Les religieuses ne sont pas assez reconnues.

Comité de la Jupe
Ces derniers jours, plusieurs femmes ont dit sur le site de la CCBF ou sur celui du comité de la jupe combien elles se sentent exclues de l’Église quand elles voient monter vers l’autel uniquement des hommes. Elles ne militent pas spécialement pour l’ordination des femmes, mais elles notent un mouvement de recul : les femmes sont de moins en moins admises à donner la communion, à faire les lectures, et l’on refuse de plus en plus les filles pour le service de l’autel.  Je me suis demandé ce que ressentaient celles qu’on appelait autrefois « les bonnes sœurs », avec un brin de commisération ? Ne sont-elles pas doublement « pénalisées » du fait qu’elles sont, si l’on peut dire, assises entre deux chaises ? Elles sont consacrées mais elles ne sont pas prêtres. Elles sont canoniquement des laïcs mais ce ne sont que des… femmes célibataires. Elles sont quatre fois plus nombreuses que les religieux mais n’ont pas l’auréole du prêtre ni du moine. Dans l’Église elles assurent des tâches multiples sans en recevoir la reconnaissance.  Ainsi cette jeune religieuse qui a abandonné récemment une aumônerie de jeunes tant elle était peu considérée par le prêtre avec qui elle travaillait. Une autre, la quarantaine, avoue : «  J’ai dégusté à double détente. En tant que femme on fait les corvées de secrétariat, papiers, petites mains, et dans les responsabilités on est « adjointes ». En tant que religieuse, habillée en civil, je passe mal dans les milieux bourgeois conservateurs, et pas forcément mieux au milieu des jésuites ou des prêtres avec qui j’ai eu des responsabilités. Souvent je me suis sentie vue ni comme une vraie femme, ni comme un curé. Je n’ai jamais fait complètement mon trou, avec peu de possibilité de parler, seulement celle d’écouter. Je pense que nous sommes « déréalisées », soit un peu déconsidérées soit sur un piédestal. Or, ni l’une ni l’autre de ces postures ne favorise le travail au coude à coude. Notre vocation n'est pas perçue dans le brave monde catholique ». Ce témoignage peut paraître excessif mais il a le mérite de souligner, en forçant le trait, l’origine de ce que beaucoup peuvent ressentir. Pourtant chez les religieuses, quelle force et quelle créativité ! J’ai eu récemment plusieurs occasions de constater combien elles sont importantes dans la vie des communautés ecclésiales et combien elles annoncent la Bonne Nouvelle de manière puissante et novatrice. Elles sont tellement à l’écoute des hommes et des femmes de notre époque qu’elles savent comme nul autre conjuguer la Bonne Nouvelle avec l’innovation sociale. Cela a frappé Jérôme Vignon et Elena Lasida, tous deux intervenants du dernier congrès de la CORREF (qui réunit les supérieurs majeurs de 312 congrégations féminines apostoliques et de 87 congrégations masculines, ainsi que les abbés de 41 monastères). « La relation est au toujours cœur de leurs actions », a souligné Elena Lasida. Même constat dans la centaine d’initiatives citées lors d’Ecclesia 2007 à Lourdes. La capacité de créativité des religieuses n’est pas nouvelle. De tous temps, comme le raconte Elisabeth Dufourcq dans son livre passionnant Les aventurières de Dieu, les religieuses se sont lancées dans des aventures qui n’étaient pas accessibles aux femmes de l’époque. Le 19e siècle, qui a vu fleurir les congrégations, illustre combien elles furent pour beaucoup un lieu de dignité et de promotion.  Mais sont-elles pour autant vraiment reconnues dans l’Église ? Nous ne sommes loin de ce Moyen Age où les abbesses de Fontevraud avait une autorité d’évêque et dirigeaient l’abbaye des hommes ! Pourquoi tant de carmélites du 21e siècle sont-elles encore sous la coupe des carmes ? Pourquoi une bénédictine n’a-t-elle pas la même liberté qu’un bénédictin (dont on dit parfois trivialement que le sigle osb signifie « on s’balade ») ? Pourquoi alors que les pères abbés siègent à la CORREF les mères abbesses en sont-elles absentes ?  Il y a tout de même des avancées ! Il y a, Dieu merci, des religieuses qui assument de grosses responsabilités, bien reconnues. Cette même CORREF, devenue mixte, est un lieu où religieux et religieuses apprennent la co-responsabilité. Les jésuites, lors de leur 34e congrégation générale ont déclaré : « Nous, jésuites, demandons d’abord à Dieu la grâce de la conversion. Nous avons fait partie d’une tradition civile et ecclésiale qui a offensé les femmes. Fut-ce sans le vouloir, nous avons participé à une forme de cléricalisme qui a renforcé la domination masculine en l’accompagnant d’une sanction prétendument divine ». Deux religieuses et une tertiaire dominicaine ont été faites docteur de l’Église, Thérèse d’Avila, Catherine de Sienne et Thérèse de Lisieux. Pour terminer je voudrais évoquer Mgr Guy Herbulot, qui fut le 2e évêque d’Evry. Dans un livre tout récent [1] qui raconte ses années d’épiscopat, il rappelle que son prédécesseur, Mgr Malbois, fut le premier évêque de France à nommer une religieuse au Conseil épiscopal. Lui-même en appela une seconde, en cité populaire : « Il me paraissait important, écrit-il, que nous puissions entendre la voix de femmes proches du terrain, en relation de voisinage et capables de dire ce qu’était la vie des Essonniens dans leur quotidien, leurs espoirs et leurs craintes, leurs révoltes aussi. C’était un puissant appel à nous rendre attentifs aux évolutions de mentalités, à entendre les questions, à encourager, à rendre possibles invention et créativité. » (p.77) Alors, vous les religieuses qui visitez le site du comité de la jupe et celui de la CCBF, dites-nous comment vous vivez dans l’Église de 2011 votre situation de femmes consacrées ! Monique Hébrard [1]. Bâtisseurs d’Eglise. L’histoire à vif. Cerf.
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Commentaires

