Le masculin est-il en crise ?

Comité de la Jupe
Y a-t-il malaise du masculin dans l’Église catholique ? C’est la question d’un jeune chercheur, Antony Favier, agrégé d’histoire, qui s’intéresse à la structuration des rapports hommes-femmes dans l’Église catholique. Et, contrairement aux diagnostics les plus fréquents sur le malaise des femmes dans l’Église, l’auteur pose donc en ouverture que le masculin (non les hommes, mais bien le masculin) serait en crise. Ses réflexions sont consignées dans un récent numéro de la revue dominicaine Lumière et Vie (n° 288, octobre-décembre 2010). Dès le début, l’auteur rappelle, à la suite de la sociologue Françoise HERITIER, que la répartition des tâches dans une société est culturelle plus que naturelle et il caractérise la « phrase culturelle singulière » proprement catholique par l’existence d’un masculin sacerdotal. Analysant alors le « déséquilibre » entre les fonctions reconnues à chacun des deux sexes à cause de ce masculin sacerdotal, il met au jour nombre de paradoxes éclairants. Le premier paradoxe qu’il relève est que, malgré cette prééminence instituée par le sacerdoce, le discours magistériel sur le masculin n’existe quasiment pas. Seule exception, le « Discours à la Fédération internationale des hommes catholiques » de Jean-Paul II, 28 octobre 1978). Il analyse ensuite la dissymétrie « structurelle » du catholicisme, que celui-ci fonde sur la nature et la différence de fonctions qui en découlent. On y retrouve des observations bien connues : le destin féminin, écarté du sacerdoce, est bien plus fondé sur des critères biologiques que celui du masculin, davantage aussi sur de l’inné que de l’acquis. Et d’une façon générale, l’engendrement masculin, lui, est peu valorisé, à cause de la figure de Joseph. La continence féminine s’organise autour de la nuptialité, tandis que celle des hommes fait du prêtre un « autre Christ ». Ainsi les hommes continents sont-ils appelés « pères », ce qui ne les empêche pas de conquérir un certain nombre d’attributs féminins, tels la soutane et la chasuble, et de recevoir un idéal - celui de l’Évangile, manifesté dans des sacrements - fortement investi de féminité : donner la vie (sacrement du baptême) nourrir (eucharistie) guérir et réconcilier (sacrement de réconciliation), sans oublier la recherche de la paix et la préparation des fêtes. Antony Favier en vient ensuite à rechercher les évolutions récentes de ce modèle : est-il en crise ou en recomposition ? Il constate que le mouvement général d’émancipation des femmes qu’ont connu les sociétés occidentales ces récentes années a fait perdre aux hommes leur statut de norme implicite de la société. Ceux-ci, soit l’ont accepté », soit ils ont développé un « masculinisme » qui conteste la perspective féministe et donne aux hommes le statut de victimes du nouvel état de fait. Ce double phénomène semble atteindre aussi la sphère catholique, où l’on assiste conjointement à la promotion des femmes (Pacem in terris, Lumen Gentium, Gaudium et Spes, et à la suite du concile : simplification de la distinction entre ordres mineurs et ordres majeurs, accès des fillettes au service du chœur), et au rappel de la spécificité masculine sacerdotale, en exaltant même récemment sa « virilité ». « Le Christ a besoin de prêtres mûrs, virils, capables de cultiver une authentique paternité spirituelle » dit Benoît XVI (2007, Pologne). Dans ce souci de revalorisation virile, l’auteur voit le retour des vertus mobilisatrices d’un certain sexisme. Parallèlement, le féminisme est vivement critiqué part le magistère et par l’opinion catholique. Cette purification (le besoin d’écarter les femmes), en voulant séparer l’hétérosexualité de l’homosexualité, touche aussi le masculin. A. Favier souligne le paradoxe qu’il y a – un autre - à exalter conjointement la continence masculine et l’hétérosexualité. Alors que, dans un souci pastoral, le magistère souligne que « l’inclination particulière de la personne homosexuelle n’est pas une faute morale » (Cardinal Hume, L’enseignement de l’Église catholique concernant les homosexuels, Documentation Catholique, 2115, Mai 1995), ces personnes sont cependant exclues du ministère sacerdotal (Congrégation pour l’Éducation catholique, Instruction sur les critères ... au sujet des personnes homosexuelles en vue de l’admission au séminaire, 2005). L’ensemble de ces remarques amène l’auteur à confirmer, en effet, que le masculin est bien en crise dans l’Église catholique. Les hommes jeunes sont faiblement attirés par le sacerdoce, tandis que la pratique reste majoritairement féminine. Il explique ce malaise des hommes par la lassitude devant un modèle masculin catholique trop exclusivement sacerdotal. Anne SOUPA Sur la Toile, en tirant le fil de la pelote.
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Commentaires

