Rôle des femmes dans la transmission de la foi.

Comité de la Jupe

Voici une vingtaine dannées, lhistorien Jean Delumeau a animé au Collège de France un séminaire de recherches, aboutissant à la rédaction dun ouvrage collectif, La Religion de ma mère, Le Rôle des femmes dans la transmission de la foi, paru en 1992 aux Editions du Cerf.

Il nous a aimablement autorisés à en reproduire des passages. Voici un extrait de la Préface:

L’ouvrage que nous présentons a été majoritairement conçu et rédigé par des femmes: ce qui est normal, compte tenu du sujet. Mais des historiens hommes ont participé au travail commun, pour environ un tiers. C’est dire que toute préoccupation «féministe» a été écartée et que ce livre n’a aucune visée polémique. Il veut constituer un dossier, qu’il faut consulter sereinement.

En revanche, comment contester, sur un plan purement historique, que, tout au long de l’histoire chrétienne, la femme qui enseigne la religion a eu du mal à trouver sa juste place à l’intérieur des Églises? Le conflit permanent entre institution et inspiration a conduit à la marginalisation, aussi bien des prophétesses montanistes des II° et III° siècles que des bergères qui «prêchèrent» dans les Cévennes, le Vivarais et le Dauphiné au cours des années 1689-1710 et qui inquiétèrent les pasteurs réformés. Plus généralement, un pouvoir ecclésiastique masculin a durablement redouté une prise de parole religieuse par les femmes. Les témoignages qui le prouvent – on le verra dans notre livre- sont légion. En 1638, le beau-père de Velasquez souhaite qu’on arrête de peindre sainte Anne apprenant à lire à Marie. Car celle-ci, assure-t-il, « n’a pas appris [de ses parents] à broder, lire, écrire», puisqu’elle est entrée au Temple à trois ans. « Il est plus juste de donner la gloire de ce magistère au Saint-Esprit. […] J’espère qu’ainsi mon discours aura atteint son but en éloignant de cette peinture ceux qui y étaient dévôts.» Quelques années auparavant, les Ursulines désirant s’établir à Dôle, les «magistrats de la ville» avaient précisé dans leur réponse: « Parce qu’il n’y a rien de plus dangereux que de permettre aux femmes l’explication des lettres sacrées et qu’elles prétendent enseigner aux filles la grande doctrine chrétienne […], lesdits sieurs suppliés désirent qu’il soit dit plus clairement qu’elles leur feront seulement apprendre le catéchisme par cœur, sans leur faire aucune interprétation.»

Encore au début du XX° siècle des Conseils [épiscopaux] aux dames catéchistes donnent les directives suivantes: « Dans le cas où on ne l’autoriserait pas [la femme catéchiste] à donner d’explication, elle devra se soumettre et se borner à faire apprendre le mot à mot du catéchisme. [… Elle devra] éviter de former les enfants à la piété, car c’est le domaine du prêtre.» D’où, devant ce barrage qui a tenu pendant des siècles, des protestations longtemps camouflées derrière l’iconographie: le rôle de sainte Marthe exalté sur les murs d’un couvent féminin, sainte Catherine de Sienne vêtue en cardinal, sainte Anne apprenant à lire à la Vierge enfant, sainte Marie-Madeleine représentée en train de prêcher, selon la légende, aux habitants de Marseille: autant de manières d’exprimer par l’image le souhait de voir reconnu le rôle religieux de la femme.

Jean Delumeau

La Religion de ma mère, sous la direction de J. Delumeau, préface, p. 12-13, Ed. du Cerf, 1992

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Commentaires

Et nous savons fort bien qu'une raison et non des moindres du refus de l'accès aux femmes à la prêtrise touche leur accès à la parole de l'homélie. On notera par ailleurs que sauf exception confirmant la règle (!), les moniales catholiques restent muettes sur la parole de l'Evangile qu'elles côtoient au quotidien. Quand elles en parlent, c'est essentiellement en citant des commentaires masculins.

