Lettre ouverte aux curés de nos paroisses sur l’exclusion des femmes des fonctions liturgiques

Comité de la Jupe

Monsieur le curé, cher pasteur,

Dans certaines paroisses, peut-être la vôtre, les femmes ne sont plus appelées à servir à l’autel comme enfant de chœur ou à distribuer la Communion, voire à lire les Écritures.

Nous, femmes et hommes nourris de l’Eucharistie, sommes blessés que le sacrement de la communion de l’Église soit utilisé pour séparer et exclure. Nous souhaitons mieux faire connaître le droit de l’Église en cette matière (cf. pages suivantes) et faire valoir des arguments pastoraux qui ont peut-être été négligés.

Concernant les enfants de chœur ils semblent parfois comme engagés sans le savoir dans… un « petit séminaire ». Nous préférons les voir comme des fidèles prenant une part plus active et consciente à la liturgie, comme le désirait Paul VI. Par ailleurs, du point de vue des normes ecclésiales en vigueur, la décision d’appeler ou non des filles au service de l’autel est fondée uniquement sur des raisons pastorales. Nous vous invitons donc à considérer avec bienveillance l’enjeu pastoral qu’est la manifestation publique de l’égale dignité des femmes et des hommes reconnue par l’unique baptême. Cette égale dignité dans le baptême peut-elle être sacrifiée à l’éventualité de susciter des vocations de prêtres ?

Concernant la lecture des Écritures et la distribution de la Communion, aucune norme de l’Église ne permet d’en exclure les femmes. Nous encourageons donc les fidèles à venir vous exprimer leurs besoins spirituels et leur préoccupation pour le bien de la communauté, hors de toute revendication personnelle.

Nous croyons que les actions liturgiques sont une célébration de l’Église « sacrement d’unité, c'est-à-dire peuple saint, rassemblé et ordonné sous l'autorité des Évêques ; c'est pourquoi elles concernent le corps de l'Église tout entier, le manifestent et le réalisent » (canon 837). Ce qui est manifesté aux fidèles et au monde par l’exclusion des femmes de ces fonctions liturgiques ouvertes aux laïcs, témoigne-t-il de l’amour de Jésus-Christ ?

Nous souhaitons témoigner avec vous de la grâce du baptême et de la dignité des baptisés.

Dans cette espérance, nous vous prions de croire, monsieur le curé, cher pasteur, à notre amitié dans le Christ et au respect pour votre ministère évangélique.

Le bureau du Comité de la Jupe

Téléchargez ici la lettre dans son intégralité, avec nos analyses au regard du droit et des normes ecclésiales

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Commentaires

Parmi les premières réponses des destinataires de la lettre, voici des réactions positives : "Je ne peux qu'être en plein accord avec votre lettre ouverte. Nous avons beaucoup à faire pour reconnaître aux femmes leur place (originale) et dans l'Église, et dans la liturgie. Vous y contribuez dans un bon esprit et dans la fidélité à la grande Tradition de l'Église. Fraternellement." (Un curé de cathédrale) "Dois-je dire chères sœurs, Chères enjupées. Merci de ce courriel. Je n'ose vous donner la liste des paroissiens et des congrégations féminines à qui il faudrait l'envoyer... Fraternellement." (Un curé de paroisse) "Chères amies, si vous aviez regardé la carte que vous avez mise en place concernant les paroisses où les femmes sont exclues des fonctions liturgiques, vous ne m'auriez pas envoyé ce courrier puisque dans ma paroisse, les filles sont enfants de chœur autant que les garçons et les femmes distribuent très régulièrement la communion. Cordialement." (Un curé de paroisse) "Les femmes, autant que les hommes, distribuent la communion, lisent les lectures, participent à la liturgie, et plus de la moitié des 25 servants d'autel, sont des servantes, à commencer par la responsable. Lors de l'homélie pour l'accueil des nouveaux diacres permanents j'ai surtout parlé de leur épouse." (Un curé de paroisse) "Merci pour votre courrier et pour le lien vers votre très intéressant et riche site que je ne manquerai pas de faire connaître." (Une spécialiste du droit canonique)

