Pendant les débats sur le genre, les affaires continuent.

Comité de la Jupe

Tandis que les travaux sur la contruction de l’identité sexuelle sont proclamés « dangereux », par une partie des sphères catholiques institutionnelles ; les persécutions de Chrétiens , symptome des méfaits de l’intolérance, se poursuivent :

AASIYA NOREEN BIBI (connue en Europe sous le nom d’Asia BIBI), jeune femme Pakistanaise de 37 ans, mariée et mère de quatre enfants, a été condamnée le 8 Novembre 2010 à la peine de mort par pendaison par un tribunal du Penjab en vertu de la loi sur le blasphème.

Chrétienne, elle aurait répondu à des voisines qui lui reprochait d’avoir souillé l’eau d’un puits en y puisant de l’eau, qu’elle n’était pas sûre que le Prophète aurait approuvé ce comportement…Accusée de blasphème, il lui a été demandé de se convertir à L’Islam pour « racheter » ses paroles ; ce qu’elle a refusé.

Depuis, elle croupit dans une prison du Penjab, dans des conditions sanitaires déplorables et dangereuses pour sa santé et sa vie.

La loi de 1986 sur le blasphème au Pakistan touche aussi des Musulmans : depuis cette date, 452 d’entre eux ont été touchés, sur plus de mille condamnations, pour 456 Ahmadis, 132 Chrétiens et 21 Hindous.

Mais pour le moment , Aasiya est la seule femme condamnée à mort à ce titre. S’étant vu dénier le droit à un défenseur, elle s’en est vu fournir un par la Fondation Mashihi, qui a fait appel. Aucune date n’est fixée pour un second procès.

Le « Jinnah Institute » , ( en référenceau fondateur du Pakistan , Muhamad Ali Jinnah, qui souhaitait un Pakistan laïc) qui s’occupe de son cas a relevé des irrégularités dans son arrestation et les dépôts de plaintes.

Cependant, il est devenu héroïque de défendre publiquement la jeune femme : SALMAN TASEER, gouverneur du Penjab, a été assassiné le 4 Janvier 2011 pour l’avoir soutenue, puis SHABBAZ BHATTI, Ministre Chargé des Minorités Religieuses, lui même catholique, a été abattu le 2 Mars 2011.

A l’étranger,la jeune femme a reçu de nombreux soutiens, dont celui de Benoît XVI, et de la Conférence des Evêques de France. Le député( P.S) de l’Isère André Vallini a lançé une pétition.

Aasiya est toujours incarcérée, mais même si elle obtient la grâce Présidentielle, elle n’est pas sauvée : il est prouvé que les accusés de blasphème ne survivent que quelques semaines après leur sortie de prison…

Un livre d’Anne Isabelle Tollet, « Blasphème », écrit avec la collaboration de la famille d’Aasyia, contribue à sensibiliser l’opinion sur l’intolérance religieuse.

N’oublions pas Aasyia.

Michelle Colmard Drouault

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