Les catholiques Américains demandent l’ordination de femmes

Comité de la Jupe

La Croix de ce jour [1] se fait le relais d’un article du National Catholic Reporter [2] qui, dans un éditorial musclé demande l’ordination des femmes. La démarche s’explique par la récente mesure disciplinaire prise le 19 novembre dernier à l’encontre du père Roy Bourgeois qui avait été l’un des acteurs de l’ordination d’une femme en 2008. Celui-ci vient d’être excommunié et réduit à l’état laïc. Rien que cela ! Quant on se souvient de la tiédeur des sanctions envers des prêtres coupables de pédophilie, on mesure la peur que les femmes suscitent dans ce petit monde romain. Dans son communiqué, le Magistère se place même en défenseur de la sensibilité des fidèles….

Sans doute le contexte américain est-il autre, peut-être plus favorable que le contexte français, et nous souhaitons à nos sœurs et à nos frères américains catholiques d’être entendus. Le Comité de la jupe a maintes fois rappelé, comme beaucoup d’autres dans l’Église, y compris des théologiens de grande réputation ainsi que des cardinaux et des évêques que le dossier de l’exclusion des femmes du ministère ordonné ne pouvait être définitivement fermé, comme le prétend la lettre apostolique Ordinatio Sacerdotalis de 1994 et que les arguments qui le soutenaient étaient d’une grande faiblesse.

Cependant, la question de l’ordination des femmes est tellement liée à une réflexion globale sur la vocation presbytérale et le rôle des prêtres au sein des communautés chrétiennes que nous ne croyons ni opportun ni urgent de la soulever maintenant, surtout dans le contexte français, déjà fortement menacé de fractures.

Par contre, il n’est pas inutile de rappeler que le Comité de la jupe a pour objectif de lutter contre les discriminations à l'égard des femmes et qu'il y a beaucoup à faire immédiatement, soit sur le terrain liturgique, pour ne pas exclure les fillettes du service de l’autel, ni les femmes des lectures et de la distribution de la communion, soit sur le terrain des responsabilités pastorales et du gouvernement de l’Église, ou plus simplement encore, dans le langage et la vie ecclésiale ordinaire.

Anne Soupa

Liens

[1] http://www.la-croix.com/Religion/Urbi-Orbi/Monde/Etats-Unis-le-National-Catholic-Reporter-milite-pour-l-ordination-des-femmes-_NP_-2012-12-04-883571#.UL4jaGPynaU.mailto

[2]http://ncronline.org/news/people/editorial-ordination-women-would-correct-injustice

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Commentaires

Bien à l'abri des discriminations, et ne connaissant pas dans son intimité les meurtrissures qu'elles causent, Paul déclare qu'une fois de plus, les femmes-et les hommes qui les appuient- n'ont qu'à se soumettre! Comme c'est facile de dire , du haut d'une position privilégiée: "patientez, soumettez vous pour le moment, luttez de l'intérieur"! Il y a certainement des femmes non favorables à l'ordination d'autres femmes, et c'est leur droit, mais les laisser s'exprimer elles mêmes serait le moins...Cependant, l'aliénation est aussi dans nos têtes, disions nous voici 40 ans, et c'est toujours vrai; le sentiment d'indignité religieuse qu'on nous a inculquées a creusé de lourds préjugés; alors il est difficile d'évaluer la teneur exacte de ces jugements défavorables. Eh oui, Catherine, Marie Jeanne, continuons à rêver, "Let us have a dream!" Auriez vous dit aux Noirs Américains qui luttaient pour leurs droits civiques d'attendre et se soumettre, Paul ? Le racisme, le sexisme, qui ont la même racine, la peur de l'Autre, rendent impatients ceux et celles qui les subissent. @Anne Marie, ce n'est pas si simple, on ne peut pas dire que dés que les peuples en voie de développement peuvent voter, ils votent pour des islamistes! et par ailleurs, l'Egypte a depuis longtemps dépassé le stade d'être "en voie de développement". La question est complexe , et mérite plus que cette phrase, non ?