@Sanchez sur mai 68 en Pologne: http://www.project-syndicate.org/commentary/skorzynski1/French article de Jan Skórzynski, ancien co-rédacteur en chef de Rzeczpospolita, l’auteur de plusieurs ouvrages sur l’histoire de l’opposition démocratique polonaise au communisme et sur le mouvement Solidarność. Pour vous ce "printemps 1968" se réduit à l'image qu'en ont donné en France nos médias. Vous semblez ignorer que durant une décennie (le printemps 68 étant le point culminant) une génération a, pour la première fois à l'échelle de la planète, bousculé les schémas établis selon le contexte propre à chaque pays. Il est vrai que si seule la théologie mérite d'alimenter notre regard sur le monde, sur l'humain, cela revient à porter un bandeau opaque. Vous subordonnez ce qui est psy et socio, l'histoire, les sciences, l'économie, le droit, ... à cet axiome. Pour beaucoup de personnes pourtant la théologie n'a de sens qu'ouverte et se laissant interpeler par les domaines de la connaissance? Ce mouvement a commencé bien avant Jésus. Parmi ces personnes on trouve - athées compris- des conservateurs prudents, des avant-gardistes aventureux et dans l'entre-deux tout un continuum. Et, puis, à part, on trouve des obscurantistes appelés aussi sectaires dont la fine fleurs est activiste-extrémiste.

Oui, merci Christine, Indiquer le chemin ne supprime pas la liberté de conscience. Le rôle du Magistère est de nous aider à éduquer notre liberté ! en éclairant notre conscience... et rappelons-nous aussi que seule la vérité rend libre.

@ Aimé: Pour soutenir votre perspective, je souligne l'étymologie du mot "respecter" re-spectare "y regarder à deux fois". Je suggère que vis-à-vis du magistère, nous soyons respecteux. Cela signifierait ne se conduire ni comme des enfants qui se taisent et obéissent, ni comme des ados révoltés qui ont les oreilles fermées mais comme des adultes qui examinent, y regardent à deux fois, discernent et ainsi éclairés décident.

@Jean-Pierre : Dans l’Évangile de Matthieu, Jésus déclare : "Vous avez appris qu'il a été dit : Oeil pour oeil, dent pour dent. Et bien moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu'un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l'autre." La signification de cette phrase est très explicite. La plupart des chrétiens estimeront néanmoins que cela n'a pas de sens de l'appliquer littéralement, mais que le sens de cette parole pour leur vie est à discerner par chacun. Pour moi, croire l'Eglise, "credo ecclesiam", c'est aussi croire, sans pour autant l'appliquer au pied de la lettre, que le Magistère peut avoir un sens pour moi. Car je le crois habité par plus grand que lui, par plus grand que toutes ses limites. Prenons par exemple la morale sexuelle promue par le Magistère. D'un point de vue critique (déconstructiviste), c'est une vaste farce : Comment un petit groupe d'hommes ayant volontairement renoncé à une dimension essentielle du vécu humain pourraient-ils établir des normes universelles dans ce domaine sans que leur position ne soit complétement biaisée ? Quelle bonne blague ! Mais, sans le prendre comme une loi contraignante, une personne pourrait néanmoins accepter que ces positions normatives aient quelque chose à lui dire, à lui personnellement, en fonction du concret de son existence. Par exemple un appel à ne pas se laisser instrumentaliser par son conjoint. Bon, tout cela est peut-être complétement à coté de la plaque. D'autres diront qu'il faut obéir, un point c'est tout. Le doigt sur la couture du pantalon, voire sur celle de la soutane. Se soumettre ou se démettre... Mais je trouve que l'on gagne à sortir de cette alternative. En regardant le Magistère comme une parole à incarner dans sa vie, d'une façon propre à chacun.