Lu sur le site d'information Les Nouvelles News, qui consacre un article à la lettre, la réaction suivante : "Heureusement que les paroissiens se mobilisent, et certains curés aussi !!! Surtout que les enfants de chœur futurs curés, c'est un mythe pour gens qui se font plaisir... Dans ma paroisse, on a décidé que : 1/ quand on cherche des distributeurs de communion, une femme au moins est systématiquement volontaire (jusqu'ici notre curé est le premier convaincu) 2/ le jour où un curé refuse une femme pour donner la communion, on quitte ostensiblement les bancs !! Pour les enfants de chœur par contre on a perdu... notre curé pourtant favorable a été taclé par certains de ses collègues. Pourtant c'est une jeune curé bien "tradi" et bourgeois, mais sur l'égalité hommes-femmes il est à fond !!! partage des tâches ménagères obligatoires dans les camps scouts, parité au maximum... Mais c'est vrai que quand les filles arrivent les garçons partent, en tout cas dans l’Église catholique, et c'est gênant, et ça me pose pas mal de questions de fond... mais c'est pas une raison." Nouvelles News : http://www.lesnouvellesnews.fr/index.php/civilisation-articles-section/civilisation/2242-filles-exclues-des-autels-des-catholiques-interpellent-les-cures

Voici les échos à la Lettre dans la presse pour l'instant : Radio Télévision Suisse : http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/juste-ciel/4331484-le-comite-de-la-jupe-milite-pour-l-egalite-dans-les-eglises.html Nouvelles News : http://www.lesnouvellesnews.fr/index.php/civilisation-articles-section/civilisation/2242-filles-exclues-des-autels-des-catholiques-interpellent-les-cures Egalité-Infos : http://www.egalite-infos.fr/2012/10/16/le-comite-de-la-jupe-adresse-une-lettre-aux-cures/

Je n'ai pas encore commencé à envoyer cette lettre aux curés des environs de chez moi, et je me demande comment procéder. Faut-il se limiter aux personnes que l'on connaît, à titre amical? Faut-il cibler spécifiquement les plus susceptibles de pencher vers la discrimination? Peut-on envoyer à tous les responsables de paroisses? J'aurais une préférence pour la dernière option, avec l'inconvénient que cela prend davantage l'allure d'un "lobying", et risque davantage d'être envoyé au panier... Pour ma part, quand je m'y mettrai (il y a toujours quelque chose qui paraît plus urgent...)j'ai l'intention de faire des envois par mail mais par petits groupes de destinataires (quatre ou cinq) de façon à éviter l'identification comme SPAM! Avec bien entendu un mot personnel quand je connais le destinataire; mais ceci va de soi. D'autres suggestions?

Dans notre Unité Pastorale si nous n'avions pas de femmes, l'église existerait-elle? Pourquoi ce rejet des femmes dans les différents ministères, même ordonnés! Jésus a toujours accueilli tous les hommes et femmes durant sa vie parmi nous! Notre Eglise aurait tant a y gagner dans l'annonce et le témoignage a donner dans notre monde où l'on vit.Nos pontifs devraient bien se remettre en cause, et se dire "qu'aurait fait Jésus à notre place!" Nous avons la chance d'avoir un prêtre qui accuelle tous ceux qui veulent participer et oeuvrer à l'annonce de la bonne nouvelle, sans distintion de sexes ou autres...Merci à lui Vatican 2 était sur la bonne voie, pourquoi assiste-t-on à un recul? Monseigneur Martini dans son testament ne pouvait être plus clair. Merci

Le blog religion de Ouest France parle de la Lettre et du bilan de la cartographie : http://religions.blogs.ouest-france.fr/archive/2012/10/17/ou-sont-les-femmes-dans-l-eglise.html#more

Réactions à la lettre et à la cartographie, publiées sur le groupe Facebook "Stop à l'exclusion des femmes des fonctions liturgiques ouvertes aux laïcs" Marie-Dominique : « Voilà un document qui va nous être fort utile ! » Claudine : « Oui progressivement les femmes redeviennent impures. Et si l’Église pouvait regarder devant ! Quand 2 ou 3 sont réunis en mon Nom je suis au milieu d'eux... Il n'a pas mentionné de sexe ! » Thierry : « J'ai surtout hâte de constater des évolutions positives, des réponses circonstanciées de nos curés et de leurs équipes d'animation pastorale. L'Espérance, toujours l'Espérance...»

