Les femmes qui prêchent

Comité de la Jupe
11 avril 2016

À l’époque de Jésus, parmi les pauvres, personne n’est plus pauvre qu’une veuve, une femme sans homme, donc sans droits ni protection. Le monde et la société dans laquelle Jésus vit et évolue sont fondamentalement structurés sur un modèle patriarcal ; les femmes sont socialement invisibles, d’une invisibilité typique d’une condition juridique de minorité, et même d’exclusion.

L’originalité du comportement du Christ doit être insérée dans cette vérité historique. De fait, Jésus voit, regarde, observe et conjugue sa vie avec celle des femmes qui le suivent, l’aiment et l’accompagnent jusqu’à la mort. Tandis que le regard de Simon le Pharisien (cf. Lc 7, 36) — comme l’écrit Maria dell’Orto — voit et juge, scrute et condamne en excluant, celui du Christ redresse, identifie et reconnaît. Ainsi, il invite tout le monde, femmes et hommes, au discernement, à se poser des questions et à la communion. Dans cette optique, une vue panoramique sur l’histoire du christianisme conduit à considérer ces figures féminines, prophétiques et charismatiques qui, avec leur autorité personnelle, durant des siècles agités, ont contribué à évangéliser un monde encore païen et/ou une Église hostile et divisée : les saintes Geneviève, Clotilde, Jeanne d’Arc, Hildegarde de Bingen, Catherine de Sienne...

Complètement étrangère et parfaitement insérée, la dominicaine Madeleine Fredell nous introduit au cœur de la prédication chrétienne, qui est l’amour sous sa forme concrète : la relation, l’inclusion de tous et le service de la parole. En effet, la prédication n’est pas en premier lieu une question de mots ou de termes, ni même une question de règlements ou de lois, mais elle a comme fondement la libre rencontre de l’amour qui aime et qui est reçu. Il est donc en premier lieu question de joie et de besoin de communiquer, qui — comme un fleuve qui ne peut s’empêcher de couler — devient pour les prêcheurs, hommes et femmes, une nécessité vitale de témoigner, enseigner, annoncer et servir. Les femmes prêchent déjà, en conduisant des retraites et en donnant des conférences dans des lieux où les hommes le font depuis longtemps. Posons-nous sincèrement une question : pourquoi ne peuvent-elles pas alors prêcher devant tout le monde durant une célébration ? Enzo Bianchi le rappelle : il n’existe pas d’interdiction évangélique pour les femmes de revêtir ce rôle et il n’est donc pas impossible de le leur confier. Tous ceux et celles qui ont eu cette rencontre à cœur ouvert avec Jésus ne peuvent s’empêcher d’aller le dire, de l’annoncer, de le proclamer, car c’est lui, le Christ, qui fait de tous les hommes et de toutes les femmes rencontrés le long de son chemin des témoins, des messagers et des apôtres. Il s’agit donc de vivre l’Église comme une communauté riche et ouverte, intéressée par l’écoute de la différence, et de l’imaginer encore plus vivante et attrayante. 

Catherine Aubin

L’Osservatore Romano – 1er mars 2016

http://www.osservatoreromano.va/fr/news/les-femmes-qui-prechent

Crédit photo: 
http://www.festivaldispoleto.com/2014/photogallery.asp?id_dettaglio=4673&lang=
Share

Commentaires

Auteur du commentaire: 
Pierronne la Bretonne
Salut en Christ, La prédication "a comme fondement la libre rencontre de l'amour qui aime et qui est reçu". Voilà l'essentiel! Ces grandes dames du Christ qui nous précèdent, capables de l'indicible amour du Maître, ces femmes remplies de sagesse et rayonnant la Grâce, rendant palpable l'Amour transfigurant qui seul sauve et accomplit, mystiques et abbesses pour un bon nombre, nos parlent encore dans une communion d'amour que rien ni personne ne peut nous ravir. Ainsi, aujourd'hui leurs soeurs bien-aimées, nos soeurs qui sont lumière et sel de la terre, qui vivent de cette communion et qui sont nourries de cet amour, doivent immanquablement pouvoir l'exprimer, en témoigner par la parole pour la plus grande joie de tous.

Auteur du commentaire: 
ibelamibaasu
http://canada-onlinekamagra.net/ - Kamagra Massachusetts Celebrex Attorney http://online-synthroidthyroxine.com/

Auteur du commentaire: 
gwen
l'église doit s'ouvrire d'avantage aux femmes  et oublier le discousr du moyen agé 

Ajouter un commentaire