Lettre ouverte à Monsieur Jean-Pierre Elkabbach

Comité de la Jupe

Marie-Françoise qui a écouté Mgr Vingt-Trois, invité par Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1 le matin de Pâques adresse au journaliste uneLettre ouverte, dans laquelle elle dit sa consternation devant les propos tenus par le cardinal Archevêque de Paris.

Vous pouvez lire la transcription des questions des journalistes, Mrs Elkabbach et Darmon ainsi que les réponse de Mgr Vingt-Trois à la suite de cette lettre, vous pouvez aussi les réécouter à l'adresse suivante, ils se situent vers la 15ième minute de l'entretien. Écouter.

Cher Monsieur,

Le dimanche 8 Avril sur Europe 1, vous vous êtes adressé à notre frère en Jésus-Christ Monseigneur André Vingt-Trois, cardinal catholique français, archevêque de Paris, président de la Conférence des Evêques de France et accessoirement officier de la Légion d'Honneur.

Nous vous remercions de tout cœur pour l'intérêt que vous avez porté  au statut et au sort des femmes dans l'Eglise catholique, au cours de cet entretien.Nous tenons à vous dire que  nous ne cautionnons pas les réponses de notre frère à vos questions et qu'elles nous consternent très profondément.

Sur la forme : il ne s'est  montré ni respectueux ni sérieux pour répondre à votre invitation au dialogue sur ce thème précis.

La manière qu'il a eu d'agresser et les rédactions des grandes radios et les entreprises nous semble révélatrice de l'état d'esprit d'un homme sur la défensive qui craint maladivement d'être piégé et manifeste sa peur davantage que sa sereine assurance.

Sans l'excuser pour autant, nous pensons comprendre  que la hiérarchie qu’il représente, minée par la peur, se retranche dans sa forteresse et tire sur tout ce qui approche, désire s'exprimer, demande des comptes, sollicite une remise en cause.

Ces cinquante dernières années, à la suite du concile Vatican II, une conscience publique s'est constituée dans l'Eglise. Aujourd'hui les catholiques, instruits et formés, méditent l'Evangile, prient et agissent en adultes. Ils sont cependant toujours considérés comme des mineurs sous-tutelle (sous-mineurs en ce qui concerne les femmes) par  leur hiérarchie, elle-même paralysée par la tutelle vaticane.

Sur le fond : s'il dit fort justement « je ne suis pas sûr qu'on fasse avancer les mentalités par la loi et la contrainte, on fait avancer les mentalités par le changement de regard, par l'évolution des pratiques », nous constatons depuis longtemps, malheureusement, qu’il ne faut pas compter sur notre frère André Vingt-Trois ni pour faire avancer les mentalités, ni pour faire évoluer les pratiques.

Au fond, selon lui, ce qui définit les femmes, c’est qu’elles savent faire des enfants. La responsabilité des femmes c’est leur ventre, les autres responsabilités, elles, appartiennent aux hommes.

D’autre part l'argumentation face à l'entreprise qu'il avance à son crédit « et moi je n'ai pas peur de voir que des femmes puissent être catéchistes, responsables diocésains et autres » manque du plus élémentaire sérieux et porterait à rire si elle n'émanait pas de notre frère André Vingt-Trois cardinal catholique français, archevêque de Paris, président de la Conférence des Evêques de France et accessoirement officier de la Légion d'Honneur.

Car enfin l’Eglise est-elle réellement une entreprise ? André Vingt-Trois signe-t-il des contrats de travail, paye-t-il salaires et charges pour TOUTES les catéchistes « et autres » ?? Pensez-vous vraiment qu'une entreprise aurait peur de fonctionner avec 80% de femmes bénévoles !!

Nous regrettons que notre frère se soit si mal comporté face à vous, nous vous sommes reconnaissantes de la délicate discrétion et de l'indulgence dont vous avez fait preuve face à notre pauvre frère dont la peur a rendu les propos maladroits jusqu’à la sottise et vous adressons, avec nos remerciements, l'expression de nos sentiments les plus cordiaux.

Marie-Françoise, membre du Comité de la Jupe

Extrait du « grand rendez-vous de JP Elkabbach », avec Mgr Vingt-Trois, hier, dimanche de Pâques, à réécouter sur le site d’Europe1.