C’est mon avis mais je suis absolument convaincu que la situation de la femme dans l’Eglise s’améliora lorsque la « lettre apostolique Ordination Sacerdotalis » sera acceptée et intégrée par tous les catholiques. Par exemple je suis quasiment sûr que l’exclusion des fillettes du service de l’autel est tout simplement une réaction à la demande de l’ordination des femmes. Certains pensent que c’est en militant ou en mettant sous pression l’Eglise que la situation de la femme s’améliora mais pour moi c’est totalement l’inverse c’est au contraire en intégrant et en acceptant les injonctions de l’Eglise qu’on pourra aller plus loin.

Grandiose! Jusqu'où la mauvaise fois va-t-elle se fourrer! Ainsi, ce serait la faute des femmes si elles sont victimes d'exclusion. ce sont-elles qui seraient des instances de provocation qui seraient la cause de la réaction.

Catherine !je pense que Paul se croit encore dans les années 1945 où dans ma campagne des soeurs enseignantes protègées par le Concordat ,se permettaient de mettre la tête sous le robinet des élèves qui s étaient fait des frisettes avec des bigoudis ou qui renvoyaient les petites filles de 7ans qui portaient des robes à manches courtes le jour de leur première communion .Tout cela parce qu elles étaient aigries,comme le sont ces messieurs qui ne supportent pas la présence des femmes dans le choeur ,ou par peur des femmes qui pourraient devenir leurs égales.Est-ce digne d un chrétien d avoir des réactions odieuses à l égard des femmes qui demandent à ètre considérées sur un pied d 'égalité !Bon courage !

L'intégriste est peut-être aussi celui dénoncé par Maritain à Toulouse en 1968 quand il "dénonce l'athéisme pratique non pas de ceux qui se déclarent athées, mabien plus grave et plus pernicieux, ceux qui dans leur vie manifestent une telle routine et un tel pragmatisme borné que l'on voit bien que Dieu est absent de leur vie. « Ils n'y croient pas », comme dit le langage courant ! N'est pas athée qui veut et n`est pas croyant qui croit ! L'habit ne fait pas le moine et les grandes déclarations ne font pas toujours des athées cohérents !

Oui, Christine, GRANDIOSE. Cependant Paul H ne fait que se référer à la manière constante dont l'institution traite ses sujets: courbe toi, ô mon fils, ô ma fille, et tu verras ma grande miséricorde, un jour, peut-être, ... Les méthodes de l'inquisition inspirent toujours l'institution et ses adeptes.

Moi, je rêve du jour où les femmes pourront prendre la parole dans l'Eglise, pour enseigner, faire des homélies. Je rêve du jour où elles pourront donner le sacrement des malades, le pardon de Dieu.Je rêve du jour où dans l'Eglise, la pensée d'une femme sera prise à l'égale de celle d'un prêtre. Je rêve du jour où on ne lui demandera pas seulement de faire des gâteaux au yaourt et de découper de jolies étoiles de Noël. Je rêve du jour où le prix tacite d'une prise de parole de 5 minutes ne sera plus le ménage et le rangement des salles paroissiales... Il faut croire qu'ils sont nombreux en Amérique à faire le même rêve que moi...

A mon humble avis, avant que l'Egise commence "réellement" à se poser la question de l'ordination des femmes, il faudrait peut-être qu'elle commence par considérer les femmes comme des "êtres humains" à part entière!!! Est-ce que le Vatican ne ferait pas partie des états où la charte des droits de l'Homme se retrouve baffouée copieusement???? Où est l'égalité des sexes? Mais ça ne semble choquer personne... C'est sûr qu'une telle proposition ne pourrait que choquer beaucoup de fidèles puisque le clergé a si bien travaillé, pendant de si nombreuses années à nous construire une solide réputation en accusant Eve d'avoir conduit Adam au péché. Certes, le discours a un peu évolué (officiellement) depuis quelques temps mais les fausses rumeurs et les vieilles traditions ont "la peau dure"!!! Paul, vous m'avez l'air dun homme charmant mais quand vous proposez "de suivre les injonctions de l'Eglise" pour ne pas prendre le risque de faire des vagues, malgré la bonné éducation que m'ont donné mes parents, moi, une femme, j'en suis navrée mais j'ai envie de vous dire m.....! Ne vous inquiétez pas, pour rien au monde, je ne voudrai être ordonnée. pour des raisons qui me sont propres. Vous pouvez continuer à dormir tranquile!

