Pour un 8 mars dans l’Église

Comité de la Jupe

Bonne fête à vous, femmes de l’Église, en ce 8 mars 2012, journée internationale des femmes ! A travers dix contributions différentes et consensuelles, essentiellement celles de son bureau, le Comité de la Jupe dénonce fermement la domination masculine dans une institution constamment humiliante pour la moitié de lhumanité.

« Le Comité de la jupe a déjà amplement dénoncé, d’une part la discrimination phobique dont sont victimes les fillettes et les femmes dans la liturgie -y compris pour la prédication et l’accès à la prêtrise, d’autre part la tentative de main mise sur le corps des femmes que l’institution perpétue en jugeant l’exercice de la sexualité et en diabolisant la théorie du genre.

Il est urgent de poursuivre. En dénonçant, par exemple :

Un langage qui, en toute bonne conscience, installe le masculin en définition de tout l’humain.

L’usage récurrent du singulier : « la femme », comme s’il existait un modèle unique.

L’exaltation d’une figure mariale éthérée, vierge et consentante à tout ce qui vient du modèle paternel clérical.

La domination quasi générale des ordres religieux monastiques masculins sur les branches féminines.

Oui, l’Église ne fait pas mieux que les autres : elle a ses prolétaires, ces petites mains, ces bonnes à tout faire, ce corps qu’elle ne veut pas voir. Son corps qu’elle blesse chaque jour.

Alors, femmes et hommes, ouvrons les yeux, soignons notre Église en dénonçant ce qui lui fait du mal. Notre parole - la sienne – ne lui fait que du bien. »

Anne Soupa

TRENTE ANS APRES, 8 MARS 2012 !

Inaugurée par un discours présidentiel, c’est en 1982 que le 8 Mars a obtenu son statut officiel de Journée Internationale des Femmes en France.

« Voici l’heure du bilan :

  • Loi Roudy pour l’égalité professionnelle de 1983 : écart de salaire entre hommes et femmes inexorablement de 27%
  • Loi de 2006 : obligation faite aux entreprises de négocier pour réduire les écarts de salaire avant le 30 décembre 2011, injonction restée lettre morte
  • De source intersyndicale, 12 seulement des 86 familles professionnelles concentrent 52% des emplois occupés par les femmes ;
  • Retraites des femmes : inférieures de 40% à celles des hommes
  • Loi de 2000 sur la parité ; loi de 2010 sur les violences familiales envers les femmes : peu ou pas appliquées.

En 2012, les appels des organisations de défense des droits humains, et des droits des femmes, se font virulents : «  Égalité, parité, effectivité ! », demande la Ligue des Droits de l’Homme.

Par le manifeste « mais qu’est ce qu’elles veulent encore ? » 40 associations de défense des droits des femmes interpellent les candidats à la présidence de la République.

« Nous n’avons pas besoin de nouvelles lois, nous avons besoin de volonté ! »

Les femmes catholiques ne pourraient-elles pas aussi interpeller l’institution ecclésiale sur le traitement qui leur est fait ?

Le 8 mars, faisons nous entendre ! »

MCD

« Un jour, un évêque me confiait combien les femmes dans la vie politique avaient du mal à se faire une place. Il le déplorait sincèrement. Avec malice, je lui ai fait remarquer, qu’au moins, même si c’est difficile, dans la société civile, elles pouvaient être ministres ! Ma réflexion l’a laissé sans voix. L’Église catholique romaine se prive ainsi de trésors de foi, d’énergie, de compétence en excluant les femmes des ministères ordonnées. Elle justifie ainsi une vision du féminin, qui ne peut qu’être en position de réception et non pas d’initiative, une vision du féminin qui ne peut représenter l’initiative de Dieu. Ce faisant, et bien que le discours officiel le nie, elle justifie, dans les faits, une place seconde des femmes. Quand sortirons-nous de cet immobilisme ? »

