire ? Certes, le comité de la jupe a déjà un passé consistant en matière d’actions concrètes. Il a porté plainte aux tribunaux ecclésiastiques, il a vigoureusement dénoncé les discriminations non fondées dans la liturgie, par la cartographie que nous avons mise en ligne, il assure depuis un an des cercles de parole sur des lieux publics, il a tenu conclave de femmes en mars 2013… Et la peur de voir les dames de la jupe clouer au pilori tel ou tel évêque a freiné pas mal d’ardeurs différentialistes. Désormais, on réfléchit un peu avant de parler sur ce sujet. Mais les choses ne bougent pas pour autant. Si certains évêques ouvrent courageusement leurs conseils épiscopaux à des femmes, d’autres, au contraire, organisent activement leur éviction de l’autel (impureté oblige !), de la direction des écoles catholiques, des services diocésains, ce qui oblige au triste constat que la cause des femmes a régressé depuis les années 80 ! Aussi, l’union faisant la force, et les choses allant parfois aussi mal dans les autres religions qu’au sein du catholicisme, nous avons décidé de chercher ensemble, avec des représentantes des trois monothéismes, Janine Elkouby, juive, Hanane Karimi, musulmane, et Églantine Jamet-Moreau, catholique, ce qu’il convient maintenant de faire, concrètement. Nous espérons que les expériences des unes et des autres seront utiles à d’autres, que les idées fuseront, que des synergies se dessineront, que des projets se bâtiront. Faut-il que les femmes fassent grève ? Faut-il qu’elles demandent aux hommes de refuser toute contribution à la liturgie si les femmes en sont exclues ? Faut-il porter plainte aux tribunaux civils pour discrimination ? Faut-il, faut-il … Á vous maintenant la parole. Vous l’aurez si vous venez nous rejoindre le 12 mai à 20 h30 à l’église Saint Merry, 76 rue de la Verrerie, 75004 Paris. Un long temps de débat sera ménagé. Et que ceux et celles qui ne pourraient pas être des nôtres ce soir là nous donnent ici dès maintenant leurs commentaires, leurs idées, leur techniques, leurs expériences. Elles seront précieuses et nourriront notre débat. Anne Soupa, présidente du Comité de la Jupe

Share

Commentaires

Bonjour ! Je regrette que vous n’ayez pas invité une femme présidente d'un conseil presbytéral d'une paroisse de l Église Protestante Unie de France! J'en parle d'autant plus à l'aise que j'ai fait le choix de vivre ma foi dans une de ces paroisses. Je ne supportais plus ce retour en arrière que connaît actuellement l Église Catholique Romaine et cette main mise macho de célibataires sur toutes les décisions concernant les femmes et les familles. On se base toujours sur ce qui se passe dans l Église Romaine pour dire que le Christianisme est macho !!! Il est jamais trop tard pour inviter une Témoin Très bonne soirée, je serai avec vous en pensées car ce soir-là j'assiste au CP de ma paroisse. Anne-Marie

Il semble que faire savoir qu'on est prêt à agir en justice est un préalable nécessaire pour être pris au sérieux. Au niveau national, le traité France Vatican par lequel les clés des églises sont remises aux évêques -et non à des associations paroissiales- pourrait être un élément, même si cela déborde du sujet "place des femmes". Au niveau de l'Europe, le rapport de février 2013 "droits de l'homme et religions"*, rédigé par un groupe de travail en lien avec le Conseil de l'Europe, est à prendre en considération. Son rapporteur, François Becker, est Vice-président de DLE – Droits et Libertés dans les Églises, et chargé par le Réseau Européen Églises et libertés des relations avec le Conseil de l’Europe **. Après examen, j'adresserai à Anne un "regard" sur ce rapport. * http://www.coe.int/t/ngo/Source/Conf_HR_GT_DH_religions_fr.pdf ** http://fhedles.fr/nos-actions/reseau-europeen-eglises-et-libertes/

@Jean-Pierre : MERCI pour ce lien. C'est un doc. à travailler.