Chère Christine , Vous m’avez mal lu mais je n’ai jamais dit que ce sont les femmes qui militaient pour l’ordination des femmes au contraire toutes les femmes « pratiquante » que je côtoie, elles n’en sont pas favorable .Par ailleurs je n’approuve ni ne désapprouve quoi que ce soit je dis simplement que le refus d’accepter la lettre « Ordinatio Sacerdotaliss » pour moi raidit et bloque tout.

Paul, Je vous ai parfaitement bien lu, comme d'autres commentateurs. Que les femmes se soumettent et tout ira mieux, tout redeviendra "comme avant". D'ailleurs, heureux homme que vous êtes, vous ne fréquentez que des femmes soumises!

Vous trouvez ici, une publication de jonas-strasbourg dont les articles pourraient commenter l’une ou l’autre des rubriques de ce site - Connaissez vous les béates ? - Et les gardiennes des berceaux ? Un petit tour ici s’impose : http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/41/17/19/va/VE-Decembre-2012-Femmes--Page-1-.pdf Quant à l’ordination des femmes, n’est ce pas un peu trop tard ? Il y a 20 ans cela aurait été prophétique. Aujourd’hui, cela signifierait simplement que le magister acculé tente de sauvegarder l’institution pyramidale (voir totalitaire). Peut-être, vaut-il mieux qu’il reste arque bouté sur ses positions cela nous (femmes et hommes laïcs) oblige à l’imagination et nous donne la liberté de pensée, de parole, d’action.

@ Paul L'argument "les femmes elles-mêes n'y sont pas favorables" n'est pas plus décisif que l'argument selon lequel les peuples en voie de développement ne désirent pas vraiment la démocratie: vous voyez bien, dès qu'ils peuvent voter, ils élisent des islamistes. Et après? La démocratie est-elle moins désirable pour cela? Ce n'est pas pour faire plaisir aux femmes que l'ordination des femmes est nécessaire; c'est parce que l'ordre actuel dans l'Église est un ordre sexiste, et qu'une anthropologie sexiste n'est pas compatible avec l'Évangile. Et ce n'est pas non plus pour que l'Église soit "de son temps", "dans le vent", et toute cette sorte de fadaise. Nous n'avons pas à suivre l'air du temps quand il est vicié; et de toute façon, l'air du temps est encore sexiste pour un bon moment.

Oui Zoé, quel beau bouquet de fleurs comme il faut, c'est à dire avec des piquants car il en faut hélas encore! Je souhaite à ce bouquet de vieillir vite, c'est à dire de perdre ses piques devenues inutiles. Alors ses rides seront gracieuses, comme ce texte sur les Béates. Nous savons qu'il est déplaisant d'être contraint de mettre des cactus et autres épines dans un bouquet même si certains -frères et sœurs, clercs et laïcs- taxent hâtivement ces pointes de manque de charité, de manque de soumission, d'orgueil, ... peur inconsciente, inavouable, de l'autre sexe (il y a encore trop de "Paul H"!). Comment mettre ce recueil sur la question des sexes dans la société française et dans l'institution catholique plus en exergue, et inciter à le diffuser largement?

Le Comité de la Jupe est cité à ce sujet dans un article des excellentes Nouvelles News : http://www.lesnouvellesnews.fr/index.php/civilisation-articles-section/civilisation/2395-etats-unis-offensive-pour-les-femmes-pretres

Chère Christine, Dois-je comprendre que pour vous une femme qui ne désire pas l’ordination sacerdotale des femmes est une femme soumise ? croyez vous vraiment qu’une mère Teresa , une Chiara Lubich , une Nicole Échivard sont des femmes soumise ?

A mon sens, dire qu'il faudrait attendre une "une réflexion globale sur la vocation presbytérale et le rôle des prêtres au sein des communautés chrétiennes" revient à attendre Godot ! En attendant, les catholiques n'en finissent pas de se priver tout simplement de femmes appelées par la prêtrise quel que soit l'état de la fonction. Et cette position ne fait que plaire au conservatisme rétrograde qui n'en demande pas plus pour s'engouffrer dans la porte ouverte. Plus ce temps dure plus l'église catholique se sépare de l'humanité de notre société et plus le message qu'elle lui envoie provoque l'aversion. Comme par hasard, c'est exactement le désir du conservatisme rétrograde de s'expatrier dans un royaume clos sur lui-même. Nul besoin d'y participer quand l'envie n'y est justement pas!

