Si cette année encore (et encore) les femmes annoncaient la Résurrection

Comité de la Jupe

 Ce n’est déjà plus la nuit, ce n’est pas encore le jour. Trois femmes sont en marche, chacune avec son chagrin, vers celui qu’elles ont tant écouté, tant aimé. Dans leurs mains, les aromates destinés aux morts. Mais voici que la pierre du tombeau est roulée, et que le tombeau est vide ! À elles d’annoncer la Bonne Nouvelle, leur dit l’Ange, la Bonne Nouvelle de la Résurrection ! Sans les femmes, présentes à la fois au calvaire et au tombeau, en témoins, l'annonce de la Résurrection aurait peut-être attendu longtemps ! Quand Pierre et Jean ont découvert les linges du linceul à terre, ils se contentent de rentrer chez eux, benoîtement. Marie de Magdala, elle, court annoncer la Résurrection aux disciples.Pourquoi dès lors cette visitatio sepulcri, cette visite au tombeau, ne trouverait-elle pas toute sa place dans la liturgie pascale ? Le Comité de la Jupe vous invite à la vivre en profondeur et a établi pour vous y aider le guide ci-joint. Bonne visite au tombeau avec les femmes ! Et que vive la Visitatio dans les paroisses !

Oui, si cette année encore, les femmes annonçaient la Résurrection, à Pâques ? Déjà en 2012 et en 2013, nous vous en avions fait la proposition ; nous la renouvelons cette année, après en avoir avisé nos sympathisants dès le mois de janvier, dans l’espoir que davantage de paroisses la mettent en œuvre et qu’ainsi, elle s’étende.

Comme vous le savez peut-être, la Visitatio est loin d’être une idée loufoque, un «caprice féministe», une fantaisie liturgique. Non, c’est simplement la remise à l’honneur d’une de nos plus anciennes pratiques médiévales, la Visite des femmes au tombeau, ou Visitatio en latin, petit drame liturgique qui consiste à inviter les femmes, au seuil de la liturgie du jour de Pâques, (ou de la Veillée) à monter à l’autel, tandis qu’elles cherchent Jésus le Crucifié. Là, elles entendent l’ange leur dire qu’il est vivant et qu’elles doivent l’annoncer à tous. Et elles le font ! Voilà. C’est tout. La Visitatio, ce n’est que cela. Quatre petites phrases de rien du tout, mais qui ont remis la vie dans son bon sens…. La mort est vaincue, le Crucifié est ressuscité !

Voilà ce que vous pouvez contribuer à remettre à l’honneur dans votre paroisse, le 27 mars prochain, jour de Pâques (2016). Un tel geste redira mieux que beaucoup de discours combien la contribution des femmes à l’annonce de la Résurrection est essentielle. Les quatre évangiles ne racontent-ils pas qu’elles sont les premières à avoir vu Jésus vivant et à l’avoir annoncé ? Pour vous rendre mieux compte de ce qu’est la Visitatio, de son histoire, de sa raison d’être, de son déroulement concret reportez-vous au livret Propositions pour la Nuit de Pâques (lien au bas de ce texte) que vous pouvez imprimer (format A5).

Cette initiative a reçu des soutiens précieux : celui de la Conférence des baptisé-e-s, mais aussi ceux du frère André Gouzes et de l’Action catholique des femmes. Concrètement, cette affaire a beau être modeste, elle doit se préparer. Il est peut-être encore temps de convaincre l’équipe liturgique concernée. Si cette proposition vous séduit, il n’y a pas de temps à perdre : vous téléchargez le document joint, intitulé « La Visite des femmes », vous le transférez par mail à vos relations et amis, et vous allez en parler avec votre curé, en lui apportant le document imprimé.

Le bureau du Comité de la jupe

Voir les fichiers joints: 
Share

Commentaires

Auteur du commentaire: 
Anne-Joelle Philippart
Merci Anne pour cette belle initiative. Je l'ai proposée à Liège, là où je suis très impliquée . Une femme s'y est opposée avec une grande fermeté en arguant qu'au Moyen-Age, aucune femme n'était dans le choeur et que dès lors, des hommes jouaient et devaient jouer le rôle des femmes. Cette même personne estime que le choeur n'est pas la place des femmes. Pour elle, les femmes doivent être, en liturgie, invisibles et silencieuses. Sans arrêt, elle agit pour freiner toute initiative qui mettrait les femmes en valeur dans le choeur.  Caricaturale et abérrante, elle fait pour moi partie de la catégorie des "exciseuses". Femmes elles-mêmes mutilées,  elles luttent et agissent pour maintenir des traditions brimantes pour les femmes. Leur mutilation peut-être dans la chair mais elle est surtout dans l'être. Contraintes, reléguées, rabaissées, elles ont fini par accepter l'inacceptable condition de soumission et d'invisibilité que la religion leur imposait. Conditionnées et aliénées, elles se vengent sur les autres femmes et surtout celles qui s'épanouissent, les renvoyant sans cesse à leur mutilation.  Quand au fait de faire jouer, à des hommes, le rôle des femmes, j'y vois une preuve supplémentaire de la volonté séculaire et délibérée des clercs d'éloigner les femmes.  J'y vois la preuve d'une longue tradition de misogynie clercicale à peine voilée. 

Ajouter un commentaire