Sr Michèle Jeunet, rc

« Le Père Moingt, dans un article des Études, s’inquiétait de la désaffection des femmes, par rapport à l’Église, éloignées des autels et humiliées. Il s’agit de beaucoup plus. Tristesse fondamentale de constater que la domination masculine est omniprésente et qu’elle est pire dans la religion, car elle repose sur des justifications théologiques qui font passer les discriminations pour une volonté divine. La tendance récente de confier aux seuls hommes ou garçons les lectures liturgiques me paraît une mesure invraisemblable : injustice lourde faite aux femmes et aveuglement face au fonctionnement des sociétés modernes. Aujourd’hui, la pratique religieuse s’accompagne trop souvent pour moi d’un sentiment d’aliénation. Expérience combien douloureuse ! »

Sylvie

« Il y a trente ans, gênée par les singuliers sur « La » Femme et sa  vocation, j’avais écrit un article « Femmes et Eglise : un amour difficile ! ». Trente ans plus tard, nombre de mes contemporaines ayant quitté l’Église sur la pointe des pieds, je devrais écrire « Femmes et Église : un désamour consommé. » Hémorragie annoncée, proposition faite d’institutionnaliser les services des femmes dans l’Église : femmes aumônières, diacres, et pourquoi pas prêtres. Un système obsolète, assorti d’un discours unisexe sur la sexualité, a pourtant perduré. Des théologiennes comme France Quéré ont alors ouvert grande la porte d’une parole sur le rôle décisif de femmes bibliques dans la Révélation, non pas gardiennes d’un Temple intouchable, mais vecteurs incontournables de l’Espérance chrétienne dans un monde en mutation. Au  fiat de Marie « enciélée » ad vitam, succéda la valorisation de Marie enracinée, contestataire de l’ordre masculin établi, ayant vu la misère d’un peuple que les superbes rudoyaient. Les nouvelles technologies de l’information joueront autant pour la reconnaissance de la dignité des femmes dans l’Église catholique que dans les récents printemps de peuples asservis. »

Blandine

« Evoquer l’ordination des femmes reste un tabou dans l’Église catholique, et prendre officiellement parti en sa faveur est menacé d’excommunication. Pour elle, le prêtre est un  « autre Christ ». Quelques réflexions entre autres...

Ne sommes-nous pas tous appelés à être «  configurés au Christ », selon l’expression de Paul ?

Nous confessons à la suite des apôtres que Dieu s’est fait « homme ». Mais le mot employé est « humain » et non  « mâle »… En s’incarnant, Dieu a opté pour le masculin, se pliant aux convenances de son temps pour pouvoir être entendu.

N’est-ce pas l’Esprit Saint qui consacre le pain et le vin  de nos tables eucharistiques ?

La femme restera-t-elle toujours cet être incomplet, inférieur, tentateur et impur ? »

Claude

« Dans ma vie professionnelle, familiale, citoyenne, je peux faire entendre ma voix et peser sur les décisions. En Église, je suis doublement muette et impuissante puisque laïque et femme.

Pourtant on peut être catholique et féministe. Mais pourquoi rester dans cette Église dont le discours officiel me glorifie pour mieux m’ôter la parole?

Parce que, comme la Samaritaine, je veux m’approcher au plus près et boire à la source qui désaltère pour toujours. Car le cœur à cœur avec le Christ est possible, sans la médiation des pompes, de l'orgue, de l'encens et du latin, des rituels et des interdits, mais à travers la prière et la rencontre de mes frères et sœurs en Église.

Voilà ce qui fait peur aux clercs: perdre le pouvoir que leur confère le statut qu'ils se sont octroyés (au mépris de l'enseignement du Christ) de médiateurs, seuls aptes à véhiculer le "sacré" dans les deux sens...