L'association des Pretres Catholiques d'Irlande vient d'exprimer tres fortement son soutien au Pere Roy Bourgeois http://www.associationofcatholicpriests.ie/2012/12/statement-of-support-for-fr-roy-bourgeois/ http://ncronline.org/news/global/irish-priest-association-supports-bourgeois

Un regret, le titre: "Les catholiques ..." au lieu de "Des ...". Même inexactitude quand Paul H écrit "Les femmes elles-mêmes n'y sont pas favorables", et d'ailleurs pour qui parle-t-il alors qu'il semble ne pas être une femme! Cela dit, qui peut exclure que, dans quelques années, la Cour Suprême américaine ne forcera pas le Vatican à sortir du congélateur où il s'est enfermé, comme cela va être probablement le cas prochainement à propos du mariage "pour tous".* Il est vrai aussi que là-bas, comme l'indique Henri Lindell sur son blog La Vie du 6/12/2012, la situation est un peu différente de la notre, en France : "D'ailleurs, ... l'Eglise catholique aux Etats-Unis est en légère croissance. On peut donc débattre et croître en même temps! Osons cette leçon : on n'est pas obligé de raser les murs et de faire des messes basses contre les évêques quand on n'est pas d'accord avec eux. On peut dire tout haut son désaccord. On peut même en assumer les conséquences. In fine, l’Église ne dépend pas toujours ... de la fidélité aux évêques. Elle dépend de la fidélité au Christ" (http://www.lavie.fr/sso/blogs/post.php?id_blog=11394&id_post=2235). On peut aussi oser compléter "cette leçon" en récusant la phrase de jacques joseph "nous ne croyons ni opportun ni urgent de soulever maintenant cette question, surtout dans le contexte français, déjà fortement menacé de fractures". Car, ne nous y trompons pas, l'interdit de débattre ou l'auto-censure, sont mortelles à terme; cacher les fractures est mortel. * Steve Schmidt (ex conseiller de GW Bush et J McCain) exhorte les républicains à accepter le mariage d'homosexuels: "Les dés sont jetés" (NY Times).

Votre article m’inspire une question que je me pose depuis le début de cet avent. Pourquoi le Verbe de Dieu a pris une nature masculine et non féminine ?

Et pourquoi s'est-il incarné il y a 2000 ans, et pas 3000 ou 1000 ou dans 1000 ans. Dès lors que l'Incarnation se produit il y a 2000 ans dans un monde marqué par des systèmes patriarcaux et la suprématie masculine, il semble pertinent qu'il ait été homme. Pour autant, est-ce que ça disqualifie les femmes du Salut, non bien sûr. Est-ce que ça les dispense de la mission d'annoncer la Bonne Nouvelle et d'en être témoins? Non évidemment, et très tôt, au même titre que les hommes, elles témoignèrent dans l'ordre du martyre. Est-ce que ça les exclu définitivement de la structure hiérarchique de l'Église et ne leur permet pas de participer comme les hommes aux charges d'enseignement, de sanctification et de gouvernement de l'Église? Aujourd'hui, les hommes qui détiennent tous les pouvoirs dans l'Église disent que les femmes sont définitivement exclues… parce qu'elles sont femmes. Cette façon de penser est "traditionnelle" pour autant, appartient-elle à la Tradition? À chacune et chacune d'y réfléchir.