Nous avons reçu ce courriel d'un prêtre destinataire de la lettre : "Mesdames nos sœurs en Jésus-Christ et Seigneur, Soyez rassurées en ce qui concerne le Secteur de […] du diocèse de Saint Denis en France, celui que l'on appelle aussi le 9-3. L'équipe des prêtres, diacre et animatrice en pastorale aime promouvoir les fidèles hommes et femmes au service liturgique et de l'annonce de l’Évangile. Lecture, service à l'autel, distribution de la communion, veillée de prière, temps forts, entretien matériel des 6 églises que nous desservons sont assurés conjointement et en collaboration, enfants, femmes, hommes de toutes générations. Nous pourrions aller plus loin concernant les responsabilités et la place des uns et des autres sur le Secteur. La catéchèse des jeunes de chaque église est assurée par une chrétienne formée, missionnée et accompagnée par l'un des prêtres de l’Équipe. Idem pour l'équipe des aumôneries collèges et lycées, d'animation de quartier, le catéchuménat des adultes, le groupe biblique etc... Moi-même, j'ai été nommé par notre évêque conseiller spirituel de [...] sachant que je travaille en bonne Intelligence avec la responsable missionnée [...] Mes amies je pense que les exemples ne manquent pas et qu'il serait bon et juste de les souligner un peu plus. Personnellement, en tant que curé-doyen, je suis très heureux de cette collaboration exigeante, parfois difficile, mais si pleine d'espérance lorsque nous faisons fructifier les dons de chaque personne.

Nous avions reçu cette réponse d'un prêtre communauté Saint-Martin. Elle vaut la peine d'être signalée. Pour lui, le but de l’exclusion est de manifester « la complémentarité » des sexes. "Cher Comité, Dans notre paroisse en effet, les jeunes filles ne servent pas la messe, même si des femmes peuvent lire les lectures. Je crois que vous confondez égalité et indifférenciation. Les hommes et les femmes sont égaux, ils ont une même dignité, les baptisés ont une même dignité d'enfants de Dieu, mais ce n'est pas pour cela qu'ils doivent faire la même chose. Ainsi autour du Christ les apôtres ne font pas la même chose que les femmes qui entourent Jésus, même si tous sont égaux (c'est même les saintes femmes qui resteront fidèles au Christ tandis que les apôtres se sauvent au moment de la Passion). Pour des raisons pastorales, comme vous le dites bien, les garçons et les filles occupent des fonctions différentes dans la liturgie (les filles préparent la messe, lisent le psaume, font la procession des offrandes), ce qui fait ressortir la complémentarité de ce qu'ils sont. Merci de ne pas importer dans l’Église les déformations idéologiques, potentiellement d'une grande gravité pour notre vision de l'homme, dont les média dominants nous rebattent les oreilles. C'est d'ailleurs essentiellement pour vous dire cela que je réponds à votre mail...