L'intrusion des femmes - du féminin - dans l’édifice le fera voler en éclats. De Marie-Madeleine à sainte Thérèse de Lisieux, tout au long de l'histoire de l'Eglise des femmes – et des hommes comme saint François d’Assise ! – ont fait entendre leur petite musique: une rencontre est possible et cette rencontre passe par le cœur. »

Françoise

« Le magistère catholique masculin, quasi muet sur les hommes (mâles), n’aborde la « différence des sexes » que par les femmes. Cela n’est pas étranger au fait que ce sont des hommes qui définissent la nature des femmes. Ils sont les sujets de la doctrine quand les femmes en sont les objets. De leur nature masculine ils ne parlent pas. C’est sans doute qu’ils l’identifient à la nature humaine. Les hommes (vir) s’identifient aux hommes (homo), à l’universel, au neutre, au prototype, tandis qu’ils assignent les femmes à la particularité, à la spécificité, à la différence.

Qu’est-ce que le genre ? Les documents romains le manifestent : des hommes investis de l’autorité disent aux femmes qui elles sont et quels rapports elles doivent entretenir avec les hommes. Le genre est donc un rapport de pouvoir qui se construit lui-même dans le même temps qu’il construit ses deux termes. »

Gonzague JD

« La phrase malheureuse du cardinal Vingt-Trois qui a donné naissance au Comité de la Jupe n’était pas un regrettable incident. Elle était au sens psychanalytique du terme une parole involontaire. Elle dévoile non la misogynie de l’homme mais celle d’une institution qui est en phase de repli. Dans le phénomène de « restauration » auquel nous assistons aujourd’hui dans l’Église catholique, les femmes sont les premières victimes : on les remet « à leur place », celle « d’auxiliaire de vie » de la seule moitié de l’humanité qui compte, la mâle moitié qui se prend pour le tout.

En ce 8 mars, les femmes catholiques que nous sommes peuvent donner l’alerte. Quand des sociétés ou des institutions sont en crise, les femmes trinquent les premières. L’émancipation des femmes dans nos sociétés occidentales est un bien précieux mais encore fragile ; le risque de « restauration patriarcale » est réel pour l’ensemble de la société. Ces circonstances appellent à la vigilance et à la solidarité de toutes les femmes et aussi des hommes qui considèrent comme un bien excellent que les femmes soient leurs contemporaines à part égale. »

Christine Pedotti

« Bonne fête à vous, oui vous femmes de l’Église. Celles qui ont suivi les mêmes séances de caté que tous les autres enfants. Celles qui ont dit oui, à un homme ou à une vie consacrée à Dieu. Celles qui ont porté un enfant, fille ou garçon, devant les fonts baptismaux, en tant que mère ou en tant que marraine. Bonne fête à vous qui revenez chaque jour, semaine, chaque dimanche, pour accompagner, étudier, partager, encadrer, renseigner, balayer, bénir, fleurir, enseigner, chanter, préparer, louer, se dévouer, prêcher, écrire, prier, organiser, méditer, tenir la main, lever le poing … Bonne fête à vous toutes qui êtes Église, qui faites l’Église…. »

