MONSIEUR, OU MONDAMOISEAU ?

Comité de la Jupe

La question peut vous paraître incongrue, mais…

Sur tous les formulaires administratifs, bancaires, postaux, et même commerciaux, on vous demande votre « civilité ». C’est à dire, si vous êtes une femme, que vous devez choisir entre  :   « Madame » ou « Mademoiselle »

Ça vous agace, ça vous irrite, ça vous semble abusif ? Vous avez raison !

Ce distinguo introduit une notion de marquage de données de la vie privée, qui n’a pas lieu d’être. Il est par essence inégalitaire, puisqu’on ne demande pas aux hommes d’avoir plusieurs appellations selon leur statut conjugal.

Il n’a aucun fondement juridique.

Mais quel meilleur révélateur de la situation réelle des hommes et des femmes dans une société que le langage ?

Voici quarante ans que diverses circulaires (la première date de 1967 ! ) rappellent aux administrations publiques, et aux organismes sociaux la loi,qui est celle-ci  :

L’emploi de l’une ou de l’autre de ces formules n’est qu’une question d’usage, et ne constitue en aucune manière un élément de l’état-civil.

Il ne repose sur aucune disposition législative ou réglementaire.

En 1967, 1972, 1974, 2003, 2005, 2006…circulaires et questions écrites publiées dans le JO du Sénat font état des mëmes difficultés pour les femmes à ne pas faire apparaître dans les documents les plus anodins des éléments de leur statut personnel. Elles demandent que, comme d’autres pays Européens, la formule « Mademoiselle » disparaisse.

C’est la cas en Allemagne, en Angleterre, au Danemark, au Portugal.

Au Canada  « Mademoiselle » signifie une jeune fille mineure et n’est plus utilisé à compter de la majorité.

Mais la France persiste et signe ! le ridicule nous tuera décidemment, car savez vous qu’un couple hétérosexuel de partenaires de PACS est  : « Monsieur et Mademoiselle » ! pour beaucoup d’organismes…

De nombreuses femmes se plaignent que la terminologie « Mademoiselle » implique pour les hommes qu’elles cotoient une notion de disponibilité sexuelle déplaisante. Et celles qui sont mères célibataires en ont assez que la caissière du supermarché puisse voir sur leur chéquier qu’elles ont eu des bambins sans passer devant M. le maire…

Deux organisations de défense des droits des femmes lançent une campagne publique : « MADEMOISELLE, LA CASE DE TROP ».


Affiche de la campagne Mademoiselle la case de trop.

Michelle C. Drouault.

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