Rien qu'à lire ces quelques lignes, on comprend tout de suite: les femmes ne sont pas des êtres humains à part entière. Elles ne l'ont jamais été et ne le seront jamais puisqu'il ne faut pas changer les choses, ça met la chair de poule!...et pourtant: "Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa; mâle et femelle il les créa. Dieu les bénit et Dieu leur dit: "Soyez féconds et prolifiques, remplissez la tere et dominez-la." Dieu s'adresse à l'homme et la femme, sans distinction. Il faut croire que l'auteur de la Genèse était moins mysogine que les hommes d'aujourd'hui... J'ai l'impression que plus des personnes argumentent pour une juste reconnaissance d'égalité et de responsabilité entre les hommes et les femmes, plus on nous repousse et on nous rejette... C'est juste ce que je ressens...et ça me rend profondément triste. J'ai peur d'être un "rejet" de l'Eglise pour le restant de mes jours puisqu'il n'y a aucune autre solution semble-til... J'ai envie de lire ce livre mais je crains qu'il ne me fasse plus peur qu'il ne me rassure.

J’ose évoquer le rôle des femmes en remontant beaucoup plus loin, pas seulement dans notre cher christianisme, mais anthropologiquement à la racine de toutes les civilisations, sous-tendues par toutes les religions de l’Histoire. René GIRARD enseigne que la mutation d’un « simiesque » en « homo », donc du passage d’un état seulement animal, à un état humain (donc animal toujours, mais doté d’une spiritualité naissante), se produit au moment où des (… ou un !) singes prennent conscience du scandale de la mort reçue, ou à infliger, nécessairement, à un semblable pour la défense de la vie. En ce bel objectif (… qui exprime déjà la volonté divine) deux formes d’intelligence entrent alors en nécessaire convergence, mais aussi en rivalité. Celle de l’ancienne souche animale, essentiellement de combat, de défense, de conquête, de domination. C’est bien un « formatage » essentiellement masculin. Celle de la prudence, des soins, de la tendresse, des nécessaires compromis, des nécessaires compréhensions mutuelles, de la pédagogie des réalités biologiques quotidiennes. Là on est dans une tonalité essentiellement féminine. La Bible nous enseigne que DIEU destine homme et femme à ne faire qu’une seule chair, malgré « SES » formatages profonds très différents, mais complémentaires et enrichissants, tant individuellement que sociétalement. Il m’est évident que c’est dans une synergie, dans la reconnaissance de merveilles de chaque sexe, et surtout plus dans des défenses de territoires de pouvoir à conquérir, que peut se construire le VRAI BONHEUR. Par l’épanouissement de l’Amour divin, dans les couples d’abord, et dans toutes les communautés humaines ensuite par effet de rayonnement, ce qui n’exclue aucunement les vertus de force et de courage quand nécessaire. Nous les hommes, pour être bien dans notre peau, restons trop majoritairement des animaux, imbus de force, de violence, de pouvoir à conquérir et à maintenir. Nous sommes peu attentifs au langage de DIEU qui parle surtout par la vie (… tout simplement !) Vous les femmes, ce qu’est réellement la vie, vous le ressentez en vos profondeurs, surtout par votre fécondité. Le vrai langage de DIEU vous a toujours été beaucoup plus proche, plus directement accessible. OUI, femmes, vous être l’avenir de l’homme… La marginalisation dont vous êtes frappées en Eglise depuis toujours, n’est que le reflet de notre… disons « bêtise » pour rester aimable. DANIEL-KOKA (= le CATHO-GRATTEUR, via GOOGLE)