Je me souviens d'avoir parler aux Etats Unis avec un pasteur très sympa mais ségrégationiste en 1962. Pour lui les noirs et les blancs étaient également aimés de Dieu, mais Il les avait voulu différents. Par conséquent ils ne pouvaient pas vivre ou célébrer ensemble ou même se cotoyer dans le même autobus... Quelque mois plus tard un homme libre Martin LutherKing décidait le gouvernement à interdir tout racisme. Je sujis dans un secteur à Bordeaux ou jusqu'à cette année seul une paroisse sur quatre acceptait des filles servantes d'autel. Ayant demander le pourquoi de cette différenciation ,un prêtre qui tenait à n'avoir que des garçons m'a présenté des arguments identiques pour justifier cette ségrégation. Les garçons autour de l'autel ourront mieux ainsi être attiré par la prêtrise. Je voudrais que les hommes et les femmes de notre Eglise prennent conscience de ce que cela induit. Je ne peux m'empécher de rapprocher cela d'une visite que j'avis fait à une collégienne d'origine turque. Rentrant chez elle j'ai salué sa mère qui, assise sur le canapé ,ne parlant pas français m'a proposé des loukoums. Sur la table le frère lisait tranquillement le journal. Je proposais un livre à cette gamine qui m'a montré son frère me disant qu'elle n'avait pas le droit de s'aaeoir dans le séjour pour lire et qu'elle ne se sentait plus la force de travailler car elle devait rester auprès de sa mère jusqu'à son propre mariage . Son désarroi était visible mais je pense que personne dans la famille à n'en était ému ; Chacun à sa place! C'est la loi ds hommes!