Aimé dit qu'on pourrait recevoir le magistère comme une parole plutôt que comme une loi. Comme parole, oui quand la magistère fait sens. Le pb est qu'il fait souvent contresens, trop souvent! Et puis, ne reconnaître le magistère que quand il est acceptable en conscience est contraire à sa définition : "AUTORITÉ en matière de morale et de foi de l'ensemble des évêques et spécialement du pape, sur les fidèles catholiques." Autrement dit, soit c'est le peuple des baptisés qui, en majorité, a tout faux, soit ce sont les évêques et spécialement le pape. Quant au mot autorité, il est plus proche de loi que de parole. Bref, sont-ce une partie des évêques et spécialement le pape, ou bien est-ce la majorité de catholiques, qui ne sont plus catholiques? ... un ange passe ...

Votre travail doit être passionnant ! Ne croyez vous pas que l'on pourrait recevoir le Magistère ainsi ? Ce Magistère si dé-constructible, avec ses biais historiques ou sociologiques. Si incarné finalement ? Le recevoir non comme une loi à appliquer, à suivre aveuglément, mais comme une parole. Comme un appel à se remettre en cause. Comme un message dont le sens pour sa propre vie est à bâtir par chaque conscience ?

Il me semble que cette crise du masculin nourrit aussi la bataille Don quichottesque qui est menée contre les gender studies abusivement renommées par leurs ignares détracteurs « théorie du genre ». Il y a là une honteuse manipulations des esprits par des opérations indignes de calomnie, de mensonges, et de stigmatisation menées contre un ensemble de réflexions intellectuelles dont la principale caractéristique est la subtilité, la finesse et l’absence de dogmatisme. Le problème, me semble-t-il c’est que les gender studies sont appuyées sur le même postulat que la défense du célibat sacerdotal (masculin) à savoir que l’être humain n’est pas soumis aux impératifs de sa biologie, en particulier en matière sexuelle. Même postulat, mais conclusions très éloignées ! En conséquence, plutôt que de réfléchir, on fustige, on condamne. Bon sang de bon soir, assène-t-on, un homme est un homme, et une femme une femme, ça se voit entre les jambes ! C’est oublier que chez les êtres humains le premier organe sexuel… c’est le cerveau ! Et reconnaître à l’œil nu un cerveau d’homme et un cerveau de femmes, c’est déjà plus compliqué !

@Christine ; Je suis conscient de la complexité des gens mais l’analyse qu’Antony Favier fait ne me semble pas correcte. Et si j’ai parlé de Mai 68 c’est parce que c’est en Mai 68 que les mouvements d’émancipation des femmes et leur excès sont apparu. Evidemment qu’il y a une crise du masculin parce qu’il y a eu une crise du féminin lorsque l’un est en crise l’autre l’est absolument. Pour moi s’il y a vraiment un problème de femme dans l’Eglise comme certain le disent il est directement lié au sacerdoce ministériel. Dés qu’une femme lève la voix dans l’Eglise on le soupçonne inconsciemment ou consciemment à tort ou à raison de réclamer le sacerdoce ministériel .Et si ce soupçon existe c’est parce qu’il est entretenu par certains théologiens ou théologiennes. Je suis par exemple persuadé que votre combat pour les servantes de messes est compris consciemment ou inconsciemment à tort ou à raison comme un combat pour le sacerdoce ministériel des femmes. Je pense donc qu’aussi longtemps que ce point de la foi catholique et orthodoxe ne sera pas une évidence pour toute l’Eglise, le problème continuera d’exister au fur à mesure que les femmes accéderont au poste de pouvoir dans la société .Alors on peut faire tout sorte d’analyse psychanalytique, philosophique, sociologique pour l’expliquer mais il n’en demeure pas moins que la raison principale est purement théologique: "Pourquoi Jésus choisi que des hommes parmi ces apôtres ? Pourquoi Jésus célèbre la cène uniquement avec ces 12 apôtres alors que les femmes disciples sont à Jérusalem ?" Il y a une chose que j’ai constaté c’est que la nouvelle génération des femmes catholique n’a pas les même préoccupations, et ne mènent pas les même combats que leur ainées. Il est par exemple révélateur de constater que les manifestations contre l’avortement sont organisées par les jeunes femmes de 20 à 30ans alors que les contre manifestantes sont nettement plus âgés. Je crois donc que grâce au travail accompli par Jean Paul II on est entrain de sortir de cette crise du masculin et du féminin au sein de l’Eglise ou du moins on peut dire que la question des femmes et des hommes dans l’Eglise ne se posera pas de la même façon dans 20ans ou 30ans. C’est du moins mon espérance