@ Marie Jeanne, il n'y a pas lieu d'avoir peur, car malgré tout, les mentalités ont beaucoup évolué, et l'Eglise est bien obligée d'entendre (à défaut d'écouter) les voix des femmes; elle ne peut plus les diaboliser puis que la société civile reconnait comme juste le principe d'égalité même si elle ne l'applique pas entièrement. La peur est mauvaise conseillère. Si nous avions eu peur de descendre dans la rue en 1970 (je parle de nous les premières militantes des droits des femmes pour le 20 éme siècle, qui prenions le relais des suffragettes), vous ne pourriez même pas vous exprimer en tant que femme catholique actuellement. A l'époque , tout était contre nous, le pouvoir, les lois, les coutumes, et les préjugés de beaucoup de femmes elles mêmes, car il est plus sécurisant de faire ce que l'on attend de vous quitte à perdre sa liberté et son libre arbitre. Le dépôt de gerbe sur la tombe (hypothétique)de l'épouse du Soldat Inconnu était un geste pacifique et symbolique; et nous n'étions certainement pas les folles hystériques que décrivaient les media. Maintenant, les media sont plutôt avec les femmes, sauf bien sûr une presse particulière, ultra conservatrice. Une lutte peut être festive, ferme , joyeuse. Voyez les femmes de "La Barbe"!! Les discours misogynes de certains prélats ? la barbe! tournons les en dérision!

Cher Daniel, le plus souvent, j'aime beaucoup ce que vous écrivez. Mais là... je reste sans voix. Pourquoi, mais pourquoi le combat, la défense, la conquête, la domination serait-elle principalament le domaine masculin? Bien sûr, vous parlez de "formatage", mais l'ensemble de votre propos suggère quand même dangereusement l'idée de nature derrière ce formatage... Et pourquoi, mais pourquoi, la prudence, les soins, la tendresse, seraient-ils plus proche de la "tonalité" féminine? Vous qui, sauf déguissment dont je ne vous crois pas capable, êtes du sexe masculin, êtes-vous si peu porté spontanénement à la tendresse? Franchement, cela m'étonnerait. Vous allez me répondre: oui, bien sûr, je connais la tendresse, mais pas tout le temps, et à d'autres moments j'ai des envies de domination, des envies de cogner, des envies de meurtre. Hé bien, je vais vous dire: c'est pareil pour moi. La tendresse, je connais; et le désir de prendre les choses en main aussi. La faiblesse, la passivité, la peur, je connais; et la joie de construire, de concevoir des projets, d'organiser le travail des autres et de les plier à la puissance de ma pensée, je connais aussi! Arrêtez donc d'imaginer que le côté traditionnellement réservé aux hommes n'attire que les hommes, et que le côté traditionnellement réservé aux femmes n'attire que les femmes. La vérité, c'est que tout cela est humain, et qu'en chaque être humain, l'humanité entière peut se refléter. Ceci dit, je ne vois aucun mal à ce que des humains mâles suivent la voix masculine traditionnelle et s'y trouvent bien; ni à ce que des humains femelles suivent la voix féminine traditionelle et s'y trouvent bien. Du moment qu'on ne leur fait pas croire que c'est une question de nature.

Je ne crois pas que Daniel veuille parler de" nature", mais plutôt de sociologie des comportements: les humains de sexe masculin choisissent la part de domination et de violence au départ nécessaire à la survie de l'espèce, en l'exacerbant, et en ne laissant aux femmes que la prudence et les soins eux aussi indispensables. Ils font ce choix, ou sont poussés à le faire.Il me semble que Daniel se livre aussi à un constat irréfutable: m^me si les femmes ont à l'intérieur d'elles mêmes des pulsions semblables, ce sont elles, (et les enfants des deux sexes avec une lourde proportion de fillettes), qui sont dominées, exploitées, vendues, violées, déshumanisées, par des êtres de sexe masculin, avec la complicité de quelques femmes parfois. . (voire les "rabatteuses" dans les tournantes, mais ceux qui commettent le crime sont bien des garçons) Il n'existe, et on ne le répétera jamais assez, aucunes bandes de femmes armées qui persécutent des hommes désarmés. Ce peut être parce qu'elles n'ont pas de pouvoir. De quoi sont capables les hommes envers les femmes et les enfants pendant les guerres civiles contemporaines, alors que nous avons soi disant atteint un certain degré de civilisation est quelque chose de terrifiant. Lire les témoignages sur la guerre du Kosovo, et les réquisitions du TPI suffisent. Je demeure persuadée que quand on donne la vie, ou qu'on pourrait la donner, de tels actes ne sont possibles que par exception. Il me semble (si je ne me trompe) que Daniel est dans cette interrogation?

