Une rencontre de théologiennes à Rome

Comité de la Jupe

Frédéric Mounier, dans son blog du 5 octobre sur le site de la Croix (http://rome-vatican.blogs.la-croix.com/parfois-des-femmes/2012/10/05/), rend compte d’une rencontre organisée par des théologiennes à Rome, du 4 au 6 octobre, en marge du synode pour la nouvelle évangélisation : 217 femmes présentes dans une salle de l’Université pontificale Saint Anselme, essentiellement des Italiennes. Le premier jour, le dominicain français Hervé Legrand  a fait une communication sur le regard porté sur les femmes dans l’Eglise. (C’est lui qui avait organisé le colloque autour du genre à l’Université catholique de Lille en septembre dernier, considérant que c’était un concept qui avait montré sa fécondité dans de nombreuses disciplines).

Les théologiennes ont rappelé qu’au Concile Vatican II vingt-trois femmes seulement étaient auditrices, dix religieuses et treize laïques. Aucune n’a pris la parole. Encore ont-elles siégé  à une date tardive. La première assemblée conciliaire était strictement masculine.

Il est heureux qu’un tel colloque ait pu se tenir, surprenant qu’on s’en étonne. Après des siècles d’une parole androcentrée, qui expliquait aux femmes quelle était leur nature, il est grand temps que des femmes compétentes prennent la parole et se fassent entendre, comme sujets. Cela rejoint la proposition d’un synode faite par Anne Soupa dans son livre Dieu aime-t-il les femmes ?

À la question finale posée par Frédéric Mounier : « Une telle rencontre est-elle imaginable en France ? », nous pourrions sans doute répondre : « Pourquoi pas ? »

La Rédaction

(Voir le site, en italien, de la coordination des théologiennes italiennes, www.teologhe.org)

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Commentaires

Oui! Mais... Qu'est-ce que c'est des femmes "compétentes"? Ce que je reproche souvent à l'ensemble du clergé c'est de se poser trop souvent en "donneur de leçon", en hommes qui "savent". On dirait qu'ils ne se posent jamais de question puisque seul leur avis compte, seul leurs paroles font office de lois. Pour briser ce cycle infernal, l'avis de femmes "compétentes" ne peut pas suffir. Je ne dis pas qu'il n'est pas nécessaire mais, il ne peut pas suffir. Le Christ n'a choisi aucun intellectuel pour devenir Apôtre. Il a choisi des hommes ordinaires: des pêcheurs, des collecteurs d'impôts... sans parler des femmes qui le suivaient elles aussi. Marie Madeleine, premier témoin de sa résurection, envoyée par le Christ auprès des Apôtres, n'avait rien d'une personne que l'on pourrait qualifier "d'érudite". Sa plus grande qualité semblerait juste d'avoir su se mettre sans cesse à l'écoute de Jésus. Pour pouvoir émettre un avis en Eglise, faut-il obligatoirement être théologiennes? Je trouve dommage que même chez les femmes, ce soit encore les intellectuelles qui décident pour les gens ordinaires. Y a-t-il encore un espoir de voir un jour une Eglise devenir vraiment UNIVERSELLE? c'est à dire pas guidée seulement par le cerveau mais aussi par le coeur?

@ Marie-Jeanne Les femmes ont aujourd’hui accès aux études supérieures et notamment aux études de théologie. C’est nouveau, au regard de l’histoire et cela change la donne. Elles peuvent alors se rendre compte combien la parole présentée comme universelle était en fait une parole androcentrée. Et elles ont les outils intellectuels pour le discerner et l’exprimer, la légitimité universitaire pour l’affirmer, face à des hommes et, dans l’Eglise, face au magistère, exclusivement masculin. En étant relayées par les médias, elles peuvent contribuer à changer la représentation qu’on se fait des femmes et donner une expression audible et argumentée du malaise diffus des autres. Dans leur ordre, intellectuel, elles ont une responsabilité et sans doute un devoir, mais n’y voyez aucune espèce de supériorité. A chacun selon ses compétences et ses aptitudes. Il est bien évident que l’ordre de la charité est supérieur, la simple bonté dans l’exercice de la vie quotidienne par exemple. Et la mise en œuvre d’une réelle égalité entre hommes et femmes passe par des gestes, des attitudes, qui concernent tout le monde, d’une manière qui n’appartient pas toujours au registre du conscient. Et là, tout le monde est concerné, pour atteindre à une attitude « juste », au sens de justesse, et sans doute aussi de justice.

@ Sylvie " L'Esprit produit des oeuvres spirituelles et étonnantes de Dieu par l'amour. Beaucoup comprennent les choses seulement par l'intelligence et non par le coeur. Ceux qui ne comprennent que par l'intelligence ne produisent rien, parce qu'il n'y a que l'amour qui produit quelque chose. Ils n'ont pas le Saint Esprit et sont impuissants à produire quelque chose de céleste ou de spirituel" Bienheureux Antoine Chevrier (fondateur du Prado) Ces quelques phrases me font penser à ce que disait saint Paul: "J'aurais beau parler toutes les langues de la terre et du ciel, si je n'ai pas la charité, s'il me manque l'amour, je ne suis qu'un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante. J'aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, et toute la foi jusqu'à transporter les montagnes, s'il me manque l'amour, je ne suis rien. J'aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j'aurais beau me faire brûler vif, s'il me manque l'amour, cela ne me sert à rien...L'amour prend patience ; l'amour rend service ; l'amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d'orgueil ; il ne fait rien de malhonnête ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s'emporte pas ; il n'entretient pas de rancune ; il ne se réjouit pas de ce qui est mal, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ; il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout. L'amour ne passera jamais. Un jour, les prophéties disparaîtront, le don des langues cessera, la connaissance que nous avons de Dieu disparaîtra. En effet, notre connaissance est partielle, nos prophéties sont partielles...Ce qui demeure aujourd'hui, c'est la foi, l'espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c'est la charité. " Je trouve juste qu'on entend un peu trop de "cymbales retentissantes" dans notre pauvre Eglise. Pourquoi chercher à couvrir le bruit des cymbales par le son de d'autres cymbales? Est-ce qu'un orchestre peut rester un orchestre s'il est composé uniquement de "cymbales"? Ne manque-t-il pas à nos oreilles le son d'autres instruments qui apporteraient obligatoirement plus d'harmonie et de force à cet orchestre? Mais puisque ces femmes sont qualifiées de "compétentes", elles possèdent certainement à la fois l'intelligence et la charité...

@Marie-Jeanne, l'église a suivi le courant de la société globale, laquelle fonctionne ainsi: la crédibilité d'une personne dépend de la hauteur de ses diplômes à la mode du temps de son pays. Que l'église fasse à l'identique avec les femmes n'étonne donc pas. Depuis plusieurs années déjà l'église de France tente par exemple de redorer son blason en mettant en avant les diplômes de ses clercs, untel l'ENS, untel HEC et la signature romaine en matière de théologie bien pensante... On ne peut pas dire que le résultat soit convaincant mais on ne va tout de même pas laisser à Mr et Mme tout le monde le droit de l'ouvrir!

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