Estelle

Share

Commentaires

L’invention du sacré fut un subterfuge des mâles.(PP 217 ET 218 De" Je suis né deux fois", chez l'Harmattan, 2006 Le recours aux plus faibles des hominiens mâles pour éclairer les origines de notre espèce et de son mouvement vers la civilisation fera sourire, ricaner peut-être. C’est que nous posons le couvercle de la raillerie sur notre faute originelle. L’origine de nos culpabilités est dans le pouvoir pris par la force. Cette invention est masculine. Dès l’origine, le mâle s’est dressé entre l’être et la vie. La côte d’Adam, le phallus de Priape, le sceptre des rois et les cyprès des cimetières, proclament tous la même loi : je ne peux couver la vie mais je peux la ravir. Le pater familias romain, notre modèle de père, avait droit de vie et de mort sur les enfants. L’enlèvement des Sabines fonde la cité de la louve et des jumeaux sur le viol. Jusqu’au grand siècle, parfois bien après, l’enfant ne fut pas une personne. Le produit de la mère n’était qu’un animal. Les pères, sacralisés en patriarches, réduisaient la mère en terre passive, dépôt fertile de leur semence. Aujourd’hui, ce sont encore les hommes qui glosent sur l’embryon pour décider de ce que doivent en faire les femmes… Pour régir la femme il fallait l’aliéner. L’aliénation première fut probablement celle de la reproductrice. La force des mâles, dans leur compétition pour les accouplements, s’exerce en deux temps. Elle exclut les rivaux puis enclave les conquêtes. Car il faut des femmes pour assurer la prospérité des familles et des hordes. Source du plaisir des forts et de l’avenir du groupe, la femme était le privilège des chefs et le trésor des clans. Elle a connu le sort des magots. On les conquiert, puis on les cache. Mais la conscience d’être et l’angoisse de devenir tourmentent l’homme tout autant que la faim et les gonades. Or le mâle humain, ici, ne domine plus rien. Il craint que la femme, d’où vient la vie, sache aussi où elle va. Celle qui lui donne l’extase ne peut qu’avoir ses accointances avec les forces qui lient la terre et le ciel. Elle n’en dit rien. C’est donc qu’elle cache ce qu’elle sait ou bien qu’elle n’en sait pas plus que ses gardiens. Dans un cas comme dans l’autre le mâle se prémunit. Comment les hommes pourraient-ils accepter que les mères d’où ils sortent disent aussi où ils vont ? Que seraient les mâles s’ils devaient révérer le divin dans leurs conquêtes soumises ? La relation à Dieu fut donc l’affaire des forts, leur exclusivité. Il ne fallait rien laisser de Lui aux femmes qui vivent dans leur faiblesse la révélation de sa gratuité joyeuse. L’homme déclara donc d’abord que la femme avait révélé le secret du bien et du mal pour camoufler sa prétention d’enseigner l’un et l’autre. S’il y a une faute originelle c’est bien celle-là, qui fait de l’homme l’inventeur d’une interdiction là où Dieu parle de connaissance. La logique de ce mensonge premier reléguait le Verbe de Dieu dans les prodiges occultes. Pour l’y enfermer l’homme se réserva l’accès à l’écriture. Instrument du pouvoir, moyen de transmettre la connaissance, elle devait rester l’apanage de ceux qui peuvent imposer un savoir légitimant leur pouvoir. C’est seulement lorsqu’elle s’est répandue dans le champ du profane que la femme fut autorisée à s’emparer de l’écriture, jusque là tolérée pour une minorité suspecte. Depuis toujours l’homme sacralise ainsi ce qu’il ne peut dominer. Il l’emberlificote dans les pratiques dont il s’arroge le monopole pour s’approprier le sacré, défini comme l’intouchable. Il en exclut la femme et la confine dans l’aire qu’il délimite par les rites d’approche qu’il précise. Il en amadoue la puissance par le tragique des sacrifices. Tout naturellement, de Carthage à Cuzco, c’est la femme et l’enfant qu’il a privilégié pour l’holocauste. Cette perversion sévit dans toutes les religions. Elle aliène la saki au lingam du brahmane, désarme Aïcha, la jeune épouse du prophète vieilli, lapide les veuves amoureuses et déchire l’Umma en parts inégales. Chez les chrétiens, elle a colmaté la source d’eau vive de la Samaritaine.

L'Eglise et les femmes : 1)Ce faisant, et bien que le discours officiel le nie, elle justifie, dans les faits, une place seconde des femmes. 2)Aujourd’hui, la pratique religieuse s’accompagne trop souvent pour moi d’un sentiment d’aliénation. Expérience combien douloureuse ! 3) Je devrais écrire « Femmes et Église : un désamour consommé. » 4) Evoquer l’ordination des femmes reste un tabou dans l’Église catholique, et prendre officiellement parti en sa faveur est menacé d’excommunication. 5)En Église, je suis doublement muette et impuissante puisque laïque et femme. 6) des hommes investis de l’autorité disent aux femmes qui elles sont et quels rapports elles doivent entretenir avec les hommes. 7) Elle dévoile non la misogynie de l’homme mais celle d’une institution qui est en phase de repli. Quel constat! avec lequel je suis d'accord. Participer à l'Eucharistie en devient un moment douloureux.