n'étant pas religieuse, je mets quand même mon grain de sel :) : 1) déjà par rapport aux filles et femmes près de l'autel : regardons à ND de Paris, à St Pierre de Rome, il n'y a que des hommes autour de l'autel (à part les chanteuses ou chef de choeur qqfois) cela donne le ton, c'est le "must" en matière de liturgie et le "must" c'est sans les femmes .... :) 2)je remarque que dans les communautés nouvelles ou récentes, les femmes sont "éduquées" à rester en retrait, à "se soumettre" aux hommes surtout spirituellement (on les abreuve d'un discours marial (Marie écoutait, accueillait... etc.)elles font le ménage,le linge et prient :) Mais la question est : pourquoi trouvent-elles cela normal ? malheureusement, il y a des explications à cela...qui me dérangent profondemment et pourquoi les hommes de ces communautés aussi trouvent cela normal ? même réponse Et puis, cela fait des siècles que c'est comme cela.... 3) les hommes se forment (les études au séminaire sont gratuites et payés par les fidéles) mais les femmes se paient leurs études... les hommes étudient, prêchent, enseignent, se déplacent, rencontrent du monde, les femmes sont "contemplatives" (ça c'est aussi dans les ordres traditionnelles aussi) Enfin pour moi, l'Eglise Catholique fait très visiblement de grandes différences entre les hommes et le femmes, il faut le reconnaitre David, cela est tellement évident ! Je connais une jeune fille qui a demandé à suivre les cours avec les séminaristes en "auditrice libre" mais on lui a refusé au prétexte qu'elle allait pouvoir les "séduire" :) et les détourner de leurs vocations :) : histoire vraie malheureusement... mais malheureusement,la Halde ne s'occupe pas de l'Eglise et donc elle n'a eu aucun recours ... :) :) David vous avez trouvé cela normal vous de faire vore séminaire qu'avec des hommes, cela ne serait pas plus enrichissant et équilibrant que femmes et hommes se forment ensemble ? pour moi c'est tellement évident ! le théologie, la philosophie, la pastorale ne sont pas "sexuées" .... Je ne comprends pas trop mon Eglise en fait... Bon dimanche à tout le monde :) isabelle

Une fois de plus, ne généralisons pas...Sylvie, Je suis dans une paroisse de l'Ouest parisien, une des "villes royales" (avec château... comme on dit dans le diocèse ; une autre que Versailles...), alors relisez le commentaire que j'ai fait le 28 mars, c'est à dire la semaine dernière... et bien je pourrais en faire un du même genre aujourd'hui...: l'Evangile a été lu à 3 voix dont une femme qui faisait le lecteur, un homme qui faisait l'aveugle et le célébrant : Jésus ; pour donner la communion nous étions 3 femmes, 2 hommes et le célébrant, comme pratiquement chaque semaine. La première lecture avait été faite par une femme et la seconde par un homme. C'est tout simple... Oui, je suis certaine que si on a une communauté vivante et engagée, les problèmes que vous évoquez sont beaucoup plus rares, car les choses sont bien prises en mains, correctement préparées et ça donne un lieu de vie qui attire même les paroissiens des communes voisines.... (ce que nous ne cherchons pas spécialement...). Mais ça ne se fait pas en un jour... Il serait temps que les "pratiquants" réalisent enfin que ce n'est pas la seule personnalité du curé ou de l'équipe des prêtres, s'ils sont plusieurs, qui donne la tonalité de la paroisse. La communauté forme ses prêtres, et les prêtres forment la communauté. La réciprocité est une évidence. Notre église, donc notre paroisse aura 50 ans l'année prochaine... Nous y sommes arrivés au cours des 10 premières années, il y avait déjà un esprit ouvert et d'accueil, cela s'est perpétué avec les changements de prêtres, car un prêtre est plus heureux quand il arrive dans une paroisse qui tourne... ça ne l'empêche pas de trouver sa place, et même ça l'aide à donner de nouvelles impulsions par un dialogue franc et ouvert... Bien sûr, il y aura toujours des têtes dures chez les uns ou les autres mais je crois beaucoup à la responsabilité d'une communauté et je constate que dans certaines paroisses les laïcs sont les premiers à ne pas prendre leurs responsabilités et à se laisser vivre... à attendre que ça se fasse pour eux et non par eux ou avec eux.