@Christine ; Au début j’ai pensé aussi que sa nature masculine s’expliquait par la culture de son époque mais je me suis rappelé qu’on trouve déjà des femmes exceptionnelles qui jalonnent la mémoire du peuple élu. De Judith qui sauva Israël en tranchant la tête du général ennemi Holopherne, à Esther, épouse du roi Assuérus, qui évita par son intercession le massacre du peuple. On peut aussi citer quelques femmes prophétesses, la plus remarquable étant Deborah, au livre des Juges. Alors pourquoi le verbe fait chair n’aurait pas pu être la fille de Dieu dans le sillage de ces héroïnes de la Bible de tant plus que c’est lorsqu’on est faible qu’on est plus fort. Par ailleurs certes la culture juive était profondément patriarcale mais j’ai appris récemment que dans les religions païennes de cette époque il y avait des prêtresses et des déesses ce qui laissait une opportunité à Dieu de prendre une nature féminine. D’ailleurs on peut se demander pourquoi à l’exception des autres religions païennes de l’époque seule le clergé juif excluait les femmes. Bref beaucoup de question peu de réponse. Si j’arrive à comprendre pourquoi Dieu le Père est père et non mère, je n’arrive toujours pas à comprendre, pourquoi Dieu le Fils est fils et non fille .Si vous connaissez un livre, un article qui traite ce sujet je vous en serais reconnaissant de me le signaler .

Chère Gloria, Dieu le Père n'est Père que par anthropomorphisme. Il n'est aucunement masculin, et pas non plus féminin. Par ailleurs, l'argument des rares figure féminines de la bible ne me semble pas suffisant. Il n'y a au temps du Christ aucune autonomie pour les femmes juives. Elles sont filles ou épouses, toujours protégées par un homme, père époux, fils. D'où la très difficile situation des veuves si elles n'ont pas de fils pour veiller sur elles. Quant aux prêtresses des religions païennes, elles ont souvent à voir avec la prostitution sacrée. Pour finir, il faut aussi ajouter que Jésus n'a pas institué de prêtres, mais désigné les Douze pour être, en miroir des douze fils de Jacob qui sont à l'origine des douze tribus qui forment le peuple d'Israël, la souche d'un peuple renouvelé dans la sang du Christ. Quant à la "nature" que Dieu a prise les textes de l'Église disent qu'il a pris la "nature humaine", pas la nature féminine ou masculine. Ne faisons aps dire aux textes de notre tradition ce qu'ils ne disent pas.

@ Jean Pierre J'ai choisi, depuis plusieurs la fidélité au Christ plutôt que la fidélité aux évêques, et en plus, j'ai osé prendre la parole, cela me vaut aujourd'hui d'avoir perdu la plupart de mes amis, soit par mépris, soit par crainte de rentrer dans la tourmente en me côtoyant, soit par lâcheté tout simplement. Il ne me reste plus que la solitude et beaucoup de tristesse. Je ne rase pas les murs, je n'ose presque plus m'en approcher! @ Gloria Votre question m'a poursuivie pendant très longtemps. En y réflissant bien, une seule réponse me parait possible: le Verbe de Dieu a pris une nature masculine parce que nous savons tous que s'il avait pris une nature féminine, il lui aurait suffit d'ouvrir la bouche pour être lapidée immédiatement! Elle n'aurait jamais pu exercer son ministère pendant trois ans en annonçant librement la Bonne Nouvelle à son peuple. Jésus-Christ lui-même a dû parfois se cacher ou fuir certaines villes afin de pouvoir rester plus longtemps avec nous avant sa mort tragique, alors une femme qui aurait osé s'exprimer en publique, se faire proche des pauvres, guérir des malades de toute sorte ( sabbat ou pas)et pardonner leeurs péchés à ceux qui en avait besoin, je préfère ne pas penser à ce qu'il lui serait arrivé!!! Mais le Christ est né d'une femme, il a parlé aux femmes qu'il rencontrait et, il a gardé la "primeur" de sa résurection à une femme! Et tout ça, ce n'est sûrement pas anodin ou dépourvu de sens à mes yeux et, je l'espère pour l'ensemble des chrétiens! Et oui la première personne a être témoin de la résurection était une femme! Quel scandale tout de même!!! @ Christine Il m'arrive parfois dans mes commentaires d'émettre un avis dérangeant ou/et réservé sur Vatican II que vous ne semblez pas apprécier. Bien sûr que je suis d'accord sur le "fond" du concile. Cependant, je vous ferai remarquer que ce pavé a été écrit excusivement par des hommes, qui en plus étaient célibataires. La Tradition n'exigerait-elle pas qu'un concile rassemblerait autant de femmes que d'hommes, autant, de pauvres que de riches, autant de baptisés ordinaires que de théologiens érudits? Ne serait-ce pas ça la véritable universalité? Je sais que je rêve... mais après tout, pourquoi n'aurai-je pas le droit de rêver puisque c'est la seule chose qu'il me reste dans l'Eglise désormais?