Je trouve dommage d'entendre encore et toujours que seules "les femmes donnent la vie". C'est peut-être une habitude culturelle, je ne sais pas et je n'ai pas les compétences pour l'affirmer. Mais serait-il possible que, culturellement, chacun fasse un effort pour affirmer haut et fort que les hommes, comme les femmes, donnent la vie eux aussi? Je ne suis pas très cultivée, pardonnez-moi, mais je suis convaincue que les hommes "font" les enfants avec les femmes. Ils les font charnellement, psychologiquement, spirituellement, c'est ce qui fait d'eux des "pères". Peut-être bien que nous les "portons" physiquement au creux de nous pendant neuf mois, mais les hommes doivent aussi les "porter" d'une tout autre façon c'est certain, mais les hommes doivent aussi les porter. Peut-être que si chacun et chacune avait plus conscience de ce fait, on arriverait à en finir avec cette foutue rivalité: les femmes donnent la vie et les hommes ont le pouvoir pour compenser. Il n'y a rien à compenser: l'homme et la femme donnent la vie ensemble, à égalité. Bien sûr qu'il faut en finir avec les attitudes animales qui brutalisent, violent, maltraitent. Il est temps d'en finir avec les préjugés qui font que les femmes ont forcément tort quand elles sont en rivalités avec des hommes. Il est temps d'en finir avec les accusations d'infanticide contre les femmes qui demandent l'avortement alors qu'il n'est pratiquement jamais mentionné le rôle du père dans ces histoires (on dit juste qu'il ne veut pas s'impliquer habituellement! Oh les pauvres!!! Ils se sont bien "impliqués" pour le faire ce petit!Alors pourquoi ne sont-ils pas impliqués, de "force" s'il le faut, dans ce choix de vie ou de mort) Peut-être que la co-responsabilité doit être clamée ouvertement de manière automatique... Bien sûr que les hommes qui maltraitent les femmes et les exploitent font preuve d'une grande lâcheté et d'une grande brutalité. Mais est-ce que nous, les femmes, ne fesons pas trop de la maternité, notre possession, notre pouvoir en quelque sorte? Je pense qu'il faut faire attention de ne pas mettre toute la "faute" du côté des hommes. Nous avons, culturellement notre part de responsabilité dans la vision que nous donnons de nous aux hommes. Je ne suis pas sûre d'avoir su exprimer clairement mes propos, j'espère n'avoir choqué personne. C'est vrai que j'en ai un peu assez des ouvrages qui ressassent sans arrêt des choses passées et dépassées. Vous n'en auriez pas d'autres à nous proposer: des ouvrages qui parleraient de juste co-responsabilité, de respect mutuel, d'égalité vraie... d'avenir???!

Ah Marie-Jeanne, mille mercis!

Oui, oui, Marie-Jeanne, merci à vous! Moi aussi, j'en ai assez d'entendre dire que les femmes donnent la vie. Bien sûr qu'il faut être deux pour concevoir un enfant, et qu'il faut être plus d'un (plus d'une) pour accompagner un bébé jusqu'à son âge d'homme (ou de femme). On n'élève pas un enfant seul(e), et le problème n'est pas seulement un problème de ressources matérielles ni d'emploi du temps. Pour initier un enfant au monde des relations, au monde de l'amour, il faut vivre en sa présence des relations d'amour: la mère n'est pas la seule éducatrice, aucun éducateur ne peut l'être s'il(elle) est seul (seule) , objectivement ou dans sa tête. J'en ai surtout assez d'entendre disserter sur ce que sont les hommes et ce que sont les femmes (ou, pire LA FEMME). Le genre n'est pas une question d'essence (vous ETES ceci et nous SOMMES cela) mais une question de rapport social. Quel(s) rapport avons-nous les uns(unes) avec les autres (ou avec les mêmes)? C'est là-dessus qu'il faut travailler!

