Une mobilisation des femmes en Allemagne

Comité de la Jupe

Cathédrale de Cologne. Auteur ger1axg. Publiée sous licence GNU.

100000 femmes ont porté leur signature au bas d’une pétition demandant que la situation des divorcés remaries soit réétudiée dans le sens de la miséricorde. Cette démarche, lancée en septembre dernier, est à l’initiative de la première structure associative de femmes catholiques, la KFD (600000 personnes). Elle est sans doute à replacer dans le cadre plus général du dialogue qui s’était ouvert à l’été dernier au sein de l’Eglise allemande entre l’institution et les fidèles. En tous cas, c’est un effet spectaculaire de la différence structurelle entre les sociétés allemandes et françaises. Les syndicats et associations y sont bien plus puissants qu’en France ; les femmes catholiques allemandes, pour peu qu’elles contractent un engagement, même mineur ou ponctuel dans l’Eglise, sont sollicitées pour adhérer.

Leur présidente fédérale, Maria Theresia Opladen, a déclaré, lors de sa conférence de presse du 14 février à Cologne "combien ce thème est urgent dans notre Eglise, et cela pas seulement pour les personnes concernées". La même association avait déjà demandé en juillet dernier l’introduction du diaconat pour les femmes.

Dans leur lettre à Mgr Robert Zollitsch, président de la Conférence épiscopale allemande, les femmes catholiques demandent qu’elles soient reçues pour en discuter. Elles souhaitent que l’on réexamine les questions théologiques concernant l’accès des divorcés remariés aux sacrements.

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Commentaires

Je me trouve actuellement en Allemagne, à Mannheim. Je suis catholique par le baptême, et ma compagne protestante, également française. En Allemagne le protestantisme, à 50% avec le catholicisme, encourage, stimule les catholiques à tenir bon, à aller de l'avant, ou, plus exactement, à ne pas suivre le retour en arrière de l'église catholique et romaine - à la différence de l'église catholique anglicane. Cela explique cette extraordinaire et salutaire mobilisation de 100.000 femmes catholiques pour le réexamen de la situation des divorcé(e)s remarié(e)s qui sont, quoiqu'en dise le Vatican, mis à part, pas reconnus à part égale. Une première observation:encore une fois, où sont les hommes? (cf la mobilisation des femmes catholiques en France) Des évêques allemands, et autrichiens, n'attendent pas l'âge de la retraite pour s'exprimer publiquement et dans un langage authentiquement chrétien. Pas de Hans Kung français Comme à l'accoutumée les "hauts dignitaires" de Rome se targuent de mieux écouter les "appels", ...et créent des "commissions". En réalité, et dans le fond, pas de véritable changement, les mêmes dogmes qui n'ont rien à voir avec les évangiles et le message du Christ, et pourquoi laisser croire que cela pourrait changer, quand nous avons affaire à des vieillards et mâles, frileux et arc-boutés contre toute reconnaissance de la femme, à sa juste place, c'est-à-dire l'égale de l'homme dans la société, dans le couple, dans l'église et ses institutions. La peur millénaire, Eve=péché. Ne rien espérer, ne rien attendre de l'évêque de Rome, ne rien espérer de son successeur qui sera élu parmi des cardinaux triés sur le volet et à son exacte ressemblance. Alors, frères et soeurs catholiques, de deux choses l'une: soit encourager les prêtres authentiquement chrétiens à se faire connaître, à libérer leur parole, et plus ils seront nombreux plus ils se tourneront vers leurs évêques et certains sortiront du silence pour à leur tout présenter leurs "protestations" aux cardinaux et à Rome, soit, en cas de refus dogmatique et sectaire, à leur tour se mettre en situation légitime de protestation évangélique , à l'exemple en leur temps de Calvin et de Luther.

Beaucoup de choses justes dans ce que dit Philippe Dumarcet, à un détail près: non, ce n'est pas parce que les autorités de l'église sont des "vieillards" qu'ils ne perçoivent pas la nécessité de certains changements (non pas le changement pour le changement: nous sommes bien placés, nous Français, pour savoir que certaines "nouveautés" sont de sinistres régressions). Il y a des vieillards remarquablement libres et évangéliques, et des jeunes gens qui n'attendent rien d'autre que la parole d'autorité qui leur dit quoi penser. Ce n'est pas une question d'âge, et peut-être même pas une question de célibat: si le mariage rendait les hommes attentifs à la dignité des femmes, ça se saurait! Non, c'est une question d'écoute respectueuse d'autrui, et de liberté spirituelle.

A Anne-Marie H. Très juste votre remarque sur les "faux jeunes" clercs de l'actuelle église catholique, qui poursuit, avec l'évêque de Rome, un vertigineux retour en arrière. Cela me "rajeunit" de 50 ans avec ces prêtres trentenaires aussi enthousiastes que rétrogrades, et ces évêques quinquagénaires faussement ouverts d'esprit. Le changement : ils créent des "espaces de dialogue, d'écoute"...et n'entendent rien. Quant aux jeunes de nos grandes villes, encore fidèles de la messe dominicale (dans les petites villes et les villages, moyenne d'âge 70 - 80 ans!) ils ont besoin d'un grand-père souriant, "bon enfant", benoît, et "droit dans ses bottes"; ils y trouvent leurs repères dans une société qui les a perdus, enfants de parents trop souvent démissionnaires d'une juste autorité. Au Vatican, on a bien compris ça en allant chercher à récupérer les Lefebvristes qui sont tout sauf chrétiens.

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