Un récit pour redire Dieu

Rita Amabili-Rivet

Je suis devenue théologienne après avoir fait carrière comme infirmière, auteure, poète, agente de pastorale. J’avais déjà ma famille, une expérience de vie, un bref passage en théâtre, un cours en mise en scène, et une pratique en accompagnement de fin de vie.

Je cherchais à actualiser le sens de ma foi, lentement, à petites doses. Plus j’étudiais, plus j’apprenais, plus je m’enthousiasmais.

Et parce que je repérais le fil conducteur du véritable amour, j’ai réalisé la chance que j’avais eu de pouvoir assimiler cette science si peu connue et captivante.

En regardant autour de moi, j’ai été frappée par la méconnaissance de la foi, par son utilisation à des finalités personnelles mais surtout par les multiples douleurs causées par une mauvaise compréhension, par son enseignement parfois dommageable et dévastateur, par sa chosification.

C’est ainsi que j’ai choisi ma mission : expliquer le christianisme à ceux qui se questionnent douloureusement ou non.

Et peut-être de façon téméraire, j’ai arrêté mon choix sur l’écriture de romans afin d’expliquer avec douceur.

La première fois, j’ai pris le chemin des femmes du début de l’ère chrétienne et j’ai imaginé une jeune fille dans le rôle d’une diaconesse ambitionnant enseigner sa fidélité à Dieu dans un monde régi par les hommes. Mon roman débute en 117 dans la communauté de Smyrne, et se continue sur la route de Marie de Magdala puisque mon héroïne recherche les Mères de l’Église…

La seconde fois, mon manuscrit terminé a pris la route de la France où il attend d’être lu par l’éditeur. Ce dernier m’a promis d’en débuter la lecture ce mois-ci !

Ce qu’il lira a pour titre La lingère d’Acquaviva. L’intrigue débute en 1234, dans la ville historique d’Italie où est née ma grand-mère, et où habite encore une partie de ma famille. Benedetta travaille comme lingère au château des Acquaviva4. Les exclus et les injustices faites aux femmes marqueront les débuts de sa quête. Elle trouve sur sa route des personnes signifiantes.

L’an dernier, j’ai publié mon troisième livre du genre. Marguerite a quatre-vingt-un ans. Dans notre société, elle croit plus que jamais à la solidarité, au partage et à la compassion. Dans son condominium, elle accueille, écoute, prie et témoigne.

Mes romans en théologie sont des fictions plausibles en ce sens que mes personnages vivent des événements qu’il est possible d’expérimenter pour la génération où l’action se situe. Par exemple, au temps de Saffia, femme de Smyrne, il y avait des diaconesses. Elles n’avaient pas la vie facile mais elles ont existé.

La structure de mes récits et de mes intrigues est toujours appuyée d’une solide bibliographie. Il m’arrive de me plonger la tête dans mes livres théoriques en tenant à mon esprit le dénouement que je prévois et en espérant que mes recherches mèneront mes personnages à l’endroit où je l’ai prévu.

Tout auteur vous dira cependant que, théologie ou pas, les héros ont leur propre mobilité !

Ces livres m’amènent à rencontrer mes lecteurs lors de conférences, d’animations et parfois même de soirées où l’on échange et prie. Je sais que j’atteins mon but chaque fois qu’un participant, qu’une participante reconnaît que Dieu ne juge pas, n’exclut pas, ne condamne pas.

En terminant, je vous offre un extrait de La lingère d’Acquaviva :

Vers la fin, la chambrière se laisse toucher tout entière, pénétrer par le récit de la Femme courbée. Elle le récite par cœur et tente ainsi d’entrer en résonance au bénéfice des autres participantes, avec cette Parole gravée en elle, cette Parole qu'elle transporte désormais partout avec elle. La mise en mémoire et la récitation de cet extrait des écrits de l’apôtre Luc rappellent pour chacune des compagnes la tradition orale des premiers temps des communautés de foi. Pour ces femmes, le temps est arrêté. Elles se sentent aimées individuellement de leur Dieu et peuvent presque palper le lien de foi qui les unit fortement les unes aux autres.

Et je nous souhaite que, comme ma lingère d’Acquaviva, nous puissions tous nous sentir aimé individuellement de Dieu et que nous ayons la capacité de palper le lien de foi qui nous unit fortement les uns aux autres, en ce monde en si grand manque d’harmonie et d’amour.

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Commentaires

Auteur du commentaire: 
anne soupa
Merci, Rita, de faire vivre des existences  de femmes en les reliant aux figures des évangiles.  

Auteur du commentaire: 
Rita Amabili
Merci à toi Anne, (Je ne sais pas pourquoi je ne vois ton commentaire que maintenant.) Selon moi, il est aussi important de vulgariser la Parole et de mettre en scène de façon plausible les existences de femmes qui ont certainement pris la route à la suite de Jésus, parce qu'il les a mises en marche par son charisme et son appel. Les femmes de l'Histoire ont été effacées trop souvent. les femmes de mes histoires reviennent dire ce qui aurait pu être si l'inclusion et l'égalité avaient été une réalité dès le début de notre ère.

Auteur du commentaire: 
Antoine
Félicitation. Suis entrain lire "Louise Groues" bio romancée 1868-1931 d'une vie de femme pleine de combat (une féministe qui ira en prison en quartier de sécurité) . Ed Les Autanes / coll Ecriture de femmes. Le deuxième tome vient de sortir! Je suis concerné car elle se réclame de la terre Ubayenne. J'ai écrit une présentation:       Dans cette locale histoire, presque St-Paulo-St-Paulaine, des fantômes, des souffrances, des anges-gardiens et du destin ; dans ce terreau paysan montagnard « La-Femme » de son époque va trouver l'égérie-universelle. « Héra Mirtel » son pseudonyme d'auteur, masque légèrement sa racine familiale. Son parcours personnel difficile, nourrit son discourt, l'aide à formaliser, théoriser un besoin vital, celui d'une France au solide pilier culturel chrétien et aux puissantes vagues conservatrices. Elle va participer à l'impulsion législative nécessaire de la réforme du centenaire code-familiale-napoléonien. Audacieuse porte-étendard, point-focale, elle catalysera des intersections diaboliques nourries, souhaitées, invoquées, priées en secret de centaines de demandes ; le diable en personne va les exhaussées vers sa chute. Dans ce nom d'auteur, vous pouvez apercevoir, la racine latine et provençale « Mirar », « regarder avec acuité ». Si vous voulez suivre sa vie, il vous faudra plus que regarder ; ce « Mirtel » sera une invitation à la compréhension par-delà le visible, dépassant primales émotions, préhensions instinctives, éblouissements, provençales interjections comme rapporté par Frédéric Mistral « Miréo » base de la création du prénom « Mireille » seulement centenaire. « Mirtel Héra » dans les profondeurs ; il vous faudra du temps pour la comprendre, elle va vous entraîner dans son temps complexe, lui faire corps, parcourant deux pôles continentaux. La poisse, la mouise, la boue, la guigne, la France aussi va la connaître, s'isolant inutilement, ressuscitant d'impériale boucheries, contre aussi des alliés naturels. Moitié d'humanité hésitante, femme elle va « prendre la parole » !

Auteur du commentaire: 
Ronniecype
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