Bonjour les filles, Moi aussi, je suis une femme. C'est en tant que femme que je m'adresse à vous. Mais arrêtez de vous torturer l'esprit comme ça ! Je vous sens pas à l'aise, cet environnement de gros machos vous pèse. OK. je vous comprends et je vous reçois cinq sur cinq. Eh bien laissez-les tomber. Partez, loin. A plusieurs, ou pas, à vous de voir. Mais ne restez pas. Vous vous faites vraiment du mal. Eclatez-vous les filles, ailleurs ! La vie est (très) courte, profitez-en, ne perdez pas votre temps, soyez heureuses, ailleurs.

Je suis d'accord avec Marie-Jeanne... et d'accord avec Nana aussi! Toutes deux vont dire que ce n'est pas possible... Je m'explique. Tout comme Marie-Jeanne, je crois en Jésus-Christ ressuscité, je vis dans l'espérance d'une humanité réconciliée avec elle-même, tout être humain se réjouissant d'être frère ou soeur de tout être humain. Et je ne peux donner corps à cette foi et à cette Espérance que dans une communauté qui se proclame issue du Christ ressuscité. Telle qu'elle est, cette Église ne m'est pas confortable, c'est le moins qu'on puisse dire, mais il faut reconnaître que l'humanité en général ne me donne pas non plus entière satisfaction: qui prétend aimer son frère et n'accepte pas de le voir tel qu'il est un menteur ou un rêveur. Mais quand Marie-Jeanne dit: je refuse la "fête des femmes", je crois qu'elle passe à côté de quelque chose qui pourrait non seulement lui faire du bien, mais lui faire plus profondéent prendre conscience de la réalité des rapports oppressifs et aliénants entre les deux moitiés de l'humanité. Il y a des expériences de lutte commune entre femmes, des paroles de femmes entre elles, des moments de joyeuse insouciance entre femmes décidées à s'assumer comme femmes qui sont de vraies découvertes existentielles. Toute réunion de bonnes femmes ne prend pas ce tour là, loin s'en faut. Mais, sans en faire une religion, ni une panacée, ni surtout un but dans l'existence, le passage par la non-mixité peut être effectivement libérateur. Non pas pour se construire une utopie de monde sans hommes d'où tous les problèmes auraient disparus, mais pour avoir un regard nu sur la réalité oppressante des rapports sexués ordinaires, en se situant, pour une fois, ailleurs. Quand je dis "rapports sexués", je ne me limite pas aux relations hommes-femmes. Qu'on pense par exemple à ces conversations "de femmes" où tout tourne autour de "comment attirer, conquérir, garder, satisfaire les mecs", qui sont de l'oppression au carré... J'arrête... ceci n'est pas un catéchisme, mais une invitation à vivre.

Je me permets d'ajouter une petite précision: je n'ai jamais dit que je ne voulais pas que les femmes se rassemblent, se réunissent pour échanger entre elles et lutter ensemble pour défendre leurs droits les plus fondamentaux! Moi-même, ayant été très "malmenée" par des hommes (dans l'Eglise et en dehors aussi), si j'adhère aujourd'hui au Comité de la Jupe, ce n'est pas dans le but d'attendre béatement que les choses s'améliorent d'elles-même... Je suis convaincue qu'il faut lutter, ne pas avoir peur de relever la tête et d'oser affirmer notre différence... et pourtant notre indiscutable ressemblance à Dieu. Je crois que c'est lorsque les hommes et les femmes arrivent à se rejoindre,dans un respect mutuel que notre ressemblance divine devient effective. La fête des femmes du 8 mars est juste un peu "dépassée" à mes yeux, car trop limitée. Chaque jour où l'Eglise et le monde font un pas de plus vers l'échange dans le respect et dans le partage des responsabilités est un jour de fête pour toutes les femmes du monde entier... et pour tous les hommes aussi!!! Je ne voudrai pas que le 8 mars devienne le "seul" jour où les femmes soient misent à l'honneur dans leur différence sexuelle et dans le rôle indéniable qu'elles ont à tenir dans l'évolution des mentalités. Peut-être bien que ce n'est qu'un rêve si vous voulez Anne-Marie... moi, j'appelle cela de l'espérance!

