Le ministère des femmes dans l’Église

Comité de la Jupe

Voici le compte rendu d'une participante à la rencontre du jeudi 19 novembre chez les dominicains de Paris, à leur couvent du 222 rue du Faubourg Saint Honoré.
Cette rencontre, qui se fait dans le cadre d'un cycle annuel sur "Dieu, la femme, les femmes" avait pour thème : « Le ministère des femmes dans l’Église »

Deux invités : Madame la pasteure Caroline Baubérot, luthérienne, et le frère Rémi Chéno o.p. théologien et ecclésiologue. Conférence passionnante où nous avons écouté deux théologies différentes vis à vis des ministères confiés à des femmes. Même si l’Église catholique emploie timidement le terme  ministère lorsqu’il s’agit de missions confiées à des laïcs au nom de leur baptême, car le mot ministère renvoie à ministère ordonné, il faut reconnaître que certaines femmes reçoivent des missions importantes au sein de leur paroisse ou diocèse. Mais comme le rappelle le frère Chéno, le magistère romain refuse catégoriquement l’ordination des femmes en le justifiant par deux arguments qui sont : d’une part que le Christ était un homme et que seul le prêtre parce qu’il est homme, peut représenter symboliquement le Christ ,et que  d’autre part, il est impossible à la femme d’accéder à l’ordination tout simplement parce que dans la tradition catholique cela ne s’est jamais fait.

Mais à l’écoute de la pasteure, nous découvrons une Église qui, sur un plan culturel a reconnu la valeur pastorale des femmes lorsque les pasteurs hommes ne pouvaient assurer leurs ministères. La réflexion théologique n’a pas été de trancher sur le pour ou contre l’ordination des femmes mais plutôt : existe t’il une raison théologique pour ne pas ordonner des femmes ? L’Église luthérienne s’est davantage appuyée sur la nécessité de s’adapter aux besoins pastoraux. S’appuyant sur Galates ch 3,27-28 « Oui, vous tous qui avez été baptisés en Christ ,vous avez revêtu Christ Il n’y a plus ni juif ni grec ;il n’y a plus ni esclave ,ni homme libre, il n’y a plus l’hommes et la femme ;car tous ,vous n’êtes qu’un en Jésus Christ »,  ,elle a pu mettre en pratique qu’elle pouvait rester fidèle à l’Évangile et être signe du Royaume de Dieu à travers la vocation du ministre ordonné, qu’il soit homme ou femme. Le pasteur, qu’il soit homme ou femme, est le vis à vis de la communauté, le pasteur est reconnu pour ses aptitudes, il ou elle est le garant de la Parole qui est  la représentation du Christ. L’Église luthérienne a opéré un renversement complet de la problématique en prenant conscience que le refus de l’ordination des femmes était lié à des facteurs sociaux et culturels et non théologiques

En tant que catholiques, nous connaissions déjà la position du magistère, mais la découverte ou la redécouverte de la position luthérienne pose question. L’église catholique est elle trop timide ou l’Église luthérienne trop audacieuse ? Que penser ? En tout cas, nous avons vu une pasteure rayonnante, heureuse d’être une « servante du Seigneur », selon son témoignage, et nous avons  vu un frère catholique un peu dérouté devant la puissance de conviction de la pasteure, manquant quant à lui de conviction pour défendre la position du magistère. Mais oui ,il y a des femmes qui se sentent bien dans l’Église catholique, heureuses d’être « servante du Seigneur » sans être ordonnée, mais il faudra bien que l’Église écoute aussi ces femmes qui ont senti en elles la vocation d’être prêtre ou diacre. Même si le frère nous annonce que si un pape ordonnait des femmes ce serait le chaos, provocant des  schismes au sein de l’Église catholique, nous pouvons constater que les chrétiens acceptent peu à peu que les responsables de services, de mouvements, de paroisses, soient des femmes. Pourquoi brandir la peur du schisme en cas d’ordination des femmes  pour surtout ne plus y penser et refouler cette possibilité ?

Pour nous, croyants luthériens ou catholiques, le véritable défi est surtout la sécularisation de nos sociétés. De par notre vocation baptismale, hommes et femmes engagés dans l’Église sont appelés à être signe du Royaume de Dieu pour le Salut de notre monde aujourd’hui et à venir.                           F.G.