"les femmes sont de moins en moins admises à donner la communion, à faire les lectures, et l’on refuse de plus en plus les filles pour le service de l’autel". Cela fait plusieurs fois que je vois fleurir ce genre d'affirmations : mais où sont les chiffres ? En tout cas, ni dans ma paroisse ni dans mon diocèse ! Êtes-vous vraiment certaine qu'il y ait ce mouvement actuellement dans l'Eglise de France ? Je ne le crois vraiment pas, et ce ne sont pas les lubies de tel ou tel prêtre isolé qui doivent faire craindre un recul de la présence des femmes dans l'Eglise. D'ailleurs, si les femmes (et entre autres, les religieuses), arrêtaient les services qu'elles rendent dans l'Eglise, l'Eglise s'effondrerait ! Au passage, ça me gêne un peu quand un(e) chrétien(ne) laisse tomber un service ou une responsabilité à cause du manque de reconnaissance... Pourquoi rendons-nous service dans l'Eglise ? Pour s'entendre dire merci ? Pour être valorisé ? Pour avoir de la reconnaissance ? Mais alors, si c'est ça, je devrais immédiatement quitter le ministère ! Parce que comme prêtre, on a beaucoup plus d'embêtements que de gratifications ! Non, nous rendons service pour la gloire de Dieu et le salut du monde, et nous donnons de notre personne, surtout sans attendre de merci ou de reconnaissance. Croyez-vous que le Christ a fait ce qu'il a fait pour être apprécié des foules et pour la reconnaissance des disciples ? Bien sûr, on peut quitter une responsabilité parce qu'elle est trop dure pour nous, qu'on y est malheureux... mais si c'est le manque de reconnaissance qui rend malheureux, il y a peut-être un problème de discernement à l'origine, et sûrement un défaut dans l'accompagnement spirituel. Amicalement.

David, je suis heureuse que ça vous dérange, tous ces faits rapportés sur l'éviction des filles du choeur des églises, et que vous ne vouliez pas le croire, mais hélas, c'est une réalité. Elle est le fait de certains évêques, et de certains prêtres dans nombre de diocèses. J'ai ainsi dans les mains une feuille paroissiale qui stipule que les filles pourront monter à l'autel tant que "de loin elles ressembleront à des garçons"! On croit rêver, ou cauchemarder, mais non, c'est vrai. Des alertes de ce genre, il en vient de partout en France. Autant que nous puissions l'analyser, il semble que l'initiative soit d'abord venue du Puy en Velay, avec la séparation des servants d'autel (garçons) et des servantes d'assemblée (filles). Depuis, la séparation des garçons et des filles, les uns à l'autel, les autres dans l'assemblée, portant, au choix, tablier, cape ou fichu se répand, et dans beaucoup d'endroit, on ne recrute plus que des garçons. Alors, oui, David, nous sommes certains que ce mouvement existe. Dans de nombreux endroits, les femmes sont encore admises à faire les lectures, mais plus à donner la communion - ce qui d'ailleurs est conforme au droit, les femmes devant être appelées en dernière instance quand on épuisé toute autre possibilité, diacres, religieux, hommes… Sinon, la reconnaissance n'est pas seulement la gratitude mais le simple fait qu'il soit considéré que le service fourni est utile. On peut certes rêver que l'on trouvera exclusivement des saintes femmes, des saints hommes, et des saints prêtres qui se donneront de tout leur coeur pour la gloire de Dieu sans attendre ni espérer un merci. Mais dans la vraie vie, un merci, ça fait du bien. Et je suis certaine que vous aussi vous avez besoin de reconnaissance. Non pas de la vaine gloire mais la reconnaissance de l'utilité du travail bien fait. Vous l'attendez de vos paroissiens, de vos pairs, de votre évêque, parce que c'est la base de la confiance dans les relations humaines. Bien amicalement Christine