Ah, Sanchez, pas de doute, avec vous, le temple est bien gardé et il n'y a que la royale race masculine qui y a accès. Sinon, il est évident que la plus grande majorité des femmes catholique de 20 ou 30ans aujourd'hui, tout simplement ne sont plus catholiques. Il ne reste que l'infime minorité de celles qui pour des raisons qui sont les leurs choisissent d'agréger à l'antique modèle patriarcal. Nous avons perdu toutes les autres. Et le corollaire, c'est que nous perdons aussi les jeunes hommes du même âge qui eux non plus ne veulent pas de cette vieille image de la masculinité. Les jeunes hommes et les jeunes femmes de ces âges veulent vivre comme des partenaires. Ils ne veulent pas être assignés à des rôles sociaux. Nous allons vers une fossilisation du catholicisme.

J'ai le chance d'être l'éditrice de Joseph Doré, qui vient de publier une autobiographie: "À cause de Jésus", chez Plon (avril 2011). Il y relate en particulier sa "traversée" des théories de la déconstruction dans les années 70, sa fréquentation de Lacan, Derrida, Foucault, Althusser… et comment la question de la "reconstruction" a trouvé pour lui une issue dans la rencontre de Ricoeur et de M. de Certaux, précisément dans cette offre d'une parole qui toute herméneutique étant faite, nous échappe, nous rejoint et nous appelle. Ce sont des points dont je me suis longuement expliquée avec lui afin de rendre son propos (savant et complexe) accessible au lecteur. Ce faisant, j'ai beaucoup appris, et surtout observé que ce que je pressentais sur l'originalité de la parole qui est au coeur du christianisme comme radicalement originale et finalement libératrice avait été admirablement repéré et explicité par ces grands penseurs. Je reprend sans problème votre expression: "habitée par infiniment plus grand qu'elle".

@ Christine : Le terme de "théorie du genre" vient peut-être d'une confusion avec la "queer theory", une des mouvances des gender studies. Sur le fond, d'après le peu que j'en connaisse, ces études critiques (gender studies, cultural studies, postcolonial studies, critical legal studies...) ont en commun de passer au crible des principes considérés comme allant de soi (le genre), ou comme rationnellement fondés (les systèmes juridiques), pour montrer qu'il s'agit en fait de constructions humaines, trop humaines, réalisées par des acteurs ayant en fait des motivations primaires de domination de leur groupe (leur classe sociale, leur race, leur sexe, leur profession, etc.). On peut, comme le fait si j'ai bien compris Anthony Favier, aisément transposer ces méthodes au catholicisme, tant il leur prête le flanc (le fait qu'un groupe d'hommes célibataires et continents établisse des positions normatives sur la sexualité est par exemple un boulevard ouvert pour de telles études !) Ceci étant dit, je me pose personnellement la question du fruit de ces études critiques. Par définition quand on déconstruit, on ne construit pas. Presque tout ce qui fonde notre monde est susceptible d'être déconstruit, puisque tout ou presque est culture. Et après on fait quoi ? Il ne reste plus que la force nue, puisque finalement c'est elle qui cache derrière nos grands principes ? On trouve par exemple des apologies de la prostitution transgenre chez certains théoriciens queer ; même la dignité humaine peut être déconstruite après tout. Mais peut-être que nous les chrétiens avons une perspective originale à apporter avec notre herméneutique biblique ? Nous ne lisons plus les textes bibliques d'une façon naïve, comme s'ils étaient tombés du ciel, mais nous savons qu'ils peuvent être, et qu'il ont été déconstruits, que leur contenu peut s'expliquer avec les conditions de vie et les motivations des communautés qui les ont écrits. Et pourtant ils nous parlent. Non comme si leur caractère sacré était voilé derrière une épaisse couche d'humanité dont il faudrait autant que possible faire abstraction, mais comme des constructions humaines habitées par infiniment plus grand qu'elles. Qu'en pensez vous ?