Non!!! Ne partez pas ailleurs! L'Eglise, c'est un mélange d'hommes ... et de femmes... ensemble... toujours ensemble. Le Chrit nous rappelle sans cesse à travers l'Evangile que noous ne devons pas séparer ce que Dieu à uni! Dès la Genèse, il est écrit: "Dieu créa l'homme à son image, homme et femme, il les créa, mâle et femelle, il les créa. Dieu les bénit et leur dit:"Soyez féconds et prolifiques, remplissez la terre et dominez la. Soumettez les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et toute bête qui remue sur la terre." La femme n'est pas du côté des êtres vivants qui sont soumis à l'homme! La femme est avec l'homme, et c'est à eux deux que Dieu leur confie le monde. Je suis désolée, je refuse la "fête des femmes". Je rêve d'une "fête de l'humanité" réconciliée avec elle-même. En instituant une journée de la femme, nous nous retrouvons encore posées comme des rivales. Nous n'avons pas à être pas les rivales des hommes, nous sommes leurs alliées, pétries de la même humanité, de la même chair. J'ai retrouvé un texte extrêmement moderne... au coeur de la Bible: "Après cela, je répandrai mon Esprit sur toute chair. Vos fils et vos filles prophétiserons, vos vieillards auront des songes, vos jeunes gens auront des visions. Même sur les serviteurs et les servantes, en ce temps-là, je répandrai mon Esprit." (Joël 3, 1-2) Je n'ai pas le temps, ni la place de répétorier tous les textes de la Bible qui vont dans le même sens... pour moi, ils ont tous le même sens. Jamais le Christ n'a demandé d'exclure les femmes. Dans le groupe qui le suivait, il y avait des hommes et des femmes. Manifestement, s'il a choisi 12 hommes pour être ses apôtres, c'est uniquement parce que les femmes n'avaient pas de statut à cette époque et n'auraient pas pu proclamer librement la Bonne Nouvelle librement sans les hommes. Pourtant, n'oublions pas que le Christ s'est montré "réssuscité" à une femme en premier. Si ça, ce n'est pas un signe!!!... Je le dis et le redis, ne devenons pas les rivales des hommes, jamais! Soyons leurs amies, leurs alliées. Aimons-les, surtout ceux qui ont peur de notre différence sexuelle et qui reste crispés sur des lois désuètes et dépassées qui n'ont plus grand chose à voir avec l'Evangile. C'est la peur de quitter des habitudes, des traditions où ils se sentaient en sécurité, qui les empêche de voir plus loin pour s'ouvrir à l'avenir. En les aimant, en priant pour eux et avec eux, peut-être qu'ils finiront par comprendre que lorsque les hommes respectent les femmes autant que les femmes respectent les hommes, c'est l'humanité toute entière qui y gagne et qui se trouve "grandie". Ensemble, nous serons plus forts, plus vrais, plus proche de Dieu et du dessein qu'Il avait pour nous dans la Genèse. Chère Nana, je ne veux pas être heureuse "ailleurs" que dans l'Eglise. Je ne peux être pleinement heureuse que dans l'Eglise avec toutes les femmes et avec tous les hommes qui sont mes frères même s'ils ne pensent pas comme moi!