J« — Le statut, le sort des femmes dans toutes les religions préoccupe. Elles sont mal considérées, même lorsqu’elles ont la tête bien faite… Est-ce que ça peut changer ?

 

AV– J’espère que ça change…

 

 

 

 

J– Y compris dans l’Eglise catholique ?…

AV– Dans l’Eglise catholique, ça change plus vite que dans les rédactions des grandes radios…

J– Le Comité de la jupe, qui milite pour l’évolution de la place de la femme dans l’Eglise, dit : il faudrait que les femmes annoncent la résurrection de Jésus…

AV– Eh ben, elles le font !

J– Mais elles n’ont pas la place à laquelle elles ont droit …

AV– Elles ont tout à fait la place d’annoncer la résurrection du Christ, beaucoup, pour ne pas dire la majorité des catéchistes qui annoncent le Christ ressuscité sont des femmes !

J– Une candidate à l’élection présidentielle, Nathalie Arthaud voudrait que l’on mette en prison les patrons qui ne respectent pas la parité… Est-ce que les religieux, il faut leur faire subir le même sort ?

AV– Je ne suis pas sûr qu’on fasse avancer les mentalités par la loi et la contrainte… on fait avancer les mentalités par la conviction, par le changement de regard, par l’évolution des pratiques.

J– Mais vous, est-ce que votre regard a changé, parce que vous aviez eu une réflexion qui avait défrayé la chronique, à l’époque

AV– Tse Tse Tse Tse !

J– …qui avait justement donné naissance au Comité de la jupe… Est-ce que vous dites, eh bien oui, moi aussi, j’ai évolué, je pense que la parité est une question au sein de l’Eglise de France…

AV– Non, je ne pense pas que la parité est une question au sein de l’Eglise de France, parce que je ne sais pas ce que c’est que la parité… Je pense que malgré tous vos efforts, vous ne pourrez jamais mettre au monde des enfants…

J– Et alors, ça veut dire… ?

AV– Ça veut dire qu’il y a des différences, et que ces différences s’expriment dans des fonctionnements… Je ne vois pas pourquoi il faudrait…

J– Alors que dans le monde laïc, c’est une grande question, la parité, dans le monde du travail, dans la société…

AV– Oui, c’est une question parce qu’elle n’est pas réalisée… Pourquoi est-ce que dans une entreprise on n’embauche pas de femmes, parce qu’on a peur qu’elles aient des grossesses et qu’elles soient absentes… et moi, je n’ai pas peur de voir que des femmes puissent être catéchistes, responsables diocésains et autres…

J– Mais elles ne voteront jamais pour le pape…

 

 

 

 

AV– Peuh !… »

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Commentaires

Le cardinal André Vingt-Trois n'a peur de rien et semble aimer être interviewé... Sans doute vaut-il mieux ne pas laisser de commentaire sur ce que Son Eminence exprime de sa vision des femmes ? Bravo pour la lettre ouverte à ceux qui le questionnent.

que faire ?? je ne sais tenir bon ne rien céder non plus nous soutenir montrer autour de nous une autre image de l'Evangile

Je suis réticente face à cette lettre, dont je n’aime pas le ton. Certes, Monseigneur Vingt-Trois est notre frère devant Dieu, mais il est aussi Archevêque de Paris et Président de la Conférence des évêques de France. Je me rallie à la pensée de Pascal : à des grandeurs d’établissement est dû un respect d’établissement. Maintenant, les propos du cardinal me paraissent très embarrassés et agaçants, dans la mesure où il nie qu’il y ait une question des femmes dans l’Eglise catholique en France, alors que leur place dans la liturgie ne cesse de décliner et qu’elles n’occupent plus – ou peu – de responsabilités dans les instances de décision. C’est probablement une question très controversée au sein des évêques, ce qui les empêche de parler tous d’une seule voix. La situation est ainsi plus sombre en France qu’elle ne l’est dans les pays limitrophes, comme la Belgique ou l’Allemagne, et si la branche traditionaliste est réintégrée, cela risque d’être encore plus sombre. C’est la tâche du Comité de la Jupe, me semble-t-il, que de dire et redire que la question se pose. Alors que des organismes catholiques assez nombreux mettent la question du genre au programme de leurs conférences ou de leur assemblée générale, en 2012, alors que c’est un sujet qui est débattu dans les facultés catholiques (voir la controverse entre Eric Fassin et Véronique Margron, à Rouen, en 2011), la conférence épiscopale reste muette sur le sujet. Serait-ce, à ses yeux, un « non-sujet » ou au contraire un sujet trop brûlant pour qu’il soit abordé ?