Il ne faut pas généraliser ce soi-disant problème. Je suis dans la même paroisse depuis plus de 40 ans, ! et bien sûr un certain nombre de curés se sont succédés!..., depuis au moins le début des année 80 il y a toujours eu des enfants de chœur filles et garçons encadrés par différents couples qui se succèdent..., des hommes et des femmes pour faire les lectures et des hommes et des femmes pour donner la communion car l'église est grande et pleine et il faut 6 personnes pour donner la Communion... Il y a toujours eu une équipe liturgique mixte qui se renouvelle au cours des ans, qui fait que les tâches soient réparties pour les préparations des cérémonies, la calendrier est établi en début de trimestre quitte à modifier en cas d'impossibilités de l'un ou de l'autre. Je prends un exemple : hier les deux lectures ont été faites par deux femmes, le psaume psalmodié par l'assemblée et la chef de chœur et il n'y avait que des femmes pour donner la communion avec le célébrant.... Là, je pense qu'i y a eu une petite erreur (d'habitude on fat moitié-moitié), mais il faut savoir aussi que certains ou certaines ne veulent pas donner la communion et que nous ne leur demandons pas pourquoi... Si les femmes donnent l'impression d'être moins sollicitées, c'est souvent qu'elles refusent soi-disant pour ne pas se mettre en avant, (fausse modestie) c'est comme dans les entreprises où elles ont tendance à refuser de prendre, parfois, des responsabilités qu'on leur propose quitte à se plaindre par la suite... Je ne suis pas une révolutionnaire mais beaucoup ne savent pas décider ou agir, même s'il s'agit de broutilles, sans que Mr le Curé ou le chef de service ait dit "oui" ; il faut du respect mais aussi du discernement et de l'initiative. Les femmes ont du mal à s'engager, elles font des complexes... Ne me faites pas dire ce que je ne dis pas, je ne revendiquerai jamais pour que les femmes soient prêtres, nous avons des missions théologiques complémentaires, point barre; ma raison et ma Foi m'en persuadent mais j'ai été aumônier d'hôpital avec une autre femme dans un grand hôpital de la banlieue parisienne (sans prêtre) et combien j'ai apprécié cette complémentarité prêtre/laïc vécue lorsque je devais appeler un prêtre soit pour le sacrement de réconciliation, ou des malades... Nous avions un oratoire avec la présence réelle et donc, nous pouvions donner le Seigneur aux malades nous-mêmes et c'étaient nous, "femmes laïques", qui célébrions les obsèques à l'amphithéâtre et baptisions les bébés , qui n'allaient pas vivre...en service de néonatalité. Cette mission m'a épanouie mais, bien sûr, cela exige une disponibilité de jour et de nuit...même une nuit de Noël...ou un 1er janvier 2000.

Je réponse à la question que vous posez, même si je ne suis ni femme, ni religieuse: Alors, vous les religieuses qui visitez le site du comité de la jupe et celui de la CCBF, dites-nous comment vous vivez dans l’Église de 2011 votre situation de femmes consacrées ! Vous avez parlé d'ÉGLISE. Je pense que ce qui se passe chez vous ne réflète pas la réalité de toute l'Èglise. Je suis prêtre au Québec et j'ai plus de femmes pour servir et travailler dans l'Église et la liturgie que d'hommes. Je dirais même que je ne vois pas les hommes... Faites un article en venant faire une enquête sur la réalité des femmes dans notre Églisi ici et vous relativiserez sans doute ce discours. Merci

Les femmes religieuses ont fait beaucoup et il est vrai que la question des enfants de coeur filles est très relative et dépend de la paroisse que vous fréquentez. En Normandie, par exemple, les petites fille sont là et il n'y a pas de garçon...à Paris, dans ma paroisse il n'y a pas de petite fille. Le problème des femmes religieuses c'est qu'elles acceptent la situation injuste de la femme. En acceptant d'être soumise à l'homme d'une façon structurelle, elles encouragent le système d'inégalité spirituelle. Si les religieuses avaient une position plus déterminée les laïcs auraient plus de poids. Tant qu'il n'y a pas d'égalité spirituelle il n'y aura aucune évolution. Le baptême c'est l'égalité de l'homme et de la femme devant Dieu. Les religieuses sont des femmes soumises aux hommes.

