Soutien du frère André Gouzes

Comité de la Jupe

Reçu du Frère André Gouzes,

Andre_Gouzes

Dominicain reconnu internationalement pour son travail sur la liturgie à l'abbaye de Sylvanès,
cette conviction suite au lancement de la Conférence des Baptisé-e-s de France :

"Si nous ne redevenons pas comme les premiers chrétiens, nous serons les derniers."

A méditer !

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Commentaires

Tout à fait d'accord! Pensons aussi à l'Eglise d'Algérie, ces chrétiens si proches de nous, de plus en plus proches ?

Nous sommes toujours des "premiers chrétiens". Je ne pense pas être sans histoire et ma foi n'est pas venue sans le témoignage de mes soeurs et frères du temps passé mais il ne faut pas que le poids de l'histoire - la Tradition - devienne un boulet qui devient, avec le temps, de plus en plus lourd à porter. Quand on songe que l'ensemble des textes du Magsitère tient davantage de la bibliothèque que de la brochure, il convient d'alléger tout cela sans jeter le bébé avec l'eau du bain ! Notre foi est toujours en évolution, en développement et pas simplement une sorte de conservatoire : c'est cela la Tradition de l'Eglise, c'est ce que nous sommes en train de croire, d'espérer. Je crois vraiment que nous avons à inventer et pas seulement à conserver ! Les humains ne sont pas fait pour vivre dans des boîtes de conserve ! Et nous n'avons certainement pas à nous adapter mais à approfondir en nous l'Evangile qui nous a été donné. Alors, oui, devenons comme des premiers chrétiens sans peur du monde pour lequel Jésus, le Messie de Dieu, a donné sa vie car ce monde, notre monde avec toutes nos soeurs et tous nos frères humains, avec toute la création qui souffre, est sauvé par la Croix, sauvé de la mort, sauvé de la déchéance, sauvé de la tristesse ! Bénissons le Seigneur, chantons ses louanges, espérons pour tous et n'attendons surtout aucune restauration car l'âge d'or n'est jamais hier - dans les souvenirs enchantés d'enfances réenchantées - mais aujourd'hui et demain !

je suis bien d'accord avec vous il n'y a pas de Golden Age ni d'époque ou l'Eglise aurait été parfaite. Hélas ! que de périodes noires (attrait du pouvoir, inquisition, antisémitisme etc...). Mais ne nous y trompons pas nous ne faisons pas mieux que nos devanciers. Ne croyons surtout pas réaliser une Eglise meilleure en faisant du passé table rase. Nous faisons notre boulot humblement et nous avons besoin de la Tradition c'est à dire de l'expérience de ceux qui nous ont précédé en essayant de ne pas répéter leurs erreurs. J'aurais horreur d'une Eglise de purs donneurs de leçons.

Bravo les filles ! Enfin quelqu’un qui brise le silence assourdissant de l’Église sur la sexualité, le mariage des prêtres, la pédophilie (qui, à mon avis, n’a rien à voir avec le célibat) Commençons par le célibat, Jésus a été le premier à être en infraction avec c ette règle doctrinale, certains des ses disciples et même des apôtres étaient mariés ; tel Simon rebaptisé Pierre. La premier pape était marié et avait des enfants. Mais il n’a pas été le seul et jusqu’au XIIIe siècle les prêtres se mariaient et avaient des enfants. Il y a même eu des papes mariés qui avaient femme et enfants dont certains tel Sylvaire ont été canonisés. Dans la nomenclature que j’ai consulté il est précisé que certains des papes mariés, tel Hosmisdas l’étaient avant leur ordination, donc a contrario les autres s’étaient mariés une fois ordonnés. C’est vers l’an mille qu’un pape Clément dont j’ai oublié le numéro, ancien moine élu sur le trône de Pierre (faut le faire) constatant avec effarement la pauvreté du pape a fait des recherches et découvert que les prêtres mariés laient leurs biens à leurs enfants alors que les moines célibataires les laissaient à leur ordre. La conclusion fut évidente, rendre le célibat des prêtres obligatoire pour que l’église hérite de leurs biens. Ce célibat est un frein aux vocations ! Dans un débat récent auquel participait Hans Kung, ce dernier précisait qu’il connaissait personnellement quelques centaines de jeunes gens qui avaient la vocation, mais ne pouvaient franchir le pas à cause de cette obligation de célibat. Il est vrai que Hans Kung n’est pas en odeur de sainteté à Rome, il sent plutôt le souffre. J’ai personnellement expérimenté le trouble du prêtre confronté à un problème de couple. C’était à la fois un ami très cher et mon confesseur. Quand je lui ai parlé de mon problème qui était un faux problème pour un homme normal, mais qui pour moi catho intégriste à l’époque était un vrai problème il m’a débité un flot de banalités et de lieux communs qui ne m’ont été d’aucun secours. Et j’ai senti que je l’avais profondément troublé. Alors que s’il avait été marié il m’aurait simplement dit « Parles en à ta femme, ce n’est pas si grave que çà. Vous trouverez certainement une solution ensemble. » C’est ce qui est arrivé, sentant quelque chose dans notre relation qui n’allait pas elle m’a interrogé et a fini par ma faire cracher le morceau. Sur le coup elle a été très surprise, puis avec son bon sens habituel nous avons résolu ensemble ce problème qui n’en était pas un à ses yeux. Et c’est reparti comme sur des roulettes. Nous avons été amoureux pendant toute notre vie de couple et même maintenant qu’elle est partie pour un monde meilleur je suis toujours amoureux d’elle (J’ai 86 ans) Bon courage ne cédez ni à la peur ni au chantage, vous êtes dans la bonne voie celle que Jésus nous a tracée. C’est la seule référence.

@anselme "il n’y a pas de Golden Age ni d’époque ou l’Eglise aurait été parfaite". Quelle méconnaissance de la nature (et de l'histoire) de l'Eglise : elle est divine, et donc par définition parfaite. Mais les hommes d'Eglise et les fidèles qui la composent, eux, sont pécheurs, et donc imparfaits. Oublier cette distinction conduit à des aberrations théologiques et des aphorismes relativistes du type "tout se vaut". Bien sûr qu'il y eut des époques où l'Eglise, notamment en France, était bien plus rayonnante et bien plus missionnaire qu'aujourd'hui : il suffit de considérer le nombre d'églises fermées au culte et celui des séminaires et des monastères désaffectés parce que désertés...

Oui, Michel, l'Église a été beaucoup plus puissante qu'elle ne l'est aujourd'hui en France, les pierres en témoignent. A-t-elle pour autant été plus sainte? Plus évangélique? Non seulement j'en doute, mais tous les historiens sérieux savent que du temps de sa puissance l'Église (notamment en France) n'était pas du côté des pauvres de coeurs, ni des artisans de paix, ni des persécutés pour la justice. Alors, "Age d'or", je me laisserais aller à rire si l'Évangile n'avait pas été foulé aux pieds. Reconnaissons à l'Église réelle, incarnée, d'avoir beaucoup progressé évangéliquement en perdant sa puissance. Quant à l'Église parfaite, idéale et irréelle, serrez-là contre votre coeur si ça vous aide à vous endormir et vous console quand vous faites des cauchemars.

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