Porter une appréciation sur "le masculin catholique est-il en crise?" et donc interroger le "croire" du catholicisme, suppose d'interroger aussi le "savoir", s'il est considéré que le "croire" ne peut pas être en contradiction durable avec le "savoir". Nota: ce qu'on appelle expérience, tradition ou "tout le monde dit que ..." relève du croire. Connaître ce que dit le savoir est nécessaire et, s'il arrive que le "croire" soit en contradiction (apparente ou profonde) avec le savoir, le "croire" doit admettre la contradiction et non la nier ou l'ignorer au risque de devoir assumer l'éventuel "ridicule" (exemple: l'encyclopédie Jésuite de Trévoux "contre" l'encyclopédie de Diderot au XVIIIème). Il est donc nécessaire sur le sujet d'interroger biologie, histoire, sociologie, anthropologie, philosophie, avant la théologie. Sur le sexe, le domaine de connaissance dure -biologie, en particulier neurobiologie- est récent, a beaucoup évolué et peut-être considéré comme pas encore sûr. On est tout de même loin des études primitives (XIX, et encore XX siècle) aux conclusions empreintes de préconçus idéologiques racistes et sexistes qui alimentent encore aujourd'hui bien des poncifs en circulation. Un tout petit livre (collection Les Petites Pommes du savoir, 2007, 54p gros caractère) fait le point sur les connaissances; émet des doutes et signale des limites à ce qu'on peut dire aujourd'hui: "Hommes, femmes, avons-nous le même cerveau, de Catherine Vidal. C'est un bon complément à l'étude d'histoire et d'anthropologie qu'Anne a proposé.

Je souhaiterais faire quelques mises au point, car, comme Christine, la moutarde commence à me monter au nez à lire certains commentaires. ceci dit, on alimente ainsi le débat...Tout d'abord, qu'il soit clair pour ce Monsieur qui cite Eric Zemmour que ce personnage médiatique est renommé pour à la fois son racisme et son machisme(les deux vont ensemble, il s'agit de la haine de la différence). Il est catalogué au Québec comme un masculiniste enragé auquel on n'accorde pas d'estime. D'autre part, la France est un pays où il n'existe pas vraiment de chaires d'"études féminines et de l'Histoire des femmes", comme dans bien des pays anglophones, où des chercheuses travaillent avec rigueur sur ces sujets, et publient régulièrement leurs ouvrages.Il en résulte une très grande ignorance de beaucoup de personnes sur les différentes théories féministes, ou qui ont impulsé des luttes de femmes; et l'évolution de la situation des femmes dans les sociétés européennes.Les raccourcis que publient les media, eux mêmes fort désacculturés sur le sujet, n'aident pas. Judith Butler, théoricienne du questionnement du genre, interroge la construction artificielle du genre. Ce qui doit déplaire à certains prélats, c'est que, à la lire, leurs assertions sur des différences soi disant fondamentales volent en éclats. Ces assertions ne sont là que pour maintenir un pouvoir, et n'ont rien à voir avec l'Evangile.Je ne le dirai jamais assez, il s'agit d'un problème politique. Ah oui, Monsieur Jérémie, un de nos slogans dans les années 70 était "la force d'être des femmes"! Partout, les femmes résistent aux oppressions, les avez vous vues, voilées ou non, brandir le poing au péril de leur vie en Lybie ou en Syrie? Avez vous entendu parler de celles qui se présentent aux éléctions en Afghanistan ? Jadis, nous avons manifesté contre la barbarie franquiste à la frontière espagnole.Les femmes sont les premières dans les combats pour la démocratie,et le sort fait aux femmes et aux exclus, c'est le baromètre des sociétés. Ce fut aussi l'interrogation d'un certain Jésus à ses contemporains....