"Que l'on a bien fait de distinguer les hommes par l'extérieur,plutôt que par les qualités intérieures ! Qui passera de nous deux ? qui cédera la place à l'autre ? le moins habile? mais je suis aussi habile que lui, il faudra se battre pour cela. Il a quatre laquais, et je n'en ai qu'un : cela est visible;il n'y a qu'à compter;c'est à moi à céder, et je suis un sot si je le conteste. Nous voilà en paix par ce moyen, ce qui est le plus grand bien." Blaise Pascal (Les pensées- 319)

superbe!! MERCI oui combien de femmes sont des petites mains corvéables à merci... elles le veulent bien ...c'est souvent vrai ... mais il y a derrière une main mise sur les esprits Mais heureusement tous nos pasteurs n'ont pas ce regard , c'est même souvent les plus brillants d'entre eux , les plus catholiques au sens profond du terme, ceux qui marchent à la suite du Christ et non ceux qui regardent vers Rome avec crainte ou avec l'espoir d'une promotion ...... Mais nous les attendons ces pasteurs , nous espérons qu'ils continueront à parler car ils le font et pourquoi à nous accompagner...

Merci Marie-Françoise.

Voici là sous les yeux une bonne raison des églises plus vides chaque dimanche. Bonne parce qu'il est un devoir parental de ne pas conditionner ses enfants de ce type de parole opposées au message de Jésus que ces personnes manipulent en toute impunité.

Oh, si moi je laisse un commentaire fait de grande tristesse. Jamais ces "hommes" ne comprendront ce que nous demandons parce que cela leur est inaccessible. Ils pratiquent en toute bonne foi une ségrégation condamnée par l'Evangile et ne s'en rendent même pas compte. Et puis cette idée, nous ne faisons pas d'enfants ( sous-entendu nous les hommes ) . il y a longtemps déjà que le Père et la Mère se sentent conjointement concernés par la période de grossesse. Même les petits frères et soeurs participent à l'attente. C'est merveilleux. Et les progrès techniques qui permettent de voir l'enfant dans le "ventre de sa mère" permet au Père devenir " effectivement" Père bien avant l'accouchement. Ramener la femme au ventre comme le faisaient les "latins" quelle tristesse. Pauvre homme. je le plains de toute mon âme. Voyez vous si les prêtres pouvaient se marier, peut-être ne trouverait on pas de telles inepties qui discréditent complètement l'Eglise quand elle vient d'une personnalité aussi éminente de l' hiérarchie. Merci Nadège, tu as raison, "ce sont des personnes qui manipulent en toute impunité le message de Jésus". Alors que faire contre une telle hierarchie ? Il y a sûrement quelque chose à faire. En attendant Merci pour la lettre de réponse elle me convient parfaitement Jacqueline Lach.

@ Jacqueline S'il suffisait d'être marié pour ne pas être sexiste, il y a longtemps que l'égalité de fait entre hommes et femmes serait acquise... Surtout, ne confondons pas la question du mariage des prêtres et celle de l'ordination des femmes. Ce sont deux questions fondamentalement différentes. Les orthodoxes, qui ordonnnent des hommes mariés, ne sont pas connus pour leurs positions particulièrement progressistes en matière d'égalité homme/ femme. Ceci dit, on peut être à la fois pour le mariage des prêtres, pour l'ordination d'hommes mariés, et pour l'ordination des femmes. Je suis pour, pour, et pour.

Pour information le cardinal Vingt Trois est un des principaux intervenants au congres eucharistique de Dublin en Juin, sur le theme de communion dans la famille et le mariage....