Chère Marie-Jeanne, oserais-je vous suggérer de lire "Faut-il faire Vatican III? Vous y verrez que l'auteure ne suis pas un autre raisonnement que le vôtre.

@ Gloria (Sur Dieu père) Même Jean-Paul II rappelle que c'est le langage analogique qui attribue à Dieu des caractéristiques masculines et féminines qui le montrent comme père et comme mère ; que « cette “génération” ne possède en elle-même aucune qualité “masculine” ou “féminine” » (§ 8 de Mulieris Dignitatem) ; que « la “paternité” et la “maternité” humaine porte[nt] en soi la ressemblance, c'est-à-dire l’analogie, avec la “génération” divine et avec la “paternité” qui, en Dieu, est “totalement différente”, complètement spirituelle et divine par essence » (§ 8).

@ Gloria et Christine (sur Jésus mâle) Une spéculation personnelle sur l'incarnation du Verbe en un humain mâle, en réponse à J. Ratzinger. Joseph Ratzinger énonce dans "La Collaboration de l'homme et de la femme" : la « tentative de la personne humaine de se libérer de ses conditionnements biologiques […] considérerait comme sans importance le fait que Dieu ait assumé la nature humaine sous sa forme masculine. » (§ 3) « La masculinité du Fils permet de reconnaître comment Jésus assume en sa personne tout ce que le symbolisme de l’Ancien Testament avait attribué à l’amour de Dieu pour son Peuple, décrit comme l’amour d’un époux pour son épouse » (§ 10) Cette « importance » n’est sans doute pas une spéculation sur la nécessité d’une incarnation mâle car Dieu n’est pas lié par les symboles humains. C’est plutôt ce que la théologie scolastique nommerait la "convenance" d’une incarnation mâle. En assumant l’humanité mâle, le Verbe nous permettrait mieux de le reconnaître comme l’Époux et par là de reconnaître en lui l’amour de Dieu pour son peuple. Cet argument n’est pas sans valeur mais c’est une spéculation, une opinion théologique qui ne peut requérir l’assentiment de la foi. Disons que c’est une meilleure spéculation que celle de Thomas d’Aquin citant saint Augustin : « c’est l’humanité mâle qu’il convenait d’assumer comme le sexe le plus honorable » . Le Supplément à la Somme de Théologie estime pour cette même "raison" qu’il est impossible à une femme d’être ordonnée prêtre : « le sexe féminin ne peut signifier quelque supériorité de rang, car la femme est en état de sujétion. Elle ne peut donc recevoir le sacrement de l'ordre. » Et je me sens donc libre de spéculer à mon tour. Jésus est un “époux” sans prérogatives, sans domination, entièrement livré, c'est-à-dire tout le contraire d’un époux dans le droit et la coutume de l’époque, tout le contraire de la manière dont Adam est époux depuis le péché [« Le désir te portera vers ton mari, et celui-ci dominera sur toi » (Gn 3,16)]. Le sexe mâle de Jésus n’a donc aucune importance. Et n’est-ce pas ce que comprend l’Église dans le sacrement de mariage ? Le fiancé n’est pas seul ministre du sacrement : l’homme et la femme sont tous deux également ministres de leur mariage au nom du Christ “époux”. Mais dans ce monde pécheur, peut-être convient-il à ma conversion que Jésus ait assumé l’humanité mâle afin qu’en mourant par amour pour les femmes et les hommes il abaisse l’orgueil viril et crucifie la domination masculine en même temps que tous les péchés. « Celui qui n'a point connu le péché, il l'a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu. » (2 Co 5, 21) cf. "Les Femmes et la nature. L'écoféminisme". Hors-série de la revue "Les Réseaux des Parvis", n° 24, 2e semestre 2010.