@Denise Bigre Denise, votre raisonnement me paraît très simpliste. Vouloir extrapoler à l'ensemble de la société, votre jugement sur les femmes dans l'Eglise est partial et totalement injuste. Juger les femmes en Eglise de la manière dont vous le faites ne me paraît pas très efficace, ce sont des clichés. Nous sommes nombreux à pouvoir témoigner de l'engagement de femmes en Eglise, (bonnes chrétiennes et mère de famille...) faisant preuve d'efficacité et compétentes, formées et bien formées. L'intensité de leurs requêtes est à la hauteur de l'injustice qui leur est faite. On est loin de la recension de l'article d'Antony Favier par Anne, à moins que votre intervention ne la justifie ! Fraternellement

Bravo Jérémie, vive la mâle espèce! ce qui compte finalement, vous avez raison, c'est d'en avoir. Et que les femmes rentrent là d'où elles n'auraient jamais dû sortir des maisons, des cuisines, des nurseries et de dessous leurs voiles. Et puis, les femmes, en effet, c'est mou et humide, beurk, alors que le mâle, c'est dur et sec. Ça en effet, c'est de la philosophie qu'on n'apprend pas à l'université, seulement dans la vraie vie, au café du coin!

@ Christine : Au contraire, les milieux catholiques les plus traditionnalistes (et donc les plus "archaïques" selon la vision des choses de la progressiste que vous semblez être) sont ceux où le pourcentage d'hommes fréquentant la messe est le plus élevé. On observe toujours que quand une religion devient molle et sirupeuse, les hommes la délaisse ; voilà aussi pourquoi il y a une crise des vocations dans l'église catholique : elle s'est amollie depuis Vatican II, et un homme dans la force de l'âge ne veut pas renoncer au monde pour une guimauve. En revanche, dans les milieux tradi il n'y a pas de crise de vocations sacerdotales, et les femmes sont aussi très pratiquantes. Sans parler de l'islam, très machiste, où les hommes sont donc au moins aussi pratiquants que les femmes. Bref, votre assertion selon laquelle les hommes d'aujourd'hui fuirait l'église catholique car elle reste trop patriarcale est vraiment une contre-vérité ! Bien sûr, on peut s'amuser à distinguer le genre du sexe. Mais le sexe biologique joue aussi beaucoup dans notre identité et notre façon d'être, tout n'est pas culturel ou relatif, loin s'en faut. Beaucoup de "68ards" et autres "baby-boomers" ont voulu et veulent toujours que les femmes soient des hommes comme les autres, et inversement. C'est une parenthèse qui se renfermera : s'il n'a jamais existé de civilisation durable sans "domination masculine" c'est parce que les sociétés qui y renoncent s'affaiblissent et disparaissent vite : cette "sélection naturelle" joue actuellement contre nous : des territoires de plus en plus nombreux en France sont dominés par une culture machiste venu d'Afrique ou d'Orient avec les immigrés, issus d'une civilisation masculine donc forte et en expansion contrairement à la nôtre. Lisez "Le Premier Sexe" d'Eric Zemmour, c'est le meilleur livre de "gender studies" actuellement, mais je suppose qu'on ne le fait pas lire à l'université car il ne cadre pas avec le bourrage de crâne idéologique voulu.

Christine, cette douce béatitude calme doutes et lassitudes, quand, en conscience (conseillée et éclairée) on se sent tout à fait incapable de cautionner des choix paroissiaux et que vient nous tarauder la sacrosainte "atteinte à la communion". Je la note dans la Bible, et désormais je l'ajoute aux béatitudes, elle les engobe toutes. Merci beaucoup.