Je lis et relis tous ces articles... et cela me laisse de plus en plus songeuse. Tant de choses se bousculent dans ma tête. Je repense à toutes ces femmes dont nous parle la Bible: Eve, la Vivante, celle qui allait de l'avant; Sarah, qui doutait mais qui espérait tant donner une descendance à son mari; Judith, Esther, et tant d'autres... Et puis, il y a une certaine Marie qui est venue tout bousculer. Alors que le Peuple se désespère de ne pas voir arriver le Messie annoncé depuis des siècles, elle, elle espère, pas d'une espérance passive et pathique. Non, Marie est habitée par l'Espérance, celle qui emporte tout sur son passage celle qui rend libre tout être humain. Les hommes de son temps avaient organisé sa vie, ils avaient tout prévu: ses parents avaient décidé de la donner en mariage au charpentiier du village qui avait prévu sans doute de la prendre rapidement chez lui afin qu'elle lui donne une descendance... une vie bien balisée par des lois humaines. Mais l'inattendu de Dieu a surgi et est venu tout détruire ce que les hommes avaient prévu, pas pour les détruire eux, mais poour les inviter à dépasser leurs lois étriquées et restricives. Et Marie a dit "oui" à Dieu. Cette espérance qui l'habitait était si forte qu'elle a pu accueillir en elle Celui qui allait devenir le Sauveur. En disant ce oui, elle a du certainement braver le regard interrogateur, et peut-être même réprobateur de ses parents, de sa famille, le regard haineux et accusateur des hommes de son village. Marie n'était sûrement pas une jeune fille soumise et, pardonnez moi, niaise comme on nous la présente trop souvent. Pour tenir face aux autres, il fallait qu'elle soit forte, audacieuse,... et même intrépide. Cependant, pour qu'elle puisse tenir face à ses détracteurs, elle a eu besoin que celui qu'elle n'avait pas choisi, accepte de la prendre chez elle pour la protéger, elle et l'enfant qu'elle portait. Je trouve dommage que l'Eglise minimise la place de Joseph dans le mystère de l'Incarnation. Que serait devenu Jésus sans la présence bienveillante et paternel de Joseph? Aurait-il pu naître seulement? Ce n'était pas ce qu'il avait prévu pourtant, mais il a dit "oui" à Dieu lui aussi, à sa manière. Cela en dit long sur l'amour qu'il portait à sa jeune épouse et la confiance qu'il avait en Dieu! Quel dommage que ceux qui se font appeler "père" aujourd'hui ne prennent pas pour modèle, l'amour, la confiance et le respect de ce père là. Et puis, il y a eu aussi cette autre Marie qui a su espérer au-delà de toute espérance: alors que Pierre et Jean "croient" devant le tombeau vide mais "rentrent chez eux", elle, elle reste. Elle attend, elle pleure mais elle espère envers et contre tout. Et c'est à elle que le Ressuscité se montre en premier. Et c'est elle qu'il envoit annoncer la Bonne Nouvelle à ses disciples (qui attendaient chez eux sans savoir quoi faire!) Est-ce que tout cela veut dire que les femmes sont, par essence, des porteuses d'Espérance? Je ne le saurait le dire. Personnellement, je suis persuadée que beaucoup d'hommes peuvent être habités par la même Espérance. Les disciples l'avaient très certainement en eux, ils avaient juste besoin qu'une messagère vienne leur la rappeler. A nous, femmes d'aujourd'hui, d'être les nouvelles "Marie Madeleine" pour oser dire aux hommes, ceux qui restent enfermés dans leurs habitudes, leurs traditions et leurs lois qu'ils ont eux-mêmes construites: "Le Seigneur est réssuscité et voilà ce qu'il m'a dit". Je ne suis pas théologienne ni exégète mais le jour de mon baptême, le prêtre a dit que par mon baptême, j'étais invité à devenir "prêtre, prophète et roi" comme tous ceux qui reçoivent le baptême. Il est clair qu'il n'y a visiblement aucun prêtre ni aucun évêque qui sache ce que ça veut dire. Y aurait-il quelqu'un qui puisse me l'expliquer?