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Commentaires

A mon avis il faut aller de l'avant. Il ne faut pas regarder l'église d'autrefois, influencée par la politique d'autrefois, mais l'église d'aujourd'hui et de demain, en fonction du commandement le plus important "Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés". Il n'est ici fait mention ni de sexe ni de célibat ni d'état laïc ou religieux. J'aimerais envisager deux cas. Le premier, les prêtres et prêtresses célibataires. Le second, les prêtres ou prêtresses mariés. Dans le premier cas, la femme peut assumer tous les rôles de prêtre, rien à changer spécialement. Dans le second cas, l'époux ou l'épouse du ministre du culte doit respecter son engagement... L'idéal serait même que la personne non prêtre ait un travail qui permette à la personne prêtre de faire son ministère à plein temps ... Je rêve...

Il a fallu quatre siècles pour que, avec Vatican II, le sacerdoce commun des baptisés,intuition de Luther au XVIème siècle, soit intégré par les catholiques .Il est vrai que Luther refusait tout sacrement autre que,il me semble, le baptême et l'eucharistie,qui, pour lui, étaient les seuls institués par le Christ donc seuls valides ,dur à entendre. Cependant, peut être qu'après la cause des baptisés, Luther va gagner celle des femmes? Annoncer le chaos et le schisme dans le cas d'une parité homme-femme dans l'église, est - ce que ce n'est pas fermer les yeux, être sourds à une situation chaotique et quasi schismatique existante? Qui serait majoritairement le plus bousculé, le monde clérical ou le monde laïc ?

@Jean Paul L’ordination des femmes en tant que rabbins existe seulement depuis le 20e siècle dans le judaïsme. Elle ne demeure toutefois que le fait de la majorité des mouvements libéraux, reconstructionnistes, tandis que le courant orthodoxe majoritaire rejette, officiellement, leur ordination en tant que rabbins. Par ailleurs le ministre du pasteur dans les église luthérienne et le ministre du rabbin dans le judaisme ce sont deux réalité complètement différente avec la réalité du ministère presbytéral dans l'Eglise catholique. De plus les Eglise luthérienne dont on vante l'audace dans l'article se vident au profit des Églises évangélique qui eux n'accepte pas les femmes pasteur. @Anne-Marie Ce n'est pas une question d'être prête ou pas c'est une question de conformité à tradition. Si l'Eglise n'est pas prête aujourd'hui où les femmes accèdent dans l'Eglise à des responsabilités , elle ne le sera jamais. Les femme dans l'Eglise on les trouve partout, à des postes importants, engagées avec sérieux. La tradition de l'Église fait que par exemple dans certain Eglise catholique (ou orthodoxes) comme ceux d'orient et d'Asie les femmes participent toujours à la messe la tête couvert et ça n'a rien avoir avec le fait que les Eglise d'orient ne soient pas prête . Je voudrait vous faire partager deux articles que j'ai trouvé intéressant un de wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ordination_des_femmes_dans_l%27%C3%89glise_catholique et une interview dans la croix de Sr Régine du Charlat Religieuse auxiliatrice, théologienne : http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2230604&rubId=4078

j'ai écouté hier soir sur france culture , une interview d'une des trois femmes rabbin de france : http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/hors-champs/ elles sont parait-il 900 dans le monde . Le Monde juif dont les interdictions se sont imposées à Jésus de son vivant a donc lui aussi profondément évolué dans son secteur libéral. Intéressant de voir la convergence de tous ces argumentaires ...

Pouvez vous m'éclairer ? Le prêtre doit être un homme, parce qu'il agit "in persona Christi": Jésus est un homme, donc le prêtre doit être un homme . Mais alors, quand je donne un verre d'eau à une femme, que je soigne une femme malade ou que je vais voir une femme en prison, finalement je ne peux pas voir en elle le visage de Jésus- Christ assoiffé, malade, emprisonné ?

@M.F Quitte à rabâcher, n'allons pas trop vite car l'Eglise catholique n'est pas prête pour accepter des femmes prêtres, mais acceptons des hommes mariés ayant une certaine expérience de la vie. Et, surtout que les évêques arrêtent de pousser au sacerdoce de jeunes garçons sans aucune expérience. Et que les mères abusives laissent leurs garçons libres de LEUR CHOIX.

