Question de droit(s) ?

Comité de la Jupe

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La « petite » affaire des enfants de chœur de Bayonne pose une intéressante question de droit(s). Pas une question juridique, elle a été traitée par Gonzague, mais une question d’organisation, de droit et de devoirs, de responsabilité de chacun.

Regardons les chose de près. L’Église catholique, depuis environ quarante ans ne voit pas d’objection de principe à la participation des filles au service de l’autel (ceci en raison de leur baptême, et donc sans acception de sexe).

Mais il appartient à l’Évêque et, en dernier ressort, au curé de le permettre et de l’organiser. Voilà qui mérite d’être commenté.

Ainsi, sur une question d’organisation de la vie de la communauté chrétienne, le curé est le « patron ». L’unique patron. Doit-il au moins consulter, obtenir des avis ? Point donc. Il est en quelque sorte « patron de droit divin ».

Et c’est bien l’expérience que font bien des communautés, bien des paroisses. Pendant des années, 6 ans, 9 ans, un curé a organisé les choses avec la communauté, bien ou mal, dans le dialogue ou sans, mais les chose se sont mises en place. Et puis, le curé change, et hop, changement de gouvernement, changement de méthodes, ce qui était bien hier devient mauvais, et vice versa. Et les communautés ? Soient elles plient, soit elles « font la tête ». Mais elles n’ont aucune voix réelle au chapitre.

Drôle de conception de la fraternité et de la communion ? Non ?

Les prêtres sont-ils là pour les communautés, ou les communautés pour servir les expérimentations successives des prêtres ? Sont-ils là pour mettre en œuvre leur « politique » pastorale ou pour célébrer la communion ?

Soyons clair, je ne donne pas un blanc-seing aux communautés (aux paroisses), mais je trouve étrange que de droit, de façon « impériale », se soit le prêtre qui ait tous les droits.

Si l’on veut que la mission soit le bien de tous, il serait sans doute plus judicieux de rechercher le consentement de la majorité, d’être patient, d’expliquer, plutôt que de faire tomber une « loi », de la chaire, comme du ciel.

Les catholiques baptisés, confirmés, ne sont pas un troupeau immature et errant. Ce sont de adultes majeurs, raisonnables et responsables. La paroisse, est leur bien, leur maison, le lieu particulier de l’Église où ils vivent. Pourquoi seraient-il soumis à la « baguette » d’un seul ?

Au nom de quoi ?

Ces choses-là concernent toute la communauté. La messe est la célébration de tous, elle est le bien de tous et « n’appartient » pas au curé.

Il est correct de respecter les formes de la catholicité, et aussi les usages locaux dès lors qu’ils ne s’opposent pas aux formes catholiques ordinaires.

Il n’est ni utile ni légitime d’imposer aux communautés des usages qui n’ont d’autre fondement que la « sensibilité particulière de tel ou tel clerc ».

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Commentaires

Permettez-moi de copier un extrait du texte de Michel Rondet paru sur le site de "Garrigues et sentiers" et intitulé: "L'Eglise que j'espère". "J’aime mon Église, je crois fermement que, fondée sur la pierre angulaire qu’est le Christ, elle a les promesses de la vie. Je suis témoin que l’Esprit agit en elle et y produit, aujourd’hui, des fruits incomparables de sainteté, mais je souffre de la voir engluée dans une foule de problèmes secondaires qui ruinent la crédibilité de son message et en masquent la beauté novatrice. Je ne peux plus prier pour les vocations comme on me demande avec insistance de le faire. Je prie pour que l’Église ait le courage de prendre les orientations qui répondent à la situation et correspondent aux appels de l’Esprit. Ce qu’on appelle la crise des vocations n’est pas conjoncturelle ; en se prolongeant, elle nous invite à une réflexion plus large sur l’Église et les ministères, elle nous appelle à cesser de regarder vers un passé récent à restaurer pour nous tourner vers l’avenir. Si cette crise cessait miraculeusement, nous n’aurions rien de plus pressé que de revenir à l’Église de Pie XII, les prêtres reprendraient toutes les responsabilités que les laïcs commencent à assumer et nous redeviendrions une Église cléricale, or c’est à une Église communion de baptisés responsables que l’Esprit nous appelle. Nous sommes appelés à rompre avec une tradition cléricale qui n’a cessé de s’imposer depuis le Ve siècle, mais qui n’est pas évangélique. Le Christ n’a pas confié l’avenir de sa communauté à une classe d’hommes qui en assumeraient seuls l’animation et les orientations; or c’est ce qui s’est produit à travers l’instauration d’un clergé conçu sur le mode des celui des cultes païens. C’est avec cette tradition qu’il faut rompre en rendant aux communautés chrétiennes la responsabilité de leur vie et de leur animation sous le contrôle du ministère apostolique des évêques [...]. " Pour lire le texte entier, et visiter cet excellent site qui d'ailleurs a reproduit la lettre aux évêques de France d'Anne et Christine : http://www.garriguesetsentiers.org/article-27354372.html

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