Découvrir votre association devrait me soulager,moi,homophile,très honteuse del'etre car très catholique. La Bible nous dit que c'est une abomination,le Pape aussi,et il est infaillible.Qui croire! Un prêtre m'a dit que j'avais déjà pêche en pensée.Pourtant je n'ai que des sentiments romantiques et affectueux envers celle que j'aime Elle ne s'en doute pas,ne le saura jamais,et n'en ferais rien....de toutes façons.Dans mon milieu,ma Paroisse,ces choses-la sont tabou et très mal vues surtout pour des femmes. Je ne sais que penser.

Je parlais, Denise, de Paris « intra muros ». Nous avons la chance d’avoir des prêtres relativement nombreux dans notre diocèse, mais le revers de la médaille, c’est parfois un certain cléricalisme, accentué par la présence de diacres permanents, nombreux dans certaines paroisses, de vieux messieurs à la retraite pour la plupart. Les équipes liturgiques sont infiniment moins vivantes que par le passé, la cooptation masculine joue beaucoup, ce qui est probablement inévitable. Et je suis persuadée qu’en 2009 des consignes ont été données par la hiérarchie de réserver les lectures aux hommes, l’écart entre ce qui se passait avant l’été et à la rentrée scolaire était manifeste. Sur le site du Comité de la Jupe un témoignage va dans le même sens ; les prêtres de la Communauté St Martin réservent les lectures aux seuls hommes, à Notre-Dame des Victoires, cela me paraît la même chose. Je suis d’accord avec vous qu’il ne faut pas généraliser mais il faut cependant être vigilant, la tendance, en France du moins, est à la régression de la place des femmes dans la liturgie.

D'accord avec toi, Christine. Une précision sur la distribution de la communion : Selon le droit de l’Église, il est permis aux femmes, comme à tout laïc, d’être députées temporairement à la distribution de la communion. Seul le ministère d’acolyte institué liturgiquement de manière stable (inexistant en France), est réservé aux laïcs hommes : Canon 910 § 1. « Les ministres ordinaires de la sainte communion sont l'Évêque, le prêtre et le diacre. » § 2. « Les ministres extraordinaires de la sainte communion sont l'acolyte et tout autre fidèle député selon les dispositions du canon 230 » Canon 230 § 1. « Les laïcs hommes qui ont l'âge et les qualités requises établies par décret de la conférence des Évêques, peuvent être admis d'une manière stable par le rite liturgique prescrit aux ministères de lecteur et d'acolyte […] » § 3. « Là où le besoin de l'Église le demande par défaut de ministres, les laïcs peuvent aussi, même s'ils ne sont ni lecteurs, ni acolytes, suppléer à certaines de leurs fonctions, à savoir […] distribuer la sainte communion […] » Lettre aux Présidents des Conférences des Évêques sur les fonctions liturgiques exercées par des laïcs, 15 mars 1994, n° 3. : Le can. 230 § 2 du code de droit canon de 1983 [...] trouve déjà une large application dans le fait que les femmes remplissent souvent la fonction de lecteur dans la liturgie, et peuvent être appelées à distribuer la sainte communion, comme ministres extraordinaires de l’Eucharistie, ainsi qu’à exercer d¹autres fonctions, comme il est prévu au can. 230 § 3.