Et encore cette autre lettre d'un curé parisien membre de la Communauté de l’Emmanuel. Si je résume : "Excluons les femmes pour que les hommes viennent à l’Eglise et que les femmes puissent se marier" "Chers membres du comité, je peux entendre votre émotion et je connais vos avis, surtout en ayant reçu à ma table Christine Pedotti l'an dernier. La place des femmes dans l'église est importante. Celles-ci ont une mission éminente et je peux me réjouir chaque jour de leur présence, de leurs talents et des responsabilités qu'elles assument, souvent dans des groupes auxquels je participe comme curé, leur ayant demandé d'en assumer pleinement la responsabilité : catéchuménat, parcours Zachée, etc... Lors de nos messes, des femmes lisent la parole (c'est même une demande de ma part que l'on équilibre les états : jeune et vieux, blanc et de "couleur", homme et femme...), elles portent la communion aux fidèles si le nombre de prêtres et de séminaristes est insuffisant. Des filles sont servantes d'assemblée dans leur aube bleue clair. Elles lisent la parole, s'occupent des petits enfants, les conduisent auprès de la Vierge Marie pour les faire prier durant la communion des parents, accueillent, chantent parfois le psaume... De fait les servants d'autel sont des garçons. Je crois en effet que ce lieu est propice aux vocations sacerdotales, et je ferai tout ce que je peux pour les encourager, n'en déplaise à ceux qui veulent partout la mixité. Ainsi chaque groupe reçoit sa responsabilité et vit son chemin. Permettez-moi cependant de vous faire part d'une réflexion de pasteur. Si la place des femmes est une question, je crois que celle des hommes est un problème. Notre vie de paroisse et d'église est très féminisée. Dans n'importe quelle activité que nous proposons (Zachée, Ecole de Charité et de Mission, pèlerinage à Lisieux, marche dans le désert, formation, etc...) nous avons un homme pour trois femmes. Comment faire pour que les hommes découvrent leur vraie place dans l'église ? Là est ma question de pasteur. Car cela laisse à beaucoup de femmes chrétiennes le sentiment d'être abandonnées surtout quand se pose la question du mariage. Avec qui se marier quand les hommes ne sont pas chrétiens ? Et les quelques hommes qui viennent se sentent plutôt seuls. Vous devez aussi réfléchir à cela. De mon côté, les femmes sont les bienvenues. Mais ma question restera celle des hommes, pas seulement en vue d'avoir des prêtres (pourtant une grave question car sans les sacrements....), mais aussi parce que notre société s'est terriblement féminisée, que nos enfants voient tout le temps des femmes à la maison, à l'école, dans les services sociaux et médicaux, etc. Si nous redonnons aux hommes une place, les femmes seront les premières bénéficiaires. Car une femme ne souhaite pas un mari féminin, mais un "homme", vrai, tendre, sécurisant, viril. Et au-delà notre société, car l'Evangile est une magnifique aventure que vous voulons encourager auprès de tous. Par ailleurs votre lutte dans l'Eglise ne doit pas oublier que le défi est à nos portes. Cela aussi pourrait être un sujet de discussion... mais je suis appelé... par une femme. Je vous laisse." *** Anne Soupa lui avait répondu indirectement ailleurs sur le site : "[…] malgré la prééminence instituée par le sacerdoce, le discours magistériel sur le masculin n’existe quasiment pas. Seule exception, le « Discours à la Fédération internationale des hommes catholiques » de Jean-Paul II, 28 octobre 1978). […] Les hommes jeunes sont faiblement attirés par le sacerdoce, tandis que la pratique reste majoritairement féminine. Un jeune chercheur, Anthony Favier explique ce malaise des hommes par la lassitude devant un modèle masculin catholique trop exclusivement sacerdotal." http://penser-le-genre-catholique.over-blog.com/pages/Malaise_du_masculin_en_contexte_catholique-4653341.html

Gonzague, je crois qu'il faut répondre à ces messieurs en termes politiques: ils n'en ont pas l'habitude, et , comme M Jourdain, ils font de la politique sans le savoir: Ce discours, que "les hommes et les femmes sont égaux, mais....ils ne font pas la même chose, c'est à dire ILS OCCUPENT DES FONCTIONS DIFFÉRENTES, est un concept qui , en principe, a été banni de la pensée humaine: les humains peuvent être différents, noirs, jaunes, blancs, costauds ou petits; ou de sexe différents, mais ces différences ne justifient aucunement des assignations à des fonctions, sous peine de revenir à la justification de l'esclavage et des servitudes des sociétés d'ordre. Des hommes ont décidé pour d'autres qu'appartenir à telle ethnie, avoir telle couleur de peau, vouait à des fonctions de service gratuit intangibles.( On a eu beaucoup de mal à en sortir, puisque même les premières Constitutions révolutionnaires ont considéré, dans le suffrage censitaire, que les domestiques ne pouvaient pas voter..). C'est fini. Ce prêtre est un homme, qui parle depuis sa condition d'homme, et décide à leur place de la place des femmes , et de où elles doivent être. C'est à elles qu'il appartient d'en décider, et si elles sentent leur dignité en jeu, elles seules sont à même de savoir ce qu'elles veulent faire. Son discours est irrecevable. Si par ailleurs, il estime qu'on lui "rabat les oreilles" de la juste place des femmes,des injustes violences qu'elles subissent, etc...c'est qu'il est aveugle et sourd à la condition humaine, et devrait , lui, changer de fonction!