je ne pourrai être là, étant en province pour plusieurs mois. C'est une excellente initiative. je suis de l'avis d'Anne-Marie: on se focalise sur l'Eglise romaine, mais il y a les Eglises d'Orient, dont on parle peu, et pourtant…elles souffrent de persécutions, et elles ont des positions différentes sur certains points cruciaux, comme le mariage et la séparation. Ce n'est pas uniquement sur la présence /absence des femmes qu'il faut travailler; mais sur la misogynie, véhiculée par les femmes elles mêmes comme par les hommes: à quoi sert d'avoir des femmes demeurées les oppresseurs des autres femmes, et prêchant des normes inhumaines ? Un moyen de lutte en direction de l'opinion publique me parait être de simples photographies de femmes portant des panneaux où sont inscrits en majuscules une phrase particulièrement offensante qui leur a été dite par un prêtre ou un laïc, dans le contexte de l'Eglise. Il n'y a pas de commentaire, donc ce n'est pas source de débats hypocrites sur l'interprétation. Cela se fait pour le racisme. C'est juste une piste…. Quant à en finir, il faudrait d'abord en finir avec le machisme dans la société civile, et ce n'est pas demain la veille. Les florilèges de propos sexistes et méprisant qui sévissent partout sont assez parlants. Artistes, hommes politiques, sportifs, journalistes, ils continuent à parler de nous,sur nous, à notre place. je dirais comme dans le clip sur la violence conjugale "ne laissez plus votre curé parler à votre place"….

Michelle!Peut_ètre me suis-je mal exprimée!Je voulais dire qu il y a des Eglises Chrétiennes telles l EPUF qui ne sont pas matcho et où la femme tient la même place que l homme(vir)et où je n ai jamais entendu ,dans les dernières années, la moindre récrimination ênvers une femme pasteur ou une prédicatrice laîque .

Bonjour Anne-Marie, je vous comprends et suis sur le fil de faire comme vous. Peu suffit pour voir que nous avons le choix entre passer notre vie à dénoncer des absurdités ou dépasser ces absurdités en vivant où elles ne sont pas. Avec le temps j'ai vu combien l'Eglise catholique formate ses baptisés à la peur. J'ai participé au tout début du Comité de la jupe, nous rêvions juste mais nous rêvions. La situation des femmes dans l'Eglise catholique n'a pas bougé d'un cil -n'est ce même pas pire encore en réalité?- et le Vatican en est encore à proposer un Synode sur La famille comme si n'existait qu'un type familial, le sien, les autres sont des irréguliers, irréguliers pour cette institution et elle seule. Qui est irrégulière en vérité? Qui s'obstine à éduquer les baptisés en souffrance permanente derrière de jolis mots? Et Jésus dans tout cela? A quoi reconnaît-on un catholique dans un champ de chrétiens: Le Pape a dit, l'Evêque a dit, le curé a dit. Tout tourne autour de cela, pendant ce temps Jésus attend...

Que faire pour sortir du machisme ambiant de l’Eglise catholique romaine ? Depuis le temps que je milite et réfléchis à cette question je me heurte à un mur de verre. Un verre doublement renforcé par l’accord tacite de femmes en mal de révérence envers les clercs et pour lesquelles l’anthropologie morale de Jean-Paul II est la seule référence. Mon opinion est que seul le monde profane, notre société, est en mesure de comprendre l’importance de la question pour l’avenir de l’Eglise, de sentir la gravité de la « différenciation des sexes » qui n’est autre que de la discrimination sexiste. Le Magistère s'est embourbé, il n'a plus de vision .En effet, la question est désormais « tabou » chez les catholiques et même les plus ouverts et les plus intelligents de nos clercs gardent « bouche close » de peur de laisser passer un mot de trop. Il faut beaucoup de courage aux femmes du Comité de la Jupe , à Anne SOUPA et Christine PEDOTTI pour publier sur ce sujet. Mais ce courage est « porteur » et correspond à un charisme attendu . Je suis de tout cœur ( corps et âme ) avec elles. Notre arme la plus performante est actuellement la plume. Je crois beaucoup à la pédagogie, au rappel à temps et contre temps du non-sens de tout ce qui est dit et enseigné sur ces questions dans l’Eglise catholique. Insister sur l'injustice qui en résulte . Surtout ne plus dire : « ce n’est pas la peine d’aborder ce sujet, c’est trop tôt ». C'est toujours l'heure de lutter pour la justice. J’invite donc à une grosse production éditoriale sur le sujet. Le temps est à l’image, il faudrait donc aussi se donner les moyens de créer un événement médiatique, un rassemblement fort à l’image de celui qui est proposé le 12 Mai à Paris à Saint Mery. Un rassemblement longtemps préparé à l’avance pour que les associations de femmes et les provinciales puissent y participer. Un rassemblement qui dépasse nos frontières, qui ait une coloration européenne, qui pourrait donc se situer à Strasbourg et qui affiche clairement la lutte contre la discrimination sexiste. Affirmer que la discrimination est le "lieu" de notre lutte car c'est une notion que tout le monde comprend. Alors que "la différentiation " est une notion qui sent le particularisme catholique et qu'on abandonne aux règles religieuses. J’ai pensé rassemblement, car c’est propice à la mise en images, mais il y a aussi une marche, une longue marche, une sorte de marche-relais qui passe de régions en régions et dresse un tableau des demandes des femmes et puisse donner lieu à un document filmé.. Résumé : Faire parler de notre LUTTE contre LA DISCRIMINATION ou la « Différenciation » pour que l’Eglise ne puisse pas se boucher les oreilles. En effet, l’Eglise ne peut pas vivre en dehors de la société. Merci Anne pour l'excellent article paru dans les colonnes du "Monde". Trois fois Merci.