@ Soline Humbert Et c'est reparti pour un tour...

c'est vrai qu'il ne peut être qu'un expert dans le domaine!!! quand donc comprendront-ils qu'ils sont ridicules de se porter en juges de ces questions ???

@ MF et à Blaise Pascal , qui se croient sans aucun doute si "habiles" avec leur "pensée de derrière"... mais prêchent pour le status quo, c'est à dire en faveur du maintien des discriminations injustes. La loi aussi -celle qui dit que nous avons des droits et des devoirs égaux, quel que soit le sexe-, est bien visible par tous. Il ne suffit que de l'inscrire positivement dans le droit et elle devient l'obligation à suivre. La loi est bien visible ; il n'y a qu'à savoir lire pour connaître le prescrit, le proscrit et le permis. Et ici, il faudrait évoquer John Locke qui avait bien compris que la loi naturelle que Dieu a inscrite dans le cœur des hommes gagne à être objectivée et inscrite noir sur blanc dans des codes, de sorte que ceux qui ont un cœur épais puissent en avoir comme tout le monde une même connaissance et soient astreints à la même obéissance. Quand ce sont les pasteurs qui ont le cœur si épais qu'ils ne reconnaissent plus l'énoncé en eux de la loi naturelle, l'enoncé positif de cette loi est le moyen de leur faire connaître ou reconnaitre leur devoir. En l'occurrence : leur devoir vis à vis de leurs sœurs, égales en dignité mais aussi en droits et devoirs, devant Dieu même (et non seulement devant la République) et qu'ils doivent respecter comme telles.