@Marie-jeanne: La co-responsabilité que vous décrivez est un idéal à atteindre, et je pense que les femmes ne cessent de la demander. Personne ne parle ici de "faute", il s'agit d'analyse politique. Les violences envers les femmes sont internationales, et hélas, pas passées ou dépassées, et il est légitime de s'interroger sur cette violence. Il est nécessaire de l'interroger pour qu'elle cesse! Pour qu'un phénomène cesse, il doit être reconnu, analysé, et on doit en rechercher les causes. On ne peut mettre en balance les violences globales envers les femmes,(violence politique, économique, symbolique,physique) et leur état de subordination dans la majorité du globe, et les quelques femmes qui se raccrochent à leur maternité! Si j'ai bien compris, nous l'aurions bien cherché ? Oui, certains hommes "portent " les enfants, de manière différente, certains ont même la couvade,(ils grossissent en même temps que leur compagne, c'est arrivé à mon mari) mais cela ne change pas le fait que 89% des familles monoparentales ont à leur tête une femme, dont la moitié sont sous le seuil de pauvreté. Et chercher à inverser la vapeur ne passe certainement pas par se voiler la face sur la réalité, et vivre au pays des rêves...C'est beau de dire ce dont on rêve, mais pour arriver à le réaliser, il est nécessaire de lutter pour la transformation du monde.

@Michelle, je respecte vos combat et je suis reconnaissantes aux femmes des années soixante-dix qui les ont mené avec détermination et dont je jouis des conquêtes aujourd'hui. Il reste qu'en identifiant les femmes à leur biologie: "elles donnent la vie", vous faites le lit, que vous le vouliez ou non, de tous ceux qui veulent assigner les femmes à leur rôle biologique. Si nous voulons effectivement émanciper les femmes, il faut que les hommes aussi "portent" les enfants, évidemment pas au sens biologique! De plus, je crois que ce serait un bien pour les hommes. je fréquente des jeunes hommes (35 ans) qui revendiquent leur paternité et les charges afférentes. Ils "n'aident" pas leur femmes, ils sont responsables plénier de leurs enfants (font chez le pédiatre, prennent des jours "enfants malades", etc… Ils s'en portent de toute évidence très bien, et leurs compagnes qui font les même carrières qu'eux, aussi. Sans doute sont-ce des milieux "privilégiés" mais je veux croire qu'ils sont en avant-garde d'une nouvelle parentalité plus équilibrée et qui est une véritable libération des femmes.

Pardonnez-moi Christine, je voudrai juste rajouter à votre commentaire: "et une véritable libération des hommes". Car, dans nos cultures modernes, il me semble qu'ils se retrouvent, de fait, "enfermés" dans un rôle de "mâles dominants" qui n'est pas très évangélique et qui les privent de pouvoir exprimer librement leur côté sensible afin qu'ils puissent s'épanouir pleinement. Je me souviens que lorsque j'étais au collège (c'est très loin!), un de nos professeurs, nous avaient expliqué qu'en asservissant les "noirs" à l'esclavage, il arrivait fréquemment que les esclaves étaient plus "doués et malins" que leurs maîtres qui ne savaient plus faire grand chose de part eux-mêmes et se retrouvaient aliénés, dépendants de leurs esclaves d'une certaine manière. Bien sûr, la condition des femmes n'est peut-être pas comparable à ce qu'ont vécu les peuples noirs, ... quoique... peut-être bien que s,i à certains endroits du globe, et pas forcément loin de chez nous: combien d'hommes considèrent encore leur femme comme leur "possession", leur "bonne à tout faire" ou même pire. Il n'y a pas besoin d'aller chercher bien loin. Et ces hommes ont été élevés par des femmes, ne l'oublions pas! Pour Michelle: Non! Je ne pense pas que "nous l'aurions bien cherché". Je pense juste que bien souvent, nous avons notre part de responsabilité. Je parle par rapport à mon histoire personnelle et ce que je vois et entend autour de moi. Ce n'est certes pas une généralité mais j'assume mon passé. Daniel n'est sans doute pas le seul homme sur terre à être aussi "ouvert" et bienveillant avec les femmes!