@ Anne-Marie . Le message d’Anne-Marie m’interpelle. En effet, pourquoi n’avoir pas invité une femme présidente du conseil presbytéral de l’ Eglise protestante Unie de France? Leur expérience est très intéressante et pourrait être enrichissante. Je connais des prêtres qui se réjouissent de pouvoir travailler avec des femmes-pasteurs et disent combien ils en ressortent enrichis. Il y a beaucoup à recevoir des expériences des "réformés" de leurs difficultés, des écueils qu'ils ont réussi à dépasser.

je serai là Anne excellente initiative même si les solutions vont être difficiles car les femmes participent à leur enfermement !!!! la grève aurait été mon rêve car enlever les femmes et pas un curé ne tient!! mais pour beaucoup d'entre elles c'est impensable claudine onfray

@ Anne-Marie, oui, nous avons envisagé d'inviter une femme venue de l'EPUF. Mais nous avons pensé que le temps de parole serait un peu bref pour chacune et que les religions concernées par ce machisme le sont tellement qu'il fallait leur laisser du temps. Une autre occasion se présentera bien un jour de débattre directement entre catholiques et protestants sur ce sujet.

Bonsoir Anne!merci de votre attention,je comprends fort bien ,mais dites quand même à l assemblée de cette soirée que certaines Eglises Chrétiennes reconnaissent l égalité" femmes hommes "sans aucun problème Je suis sûre que vous aurez un grand succès et que nous aurons l occasion de nous retrouver une autre fois

Je vous dit simplement mais de tout cœur: BRAVO! Je ne pourrai pas vous rejoindre (travail et trop loin de Paris) mais je serai avec vous par la pensée. L'actualité nous rattrape. De toutes jeunes filles enlevées en vue d'être mariées de force... Une réclamation par ce groupe de fanatiques: l'éducation doit être interdite aux filles... Le machisme dans tout ce qu'il a de plus vil, de plus dangereux... C'est un cas extrême, certes, mais qui en dit long sur le manque d'évolution des mentalités. Que les voix des femmes, croyantes de tout bord, se lèvent ensemble pour dire STOP! Que les hommes de bonne volonté les soutiennent dans ce même cri... Tous les moyens, visuels, audio, écrits, tous,... il ne faut sans doute pas lésiner sur aucun de ces moyens si vous en avez la possibilité. Que l'avenir s'ouvre enfin sur un monde sans plus de machisme!

Marie-jeanne, oui, un cas qu'on nous présente faussement comme extrême. Les centaines de garçons scolarisés massacrés par cette secte islamique n'ont bénéficié ni du "statut féminin" protecteur, ni d'écho médiatique. Au Nigeria les Droits de l'Homme des hommes sont au moins autant bafoués que ceux des femmes. Oui, l’État riche gangréné par la corruption ne peut rien alors que les élections qui se préparent revêtent une importance capitale pour les nombreuses multinationales ayant des intérêts locaux. Ces vies n'ont pas plus d'importance pour corrupteurs et corrompus que pour les religions -chrétiennes et islam qui luttent pour préserver leur pré carré *. Voilà un "exemple" qui éclaire les difficultés auxquelles se heurtent les DH: argent, corruption, religions, politique. Je ne crois pas du tout que l’apitoiement international et l'aide auxquels nous sommes invités soient désintéressés: religions, multinationales, politiques sont, ensemble, des pompiers pyromanes. * L'article du Monde de Janvier 2012 analyse des causes des tensions au Nigeria. Les prévisions d'alors sont en train de se révéler correctes. http://moodle.paris-sorbonne.fr/pluginfile.php/304675/mod_resource/content/2/Tensions%20religieuses%20au%20Nigeria.pdf