Je n'ai adhéré que depuis peu au Comité de la Jupe... et je commence à me poser de plus en plus de question en lisant tous ces commentaires. En "revendiquant" sans cesse une juste place dans l'Eglise, le Comité de la Jupe ne devient-il pas comme tous ceux qu'il essaye de contrer? Pourquoi ne revient-on pas tout simplement aux fondements, c'est à dire à l'Evangile? Dans quel évangile le Christ demande à ses apôtres de se faire appeler "Monseigneur"?(Je vous prie de me pardonner, je ne suis pas théologienne et j'avais cru comprendre qu'il leur avait demandé de n'utiliser aucun titre( Seigneur ou Maître) pour se faire appeler, et surtout pas celui de "Père" qui était réservé à Dieu, notre Père. Apparemment, c'est passé de mode... Je n'ai rien compris sûrement! Dans quel évangile leur demande-t-il de s'enfermer dans un palais et d'émettre des jugements sur leurs frères et sœurs et de vivre "en marge" de la société? Là aussi, je n'ai rien dû comprendre. Je croyais que le Christ les avais envoyé "dans le monde... Dans quel évangile leur demande-t-il de "laver les pieds" une fois par an à quelques frères aux pieds "bien propres" pour faire comme s'ils servaient l'humanité alors qu'ils donnent l'impression de jouer une pièce de théâtre? Comme je suis quelqu'un de très stupide, je croyais que le Christ leur avait demandé de ne pas se contenter de paroles... des paroles qui ne sont pas suivies d'actes concrets ne restent-elles pas des paroles vides de sens? Pourquoi le Christ n'a pas choisi ses apôtres parmi les Pharisiens ou les scribes, les intellectuels de son temps? Aujourd'hui, choisirait-il vraiment tous ces théologiens issus pour la plupart de grandes et nobles familles, bardés de diplôme??? Pourquoi se font-ils appeler "père" alors que l'institution "Eglise" leur interdit de l'être? Peut-être que quelqu'un explique à "notre frère" André Vingt-Trois que les femmes ne font pas les enfants toutes seules, que se sont bel et bien les hommes qui les "font" avec elles, charnellement, intellectuellement et spirituellement, pour que ces tout-petits puissent devenir à leur tour des êtres humains autonomes, responsables et libres. J'avais cru comprendre que le Christ lui-même, avait eu besoin d'un père appelé Joseph, il ne s'est pas contenté du ventre de sa mère! Aurait-il pu grandir et devenir pleinement le Christ sans l'amour bienveillant de ce père? Dans l'Eglise, on a l'habitude de présenter Marie uniquement comme celle qui a dit "oui". Elle n'a dit "oui" qu'à Dieu. Car pour dire ce "oui" inconditionnel à Dieu, elle a dû dire "non" aux hommes de son temps. Elle a dit "non" d'une certaine façon à ses propres parents qui lui avaient sans doute prévu un autre avenir... Elle a dit "non" d'une certaine façon à celui que ses parents lui avaient imposé pour être son époux. Elle a dit "non" aux hommes et à leurs lois qui prévoyaient de lapider les femmes comme elle. Sa prise de risque a été énorme... et pourtant, elle a dit "oui" à Dieu. Aujourd'hui, si une toute jeune fille se présentait devant n'importe quel évêque en disant qu'elle porte l'enfant d'un Autre que son fiancé, comment serait-elle traitée par ces hommes??? Nous savons tous comment sont mis à l'écart, sur la "touche" dans l'Eglise tous ceux qui sortent de la "norme": les couples non-mariés, les divorcés, et tant d'autres... Marie, aux yeux des hommes de son temps, n'était qu'une impure... et elle a donné au monde un Sauveur. Marie, l'audacieuse, l'intrépide, l'insoumise... Et puis, il y a l'autre Marie, celle qu'on appelle "de Magdala". Au matin de Pâques, lorsqu'elle trouve le tombeau vide, elle part vite chercher Pierre et Jean qui se précipite à leur tour et ... qui ne voient rien! Certes, ils croient! Mais ils ne voient rien et "ils rentrent chez eux » (c'est Jean lui-même qui le dit dans son évangile). Et cette Marie-là reste seule, elle pleure, elle attend et elle espère car elle refuse de croire que tout est fini... et c'est à elle que le Ressuscité a choisi de se "montrer" en premier. Et vous connaissez la suite. Quel dommage qu'on n’en revienne pas tout simplement à l'évangile! Il a tant à nous et à nous redire! L'Eglise a été à l'origine de la constitution des Droits de l'Homme, comment se fait-il qu'elle est celle qui les bafouent ouvertement aujourd'hui? Pourquoi faut-il toujours que les hommes et les femmes s'opposent et revendiquent des droits? Pourquoi dit-on qu'il ne faut pas mélanger toutes les questions: célibat des prêtres, place des femmes dans l'Eglise, ordination des femmes... sous prétexte qu'il ne faut pas les confondre? Ne s'agit-il pas cependant de la même humanité? Comme je vous l'ai déjà dit, je ne suis pas théologienne. Pourtant je sais que le Christ a demandé à ses amis de "ne pas séparer ce que Dieu avait uni"... En femme ordinaire que je suis, je ne crois pas qu'il parlait du sacrement de mariage (que le Christ n'a jamais institué que je sache!) mais plutôt qu'il invitait l'humanité toute entière, hommes et femmes, à avancer ensemble dans la foi, dans un respect mutuel. Je ne crois pas qu'il s'agisse de dire qui est « pour » ou qui est « contre » mais de trouver un chemin où nous puissions avancer "ensemble". J'invite tout particulièrement les hommes du clergé qui restent enfermés dans leurs lois, leurs habitudes et leurs traditions, à en sortir pour vivre l'Evangile. Nous fêtons aujourd'hui la Pentecôte. Que l'Esprit nous mettent tous, hommes et femmes, debout pour nous mettre en route. Essayons de voir plus loin que de ce que nos yeux et nos coeurs ne peuvent voir comme les deux "Marie". Le Christ nous a montré le chemin. J'arrête là cette longue lettre. Je vous prie de m'excuser si j'ai écrit des hérésies mais ce sont mes convictions et mon espérance. Fraternellement ou sorellement, comme vous préférez. Marie Jeanne

MERCI Marie Jeanne! quel cri du coeur mais qui va déchirer la cloche sous laquelle vivent beaucoup ? vous savez que Jeanne n' était pas loin du Christ au moment de la passion....comme Suzanne ....mais quand on évoque le prénom de Jeanne on ne pense jamais à elle .... cela en dit long!!