S’ il y a un point que ces catho américains partagent avec les lefebvristes c’est que les deux sont persuadé à qu’à force d’acharnement ,d’obstination et d’acte de désobéissance ils finiront par changer d’avis Rome. Et ça me rappelle cette phrase d’Andre Frossard qui disait : « l’intégriste est celui qui fait la volonté de Dieu qu’il le veuille ou pas ». Quant à Marie Jeanne qui a choisi "la fidélité au Christ plutôt que la fidélité aux évêques" j’aimerais bien lui citer ces 2 passages de la parole de Dieu : « Faites confiance à vos pasteurs et soyez-leur soumis ; en effet, ils sont là pour veiller sur vos âmes, et ils auront à rendre des comptes. Ainsi, ils accompliront leur tâche avec joie, sans avoir à se plaindre, ce qui ne vous serait d'aucun profit. » (Heb 3 , 17 ). « Celui qui vous écoute, m’écoute ; celui qui vous rejette, me rejette et celui qui me rejette, rejette celui qui m’a envoyé. » Luc 10, 16 .

Que Marie-Jeanne se rassure, Rome a abondamment changé d'avis au cours des siècle et continuera. Parfois on peut-être en retard sur Rome, parfois en avance. Quant à Jésus, c'est celui qui est toujours devant nous et qui nous précède, et j'ose dire que souvent Rome a sérieusement trainé le pas.

En réponse à Paul... Un pasteur est celui qui prend soin de son troupeau, qui donne sa vie pour lui... un pasteur ne permet pas qu'une seule de ses brebis soit perdue, exclue...une brebis sent quand son pasteur est un "voleur"... J'ai été comme Marie Jeanne exclue de ma paroisse par de jeunes prêtres( et comme Marie Jeanne pour avoir oser prendre la parole). Mais en aucun cas ces prêtres n'étaient mes pasteurs, tant ils aimaient leur pouvoir. J'ai appris à faire confiance à des pasteurs,femmes ou hommes, laïcs ou religieux qui avaient un profond soucis de ce qui habitait ma vie.En les écoutant, j'écoute Dieu... ce sont ces pasteurs que Dieu m'a donné...C'est eux qui m'ont aidé à traverser cet immense sentiment de solitude dont parle Marie Jeanne, quand la plupart de vos amis vous tournent le dos. Attention donc à ne pas lire un texte au premier degré car cela pourrait nous ramener à des temps bien sombres et peu reculés où il suffisait d'obéir à un ordre ( être soumis à un pasteur) et ce, quelque soit l'ordre, puisque seul le chef( le pasteur) rendrait des comptes...Dieu nous a donné heureusement une conscience!!! Je reste en profonde union avec Marie Jeanne

@ Paul, Vous pensez sérieusement que les évêques sont au-dessus du Christ? Que cela vous plaise ou non, les évêques, même s'ils ont été "ordonnés" et ont donc reçu l'Esprit Saint, restent des hommes "faillibles" , comme tous les hommes. Je les respecte pour ce qu'ils sont mais, de par mon baptême, j'ai le droit de ne pas être toujours d'accord avec eux. Le fait que je reproche certaines choses à l'évêque du coin, ne veut pas dire que je pense qu'il ne fait que de mauvaises choses et qu'il devrait être lapidé ou guillotiné!!! J'ai beaucoup de respect pour lui pour plein de bonnes raisons... mais je ne suis pas toujours d'accord avec lui, parce que je sais qu'il lui arrive de commettre des erreurs comme nous tous ici bas. Je ne suis peut-être qu'une femme mais, en tant qu'être humain, j'estime avoir le droit de garder ma liberté de penser plutôt que d'obéir et subir en aveugle. Vous allez peut-être vouloir me parler de "l'infaillibilité" du pape... Comme, je suis une brebis égarée, je vais vous dire le fond de ma pensée: Un homme qui se croit "infaillible" commet un gros péché d'orgueil, rien de plus! Bien sûr que si les femmes pouvaient accéder au sacrement de l'ordre, elles ne seraient sans doute pas plus infaillibles qu'elles ne le sont aujourd'hui en n'étant rien du tout ou pas grand chose, et pas plus que ne le sont les évêques aujourd'hui, c'est évident car "le coeur est ardent mais la chair est faible". Vous avez tout à fait le droit de vous conduire en "mouton" si cela vous convient mais vous n'avez pas le droit de demander à toutes les chrétiennes et tous les chrétiens d'être comme vous. Car c'est ça la liberté de Dieu!

