Les trois « Marie » du conseil épiscopal de Cambrai

Marie Thérèse, Marie Bernadette, Marité

Nous sommes trois femmes, Marie-Bernadette, Marie-Thérèse et Marité, ayant toutes trois des responsabilités diocésaines : liturgie, pastorale sacramentelle, Apostolat des Laïcs. Notre évêque nous a appelées, à des périodes différentes, au conseil épiscopal, ce conseil qui a pour rôle d’aider l’évêque à donner les impulsions pastorales au diocèse, régler les problèmes, prévoir les nominations de prêtres, les embauches de laïcs, bref, prendre les décisions qui s’imposent.  

En soi, rien d’exceptionnel dans un tel appel ! Il a la même résonnance pour quiconque est appelé à cette responsabilité, qu’il soit prêtre, laïc, homme ou femme : une même confiance est donnée, une même liberté de parole est souhaitée, et même exigée, ni plus, ni moins !  

La nouveauté vient juste du fait que la présence des femmes  est plutôt récente. Pour notre diocèse cela date d’un peu plus de 10 ans. Le conseil épiscopal est désormais composé de notre évêque, de 6 vicaires, prêtres de 71 à 52 ans doyens ou responsables de services, dont 2 vicaires généraux,  de trois  femmes dont une assume le  secrétariat.  

Notre relation avec les vicaires épiscopaux et notre évêque est très fraternelle : prier, chercher, projeter, travailler, et même rire ensemble, tout cela nourrit cette fraternité. Nous nous retrouvons tous les vendredis, pour une belle matinée de travail, qui s’ouvre avec une messe et finit par un repas. Quels beaux signes de communion ! De plus, deux fois dans l’année, nous nous trouvons réunis pour trois jours de session.  

La spécificité féminine fait que nous sommes, à entendre nos collaborateurs, plus attentives à prendre soin des uns et des autres. Nous veillons presque maternellement sur nos frères fatigués, souffrants ou simplement surmenés ! Prendre soin n’est pas non plus une spécificité féminine mais les hommes ont sans doute plus de pudeur ; pour nous, les femmes, c’est plus spontané. Nous recevons parfois des confidences, des questionnements et au dire de nos amis « l’ambiance a changé depuis que des femmes nous ont rejoints ». Réjouissons-nous donc ! C’est une belle mission dans laquelle chacun des membres du conseil est sa juste place. 

Femmes, de statut différent – deux d’entre nous sont épouses et mères, voire aussi grand-mère, et la troisième est célibataire laïque consacrée –, nous sommes ancrées dans les réalités familiales, professionnelles, sociales, de la vie et de nos proches. C’est cet ancrage qui nous amène parfois d’ailleurs à réagir devant des situations pour lesquelles il nous semble que des solutions plus radicales devraient être prises. Souvent nous nous rendons compte aussi que c’est plus facile à dire qu’à faire…  

Cette expérience forte nous apprend à aimer l’Église avec ses fragilités, dans toute son humanité. Il nous arrive de la défendre comme on défendrait notre petit ! 

Christine Pedotti a déclaré dans son discours prononcé lors de la remise de sa légion d’honneur : « la cause des femmes avance aussi avec les hommes quand ils ont envie que les femmes soient de vraies partenaires. » Et bien, nous osons dire que nous sommes entourées de beaucoup d’hommes qui ont cette volonté et cette envie-là. Il suffit de regarder la composition des membres du concile provincial qui vient de se dérouler en Nord-Pas-de-Calais : il y avait parité hommes/femmes dans l’assemblée, et aussi dans l’équipe de pilotage, l’équipe d’animation… ; et cela a été voulu en premier par nos évêques.  

Prendre soin, veiller à… n’est ce pas ce que Jésus a fait tout au long de son parcours sur notre terre ? Il permettait aussi à chacun d’être lui-même – il faisait naître en quelque sorte – il nourrissait. Selon Dominique Colin, théologien belge, ce sont des actions de femmes. Nous sommes fières d’essayer de faire « comme Lui » ! 

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Commentaires

Auteur du commentaire: 
anne soupa
Bonne chance, Marité, Marie-Thérèse, Marie-Bernadette, cela fait plaisir de vous lire! Je pense que, dans votre esprit,  "Aimer l'Eglise avec ses fragilités" ne veut pas dire tout cautionner. Aimer s'accompagne aussi de lucidité et d'une prise de parole claire sur des disfonctionnements qui ne doivent pas durer.  Et que ce soit plus facile à dire qu'à faire suppose de VOULOIR mettre en place les moyens de faire autrement. C'est là qu'il faut parfois quitter la robe du service, du soin, que vous évoquez,  pour dire "non" ou "stop", ou "on fait autrement". Cela demande d'être bien soutenus.

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