Un Nobel de la paix au féminin

Comité de la Jupe

La chancelière allemande Angela Merkel, une des 21 femmes actuellement au pouvoir dans le monde, vient de féliciter les 3 femmes qui ont reçu ce matin le Prix Nobel de la Paix : ce sont deux Libériennes, Leymah Gbowee et Ellen Johnson Sirleaf et la Yéménite Tawakkul Karman.

« Si des changements doivent être faits dans notre société », s’était exclamée la première en 2002, « c’est des mères qu’ils viendront ! »

Travailleuse sociale, militante pacifiste, (et mère de six enfants), initiatrice d’un mouvement féministe centré sur la prière, elle s’est battue infatigablement pour les droits des femmes et des enfants, et pour l’éradication de la violence.

Responsable de l’organisation « Women Of Liberia Mass Action For Peace », basée au Ghana, ses actions pour la représentation des femmes dans les processus de négociations pour la paix entre le dictateur déchu et les chefs de guerre, ont largement contribué à l’élection de la Présidente actuelle du Liberia Ellen Johnson Sirleaf.

En effet, lorsque celle ci arrive au pouvoir (2006), son pays sort de 14 ans de guerre civile, et le Liberia est un des pays les plus misérables au monde, avec un taux de mortalité infantile effrayant, et un chômage endémique.

Bien que déjà âgée de 67 ans, cette femme instruite, formée aux USA, va mettre ses connaissances économiques à l’œuvre pour tenter de reconstruire le pays.

Elle évitera une crise alimentaire majeure, mais ne réduira le chômage que de 5% en cinq ans.

Le prix qu’elle a reçu doit-il être interprété comme un signe d’encouragement pour le prochain mandat électoral qu’elle briguera le 11 Octobre ?

Récompenser ces deux femmes est un signe de soutien à la paix en Afrique.

Jeune journaliste de 32 ans, fondatrice de « Femmes journalistes sans chaînes » au Yémen, Tawakkul Karman est une figure emblématique du soulèvement de son pays contre le régime répressif de Sanaa.

Prenant modèle sur l’Egypte et la Tunisie, elle a entrainé la contestation populaire, continuant, sans peur de la répression, à militer pour la liberté d’opinion et les droits des femmes. Dans ce pays où les femmes sont si peu instruites, peu d’entre elles peuvent jouer un rôle politique. Tawakkul a subi des tentatives d’intimidation, mais cette mère de trois enfants ne s’est jamais découragée.

« Un honneur pour les Arabes, les musulmans, et les femmes », c’est ainsi qu’elle a qualifié le prix qui vient de lui être décerné.

Un autre encouragement au processus de démocratisation du monde arabe.

En 110 ans d’histoire du Prix Nobel de la Paix, seules 12 femmes s’étaient jusqu’à présent vu remettre cette distinction.

C’est des femmes que vient le combat pour la paix sur une terre que les hommes bien souvent détruisent ; c’est leur maturité, leur ténacité, leur souci constant de l’avenir des enfants du monde, qui nous gardent l’espoir toujours renouvelé d’une autre vie.

Ce sont elles qui nous font avancer.

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