Je ne nie pas que les garçons aussi subissent des horreurs... Qu'est-ce qu'il vaut mieux selon vous: être massacré ou être vendu comme esclave (pour ne pas dire comme un objet)mais vivante? Je ne minimise absolument pas les violences subies par ces garçons. elles sont réelles et épouvantables. Mais, pour moi, les filles, malgré le fait qu'elles soient encore en vie (enfin peut-être!), elles ont été "massacrées" encore plus violemment: déracinées, coupées de leur famille et de tout lien affectif, sans doute torturées et violentées, réduites à l'état de marchandises.... Et l'ensemble, au "nom de Dieu". Parce que les filles, les femmes ne sont pas dignes de mourir pour Dieu. Elles ne sont que des êtres inférieurs, des marchandises, qui peuvent être utilisées comme "machines de guerres" en étant violées, enlevées, vendues.... Alors oui, des garçons ont été tués. Oui, les filles sont encore en vie, du moins on l'espère. Mais qui souffre le plus selon vous? Ceux qui sont morts ou celles qui sont encore vivantes (mais mortes sans doute dans leur âme)?

L'intention des dirigeants de cette secte n'est pas machiste. Cette secte veut éradiquer l'enseignement apporté par l'occident colonial chrétien (Grande-Bretagne anglicane, kto, protestante) qui a substitué aux cultures locales sa propre culture, qui a pillé et pille les ressources naturelles, notamment en corrompant les élites locales christianisées. Cela n'est-il pas PLUS grave que le fait que les enfants de la caste de ces élites soient massacrés? L'orchestration médiatique internationale qui vise à peser sur les élections prochaines au profit de multinationales qui pillent et corrompent ANONYMEMENT avec le soutien de la passivité complice des religions, n'est-il pas LE PLUS dégoutant?! Car les religions se taisent ou accompagnent la commisération au lieu de faire preuve d'écoute et de compréhension. Les religions devraient désigner tous les responsables, et pas seulement ceux qu'on nous invite à pointer du doigt en versant une larme de colère. Être dupe, se laisser manipuler c'est être complice! Combien de prière universelle gentiment simplettes vont être lues? Combien vont faire état des diverses responsabilités?!

Je reviens sur ce rapport établi par des OING (organisations internationales non gouvernementales) dans le cadre de travaux du Conseil de l'Europe sur les Droits de l'Homme. Pour mémoire le Conseil de l'Europe regroupe 47 pays 820 millions d'habitants. Il fonctionne comme l'ONU, les textes adoptés en assemblée n'engagent que les pays qui les ratifient (intervention des parlements), assez souvent avec des observations qui restreignent la valeur en droit du texte qui a alors valeur de traité. La commission Droits de l'Homme du Conseil de l'Europe a adopté en 2008 un livre blanc sur le sujet*. Les OING volontaires peuvent apporter leur contribution à ce livre blanc. Une partie des OING qui ont choisis de contribuer affichent des liens avec les religions (bouddhisme, judaïsme, diversités chrétiennes, islam) et/ou des préoccupations laïques dans les domaines de l'enseignement, de la jeunesse, de l'urbanisme, des femmes. Les chapitres traitent de: - Émergence et évolution des DH, rôle et impact des religions et courants de pensée. - Tensions dans la formulation des DH. - Conflits de droits entre libertés de religion, d'expression et d'objection de conscience. - Religions et DH pour les femmes. - Religions et DH pour les personnes lgbt. - Laïcité, garantie d'une articulation constructive entre religions, courant de pensée et DH. Le rapport dresse un constat détaillé (renvois aux textes et à la jurisprudence) de la manière dont les Droits de l'Homme, développés depuis la guerre, connaissent après une phase d'expansion, une forme de recul par l'alliance de fait entre la plupart des religions et un nombre croisant de gouvernements qui récusent toute prééminence du droit sur les valeurs éthiques religieuses et culturelles. Ce rapport propose ainsi une grille de lecture de nombreux évènements, raidissements, stratégies, en particulier à l'égard des revendications des femmes de toutes cultures et religions. Ces revendications sont de plus en plus perçues par les pouvoirs -Etats et religions- comme une menace alors qu'elles pourraient être perçues comme une chance. Le rapport invite les organisations associations à utiliser le Droit, en particulier les DH, pour mettre fin d'abord aux reculs constatés. * http://www.coe.int/t/dg4/intercultural/source/white%20paper_final_revised_fr.pdf

Je suis d'accord avec vous, cher Jean Pierre... Il n'y a rien de machiste dans cette situation. Il n'y en a pas non plus au sein de l'Eglise catholique. Il n'y en a nulle part en fait. C'est pour cela que le Comité de la Jupe a été créé???...

