Portraits de Femmes

Comité de la Jupe

Les visiteurs réguliers du site auront probablement repéré l’encart à droite qui renvoie à l’actualité. Ils auront noté que Christine Pedotti a été l’invitée de l’émission Le Jour du Seigneur, sur France 2. Elle intervenait sur le plateau, avant le documentaire consacré aux femmes qui œuvrent auprès des sans-abri, premier reportage d’une série « Femmes engagées, femmes de foi ». Au cours de la messe du même jour, célébrée à Lyon, un hommage  était rendu à Pauline Jaricot, fondatrice de l’œuvre de la Propagation de la foi et attentive à la condition ouvrière de son temps.

L’équipe ignatienne Vers dimanche, adresse, par voie électronique, les lectures de la semaine et l’évangile du dimanche suivant, avec des commentaires. Pour ces quatre semaines qui précèdent Noël, elle propose aussi des figures féminines, contemporaines du XXe siècle : la philosophe Simone Weil, l’auteur de La Pesanteur et la Grâce, qu’admirait Gustave Thibon, la théologienne protestante France Quéré, la psychanalyste Françoise Dolto…

Une telle ressemblance dans le choix des sujets n’est pas fortuite. Le malaise des femmes est aujourd’hui évident dans l’Église. Certains pensent qu’elles recherchent le pouvoir, qu’elles n’ont pas. Or, pour la majorité d’entre elles, largement occupées par les responsabilités qu’elles exercent par ailleurs, il s’agit surtout de « représentation », d’une image d’elles-mêmes, d’une identité. Elles se retrouvent mal dans le discours monolithique de l’Église parlant de  « la Femme », discours androcentré, au demeurant. Le Jour du Seigneur et Vers Dimanche nous présentent des figures féminines dans leur singularité, inventant des réponses, cherchant à suivre la volonté de Dieu dans l’époque qui a été la leur, selon des voies variées, sans correspondre à une « vocation féminine » décidée de toute éternité Elles sortent de la représentation traditionnelle, soit celle de la Vierge, la religieuse contemplative, soit celle de la Mère. Ce sont des figures de femmes attachantes et crédibles, avec lesquelles nous pouvons avoir des affinités, et l’évocation de leur vie nous rend le bonheur d’être chrétiennes, sentiment que nous risquions de perdre dans les crispations identitaires actuelles.

À une époque où le catholicisme a réaffirmé son caractère patriarcal, d’une manière si nette et si rigide, de telles initiatives font naître une brise rafraîchissante, bienvenue en ce temps de l’Avent. C’est pourquoi, nous avons déjà ouvert notre site à de tels portraits, de femmes « en situation », inventives et heureuses de croire. Nous attendons aussi vos suggestions ; n’hésitez pas à nous solliciter, et même à écrire une page sur l’une ou l’autre.

Sylvie de Chalus

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