Les femmes, « dalits » (intouchables) de l’Eglise ?

Comité de la Jupe

On me dit que depuis quelque temps, les petites filles ne peuvent plus être « servantes d’autel ».

Pire, certains ont noté que dans leur paroisse, la communion n’était plus donnée par des  femmes laïques. En vertu de quels décrets ou directives, émanant de qui ? Je n’en sais rien. Mais il est urgent de procéder à l’analyse des conséquences de telles pratiques sur la jeunesse de demain.

Tout d’abord, toute discrimination, ou exclusion, fait naître chez un(e) enfant un sentiment d’injustice brûlant. Surtout lorsqu'il s’agit d’interdire un accès longtemps autorisé. L’enfant se demande s’il (elle) n’est pas mauvais(e). Qu’a-t-il (elle) fait pour être tenu à l’écart ?

Que l’on songe à l’apartheid Sud Africain, à la discrimination envers les Afro-Américains, et, plus proche de nous, à l’accès interdit de certains lieux de jeu aux enfants juifs en 1942. Toutes ces mesures ont produit des souffrances insupportables, et parfois, des soifs de revanche compréhensibles.

Car l’humiliation est difficilement dépassable pour un enfant. Cependant, si celle qu’il subit est considérée comme illégitime par ses parents et son entourage, et montrée comme infligée par un pouvoir abusif, le mal est moindre.

Dans le cas qui nous occupe, au contraire, les prêtres, considérés comme une autorité éducative, porte-parole de Dieu ; et les parents, sont censés se faire activement courroies de transmission d’une exclusion intolérable.

De plus, les relations entre filles et garçons s’en trouvent considérablement modifiées. Si l’autorité désigne les personnes de sexe féminin comme « indignes de », les jeunes garçons les considéreront comme inférieures, quelles que soient les explications oiseuses qu’on voudra bien leur donner sur « l’égale dignité » des femmes.

Et toute violence a pour origine la désignation d’un sexe, d’une ethnie, d’un groupe, comme inférieur. C’est parce que l’Autre est moins « digne de », que l’on peut mal le traiter, voire le frapper, ou le détruire.

Avec de pareilles pratiques, la violence conjugale qui tue une femme tous les deux jours et demi, connaîtra encore des flambées incoercibles.

L’Eglise ne doit pas être le bras armé de l’oppression des femmes.
Il y va de sa respectabilité, et de son inclusion dans la société civile.

Une petite fille à qui l’on répète que parmi les valeurs de la République, il y a l’égalité homme-femme, et à qui l’on interdit l’accès de l’autel se trouve dans une incohérence douloureuse pour son univers mental.

L’Eglise est elle aveugle ?

Cette discrimination me rappelle une conférence donnée par un prêtre Indien « dalit » (intouchable).

Il expliquait comment le clergé Indien continuait les discriminations envers les intouchables, tout en croyant proclamer l’Evangile : interdiction de certaines fonctions, exclusion des séminaires : lui-même n’avait pu y entrer qu’en cachant sa condition.

Ses propos ont provoqué l’indignation et la compassion de l’assistance.

Alors ? Les femmes et les petites filles sont-elles « dalit » ?

Puisque Dieu a choisi de naître d’une femme, cette position est absurde.

Elle ne trahit que l’ignorance et la peur, l’obsession de la « souillure », tout cet attirail que l’on croyait balayé par le siècle des Lumières, et la réconciliation de l’Eglise avec la République.

On ne peut confisquer Dieu à personne.

Michelle Colmard-Drouault.

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Commentaires

@M.F 1) On est tous prêtre 2)Pour ce qui est de therese tu as oublié ce texte : "Je sens en moi la vocation de Prêtre, avec quel amour, ô Jésus, je te porterais dans mes mains lorsque, à ma voix, tu descendrais du ciel. Avec quel amour je te donnerais aux âmes !…Mais hélas ! Tout en désirant d'être Prêtre, j'admire et j'envie l'humilité de Saint François d'Assise et je me sens la vocation de l'imiter en refusant la sublime dignité du Sacerdoce.O Jésus ! Mon amour, ma vie…comment allier ces contrastes ? Comment réaliser les désirs de ma pauvre petite âme ?…" Dans ce texte, Thérèse évolue vers un amour plus large, plus grand encore, il ne s’agit plus d’envier une vocation mais de vivre tous dans l’amour .Et elle termine ses rêves , ses désirs en disant :"Dans le Cœur de l'Église, ma Mère, je serai l'Amour…ainsi je serai tout…" 3) Dans l'ordre naturel, il y a des hommes qui ont la vocation de porter un enfant et accouche mais cela n'empêche pas que ce privilège a été réservé seulement à la femme. Et les hommes ont beau trouver cela injuste et discriminatoire, c'est un fait, c'est une volonté de Dieu. Idem au plan surnaturel seul les hommes ont eu ce privilège qui ne fait pas d'eux des saints mais qui leur donne une autre vocation dans l'église .