Quand je dis "pas prête" je veux dire aller doucement pour y arriver. Ce dont j ai vraiment très peur dans toutes ces marche-arrière, c'est qu'elles provoquent du fanatisme et à lire certains commentaires à droite et à gauche, on y va tout droit. Vatican II avait pourtant provoqué une Ouverture vers tous les Autres. Mais cette peur de perdre du pouvoir essaye de tout effacer .

Anne-Marie, il n' y a aucun risque , pour aller doucement, l'Eglise va toujours doucement, faites lui confiance ; pour ce qui est des fanatismes ,on n'y va pas tout droit,je suis persuadée qu'ils sont là,on les vit déjà, simplement ils deviennent concrets,visibles et lisibles grâce à ce site . Pour ma part je ne souhaite pas l'ordination de femmes au plus vite,je souhaite d'abord que soit élucidée la question Théologie/Tradition .Ensuite, si rien, théologiquement (c'est à dire que ce ne soit pas contraire à la volonté de Dieu) ne s'oppose à la parité homme/femme dans toutes les fonctions ecclésiales je souhaite que l'Eglise l'annonce et étudie, avec elles, les modalités pour les intégrer,il n'y a rien de révolutionnaire, ce n'est,à mes yeux, qu'une démarche d 'aggiornamento 'au même titre que celle qui a été faite pour tous à Vatican II (clergé, religieux,laïcs) sauf pour les femmes.

L'ordination d'hommes mariés pose peut être aussi la question matérielle. Un prêtre marié, père de trois enfants, par exemple, peut-il assurer le logement, le revenu nécessaires à une famille avec les critères actuels de l'Eglise catholique ? Sa femme, si elle a une activité professionnelle, sera-t-elle prise en compte, pour le lieu de la nomination, par exemple, ou bien devra-t-elle avoir un engagement spécifique ? L'engagement du célibat ou du mariage est-il à géométrie variable ? Un prêtre ordonné célibataire peut-il se marier, un prêtre ordonné marié peut-il se séparer etc.. Autant de questions autres que théologiques qui peuvent gêner, peut être?

@MF Eh bien je pense que nous sommes tout à fait d 'accord sur le fond. Je voudrais d autre-part redire à tous ceux qui ont des responsabilités dans l'Eglise Catholique: vous faites tous de grandes déclarations contre le fanatisme des autres religions, et vous laissez et même favorisez la même chose dans votre institution .

Je voudrai apporter quelques éléments historiques à la réflexion. St Thomas, qui était entré très jeune au Monastère bénédictin du Mont Cassin en Italie(1225-1274) écrira : "La femme est un être occasionnel et accidentel. " "En tant qu'individu, la femme est un être chétif et défectueux." "La femme est à l'homme ce que l'imparfait et les défauts sont au parfait. La femme est physiquement inférieure, de même que mentalement (…) Elle est simplement une erreur de la nature, une sorte d'homme mutilé." On n'est jamais allé jusque là en Grèce antique ! Le pape Pie II (1458-1564) dira :" Quand tu vois une femme, pense que c'est le diable : c'est une sorte d'enfer." D'autre part plus près de nous, qu'on se rappelle que, jusqu'en 1917, il était interdit aux femmes par le Droit canonique de faire partie d'une chorale. Cette interdiction ridicule a été rappelée plus d'une fois par la Congrégation pour la Liturgie. "Ni des jeunes filles, ni des femmes adultes ne peuvent être membres d'une chorale à l'église" (décret du 17 septembre 1897). "Les femmes ne peuvent faire partie d'une chorale ; elles appartiennent au laïcat. Des chorales composées uniquement de femmes sont aussi formellement interdites, excepté pour des raisons sérieuses et avec l'autorisation de l'évêque" (décret du 22 novembre 1907). "Toute chorale composée d'hommes et de femmes, même si elles se placent loin du chœur, est formellement interdite." (décret du 18 décembre 1908). Anachronisme ? Oui, mais c'est l'histoire ! C'est dur de remonter la pente !