MICHELLE, MARIE-JEANNE, et ANNE-MARIE merci pour vos réactions amicales et constructives. En complément, et pour éclairer nos lanternes mutuelles, je reproduis ici une de mes réactions récentes à notre cher comité de la jupe : Dans ce débat récurent et pénible (…surtout pour elles !) du rôle des femmes dans la vie de notre société (… pas seulement l’Eglise, les églises, toutes les religions, la politique) j’ose une approche radicale. Radicale, au sens « à la racine ultime ». Pour nous, croyants, DIEU est créateur de tout, et surtout de «LA VIE», biologique en premier regard, mais éternelle, sous-jacente, depuis le matin de Pâques. En outre, totalement hors de la temporalité à laquelle notre matérialité animale nous cantonne très généralement, c’est « … A son image, qu’ «IL» nous créa… », qu’«IL» ne cesse de nous créer, et que « … homme ET femme IL LE créa… ». Une différence biologique est évidente, sa finalité est l’expansion de LA VIE en ses deux dimensions, mais alors dans une complémentarité synergique hors de laquelle la fécondité ultime risque de disparaître. Ainsi, les débats qui cherchent à justifier le rôle de chaque sexe me semblent-ils mutilants par avance, dès qu’ils s’éloignent de cette responsabilité commune, sous le regard de DIEU, face à la grandiose mission qui est celle de notre espèce. Car quoi de plus grand que la transmission de LA VIE ETERNELLE à laquelle DIEU invite chacun, à chaque seconde de notre vie ici-bas, aussi pénible qu’elle soit parfois. Dans ce « challenge d’origine strictement divine » (… qui est le fondamental du Christianisme : « … allez dire au monde entier que le Royaume EST… ») je vois beaucoup plus de grandeur, de noblesse, dans la part féminine. Donner la vie (…biologique) pour nous les hommes, est trop souvent perçu puis ressenti comme seulement une récréation parmi beaucoup d’autres. Pour vous mesdames, c’est tout autre chose qu’un sport. Si LA PROCREATION est un acte commun (… étymologiquement très significatif !), « LA VIE », tant biologique qu’éternelle, vous la percevez naissante en vos entrailles, et pas seulement durant 9 mois. Combien de grandes femmes (… cachées, oubliées !) dans cette « Histoire » de LA VIE ? Combien de grandes figures dans notre Bible, intervenant toujours en des « carrefours » hautement dangereux ? Pourquoi le rôle central de La VIERGE MARIE, la « Maman de DIEU se faisant homme » est-il à ce point minimisé ? Pourquoi oublions-nous que ce fut Marie de Magdala et sa copine, des femmes, qui annoncèrent aux 11 l’évènement historique indépassable que fut la résurrection, évènement auquel les « mecs » ne comprirent rien sur le moment ? Pourquoi DIEU a-t-il réservé ce rôle à une femme disciple certes, mais dont le « métier » fut longtemps celui de la «Mme Claude» du secteur ? C’est surtout LE COUPLE HUMAIN, stabilisé en une éternité présente, par l’amour divin plus que par nos désirs, qui fut, reste, devrait redevenir, le fondamental de prêtrise voulue par le Créateur. Toutes les autres formes ; quelles que soient leurs noblesses parfois grandes, ne sont que des adaptations « au terrain ». Y compris le célibat et la chasteté de JESUS qui sachant très bien le sort que NOUS LUI ferions, n’allait pas infliger à une épouse et des gosses une pareille torture. DANIEL-KOKA (= un CATHO-GRATTEUR, via GOOGLE) PS : Je suis le papa de 3 enfants, et le pépé de 9 petits-enfants. C'est ma femme qui a fait de moi un homme adulte. Je le suis devenu quand j'ai constaté, en pleurant d'émotion, que notre premier né avait à peu près le même formatage que ma mains droite ! Quelles incroyables vulnérabilités ! Quelles formidables présences de cette émergence de l'éternité vivante qui nous attend tous. Et c'est vous, mesdames, qui nous donnez ces irremplaçables merveilles... Bravo et merci... Merci aussi pour votre courage à nous supporter. Je le pense plus rarement symétrique. DANIEL-KOKA.