Pour répondre au Père David Journault, dans les paroisses de l’Ouest parisien, à la rentrée de septembre 2009, les lectures qui précèdent l’Evangile ont été confiées quasi exclusivement à des hommes, les femmes lisant la prière universelle… et faisant la quête. Ce caractère systématique ne permettait pas de penser que c’était un hasard, ni la préférence temporaire d’un curé. Or aucun texte officiel n’a été promulgué à Rome au même moment. Il semble que des consignes ont été données, dans le but probable d’habituer les fidèles, par une politique des « petits pas » à ce que la norme soit dorénavant une lecture effectuée par des hommes, la présence de femmes étant « extraordinaire » au sens plein du terme. Certains sites traditionnels sur Internet militent en ce sens et c’est probablement l’avis de bon nombre de dignitaires de la Curie, voire de Benoît XVI lui-même. Le moins que l’on puisse dire est que la situation est particulièrement opaque. Les fidèles devraient connaître les textes qui encadrent les pratiques liturgiques. Peut-on espérer que les évêques de France clarifient la situation ? Pour faire droit à la vérité, dans les paroisses que je connais, la situation s’est un peu améliorée, et, en province, la situation n’a jamais été aussi étouffante qu’à Paris.

A mon grand regret, il y a encore beaucoup d'immobilisme dans les paroisses et dans l'Eglise. Après le concile, il me semblait que l'Eglise était en route. Dans une paroisse de l'ouest parisien, peut être celle de Denise, mais dans la paroisse principale, il y avait une équipe liturgique dont je faisais partie, des groupes de dialogue avec des non croyants, des conférences et groupes de formation avec des intervenants qualifiés ... enfin on pouvait espérer voir une évolution des mentalités, tout en sachant que cela ne pouvait se faire que progressivement pour ne choquer personne. Puis changement dans l'équipe sacerdotale ... puis un lent endormissement ... J'allais chaque année en Bretagne pour les vacances, dans le Morbihan. Je retrouvais des animations similaires auxquelles je participais. Puis le temps a passé, tout s'est endormi, tout en continuant de fonctionner doucement... encore un lent endormissement. Avec l'âge de la retraite, je me suis retirée en Bretagne, là où j'allais en vacances. La paroisse ronronnait doucement, un peu éteinte, sans aucune évolution. Puis le recteur a changé, un homme charmant ... mais plus de femmes pour la communion, seulement quelques fois pour les lectures, jamais de communion sous les deux espèces, c'est réservé aux prêtres et aux diacres... les femmes sont très utiles pour nettoyer l'église, préparer les repas paroissiaux, tenir les stands aux pardons ... voyez que les femmes ne sont pas oubliées !!! Quant à une évolution de l'Eglise, n'en parlons pas, l'Eglise est une, indivisible, je veux dire immobile, solide comme un roc, pas question de changer un yota à quoi que ce soit ...Mais le monde a évolué. Autrefois les femmes ne votaient pas et leurs droits étaient restreints, elles devait rester à leur place... Une image me vient l'esprit. Etes vous déjà rentré dans une maison abandonnée depuis de nombreuses années, où rien n'a changé ? Tout est à la même place, comme endormi sous une épaisse couche de poussière. Le réflexe est de se taire, d'admirer la position de chaque objet pour retrouver la personne qui a quitté ces lieux ... Mais on ne peux rester ainsi, il faut ouvrir les fenêtres, aérer, aspirer toute cette poussière, renouveler les installations,... sinon la maison n'est pas habitables. Dans le passé tout était bien dans cette maison mais les temps ont changé, il est temps de faire le ménage et d'adapter la maison aux besoins actuels, aux connaissances d'aujourd'hui. Or cette maison c'est l'Eglise, notre Eglise et il faut en faire une maison accueillante pour les hommes d'aujourd'hui, sur le plan liturgique certes, mais aussi et surtout sur les plans théologiques, exégétiques, et dans son message aux hommes d'aujourd'hui. Si j'ai bien compris, c'est que font Anne, Christine et le mouvement qu'elles ont lancé. Pour ma part, maintenant je suis âgée, je me suis retirée de la paroisse, je participe seulement aux offices dans mon coin ... Je vais parfois dans une paroisse voisine qui est moins tradi ... Chez moi, je lis, je me cultive sur le plan de la foi et... j'espère ... J'ESPERE....

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