@Marie-Jeanne, Ce que vous écrivez sur les femmes de l'Écriture est beau, mais quant à moi, je ne m'identifie pas plus aux femmes qu'aux hommes. Par exemple, dans l'Évangile, il y a deux personnages que j'aime spécialement, ce sont Marthe et Thomas, mais tout cela est affaire de sentiment. Sur prêtre, prophète et roi, je dirais que nous sommes prêtres parce que nous sommes appelés à tourner le monde vers Dieu, à le mettre dans le regard de Dieu. Nous sommes rois parce que nous avons reçu le monde pour l'organiser, le dominer, le rendre plus juste, plus paisible, meilleur à vivre. Nous sommes prophètes parce que nous voyons au-delà des choses, dans l'espérance, nous avons les yeux fixés sur la promesse que Dieu nous fait, à nous et à l'humanité: ce monde est appelé par l'amour, il en vit déjà mais d'une façon encore cachée, discrète. Il nous appartient de voir dans ces signes ténus (signes des temps) la promesse en train de se réaliser et de vivre dans l'espérance de son total accomplissement.

Si je n'ai mentionné que les femmes, c'était juste pour rappeler que la Bible n'était pas seulement une affaire d'hommes. Moi, j'ai une affection particulière pour Jonas, qui ne cesse de râler et de baisser les bras à la moindre occasion mais qui, finalement n'a pas d'autre choix que d'annoncer le message de Dieu aux habitants de Ninive. Et puis, celui que je préfère entre tous, c'est Jérémie qui "n'était qu'un enfant qui ne savait pas trop bien s'exprimer". Il a été malmené par les hommes de son temps, jeté dans une fosse et pourtant sa foi est restée inébranlable. Si j'ai une grande tendresse pour lui, c'est que je me reconnais bien en lui. J'ai juste moins de courage, de force, peut-être de foi, que lui. Christine, je vous remercie pour votre réponse concernant "prêtre, prophète et roi". C'est bien ce que j'en avais compris mais je n'aurai pas su si bien l'exprimer. Ceci étant dit, pourriez-vous m'expliquer pourquoi cette phrase est prononcée lors des baptêmes des petites filles et des femmes alors qu'elle n'ont pas le droit d'exprimer librement leur foi au monde sous prétexte qu'elles ne sont pas ordonnées? Pourquoi elles n'ont pas le droit de participer à l'organisation du monde et de l'Eglise afin de le rendre plus juste et plus paisible? Pourquoi quand une femme essaye de rappeler qu'il faut prendre soin des plus petits et des plus pauvres à un prêtre ou à un évêque, ceux-ci lui demandent de se taire et d'arrêter sa mission? C'est ce qui m'est arrivé. Depuis, je ne peux m'empêcher de penser que tous les hommes du clergé se comporte finalement comme des menteurs et des imposteurs, et doublement même. D'abord parce qu'ils prononcent une phrase à laquelle ils n'adhèrent pas lors du baptême des filles et des femmes Et puis, puisqu'ils ont reçu cette même phrase lors de leur propre baptême, ils n'aident pas le monde à se tourner vers Dieu mais vers eux. Ils organisent le monde selon leur bon vouloir mais pas selon le dessein de Dieu (dans la Genèse,le monde est confié à l'homme et à la femme et le Christ a rappeler avec force, qu'il ne fallait pas séparer ce que Dieu avait uni). Quand à annoncer l'espérance, et à essayer de voir au-delà des choses, ils préfèrent regarder sans cesse en arrière par peur d'avancer. Ne vont-ils pas finir en "statue de sel" en se comportant ainsi? Je sais que ce n'est pas très "catholique" de dire ça mais je n'arrive plus à faire confiance aux prêtres. Cela me rend profondément triste mais je n'y arrive plus!

Ajouter un commentaire