En effet, Jean-Pierre, et c'est en quoi je crois au caractère "surnaturel" de l'Église, c'est que malgré les fautes humaines, et tout particulièrement celles des les hommes du magistère qui croient pouvoir confisquer Dieu et "détenir" la Vérité, malgré cela, l'Évangile déborde. Le mot est intéressant, parce que ça veut dire qu'il passe par les bords, par les marges. Heureux les marginaux ils seront passeurs d'Évangile.

@ Christine. Je suis sûr, c'est ma foi, que la majeure partie des catholiques considérés par des "Sanchez" comme "partis" espère que l'institution renaîtra à l'évangile; cet évangile dont elle s'éloigne avec persévérance depuis 50 ans dans les faits, quand bien même elle le proclame ardemment en paroles. J'ai foi que l'espérance d'un Congar -que comme vous je regarde pour un grand saint- est largement partagée par les enfants et petits enfants d'une génération internationale qu'on peut appeler par simplisme celle de 68; c'est en tout cas ce que j'observe. Il est sûr aussi que cette "génération avec enfants et petits enfants" ne reviendra pas à des rites dont ils ont trop compris l'hypocrisie; ils sont prêts à redevenir des fidèles en communautés d'une toute autre manière que ce que propose l'institution actuelle.

@Sanchez: Il me semble bien en effet que vous avez du mal à comprendre l'article, tout simplement parce qu'il parle de choses dont vous voulez à toute force ignorer l'existence. Vous rêvez d'un monde idéalisé où tout se passe comme dans un livre de théologie, vous considérez visiblement Freud comme un fantaisiste. D'autre part, pourquoi voulez-vous que 68 (ou le fantasme de 68) ait quoi que ce soit à voir avec JP II qui à l'époque était déjà un homme mûr et évêque. En revanche, qu'il ait perdu sa mère très jeune et ait connu un monde de violence et de mort en a davantage. De façon générale,la question soulevée dans cet article suppose d'admettre un monde de la complexité et vous voulez vivre dans un univers simplifié. Quant à moi, j'aime rappeler la petite phrase de Lacan, qui disait que "notre inconscient ne nous veut pas de bien". Méfiez-vous, ce n'est pas parce que vous niez l'existence de votre inconscient qu'il vous veut du bien, au contraire.

Et bien moi, je pense qu'il n'y a guère de différence entre un cerveau d'homme et celui d'une femme si ce n'est que les femmes compliquent toujours tout. Il m'a toujours été plus facile de comprendre ce que disait ou voulait ou faisait un homme que de pénétrer la pensée des femmes qui me semblent bien trop tordues et incapables de décider. D'autre part, si vous pensez que c'est en parlant sans arrêt de la différence entre les hommes et les femmes dans l'Eglise que vous allez attirer des gens et changer quoi que ce soit, je peux vous dire que vous vous trompez !... Avec mon mari nous pensions presque toujours la même chose sur des tas de choses. D'une part J'ai 5 frères et une sœur et d'autre part j'ai toujours travaillé et dirigé beaucoup plus d'hommes que de femmes, aussi ai-je eu plus de mal à travailler en Eglise qu'en entreprise ! car en Eglise, on rencontre surtout des femmes qui n'ont généralement pas appris à travailler en équipes, qui ont parfois peu de compétences et qui se prennent pour je ne sais quoi ! La complémentarité prêtres et la femme laïque que je suis ne m'a jamais coûté, ou si peu, (personne n'est parfait), mais "il faut savoir être vraie, il n'y a que comme cela que l'on est libre"... ce n'est pas moi qui l'ai dit la première !