Je pense aussi qu'il faut commencer par le sacerdoce d'hommes mariés. Je suis persuadée d'une méconnaissance et d'une peur du clergé vis-à-vis des femmes d'où des discours stéréotypés ou conservateurs. Quand le clergé sera composé d'au moins moitié d'hommes mariés, ce sera -presque-gagné !

Je me pose des questions sur le célibat des prêtres. Certes les motivations énoncées sont magnifiques, on ne peut que les admirer... Mais dès lors qu'il y a des prêtres catholiques de rite oriental mariés,il y a une incohérence à en faire une loi générale. Pire : il y a une désinformation, voire un mensonge : car OUI il y a des prêtres mariés chez les catholiques ! Et avec l'accueil de prêtres anglicans mariés qui se profile, on va vers encore plus d'incohérence. Aux jeunes qui voudraient être à la fois prêtres et mariés : je leur conseille d'adopter le rite catholique oriental... Je n'avais pas jusqu'à aujourd'hui de sympathie pour les prêtres qui sont partis pour se marier, mais désormais je vais compatir avec leur (légitime ?) amertume. Je sais bien qu'il y a une différence (nous dit-on) entre ordination d'hommes mariés et mariage de prêtres déjà ordonnés... Et puis enfin cette loi du célibat ne date "que" de 1125 je crois...donc depuis à peine la moitié de l'existence de l'Eglise. Oui il y a vraiment de quoi se poser des questions.

Hommes, femmes, ministère, prêtres, laïcs, tradition, hiérarchie… Il faudrait sans doute se poser quelques questions. Que disent les Evangiles de la Vie du Christ ? Il s'est occupé de soigner, d'aimer, les vivants. Il a parlé de l'avenir. Peu du passé, sinon des allusions… Femmes, hommes, nous sommes frères et sœurs, égaux et droit et en dignité. Il serait temps, sans doute, de s'en souvenir et d'agir dans cette perspective. Notre monde a soif de spirituel et quelles réponses apportons-nous ? Donnons-nous envie de nous rejoindre dans nos églises ? Sur notre planète désarticulée, il serait réellement temps de prendre conscience des vrais enjeux et de donner à chacun Sa place, Sa vraie place. C'est à la fois un enjeu, un chantier que nous sommes en train d'ouvrir et une véritable espérance. Ce temps de l'Avent nous y invite.

Ppur en revenir à la question des prêtres mariés, il me semble que l'argument financier ne tient nullement 1) parce qu'aujourd'hui de nombreuses femmes travaillent et gagnent parfois plus que leurs conjoints 2) parce qu'un prêtre n'a jamais eu pour objectif (normalement) de s'enrichir et que même avec un seul salaire, on voit des familles vivre dignement. 3) parce que l'argument de l'équilibre personnel du prêtre est bien plus important : voyez toutes ces précautions pour tenir éloignées les femmes des prêtres ! et voyez tous les scandales .... et voyez aussi tous les prêtres qui ont une compagne aujourd'hui ! Je trouve étonnant que dans une certaine éducation traditionnelle catholique, on demandait aux femmes de "convertir" leurs hommes à l'amour!(je pense que c'était plutôt leur demander une forme de soumission) Et les prêtres seraient des "sur-hommes" qui n'ont pas besoin de cette conversion par l'élément féminin (sans vouloir parler de la sexualité) ?

Il ne serait sans doute pas judicieux de demander à des prêtres mariés de vivre comme des célibataires, en étant hors de chez eux à toute heure et en étant disponibles à tout instant. Un homme marié aurait le devoir, comme tout le monde, d'équilibrer sa vie entre la partie publique et la partie privée. Ordonner des hommes mariés, supposerait de réviser notre conception de rôle du prêtre. Et oui, il faudrait faire des nominations en fonction des impératifs de sa vie de famille, du boulot de sa femmes, des études de ses enfants. Peut-être pourrait-on aussi envisager que le prêtre ait une vie professionnelle autre. Au fond, qu'il soit simplement un honnête homme et un authentique chrétien, comme ces viri probati, que saint Paul décrit ainsi: "mari d'une seule femme, ayant des enfants croyants, qui ne puissent être accusés d'inconduite et ne soient pas insoumis, (…) ni arrogant, ni coléreux, ni buveur, ni batailleur, ni avide de gains déshonnêtes, mais au contraire hospitalier, ami du bien, pondéré, juste, pieux, maître de soi, attaché à l'enseignement sûr, conforme à la doctrine" Mais sommes-nous prêts à ce bouleversement?