@ Michelle Je suis d'accord avec vous, Michelle, les discours des communautés de l'Emmanuel et Saint Martin exigent une réponse politique. Mais discuter de personne à personne, même à travers un site internet comme celui-ci, n'est pas une réponse politique. Il faut des prises de position collectives dans des médias publics. Quelle stratégie avons-nous sur cette question de la place des femmes dans la liturgie? La cartographie était un excellent point de départ. Et maintenant, on fait quoi?

en ce jour de la femme une réflexion: est-il venu à des hommes de demander un jour des hommes ? Non pourquoi? je vous laisse faire la réponse ....... on parle de féminisme quand une femme ose parler quel est l'équivalent pour les hommes ?? pourquoi un mouvement comme " ni putes, ni soumises"? la soumission de l'homme .........en temps qu'homme existe-elle ? un coureur de jupons est un homme séduisant .........on voit avec bienveillance les frasques de nos hommes politiques sauf quand qu'elles dépassent nettement les bornes . nos jeunes clercs intransigeants et raides portent la soutane volontiers, excluent les femmes sauf quand elles sont leurs servantes dociles , marchent contre le mariage pour tous, crient au feu contre un complot du gender qui va détruire la société..... où est la cohérence de tout cela ?? elle est difficile à comprendre : porter la robe et mépriser la femme oui j'avais oublié que la robe a été longtemps signe de pouvoir!!!! quand à l'argument les filles éloignent les garçons du sacerdoce !!Il me paraît non seulement mauvais mais plus dangereux : on sait parfaitement que de tout temps il y avait les femmes à l'Eglise et les hommes au café.......... on sait que la source souvent de l'accès à la prêtrise est la mère.......mais les mères d'aujourd'hui sauf un petit noyau hors du temps ont pris leurs distances avec l'Eglise . Pourquoi ? comment continuer à être traitées d'être humain infantile dont on se demande si parfois elles ont un petit pois dans le cerveau.........non elles ne sont plus soumises et ne sont guère tentées par le sacerdoce pour leur fils . Il est évident que c'est la rupture avec les femmes qui pèsent sur les vocations Dangereux .........pourquoi? comment former un garçon au sacerdoce en l'éloignant de la femme , des filles, Il deviendrait prêtre car c'est encore la seule fonction qu'une femme ne peut remplir dans l'Eglise car le Christ l'a voulu!! Il commencerait son ministère en ayant été séparé très tôt des filles et vivrait dans un monde d'hommes attention danger! danger pour eux !!!!! belle journée à toutes et tous ensemble dans le oui indissociable de Marie et de Joseph quel est aujourd'hui le petit de l'Evangile le moins défendu

En cette Journée Internationale des Femmes, chère Anne Marie, nous allons nous souhaiter de ne pas nous laisser atteindre, mais en effet de réfléchir à comment réagir efficacement. Si la réponse est politique, elle exige une forme politique, c'est à dire collective. par exemple , on aurait pu imaginer qu'aujourd'hui, les femmes qui assistent à des messes du soir où il n'y a que des garçons servants de messe quittent massivement l'église: restez donc entre hommes si vous y tenez tant. Parce que cela vous gâche l'office! A la messe des Cendres à Paris, une rangée de petites filles en cape blanche avec un noeud, qui sont venues nous serrer la main au moment du geste de paix, avec gravité...et se tenaient derrière la procession des servants de messe à la sortie. Comment ressentent elles ce costume ridicule, pauvres petites ? Et il a bien fallu quelqu'un pour les coudre , ces capes, ça m'étonnerait que ce soit Monsieur le Curé...Tout cela est d'une extrême violence, et il ne faut pas se laisser dire que notre réactivité serait violente. je tiens à saluer au passage ma paroisse Notre dame des Rencontres en PACA, où les filles en stricte égalité avec les garçons servent la messe, suivent une formation, et ont été honorées avec eux pour ce service en Octobre dernier.