Cécité, ignorance ou déni, vous refusez de considérer que le machisme est déjà présent dans la Bible. Il n'est pas nécessaire de la détourner pour construire une Église machiste, il suffit de l'appliquer à la lettre : ce sont les propos bibliques sur l'impureté des femmes, leur soumission au mari, le fait de se taire dans une assemblée, etc. Faut-il vous citer les textes, vous donner les références, vous les lire pour que vous les entendiez vraiment ? Votre interprétation des textes consiste précisément à comprendre le contraire de ce qui est écrit. Le détail ici : http://atheisme.org/femmes.html

@ jean Pierre: je crois que vous ne comprenez pas: je ne qualifierais pas de "machiste" l'enlèvement des jeunes filles nigérianes, car le mot est faible et mal choisi, il qualifie un comportement social d'arrogance et de supériorité. Non, c'est un acte de barbarie misogyne. IL est soi-disant motivé par l'"illicite" (Haram")de tout ce qui est occidental, en effet. Mais c'est un acte très calculé, qui vise à empêcher par la terreur les parents de scolariser les filles, et dit explicitement à quoi sont bonnes les femmes: à être violées et utilisées. Beaucoup d'hommes ne comprennent pas que le viol est une mort psychique. Il en est ainsi également, bien sur, pour les jeunes garçons abusés ou violés. cette mort psychique, si la personne n'est pas soignée, conduit à des tentatives de suicide physique pour ne plus souffrir. Car se savoir condamnée à être violée jusqu'à la mort, ou le rejet comme un déchet est une torture atroce. Aussi, je comprends fort bien les observations de Marie-jeanne. La barbarie misogyne est mondiale, elle n'est pas le résultat de contextes géopolitiques. Elle comprend juste des formes différentes, et des degrés. Il s'agit de s'assurer le pouvoir sur l'autre moitié de l'humanité. Mais plus les femmes luttent et refusent, plus les actes de "punition" deviennent visibles et collectifs.C'est une punition collective.

« Faut-il que les femmes fassent grève ? Faut-il qu’elles demandent aux hommes de refuser toute contribution à la liturgie si les femmes en sont exclues ? Faut-il porter plainte aux tribunaux civils pour discrimination ? Faut-il, faut-il … Á vous maintenant la parole. » 1)Il eu un temps où je pensais que la grève était une idée. Mais j’ai changé d’avis pour deux raisons. La première est que les femmes en service ecclésial ne le feront pas. Tout compte fait l’Eglise est le seul lieu où elles se sentent reconnues. Les prêtres (la plus part) ont appris à dire « merci » pour les fleurs… Et puis que se passerait il en cas de grève ? Les fleurs faneraient, les enfants n’auraient plus KT pendant quelques mois, un peu moins de chants dans les liturgies, pas vraiment de préparation baptême, des malades seuls,… mais rien ne changeraient pour l’institution elle-même… des messes seraient toujours célébrées et les prêtres seraient heureux d’être débarrassés des « râleuses » ! Et puis c’est comme dans un couple quand la femme part en déplacement professionnel, les hommes emmènent les enfants au restau ou font des pâtes… personnes n’en meurt et même cela met de la joie dans la famille. 2)Si l’on cherche des moyens d’action forte, il y en a un autre : l’argent. Je crois que l’institution n’a pas encore compris qu’elle dépendait complètement des femmes. Il suffit d’arrêter de la financer… Pour cela inventer une monnaie « euro femme » et dans chaque quête, dans le denier de l’Église y mettre des « euros femmes » convertibles en euros lorsque l’égalité homme-femme sera reconnue par l’institution. 3)Action en justice ? N’y a-t-il pas de possibilité dans les départements concordataires où les prêtres sont payés par l’état ? 4)En fait, dans le monde KTO, le sexe passe avant la compétence ou le charisme. Quel dommage ! Une femme docteur en théologie pourra peut-être enseigner en faculté ou même dans un séminaire mais jamais prononcer une homélie… Une écoutante en hôpital pourra passer des heures avec un malade mais pas lui donner le sacrement des malades… Quant aux décisions sur la marche de l’Eglise, le code de droit canon n’en parlons pas ! et dire que par notre baptême nous sommes prêtre, prophète et roi… Je crois qu’il faudrait rappeler à chaque baptisé(e) sa grandeur aux yeux de Dieu. 5)Rien ne change… Regardez une des affiches de KIRK (rassemblement œcuménique) " Gott parle-t-elle dytsch?" (http://www.jonasalsace.org/5-index.html) … Quel clin d’œil ! Et pourtant en même temps le dossiers de Jonas-Alsace sur les femmes ( http://www.jonasalsace.org/pages/Les_femmes_dans_lEglise-4025793.html et http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/41/17/19/va/VE-Decembre-2012-Femmes--Page-1-.pdf) n’a pas pris une ride. Alors que faire sinon dans tous les lieux où nous le pouvons dire et redire que les règles ecclésiales ne sont pas immuables, que l’Eglise KTO est capable d’adaptation (voir sacrement de réconciliation qui a été introduit pour éviter les baptêmes tardifs), qu’elle a une histoire qui est dans l’histoire humaine, que ses décisions ont souvent été politiques… Je suis de tout cœur avec vous, bonne réunion, bon courage.