L’intégrisme est peut-être aussi celui dénoncé par Maritain à Toulouse en 1968 sous la forme de l’athéisme pratique, non pas de ceux qui se déclarent athées, mais plus grave et plus pernicieux, de ceux qui dans leur vie manifestent une routine et un pragmatisme borné qui montre que Dieu est absent de leur vie. « Ils n’y croient pas » dit le langage courant! N’est pas athée qui veut et n`est pas croyant qui croit! L’habit ne fait pas le moine et les grandes déclarations, encore moins les brillantes citations ne font pas toujours des "athées" ou des "croyants" cohérents!

Marie-Jeanne Non seulement vous avez le droit de garder votre liberté de penser et d'agir, mais vous en avez le devoir- si ce mot ne vous choque pas. Notre liberté fait partie de ces dons (ces "talents") qui nous ont été donnés par le créateur, et qu'il est sacrilège d'enterrer sans rien en faire. @ Anne-Marie Vous écrivez "par peur des femmes qui pourraient devenir leurs égales". Vous auriez pu écrire "par peur de femmes" tout court. La question de la place des femmes dans l'Église ne se réduit pas à un problème de pouvoir (même si, bien évidemment, il s'agit aussi de pouvoir). C'est une question d'identité. Qu'est-ce qu'un être humain? Qu'est-ce qui en moi est sauvé par la Résurrection du Christ? (je soupçonne beaucoup de croyants de ne pas arriver à croire que la sexualité soit sauvée...) Qu'est-ce qui fait de moi un prêtre au sein de ce peuple? Quelles relations puis-je avoir avec mes frères et soeurs croyants, moi qui suis prêtre? Je pourrais continuer comme ça assez longtemps... C'est toute la conscience qu'on a de soi, comme être humain, comme être sexué, comme enfant de Dieu, et comme membre de l'église, qui est inextricablement mêlée à cette peur des femmes chez les prêtres. Mais, qu'on me comprenne bien: la peur des femmes n'est pas le privilège des prêtres! Peut-être même pas le privilège des mâles... Seulement, dans leur formation et leur rôle en Église, tout concourt à renforcer cette peur et en même temps à la dissimuler sous des discours prétendument théologiques.

@ Michelle vous n'avez peut-être pas senti qu'il y avait de l'ironie dans ce que j'avais écrit. La phrase "vous voyez bien, dès qu'ils peuvent voter, ils votent pour les islamistes", je ne la prenais pas à mon comppte, je la mettais dans la bouche de ceux qui pensent que certains peuples ne sont "pas encore prêts pour la démocratie", comme les femmes ne seraient "pas encore prêtes pour l'égalité". C'est un argument paternaliste, c'est-à-dire méprisant. On se comprend mieux comme ça? @ modérateur du site: c'est un peu difficle de se répondre entre visiteurs du site quand le délai de mise en ligne est important...

Désolée, Anne-Marie, il arrive que la modératrice soit privée de liaison internet assez confortable pour faire la mise en ligne des articles. Bon Noël.

Et n'oublions pas qu'au commencement la femme est LA source du péché -avec son compère le serpent-. Et les hommes mâles de l'institution ont fait du sexe faible, avec la pomme, le symbole des dévoiements liés au sexe! Combien de temps mettra l'institution pour évoluer sur le péché originel, donc sur le péché tout court: le mal, le diable et l'enfer seraient alors comme une statue déboulonnée ...? On imagine les conséquences pour les catholiques qui ont avalé tout cru ce qu'on leur a enseigné comme LA Vérité. Alors, une femme prêtre de l'institution catholique, elle qui porte le péché originel -sauf Marie bien sûr-? Mais c'est invraisemblable! Pourtant si l'institution veut rester dans l’Église, elle va devoir y venir sans tarder, car cela craque de tous côtés, tout lui échappe!

@Anne_Marie: Oui, oui, je comprends mieux maintenant! Merci! Cette attitude a été à l'origine d'une décennie sanglante en Algérie: l'annulation d'élections où un parti islamiste était victorieux(hélas, mais c'était le jeu démocratique)sous le prétexte le-peuple-n'est-pas-encore-prêt, a déclenché une guerre civile...

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