l'immense problème est que dans les pratiquants de ces paroisses les femmes sont complices soient les plus âgées car c'est comme cela les plus jeunes car elles sont tradis oui c'est une mascarade une phrase assez concise m'a été donnée par un prêtre qui l'avait dit à son évêque : "les filles sont moins baptisées que les garçons"? oui y a t-il deux baptêmes ? un qui aboutit au service et l'autre à être prêtre, prophète peut-être un piste à creuser pour un seul baptême !!

Merci Michelle et Anne-Marie pour vos toujours précieuses réflexions. Oui, il faut une réponse collective. Dans ma paroisse, ils sont malins. Je crois que le curé a compris que c'était un paroissien qui lui avait envoyé la lettre sur les exclusions, d'autant que j'étais allé le voir à propos des enfants de chœur. Pour ne pas être accusés de prendre des libertés avec le droit canon, qui n'autorise pas la discrimination pour la distribution de la communion, ils appellent très régulièrement UNE SEULE femme à distribuer la communion (parmi 7 hommes)... Ils donnent ainsi l'impression de respecter le droit tout en adressant un message clair à l'assemblée : cette femme est là comme une exception tolérée. Ce n'est pas vraiment sa place. Alors que faire ? Sur la distribution de la communion, je continue à penser qu'une action devant le tribunal ecclésiastique aurait du sens et ne serait pas sans efficacité. Quitter l'assemblée quand uniquement des hommes donnent la communion et servent la messe. Pourquoi pas ? Ce ne sera malheureusement pas un mouvement massif. Une solution serait de se mettre au premier rang à plusieurs et de partir l'une après l'autre quand les hommes se lèvent pour rejoindre l'autel. En esquissant un mouvement en direction de l'autel puis en manifestant la compréhension qu'on n'y est pas bienvenue.

La difficulté, avec les gestes de protestation, c'est de faire en sorte qu'ils soient compris comme visant un système, une conception de l'Église, et pas des personnes en particulier. Je ne vois pas comment je pourrais refuser de recevoir la communion des mains de qui que ce soit. Que la distribution de la communion soit confiée à un mâle ne me gêne pas. Ce qui me gêne, c'est qu'elle ne soit jamais confiée à des femmes. On pourra toujours m'objecter: c'est seulement parce que, aujourd'hui, les personnes disponibles étaient toutes des hommes, ce qui peut être vrai. D'ailleurs, dans ma paroise, il s'est passé plusieurs années sans qu'aucune fille soit présente parmi les servants d'autel. Cela me chagrinait, mais je savais que ce n'était pas l'expression d'un barrage fait par quiconque. Il n'y avait vraiment pas de fille candidate. Il fut un temps où, pour protester contre l'exclusion des femmes de la prêtrise, certaines femmes se présentaient à la communion les mains liées. Je ne l'ai pas vu moi-même, mais je sais que cela a existé. Cette manifestation était, je crois, réservée aux cérémonies très médiatisées, en particulier celles présidées par le pape (je ne saurais pas dire lequel!) dans ses voyages. Si on choisissait un geste de ce genre (je ne propose pas, je pense tout haut) il faudrait me semble-t-il, faire en sorte qu'il soit compréhensible pour l'assemblée. Par exemple, au moment où le prêtre remet les ciboires à ceux qui vont distribuer la communion, faire avancer deux femmes ("je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups"...). Et s'il refuse publiquement, qu'un groupe de femmes se lie les mains les unes aux autres avant d'avancer pour communier. Par délicatesse envers les hommes qui seraient prévus à ce moment là, il faudrait les prévenir. L'idéal, évidemment, serait qu'ils se mettent manifestement en retrait au moment où les femmes viendraient se proposer! Bon, tout ceci est peut être trop théâtral. J'en parle à mon aise, ne fréquentant aucune paroisse où les femmes soient exclues en aucune façon!

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