@ NB Pourquoi ne voulez-vous pas voir et mettre en oeuvre votre sens critique? Pourquoi prenez-vous la Bible à la lettre? Nous savons tous que les temps anciens étaient violents! Personnellement, je ne pourrais entrer dans une religion qui fige ses textes fondateurs dans le temps de leur énonciation. La lettre tue, l'esprit vivifie. Et je persiste à dire que si l'on fait la part de la violence du temps, la Bible n'est pas machiste. Lorsqu'elle met en scène une violence faite à une femme, elle le fait pour la dénoncer (ex. la concubine du lévite en Juges 19).

NB: le site vers lequel vous renvoyez est un site "laïcard" .L'athéisme peut être aussi fanatique que les extrémismes religieux. Gommer les religions d'un trait de plume en faisant des analyses aussi simplistes que celles que j'ai lues, avec des citations dont on ignore à la fois le contexte et de quel idiome elles sont traduites, n'est pas sérieux. Il n'est pas sérieux non plus e refuser de voir que la domination masculine était le mode de pensée GÉNÉRAL de presque toute la planète voici deux mille ans, ou mille cinq cent ans. Au contraire, Jésus , le Prophète et les hommes vus comme les réincarnations du Bouddah, ont donné aux femmes un autre statut que celui d'esclaves, et une dignité. la manière de Jésus de s'adresser aux femmes, en toute égalité et sans aucune condescendance, détonne complètement dans les écrits de l'époque. De même, on peut toujours critiquer le fait que dans l'Islam, les femmes n'aient droit qu'au quart de l'héritage: c'était une avancée extraordinaire en Orient qu'elles aient droit à quelque chose! C'est aux religions de faire leur "aggiornamento" et de déclarer que certaines dispositions sont datées et obsolètes; et aux femmes dans les religions d'y participer pleinement...

A Michelle : le meilleur « aggiornamento » qui soit pour une religion est sa disparition. Vous pouvez tourner et retourner les textes comme vous le voulez, il faut vraiment leur faire dire le contraire de ce qui est écrit pour ne pas y voir de machisme.

LE DEBAT : C'est ce soir et je suis de tout coeur avec vous. Les commentaires sont très pertinents, il y a matière à réfléchir . Merci à tous. Anne, je compte sur vous pour dire que les Eglises réformées ont "travaillé" quelques fois dans la difficulté à l'égalité entre les hommes et les femmes dans leur Eglise sans qu'aucune autorité ecclésiale se soit crû autorisée à "fabriquer" de toute pièce une "identité" de la femme catholique. Merci à toutes pour cet excellent travail.

Parce qu'une image parle plus et mieux à l'intelligence du coeur, cette photo de Marie-Christine Agapito-Barreiros /Facebook. Méditons une seconde sur le terrible sort actuel de ces femmes afghanes .. Kaboul 1970 la démarche dansante , joyeuses, libres. Elles devaient avoir 20 ans. Kaboul 2014 ? elles ont environ 64 ans...

Voici un commentaire de la conférence du comité de la jupe, le 12 mai dernier, signé d'un membre de la communauté de saint Merry. http://saintmerry.org/des-femmes-de-quelques-hommes/

Ajouter un commentaire