Réponse à Sandrine. cette règle disciplinaire de l'imposition du célibat date du 2ème concile du Latran en 1139. Il faut voir qu'à cette époque, en plein moyen âge, c'est une ruée vers la vie monacale. Plusieurs ordres religieux sont créés et les monastères se créent rapidement et se remplissent. L'inverse d'aujourd'hui ! Un exemple : Cluny se crée en 909. Mais en 994, Cluny compte déjà 34 couvents rattachés ! Eudes de Chatillon, noble champenois, entre à Cluny, fonde l'ordre des chartreux en 1084, devient conseiller du pape grand réformateur Grégoire 7, et devient ensuite pape lui-même de 1088 à 1099. En 1210 se crée l'ordre des franciscains. En 1215 celui des frères prêcheurs, les dominicains... Ça n'arrête pas. La grande préoccupation : le salut de mon âme. Pas étonnant qu'on ait voulu alors imposer au clergé séculier, celui des paroisses, le même célibat que les moines, eux, choisissaient. pour plus d'infos je vous invite à consulter http://plein.jour.free.fr

Je trouve justement très intéressante la possibilité d'en parler ici et j'espère que d'autres personnes vont s'exprimer. Quant à la disponibilité du prêtre, je crois que célibataire ou marié ou marié et père de famille, on retrouvera de toute façon des degrés de disponibilité et d'engagement variés. Il y a des couples qui passent aussi, soit à deux, soit l'un des deux, un temps considérable pour leur travail ou pour leurs engagements. Et puis permettre le mariage des prêtres ne signifie pas interdire le célibat pour ceux qui le préfèrent vraiment(exemple le père Shoufani de Nazareth qui s'explique sur ce point puisque, lui, avait le choix). Enfin bref, pleins de pistes à explorer !

Bonjour! Vous dites "En tant que catholiques, nous connaissions déjà la position du magistère" ; mais Jean-Paul II n'a-t-il pas réglé cette question en usant de son Infaillibilité Pontificale, vous ne l'évoquez pas ; celui-ci déclare en effet, dans la lettre Ordinatio Sacerdotalis (http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/apost_letters/documents/hf_jp-ii_apl_22051994_ordinatio-sacerdotalis_fr.html), 4. Bien que la doctrine sur l'ordination sacerdotale exclusivement réservée aux hommes ait été conservée par la Tradition constante et universelle de l'Église et qu'elle soit fermement enseignée par le Magistère dans les documents les plus récents, de nos jours, elle est toutefois considérée de différents côtés comme ouverte au débat, ou même on attribue une valeur purement disciplinaire à la position prise par l'Église de ne pas admettre les femmes à l'ordination sacerdotale. C'est pourquoi, afin qu'il ne subsiste aucun doute sur une question de grande importance qui concerne la constitution divine elle-même de l'Église,je déclare, en vertu de ma mission de confirmer mes frères (cf. Lc 22,32), que l'Église n'a en aucune manière le pouvoir de conférer l'ordination sacerdotale à des femmes et que cette position doit être définitivement tenue par tous les fidèles de l'Église. Cette déclaration est dite ex cathedra, elle répond à toutes les conditions de l'Infaillibilité, non ? Si c'est le cas, s'y opposer relève de l'hérésie, non ? Réponse de la modératrice: Si c'est le cas. Mais… Jean-Paul II a fait tout ce qu’il a pu et a jeté toute l’autorité dont il disposait dans la balance pour clore le débat. Tout sauf une véritable déclaration d’infaillibilité, pour laquelle il aurait dû requérir le consentement écrit des évêques du monde entier. C’est cette procédure qui été utilisée par Pie XII pour proclamer le dogme de l’Assomption. Aujourd'hui, la plupart des spécialiste considèrent que stricto sensu, l'infaillibilité pontificale n'a pas été engagée. Mais le niveau d'autorité de la déclaration de Jean-Paul II est très élevé. Je rappelle pour mémoire le Comité de la Jupe ne revendique pas le droit pour les femmes à être ordonnées prêtres.

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