Merci Isabelle (24 mai)je m'aperçois que le message que j'ai envoyé le 20 Avril n'est pas complet, j'ai fait trop vite,erreur, manque la première partie. Je répondais à Sylvie (20 Avril) qui n'aimait pas le ton de la lettre parce qu'il aurait dû être plus respectueux, adapté au statut social de la personne et justifiait"Je me rallie à la pensée de Pascal : à des grandeurs d’établissement est dû un respect d’établissement." je répondais: -Sylvie,à mes yeux,d'une part qu'elle émane d'un grand ou d'un petit une bêtise reste une bêtise et doit être traitée comme telle, d'autre part il y a beaucoup de Pensées de Pascal fort douteuses dont celle-ci à laquelle, je suppose,vous vous ralliez aussi: " Que l’on a bien fait de distinguer les hommes par l’extérieur,plutôt que par les qualités intérieures ! Qui passera de nous deux ? qui cédera la place à l’autre ? le moins habile? mais je suis aussi habile que lui, il faudra se battre pour cela. Il a quatre laquais, et je n’en ai qu’un : cela est visible;il n’y a qu’à compter;c’est à moi à céder, et je suis un sot si je le conteste. Nous voilà en paix par ce moyen, ce qui est le plus grand bien. » Blaise Pascal (Les pensées- 319)"

@MF Je ne souhaite pas que vous preniez pour une attaque personnelle ce que j’ai dit du ton de la lettre. Je voudrais cependant défendre ma position : monseigneur Vingt-Trois est archevêque de Paris ; il me semble que les catholiques qui habitent dans ce diocèse doivent lui reconnaître la dignité qui est la sienne et la respecter par des marques extérieures, c’est une fonction sociale et religieuse. Mais le régime démocratique qui est celui de nos sociétés nous autorise, en tout cas sur ce site, à discuter, en argumentant, de positions qui nous paraissent contestables. Et Pascal me paraît avoir exprimé, de la manière qui est la sienne, une phrase incisive aux allures de maxime, facile à retenir, qui rend compte de ma position. Pour la seconde pensée que vous citez, Pascal défend la coutume, ce qui est pratiqué par une société, non qu’il lui accorde de la valeur, mais parce qu’il craint le désordre qui pourrait naître d’une contestation trop rapide. Mais l’honnête homme aura « une pensée de derrière » qui lui montrera la vanité des privilèges de la naissance, la vanité du nombre de laquais. En revanche, à l’habitude de la vie, il respectera les usages, marqués au XVIIème siècle par une hiérarchie très nette, sans s’en laisser impressionner. L'homme qui n'a qu'un laquais laissera passer celui qui en a quatre.

Je suis désolée, je n'ai jamais lu Pascal! Cependant, si je suis d'accord que notre frère André Vingt-Trois a droit à un minimum de respect de par son baptême et en tant qu'être humain, je me permets de rappeler que le Christ a dit à ses disciples qui semblaient se chamailler pour savoir qui était le premier ou le plus grand: "Que celui qui veut être le premier, sois le serviteur de tous". Ce n'est pas en méprisant la moitié de l'humanité, que ce pauvre homme peut prétendre être le serviteur de tous! L'ensemble du clergé a encore beaucoup de chemin à faire, il me semble. Je dois vous avouer, chère Sylvie, que je connais plusieurs laïcs, hommes et femmes, qui sont plus proches du message du Christ que la plupart des évêques. Dans le premier livre de Samuel, au chapître 16 et au verset: "Ne considère pas son apparence ni sa haute taille. Je le rejette. Il ne s'agit pas ici de ce que voient les hommes; les hommes voient ce qui leur saute aux yeux, mais le Seigneur voit le coeur" La Bible est le meilleur chemin pour discerner au mieux... enfin, pour moi, c'est une certitude.

