Pourquoi des cercles de silence en faveur des femmes ?

Comité de la Jupe

 

cercledesilence-recadreeLa cause des femmes dans l’Église a besoin de gestes forts. Prenons conscience que les choses peuvent et doivent changer grâce à la contribution active de tous.

Le Comité de la jupe, soutenu par la Conférence des baptisé-e-s a donc décidé de tenir régulièrement des cercles de silence.

Le silence est une façon pacifique et visible d’exprimer notre désapprobation, notre colère et notre lassitude face à un état de fait : les instances de l’Église catholique considèrent bien peu les femmes et de fort mauvaise façon. Ces cercles ont donc vocation à se multiplier partout, puisque partout les femmes catholiques et engagées sont considérées en fonction de leur sexe et non de leur compétence.

En cette fin d’année 2013, Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes, souhaite taxer les entreprises dont les staffs dirigeants sont uniquement composés d’hommes. Les femmes votent, travaillent, posent des choix et les font respecter. Le congé maternité s’associe au congé paternité. Plusieurs femmes sont chefs d’État. Lentement les femmes ne sont plus associées automatiquement au mariage (le « mademoiselle » de l’État civil n’existe enfin plus), à la maternité, au soin et au dévouement.

Au sein du corps paroissial, pourtant, il en est encore ainsi : les femmes forment le gros des troupes et prennent largement en charge toutes les activités ecclésiales : aumôneries de lycée, d’hôpital, catéchèse, préparation au mariage, funérailles, accueils, chorales, décoration florale. Si toutes les femmes, au même moment, cessaient leurs activités, l’Église s’arrêterait de fonctionner.

Mais elles n’ont pas leur mot à dire, ni sur ces différentes activités, ni sur les grandes orientations de leur Église. Plus significatif encore, leur corps est confisqué par le Magistère qui décide entre hommes, de la « nature » des femmes dont la « vocation » serait la maternité, qui traitent entre hommes de la contraception, de l’avortement, de la famille. Il ne suffit pas de faire venir une femme médecin spécialiste, il s’agit de consulter l’ensemble des femmes catholiques et de les entendre, d’abord pour dire elles-mêmes qui elles sont, ensuite pour mettre leurs désirs et leur créativité au service des leurs frères et sœurs. Á l’heure actuelle, les femmes catholiques sont des êtres sans droits. Comme l’étaient les femmes dans la société civile avant l’obtention du droit de vote, elles sont dénuées de toute citoyenneté dans leur propre Église.

L’avenir est entre les mains des hommes et des femmes qui souhaitent une réelle égalité entre les sexes. Nous désirons annoncer ensemble la Bonne Nouvelle du Salut, servir ensemble nos frères et sœurs et prendre ensemble des décisions pour demain. Notre collaboration est précieuse, elle est fructueuse pour tous.

Certains responsables d’Église souhaiteraient cette évolution « paritaire » mais il leur est difficile de la mettre en œuvre. D’autres semblent ignorer la modernité et souhaitent que la femme reste au service de sa famille et de sa paroisse sans envisager d’évolution.

Aussi, nous nous adressons aux passants, hommes et femmes, qui vivent au sein d’une société de plus en plus égalitaire entre les sexes et qui trouvent cela « normal ». Notre demande est légitime. Nous espérons qu’ils nous soutiendront pour rendre aux femmes la parole qui naturellement doit leur revenir, comme à tout fidèle du Christ.

Cécile et le groupe pilote des Cercles de silence

Contact : cercles.femmes@yahoo.fr

Venez nombreux tous les 1er mardi du mois de 18 h 30 à 19 h 30

Mardis 5 novembre, 3 décembre, 3 janvier, 4 février, 4 mars, 1er avril (ce n’est pas une blague), 6 mai, 3 juin, Place Raoul Dautry, Montparnasse Paris 75014

Ou bien réunissez un cercle de silence près de chez vous !

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Commentaires

Si une journée toutes les femmes cessaient leurs activités.....Oui, bonne idée. Juste une journée pour voir. Je ne me souviens plus si c'est en 1974 ou 75, mais il y a eu un appel à une grève des femmes par plusieurs organisations. Elle a été peu suivie, mais elle a fait trembler: qui va garder les enfants ???? Tout cesser pour montrer combien on compte, c'est efficace! Puisque ces messieurs veulent tout décider entre hommes, qu'ils décident aussi de faire ce qui demande de la patience , de la ténacité, de l'énergie, du sens de l'organisation. Yes, you can!

Pour ce même article, 36 commentaires sur le site de la CCBF et un seul sur le site du Comité de la jupe....Voilà qui donne à penser. Pourquoi ne pas faire un seul site ? J' ai du mal à comprendre que dans l'Eglise, on ait toujours besoin de plusieurs structures au lieu d'une. Que faut-il justifier ? Les énergies se dispersent...rien ne change !

à Domi: Je ne peux bien sûr répondre à la place des fondateurs et fondatrices de ces sites, mais je suis bien contente que les deux existent, la découverte du comité de la jupe m'ayant apporté un grand réconfort à une époque où le désarroi que me causaient les positions officielles de l'Eglise était grand. 2 sites, c'est deux fois plus de chance de découvrir ces groupes de chrétiens qui luttent à leur manière pour faire entendre leur voix. De plus, je ne trouve pas que le comité de la jupe et la CCBF se confondent: chacun a sa propre raison d'être, ses propres objectifs. Vraiment, je serais bien navrée de voir disparaître le comité de la jupe!! Enfin, le nombre de commentaires ne me semble pas pertinent pour juger du dynamisme ou de la raison d'être d'un site! Il est si facile de parler pour ne rien dire!! Si l'on juge au nombre de commentaires, alors seuls comptent le bruit, le nombre de clics, la popularité... autant de critères qui ne préjugent en rien du contenu ou de l'efficacité. Par exemple, beaucoup de témoignages de religieuses n'ont reçu aucun commentaire: est-ce parce qu'ils n'étaient pas intéressants? Bien au contraire, ces paroles étaient si fortes que l'on ne pouvait guère ajouter quoi que ce soit! Aujourd'hui encore, je les relis de temps en temps, pour en redécouvrir la force et la portée. Ils sont précieux, mais ne se prêtent pas à l'exercice du commentaire! (à part pour dire merci) J'espère que ce site a encore une longue vie devant lui, c'est toujours un plaisir de découvrir ses nouveaux articles, ou de relire les anciens!

Hier, nous tenions notre 3° cercle de silence devant la gare Montparnasse. - Un homme d'une quarantaine s'arrête : je ne suis pas croyant mais il se trouve que j'étais à Rome lorsque le pape François a été élu. Je n'ai vu sur le balcon que des hommes. L'Eglise au Vatican est masculine. Alors que dans la foule les deux sexes étaient représentés. En vous voyant et en regardant la banderole, je me dis que les femmes existent aussi dans l'Eglise et qu'elles ont sans doute le "droit" de participer à la gouvernance... - Une femme entame la conversation : mon père est catholique, ma mère protestante. Je suis chrétienne non pratiquante. Vous avez raison de vous manifester, dans le protestantisme les femmes peuvent être pasteurs, pourquoi est-ce impossible chez les catholiques ? Les réactions sont pour la plupart positives et les non-croyants s'intéressent à notre démarche.

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