Est-ce qu'une telle analyse digne de Freud pour expliquer une question de foi peut aider l'Eglise ? J'en doute fort je suis même quasiment sûr que NON . Seule la théologie nous aide à explique la foi même la philosophie c'est en vue de la théologie ,la psychanalyste ne peut pas aider à comprendre le magistère car il ne prend pas en compte la dimension de la foi ou l'attachement à la tradition de l'Eglise tout au plus elle aide à comprendre le comportement d'une individu mais pas le raisonnement théologique d'une Eglise. Je n'ai pas eu par exemple l'impression que la masculinité de Jean Paul II ( issue d'un pays qui n'a pas fait Mai 68 ) était en crise .Or s'il y a une personne dans l'Eglise qui a écrit et qui a réfléchi sur tous ces question ,s'il y a une personne qui n'avait aucune complexe avec les femmes c'est bien lui .On peut n'est pas aimer ce qu'il a écrit mais de là à dire que sa masculinité était en crise là j'ai du mal à suivre . Et j'ai vraiment du mal à comprendre la conclusion de l'article et j'arrive encore moins à comprendre comment Anne peut partager la même analyse sachant que le Big problème en occident c'est la transmission de la foi . Il semble qu'il y ait par exemple 4% de pratiquant en France ,comment voulez vous que des hommes jeunes soient attirés par le sacerdoce si on ne leur a jamais parlé de Jésus, d'eucharistie ,... et que le seul contact qu'ils ont avec le prêtre c'est au journal de 20H lorsqu'on parle des prêtres pédophile à cause de leur célibat .

Bonjour La recension d'Anne reflète très bien le contenu de l'article que vous pouvez lire dans son intégralité en suivant le lien à la fin de l'article (==> l'article complet). De mon point de vue, l'intérêt de cet article réside dans le point de vue original et inattendu qu'il nous propose sur la situation du masculin dans l'Eglise dont la crise des vocations entre autre n'est qu'un des aspects. L'avantage de cette analyse c'est qu'elle impose une certaine distance par rapport à la vision à laquelle nous nous sommes habitués qui consiste à poser le problème de la crise de l'institution d'un point de vue féminin (la place de la femme dans l'Eglise et sa reconnaissance...) voire féministe (la revendication....). il tord donc la problématique habituelle. La conclusion qu'Anne nous propose pourrait être une piste de réflexion. Fraternellement

Dans la lignée intellectuelle de Françoise Héritier, le livre "Cerveau, sexe et pouvoir" de la neurobiologiste -Catherine Vidal- et de la journaliste scientifique -Dorothée Benoit-Browaeys- mérite le détour (Belin, 2005) m'indique un de nos enfants sociologue. Ainsi, la 4ème de couverture s'achève par: "Le 19ème siècle était celui des mesures physiques du crâne ou du cerveau qui ont été utilisées pour justifier la hiérarchie entre les sexes, les races et classes sociales. Les critères modernes du 20ème siècle sont les tests cognitifs, l'imagerie cérébrale et les gènes. Mais l'enjeu n'a pas changé, il s'agit toujours de trouver une raison biologique, naturelle, aux inégalités entre les groupes humains. Il est clair que le devoir de vigilance des scientifiques et des citoyens face au risque de détournement de la science est plus que jamais d’actualité." Après avoir en récusant les excès du modernisme, apporté au moulin des conservatismes beaucoup trop d'eau, l'institution faisant de même avec la sécularisation et avec la dialectique des sexes récuse ce qui devrait et pourrait enfin la faire évoluer, la sauver; "aurait pu" est si proche.

Oui,vous avez raison...je n'y avais jamais pense,tout vient du cerveau,qui génère la pensée. Mais puisque l'on pêche aussi par cette pensée,comment ne pas en avoir de trop immorales? Tout le monde en a de "mauvaises pensées " et de tous ordres.Il faut essayer de les éloigner en priant,en s'investissant dans autre choses. Je ne suis pas pour les Genders studies ,la Biologie,c'est Le Créateur qui l'a voulue ainsi ,mais il y a aussi le mal,les maladies du cerveau. Dans ce cas les gens qui en sont atteint sont a la fois mal/ade et pêcheurs ? c'est très difficile,tout cela,je suis dépassée .

La question ne se pose même pas pour moi car cela a toujours été vrai, non seulement dans l'Église mais depuis que le monde est monde.Merci!

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