Il est bien dommage de voir mon point de vue déformé, mais aussi, hélas, inaudible! On ne peut confondre, comme beaucoup d'entre vous le font, les théoriciens conservateurs et néo-conservateurs qui en effet, réduisent les femmes à leur biologie, et leur assignent une place de subordination,( qu'ils expliquent volontiers comme voulue par Dieu) et les analyses et recherches féministes,qui depuis prés de 40 ans, interrogent la position des femmes dans notre société-et les autres-, et le point crucial qu'est la maternité dans les causes de leur oppression,absolument internationale. C'est un travail d'analyse qu'effectuent aussi les organismes des Droits Humains: la tentative de contrôle du corps des femmes et de leur faculté de reproduction; les enfants comme monnaie de chantage envers les femmes,(y compris dans les sociétés européennes) la sélection des enfants mâles comme ayant plus de valeur(je viens d'apprendre qu'en Chine, l'affaire des bébés kidnappés a révélé qu'un bébé mâle valait deux fois plus qu'un bébé fille sur le "marché"), les mariages forcés des fillettes avec leur cortège de grossesses adolescentes; c'est par là, par la fécondité/maternité, que passe cette violence à la fois symbolique et quotidienne. Les histoires personnelles, ou d'entourage, ne sont pas en jeu, car il s'agit de milieux trés parcellaires, en générale priivilégiés, qui ne sont pas représentatifs de ce que vit la masse des femmes. La bonne volonté de quelques jeunes pères des classes moyennes n'est pas en cause... Cependant, attention que les habits neufs du patriarcat passent par la revendication de paternité ...

Les arbres peuvent cacher la forêt mais les jeunes pousses annoncent le printemps. On ne peut pas faire comme si la situation des femmes n'avait pas changé depuis les cinq dernières décennies. On peut dire que les changements sont fragiles, qu'ils ne concernent que de petites parties de la population mondiale, mais pas rester arcbouté sur des analyses qui dans leur excès se disqualifient d'elles-même. Ce sont ces excès qui rendent les paroles inaudibles. Cela dit, on peut considérer que la libération des femmes passe par une guerre sans merci faite aux hommes. On peut aussi penser, soit pour des raisons stratégiques, soit pour des raisons éthiques que cette libération sera réellement libératrice dans la mesure où libèrera à la fois les femmes et les hommes. Sauf à vouloir prendre une "revanche historique" en inversant les rôles.

Je pense qu'il vaut mieux "faire la guerre" aux cro-magnons qui ont apparement survécus, matchos en tout genre et esclavagistes, qui sème le doute, voir la terreur au coeur de l'humanité, plutôt que "faire la guerre aux hommes" car je continue de croire que les hommes ne sont pas tous pareils! Oui, je suis d'accord: "une libération sera réellement libératrice dans la mesure où elle libérera à la fois les femmes et les hommes." Merci Christine

ANNE MARIE, merci pour ta protestation amicale. Le « vieux » que je suis ne peut que rester conforme à son formatage héréditaire. Je suis désolé de t’avoir laissée « dans voix… », mais évidemment pas sans cervelle ni cœur. Ni sans le courage d’exprimer librement ce que DIEU inspire en tes profondeurs. Devant toutes nos magnifiques diversités et divergences, lesquelles devraient être enrichissantes en une synergie amoureuse et « communionnelle » ancrée dans l’ESPRIT SAINT, il me semble que j’ai (… enfin … Il est temps !) identifié la signature des choix de vie conformes à La Volonté de DIEU. C’est une question qu’il m’arrive souvent de poser : « MONTRE-MOI TON BONHEUR… EST-IL VISIBLE, ATTRACTIF, PARTAGE et FECONDITE VERS TES PROCHES… ? » J’ose dorénavant recommander ce critère d’évaluation. Je le trouve plus « concret », bien qu’identique sur le fond, avec « … LA BONNE ODEUR DU CHRIST » évoquée par qui nous savons tous. Ces 2 critères me semblent totalement libérateurs dans nos subtiles distinctions entre jupe ou pantalon, soutane ou pas, mitres ou couronnes diverse et variées, homos ou hétéros… etc… J’ose avouer que ces débats me fatiguent, et il me semble que je ne suis pas le seul. DANIEL-KOKA (= le CATHO-GRATTEUR, via GOOGLE)

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