Fred, Porter un enfant n'est pas un privilège c'est une fonction naturelle des "femelles". Ça a à voir avec l'ordre animal, pas avec l'ordre divin. Ce qui a à voir avec l'ordre divin, c'est de devenir parents, de mettre au monde l'humanité de nos enfants. Et ça, ça appartient aux hommes aussi bien qu'aux femmes. Quant au "privilège" d'être prêtre (dans le sacerdoce ordonné), les hommes se le sont arrogés, en faisant une exégèse du choix du Christ. De douze hommes juifs, ils n'ont retenu comme critère pertinent, ni douze, ni juif, mais "homme". Invoquer en la matière le "plan surnaturel" c'est aller un peu vite en besogne. La question est de savoir si c'est un usage traditionnel ou une révélation dans la Tradition. Ce n'est pas en criant fort ou en répétant "c'est Dieu qui le veut, c'est le pape qui le dit" qu'on aura raison. Il y a l'Esprit Saint qui fonctionne comme un vent d'érosion sur nos soi-disant certitudes éternelles. Je ne sais pas quelles convictions il bousculera, les vôtre où les miennes, mais c'est lui qui aura le dernier mot.

Que devrons nous répondre à une petite fille qui demande pourquoi il n'y a pas de femmes prêtres ? Cela ne risque t-il pas d'engendrer chez elle une incohérence douloureuse pour son univers mental?

Tourt ce qui est eccrddif est insignifiant. arrêtez de grace cette bonne vielle pratique du regrettable Staline de l'amalgame (qu'est-ce que l'apartheid qui était une dscrimination raciale a à faire avec la question des petits clercs ?) et de vouloir "casser" tous ceux qui ne pensent pas exactement comme vous en les faisant passer pour des réactionnaires imbéciles selon la bonne vielle méthode pharisienne (moi Monsieur j'ai la science infuse). Il y aurait discrimination si l'on refusait des clercs pur des raisons raciales ou sociales ; ce qui n'a jamais été le cas : lorsqu'il y a plus de 50 ans j'étais clerc il y avait autour de moi des noirs, des asiatiques, des fils d'ouvriers et des fils de PDG et comme le dit la chanson tout celà faisait d'excellents enfants de choeur. A l'autel nous étions tous pareils et le costume de choeur tout comme l'uniforme scout effaçait toutes les différences vestimentaires dues à l'argent. J'ajoute que dans nos milieux catholiques les parents faisaient le nécessaire pour qu'il n'y ait aucune marque de supériorité. Le service de l'autel (car je rappelle qu'il s'agit avant tout d'un service et non d'une quelconque dignité) est réservé aux garçons qui assistent et aident le prêtre. Il n'y a là aucune discrimination et les filles peuvent remplir d'autres services tout aussi gratifiants : chants, lectures, placement des fidèles, aide aux fidèles handicapés, catéchisme des tout petits etc... Le service de l'autel est une manière importante de provoquer les vocations sacerdotales. Tous mes camarades qui sont devenus prêtres ont été clercs et/ou scouts catholiques. Par ailleurs tous les psychologues sérieux savent que les garçons sont plus heureux et épanouis d'avoir des activités entre eux vers 10 17 ans ; le développement psychologique des garçons et des filles étant très différent. Et qu'on ne me dise pas que le développement séparé favorise l'homosexualité, c'est tout le contraire ; les garçons ont besoin de référents masculins. Bien entendu, mais il s'agit d'un problème totalement diférent, je suis plus que favorable à l'introduction la plus large possible des femmnes dans les instances de gouvernement de l'Eglise. Encore une fois, la Doyenne de la Faculté de théologie catholique d'Angers qui est un des plus grands théologiens contemporains (je mets le neutre exprès pour montrer que, ce faisant, j'inclus par cette formule tous les théologiens hommes et femmes selon la recommandation de Madame le Secrétaire perpétuel de l'Académie française) n'a aucunement envie de devenir prêtre. En ce qui concerne l'apologie des "Lumières" et la réconcliliation avec la République je me souvens ce qu'en pensait en 1989 Mgr Lustiger. Je ne sache pas que la République soit très favorable à l'Eglise catholique même sous Sarkozy. Les lois de la République française (ou du royaume de Belgique), me paraissent parfois difficilement compatibles avec l'Evangile (avortement, pacs, mariage same sex, disparition du jour du Seigneur, euthanasie, contraception chimique etc... je vous renvoie à Paul 6. Sans rancune mais n'excommuniez pas non plus les gens qui ne sont pas exactement "dans la ligne".

Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte-Face écrit : « Je me sens la vocation de GUERRIER, de PRÊTRE, d'APÔTRE, de DOCTEUR, de MARTYR (...)je sens en moi la vocation de PRÊTRE ; avec quel amour, ô Jésus, je te porterais dans mes mains lorsque, à ma voix, tu descendrais du Ciel » Docteur de l' Eglise, Thérèse ne dit pas qu'elle devrait chasser de son coeur cette vocation de prêtre comme si elle commettait un péché, une faute ou se complaisait dans le désir coupable d'une fonction interdite !La vocation de prêtre ne nait pas que chez les garçons, elle est bien présente en tout être humain . Qui peut affirmer que l'Esprit Saint traite différemment l'homme et la femme et exclue de ses dons la moitié de l'humanité ?

C'est quoi cette histoire de privilège ? Privilège de femmes qui met au monde les enfants, privilège des Hommes mâles à exercer un ministère sacré ou même des petits garçons à s'approcher de l'autel pour servir la messe... Mais rien n'est privilège ! Les femmes ont cette fonction biologique et c'est sans doute à cause de cela que les Hommes mâles (excusez-moi, mais il n'y a pas de mot spécifique en français) se sont arrogés des droits compensatoires et en particulier, en termes de religion, un droit - qu'ils se sont réservé - être les seuls à pouvoir recevoir les ordres en réponse à un appel de Dieu, et suite logique, être les seuls à assumer la direction de l'église, la prise des décisions et le choix des lois morales. La moitié de l’humanité qui décide pour elle-même et pour l’autre moitié, quelle revanche ! Pour cela , dans l'Eglise chrétienne, ils n'ont pas eu de mal à imiter ce qui existait dans la société : l'affirmation de la supériorité du mâle humain, s'appuyant uniquement sur sa supériorité musculaire! Et voilà pourquoi l'Eglise chrétienne a été très vite hémiplégique! Quelques-unes de nos sociétés du XXI ème siècle sont arrivées à se libérer de cet handicap, un certain nombre d'églises d'obédience chrétienne l'ont fait aussi , l'église catholique romaine, toujours à la traîne, car incapable de définir ce qu'est exactement la tradition et assez portée sur l'idée qu'elle doit attribuer des rôles figés à chaque sexe, mettra un peu plus de temps à accepter l'égalité et à reconnaître l'intérêt qu'elle aurait à le faire, mais elle y viendra inexorablement malgré toutes les réticences. Oui, Jésus était entouré d'un petit groupe de personnes de même sexe que lui, les douze, plus disponibles sans doute, et surtout sans risque de faire scandale au sein de sa religion. Il y avait aussi de nombreuses femmes très proches, très fidèles et il ne faut pas oublier qu'il a confié à Marie-Madeleine qui le comprenait si bien, plus de choses qu'à ses rustres compagnons ... Bien sûr, ceux qui ont rassemblé les souvenirs qu’on avait de lui, une cinquantaine d’années après sa mort, ne se sont pas attardé outre mesure sur ses rapports avec les femmes, ce n’était pas dans les habitudes de l’époque… encore que si on mettait en application le peu qui nous est parvenu, ce serait la révolution maintenant encore… Bien entendu, je suis seule à assumer ces propos qui ne font pas partie des textes du magistère de l’église catholique ! … j’avais juste envie de partager ces réflexions avec ceux qui ne sont pas obsédés par l’intouchable supériorité masculine et qui ont pris conscience qu’à vouloir à notre époque , maintenir le pouvoir d’un sexe sur l’autre qui en est obligatoirement rabaissé, on risquait de provoquer une perte de confiance majoritaire des fidèles en la hiérarchie qui leur est imposée. Ce processus est déjà, il me semble, bien démarré.

