Que se passe-t-il à Rome au sujet des femmes ?

Anne SOUPA

Du 4 au 7 février, jupes et soutanes dissertent sur : « Les cultures féminines ». Ce thème, en effet, est au menu de l’assemblée annuelle du Conseil pontifical pour la culture. Comment les femmes y ont-elles été associées ?

  • Le document préparatoire à cette assemblée a été rédigé, parmi une majorité de contributeurs masculins, avec la collaboration de quatre femmes italiennes.

  • L’assemblée a été ouverte par une allocution de la présidente de la RAI qui a montré la variété et la qualité des contributions des femmes à la vie culturelle.

  • Plusieurs débats ont  été programmés, auxquels des femmes sont associées. Certains sont consacrés à la représentation du corps féminin, et le dernier, vendredi, qui traite de la place des femmes dans l’Église, sera assuré par une religieuse et par l’exégète française Anne Marie Pelletier.

  • La rédaction et le vote du document conclusif de cette assemblée seront, eux, exclusivement réservés aux hommes, puisqu’aucune femme ne fait partie de l’assemblée en question.

  • Enfin, Monseigneur Ravasi, président du Conseil pontifical pour la culture, envisage la tenue d’une autre rencontre ultérieure consacrée à l’identité féminine entre différentes religions.

  • Pour que le tableau soit complet, deux autres petits faits doivent aussi être rapportés. Le fait que l’actrice italienne Nancy Brilli, ait rédigé le clip invitant au dépôt de candidatures a été critiqué; et la statue de Man Ray, à la lecture ambigüe, a été retenue comme photo affiche de l’événement.

L’organisation WOW (Women’s Ordination Worldwide) a fait connaître sa réponse.. Á sa suite, le Comité de la jupe regrette la faible représentation des femmes et surtout les nombreux a priori qui entachent l’objectivité du regard de l’Église sur les femmes : affirmation d’une vision soit disant « naturelle » de « la femme », différentialisme fondé sur une faible assise intellectuelle, focalisation sur le corps féminin. Il reste fort à faire…..

Alors, que dire ?  Vous exhorter, Cardinal Gianfranco Ravasi, à ne pas trop vite jeter le mouchoir que vous avez en mains. Frottez, frottez encore un peu la poussière des siècles qui obscurcit vos yeux ! Les vraies femmes sont là, regardez-les, non comme des objets sexués qui font peur, mais comme des sujets de parole. Sans reconnaissance de leur parole, libre et entendue, pas la peine de tenir tribune. L’Esprit qui doit circuler dans notre maison commune, notre Église, il est échange, il est relation entre des sujets d’égale dignité et d’égale responsabilité.

Anne Soupa

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Commentaires

Auteur du commentaire: 
Sylvie

Les journées de l’assemblée plénière 2015 du Conseil pontifical pour la culture s’ouvrent réellement aujourd’hui, jeudi 5 février, après la séance inaugurale de mercredi : « Les femmes et la culture : entre égalité et différence ».
Lorsqu’on regarde le programme des quatre séances de travail, même si on se réjouit de la place donnée aux femmes, on peut craindre l’accent mis sur la différence au détriment de l’égalité, dans une perspective essentialiste, l’importance accordée au corps (motif qui renvoie probablement à la théologie du corps, chère à Jean-Paul II) et à la maternité, liée au symbolique, même si on lui a préféré ici celui de générativité : « A partir des étapes fondamentales de la générativité (désirer, donner naissance, prendre soin et laisser partir),la réflexion portera sur la dimension féminine du « don de la vie » qui va au-delà de la simple maternité biologique. »

Enfin on peut s’étonner que les femmes soient considérées comme des victimes : « agressions au corps féminin » « violence domestique », « marchandisation », sans que, parallèlement , les progrès de leur condition ne soient évoqués, notamment l’accès aux études supérieures, l’indépendance économique et… l’autonomie !
Cependant, les intervenantes sont de qualité, leurs titres universitaires l’attestent. On retiendra la programme du vendredi après-midi, « Femmes et religion » avec la française Anne-Marie Pelletier, lauréate du prix Ratzinger, professeur d’université et bibliste et Sœur Mary Melone, Recteur de l’Université pontificale Antonianum, nommée à ce poste en Juillet, première femme à la tête d’une université pontificale.

Auteur du commentaire: 
Anne-Marie H.

Comme c'est étrange, ce colloque... Que le Conseil Pontifical pour la culture soit conscient que toutes les cultures du monde sont travaillées par une mise en question de la place des femmes dans la société, c'est une bonne chose. Qu'il se réunisse pour mener une réflexion à ce sujet, bravo. Mais qu'il le fasse sans changer grand chose de son mode de fonctionnement... disons, pour être modérée, androcentré... C'est quand même stuféfactionnant, non? Je sens monter en moi l'héberlitude... Qui c'est qui nous fait un dessin là dessus?

Auteur du commentaire: 
marie.net

Je suis navrée que l'on passe autant de temps pour résoudre un problème qui n'en est pas un, au regard de tout les problèmes du monde. J'ai besoin que l'Eglise m'aide à vivre en chrétienne que je suis, j'ai tant à m'améliorer à la lumière de l'évangile.
Bravo pour tous les commentaires. Çà bouge mais pas assez vite.
Je vois dans mon service social, tant de misères de toutes sortes que j'aimerai que ce sujet soit résolu une fois pour toute.

Auteur du commentaire: 
alice chablis

tout à fait en accord avec votre conclusion.

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