Sylvie si Pascal défend la coutume en affirmant que c'est le plus grand bien tout en pensant le contraire, ne serait -il pas un tantinet faux-jeton ? D'autre part,combien de personnes ont été détruites par des calomnies,des scandales émanants de personnes dont il était de bon alois de reconnaître la dignité qui était la leur et de la respecter par des marques extérieures,parce qu'ils avaient une fonction sociale ou religieuse ? Combien, en se taisant, en falsifiant, en cachant ont été complices ? Alors on peut discuter, argumenter, mais sur ce site ou en petit comité, sans faire de vagues ? (logique on ne devrait plus croiser le chemin des hauts dignitaires,on n'a même plus un seul laquais) Enfin, vous savez, André Vingtrois est un homme plein d'humour,le ton léger et badin , maniant la dérision avec habileté, et comme c'est aussi et surtout un homme très intelligent, je suis certaine que s'il a eu connaissance de cette lettre (fraternelle au sens de frère et soeur) et si elle lui a déplu, ce n'est sûrement pas à cause du ton.

A Marie-Jeanne qui a osé écrire cette ineptie : "Pourquoi le Christ n’a pas choisi ses apôtres parmi les Pharisiens ou les scribes, les intellectuels de son temps" je rappellerai que l'apôtre Saint Paul était pharisien proche des hiérarques du Temple et également un fin lettré qui a fait un discours magnifique devant l'aréopage, et je pourrais continuer la litanie: tous les apôtres connaissaient parfaitement la Torah et même Saint Pierre s'exprimait dans grec élégant, il suffit de relire ses épitres pour s'en convaincre. A propos Jésus a choisi ses apôtres et disciples uniquement parmi les hommes. De nos jours le judaïsme ne permet q'à des hommes de devenir Rav. Comme quoi il ne suffit pas de porter la jupe ; il faut aussi avoir une tête bien pleine.

Marie-Jeanne n'écrit pas une "ineptie", comme vous l'écrivez si inélégamment! Elle a tout à fait raison. Jésus n'a pas choisi les siens parmi les savants de son époque, ce qui ne signifie pas qu'ils étaient idiots. Paul est l'exception, et il n'en est pas toujours à l'aise. Quand aux lettres de Pierre, j'attends que vous m'assuriez qu'elles sont de sa main… Pour finir si en effet parmi les Douze, il n'y a que des hommes, parmi les disciples, il y a abondance de femmes. Maintenant si vous voulez me faire la démonstration que Jésus à choisi les Douze pour en faire des prêtres, je l'attends avec impatience et curiosité. Je ne publie votre commentaire que pour monter que le fond de goujaterie est toujours bien ancré et que Monsieur le cardinal de Paris n'est hélas pas une exception. Encore lui fais-je crédit d'un lapsus, ce qui n'est visiblement pas le cas de votre part.

Les propos d'Albert viennent contredire, non pas ceux de la pauvre Marie-Jeanne, qui a eu le malheur de poser des interrogations pertinentes, mais ceux de la même Marie Jeanne et de Christine en commentaire à "Rôle des femmes dans la transmission de la Foi". S'il est exact sur le fonds que la libération des femmes libérera aussi les hommes,il est aisé de voir combien ceux ci-la balle est dans leur camp-ne sont nullement pressés d'abandonner, au mieux, leurs privilège et leur arrogance; au pire, le pouvoir et le contrôle sur la moitié de l'humanité. S'il existe une guerre, c'est la guerre contre les femmes, le moindre rapport annuel d'une organisation des Droits Humains le démontre. Mais hélas, les femmes épousent bien facilement le point de vue des dominants, et se culpabilisent de dénoncer et combattre les discriminations et les violences, en inversant la vapeur: ce sont ces combats que certaines ressentent comme excès, et non les violences qui les provoquent! Quant à M. Albert, on pourrait lui dire avec Brassens qu'il est un "muffle fieffé, rustre achevé, bref, un homme du commun.."Ce n'est pas le tout de porter un pantalon, encore faut il être un gentleman pour exprimer un désaccord...

à Albert oui cher monsieur vous retardez un peu ...de quelques siècles et même plus!!! vous ne lisez pas les journaux , ni consultez les résultats des plus grandes écoles.... si vous saviez combien celles que vous dédaignez tant s'en moquent !!!! elles ont mieux à faire ! à construire enfin un monde de paix où leurs enfants pourront vivre heureux ! à suivre les pas de Jésus de Nazareth qui les a trouvées dignes de son amour... pour les juifs , la bible montre un Dieu particulièrement attentif aux femmes.... mais peut-être censurez-vous ces passages ??

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