Non, Fred, Thérèse n'évolue pas vers un amour plus large, elle sait que l'amour est ce qui anime l'Eglise et toute vocation ; carmélite, elle rejoint , au coeur de l' Eglise, le coeur même de toutes les vocations; non elle n'envie pas, elle sent en elle la vocation de prêtre et sait quelle pourrait y répondre, c'est tout à fait différent; est ce que le prêtre aime moins qu'une carmélite , son amour au coeur de l'Eglise est-il plus étroit? Je ne le pense pas.

Chère Christine et AdrienneH quelle autre réponse attendez vous de l’Esprit saint que celle que l’Eglise a donné à cette question sous l’inspiration de l’Esprit saint ? Je voulais juste vous rappeler que l’Eglise a clôturé cette question et que non seulement elle l’a clôturé mais qu’en plus elle considère son jugement comme étant infaillible. Elle l’a clôturé comme, elle en a clôturé d’autre tout au long de son histoire en y répondant par des dogmes. Si on doit revenir en permanence sur les dogmes de l’Eglise alors la tradition n’existerait pas dans l’Eglise et la vérité deviendrait relative. La question dans l’Eglise n’est donc plus de savoir comment les femmes pourraient accéder au sacerdoce ministériel mais comment elles peuvent enrichir pleinement l’Eglise et si toutefois cela est vraiment nécessaire. Et c’est en cela que je soutiendrais le comité de la jupe même si mon soutient ne vaut pas grand-chose .

Fred, si vous visez l'accession des femmes au presbytérat, je vous l'ai déjà dit à de multiples reprises: Jean-Paul II a eu la volonté de clore le débat. Certes, cette décision a un haut niveau d'autorité, mais ce n'est pas un dogme, et l'infaillibilité n'a pas été engagée.

AdrienneH : l'argument du respect des conventions sociales pour le choix de 12 hommes par le Christ ne tient pas la route.. En de nombreuses occasions, il n'a pas craint d'aller contre ces conventions !! Toutefois, la manière de choisir ses "ministres" (qui signifie les "moindres") doit nous interpeller : - Cela n'implique pas que les femmes n'aient aucun rôle. Notamment, les femmes ont été les seules -à l'exception de Jean- au pied de la croix lorsque le Christ fut crucifié ! - Et pourtant, le Christ n'a choisi ni ces femmes ni Jean pour mener son Eglise. Il a choisi un type qui l'avait honteusement trahi, Pierre. Sans doute pas parce qu'il était un homme (il aurait pu prendre Jean) mais sans doute justement parce que cet homme avait fait l'expérience de sa propre faiblesse. Je crois que sur de nombreux points les femmes feraient aussi bien, voire mieux que les hommes dans le ministère, mais c'est des hommes -et qui plus est, des pécheurs- que l'Eglise appelle.

@ Fred : Qui peut affirmer savoir quand et où souffle l'Esprit ?

Sur la qualification juridique de l'autorité engagée par le magistère sur l'exclusion des femmes du ministère presbytéral, vous pouvez lire les théologiens spécialistes suivants : Après Inter Insigniores : - LEGRAND Hervé, « Traditio perpetua servata ? La non-ordination des femmes : tradition ou simple fait historique ? », in Rituels, Mélanges offerts au père Gy, Cerf, 1990, pp. 393-416. [Important commentaire d’un de nos principaux ecclésiologues] - LEGRAND Hervé, « L'ordination des femmes au presbytérat », in LAURET Bernard et REFOULE François (éd.), Initiation à la pratique de la théologie. Tome III : Dogmatique 2, Paris, Cerf, 1993, p. 260-264. Après Ordinatio sacerdotalis - MOINGT Joseph, « Editorial : Sur un débat clos », Recherches de Science Religieuse, 82/3, Juillet-Septembre 1994, pp. 321 -333. [Consultable en ligne. URL :http://www.womenpriests.org/fr/francais/moingt.asp] [Position fine, rigoureuse et bien argumentée du directeur d’une des plus importantes revues théologiques. Il se bat plus pour l’honneur de la recherche théologique que pour les femmes] - TORRELL J.-P., « Note sur l’herméneutique des documents du magistère. A propos de l’autorité d’Ordinatio sacerdotalis », Freiburger Zeitschrift für Philosophie und Theologie, n° 44, Fribourg (Suisse), 1997, pp. 176-194. -Ainsi que le dossier qui est consacré par la Revue de droit canonique, t. 46/1, 1996

