Servant-e-s d'autel : des repères pour aider à engager une véritable discussion.

Comité de la Jupe

Dans votre paroisse, seuls les jeunes garçons sont admis à être servants d'autel.

Vous êtes parent d'une jeune fille, qui supporte mal cette situation.

Vous êtes paroissien et vous désapprouvez cette décision.

Voici quelques repères qui vous aideront  à engager une discussion, courtoise et bien argumentée, avec le curé de votre paroisse.

L'admission au service de la messe pour les filles, développée depuis une quinzaine d'années, ne fait l'objet d'AUCUNE INTERDICTION pontificale ou diocésaine.

Il s'agit de la position individuelle du curé de paroisse, qui peut être infléchie.

Interrogé sur ce point par un fidèle, l'Archevêque de Paris l'a confirmé, tout en précisant que « rien ne devait devenir un sujet de discorde ».

Raison de plus pour que ceux qui sont contre ce type de pratique expriment leur désaccord, pour parvenir à des solutions collectives.

C’EST BIEN UNE DISCRIMINATION fondée sur le sexe. En effet, il ne s'agit pas simplement de préserver la non-mixité des équipes. Si c’était le cas, filles et garçons serviraient la messe à tour de rôle. Or, bien que ce mot ne soit jamais prononcé, les petites filles ne sont pas jugées dignes de participer à l'Eucharistie, et sont exclues de toute position symbolique du lien avec Dieu. Elles demeurent les deux pieds dans l'utilitaire, comme frappées d’interdit d’autel.

ELLE N'A AUCUN FONDEMENT THÉOLOGIQUE. Chaque être humain, quel que soit son sexe, sa race, sa culture, est créé à l'image de Dieu. Ceci fonde la dignité absolue de chacun et explique pourquoi filles et garçons - fait exceptionnel parmi les religions - sont baptisés exactement de la même manière. C’est donc en fonction de leur seul état de baptisés que les servants d’autel ont à être choisis. Ces enfants n’ont prononcé aucun vœu. Leur réserver le service de l’autel au nom d’une éventuelle future ordination presbytérale repose, non seulement sur un vide théologique, mais sur une méconnaissance de la dignité conférée au baptême. Il serait donc possible, logique et peut-être envisageable de déposer plainte à l’officialité diocésaine pour ce motif.

ELLE EST LE PRÉLUDE A UNE ÉVICTION PLUS LARGE

Tous nos correspondants nous confirment que cette exclusion en annonce d’autres : petit à petit, les femmes se trouvent écartées des lectures et de la distribution de la communion. Si vous laissez faire, demain  il n’y aura plus à l’autel que la chef de chœur, si c’est une femme. La crainte qui est sous jacente à ces pratiques est la crainte, archaïque mais réelle, d’une impureté féminine.

LES CONSÉQUENCES

-       Toute ségrégation produit de l'humiliation, de la souffrance, et de la violence.

Si on désigne les petites filles comme "indignes" de certaines fonctions, (en leur en assignant d'autres obligatoires), les garçons les ressentiront comme inférieures. Ils vivront leur "privilège" comme une situation de pouvoir.

En agissant ainsi, l'institution ecclésiale crée les conditions de futures relations de couple désastreuses, des relations de domination que toutes les démocraties veulent éradiquer.

Si une femme meurt tous les deux jours et demi sous les coups de son conjoint ou compagnon, c'est bien parce que celui-ci la considère comme inférieure, et pouvant être "corrigée" quand son comportement n'est pas à la hauteur de ses attentes.

Demandez à votre curé s'il oserait dire "certes, les Blancs et les Noirs sont égaux, mais seuls les Blancs serviront la messe ?"

"Malheur à celui qui blesse un enfant", chantait Enrico Macias. C'est toujours vrai. L'humiliation détruit un(e) enfant, lui fait perdre sa confiance en lui (elle), le pousse à se venger.

-       CES PRATIQUES VONT ÉLOIGNER LES FILLES DE LA FOI

Elles apprennent à l’école que l'égalité des sexes est inscrite depuis1946 dans la Constitution française. Elles voient qu'une femme peut être députée, sénatrice, ministre, candidate à la Présidence. Elles ont peut être une Maman ingénieure, conseiller municipal... A la maison, on s'efforce à un partage des tâches équitable, même si c'est difficile.

QUEL EST CE DIEU qui les renvoie à leur seule appartenance au genre féminin ?

Les prêtres sont des hommes célibataires. Leur connaissance de la vie des familles, des relations de couple, de la psychologie de l’enfant n’est pas évidente. Quant aux luttes pour les droits des femmes, ils les diabolisent volontiers et ne gardent que des images fausses et caricaturales.

ILS ONT A ENTENDRE DES LAÏCS, ILS DOIVENT SE METTRE A LEUR ÉCOUTE.

N'hésitez pas à demander à dialoguer, à exposer votre point de vue, faites le en couple ou avec d’autres paroissiens hommes, si vous le pouvez, cela n'en aura que plus de poids.

Dans certaines paroisses que nous connaissons, ce sont même les pères de famille, ou les maris qui refusent de donner la communion ou de lire si les femmes sont exclues des lectures ou de la communion, ou les fillettes du service de l’autel. Faites-le savoir autour de vous ! Pourquoi pas dans votre paroisse ? A chaque demande de service, répondez simplement : « Demandez donc à Catherine, ou à Françoise ! »

Le comité de la jupe est à votre disposition si vous souhaitez une aide plus adaptée. comitedelajupe@laposte.fr.

Pour le Comité de la jupe, Michelle Colmard-Drouault et Danielle Nizieux

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