@Adrienne H L'esprit souffle dans l'Église et par l'Église. Alors pour ce qui est de l’accession des femmes au presbytéral le moins qu'on puisse dire c'est que depuis 2000 ans l'Esprit saint ne fait rien pour que ça arrive , vraiment rien . Alors je me demande si c'est vraiment la volonté de Dieu ou celle de certain théologien . ce qui est sûr c'est que le jour que ça devra se faire il faudra explique aux catholique dans quelle mesure infaillibilité de Jean paul II est nulle . En attendant cette histoire est entrain de miner les relations entre les homme et les femmes dans l'Église.

Fred, les sociétés chrétiennes (y compris catholiques) ont admis l'esclavage pendant 19 siècles. il a fallu en attendre 20 pour qu'une condamnation totale et sans conditions de l'esclavage soit énoncée par l'Église (concile de Vatican II). Jusque là, la traite et la réduction en esclavage étaient condamnée, mais pas le fait de posséder des esclaves. Pour mémoire, voici ce que l'Église disait en 1866 dans une instruction du Saint Office signée par Pie IX : “L’esclavage, en lui-même, est dans sa nature essentielle pas du tout contraire au droit naturel et divin, et il peut y avoir plusieurs justes raisons d’esclavage, et celles-ci se réfèrent à des théologiens approuvés et des commentateurs des sacrés canons…Il n’est pas contraire au droit naturel et divin pour un esclave, qu’il soit vendu, acheté, échangé ou donné.” Croyez-vous que l'Esprit ne soufflait pas? Il faut qu'il souffle très très fort, et très longtemps pour déplacer nos certitudes… et notre péché!

Pour une réflexion sur les problèmes théologiques des textes du magistère sur l'exclusion des femmes, il serait juste qu'une bibliographie comporte aussi un peu une "autre" parole : - Franchir le miroir patriarcal. Pour une théologie des genres, Dumais Monique (dir), collection Héritage et projet, Montréal, Fides, 2007. - et tout particulièrement "le poids du 'genre' dans les fondements bibliques de l'exclusion des femmes du sacerdoce ministériel" d'Olivette Genest. De façon général, il serait bon que dans ce genre de débat, on cesse de se référer à des textes du magistère ou des écritures comme à des absolus qui doivent nous faire taire ou nous empêcher de penser. D'un côté, on utilise trop souvent la Bible pour cautionner une idéologie préalable alors qu'on ne peut déterminer une éthique contemporaine avec la Bible pour seul appui, il faut davantage travailler à une intelligence des écritures. De l'autre, toute personne qui se plonge dans les textes du Magistère se rend bien vite compte qu'il vise l'expression d'une vérité non négociable reposant sur un système clos autoréférentiel et non sur une analyse plus en phase avec la liberté académique, qui est elle l'un des plus beaux héritages chrétiens que nous ont légué nos ancêtres. Fort cordialement

PS. D'ailleurs dans la bibliographie citée par Gonzague, vous remarquerez qu'il n'y a pas une seule femme auteure. A croire que ce sont toujours les hommes, les théologiens, qui sont toujours les plus à même de parler des femmes sur le ton de l'évidence et renvoyant au ridicule toute autre forme de pensée. Classe de genre et minorité sexuelle n'ont pas leur place dans l'énonciation notre théologie catholique, ce qui tend bien à montrer qu'elle se structure surtout comme un discours exclusif et identitaire. Là où les sciences humaines et sociales intègrent les critiques du linguistic turn depuis une vingtaine d'années, on semblerait en contexte catholique ignorer qu'il n'y a pas de discours qui ne soit pas toujours un peu rapport en force. Si nous ne pouvons tendre à l'objectivité, ayons au moins pour objectif l'honnêteté et arrêtons de nous faire croire que la messe est dite une fois pour toute.

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