LE COURAGE DE CES DAMES

Comité de la Jupe

La posture de passivité prêtée aux femmes, et leur assignation à des fonctions subalternes et de service, sont des notions qui ont été considérablement ébranlées par les deux conflits mondiaux de 14-18 et 39-45.

Ensuite, l’image des femmes n’a plus jamais été la même.

C’est le récit de ces fluctuations, de ces transgressions provoquées par la nécessité et les circonstances que nous livrent quatre auteurs dans : «  Sexe, genre et guerre » de Capdevilla, Rouquet, Virgili*, et Voldman., Payot. Appelées à remplacer leurs maris dans les fermes et les entreprises, à travailler dans les usines d’armements, les femmes ont répondu « présentes », et aidé à maintenir le pays debout pendant la Grande Guerre. D’autres se sont engagées encore davantage.

Madeleine Pelletier, médecin et féministe, se porte volontaire pour exercer sur la ligne de front. Elle se déguise en homme pour soigner les poilus. (Démasquée, on lui offre des fonctions d’infirmière à l’arrière !)…

Bléssée en Alsace, Mademoiselle Maître, infirmière en chef à l’hôpital du Val de Grâce, est décorée en 1917 de la croix de chevalier de la Légion d’Honneur, en même temps un lieutenant-colonel, deux médecins majors, un capitaine, et soixante autres militaires. Elle est la seule femme présente, mais aucune cérémonie particulière ne lui est réservée en raison de son sexe !

L’infirmière est assimilée peu à peu aux combattants. Elles ont été 120 000 à s’engager.

Beaucoup sont mortes sous les bombardements, ou de suites d’infections contractées en soignant les soldats.

Pendant la guerre civile espagnole, nombreuses ont été les femmes combattant aux côtés des Républicains pour tenter de sauver leur pays de la dictature.

Gerda Taro, en 1937, fut la première photographe tuée en action, et honorée par Robert Capa.

En 39-45, elles furent 40 000 femmes en uniformes, 13 000 dans l’US Navy.

Marie Paule Pain combat avec la division Leclerc.

Les femmes Résistantes, dont 6 compagnes de la Libération, ont forcé l’admiration, et contribué, certainement, à l’obtention définitive du suffrage féminin en 1944.

De la raillerie ou la suspicion du début, les hommes sont passés à la curiosité, puis à la bienveillance, et enfin, au respect.

C’est tout cela que nous raconte ce livre magnifique, avec, aussi, les conditions de brouillage de genres, et les souffrances des hommes devant l’injonction d’être héroïques qui leur a parfois été faite…

Voilà une lecture qui serait bonne à mettre entre les mains de ceux qui continuent à vouloir nous faire croire que les femmes ne sont bonnes qu’à balayer l’église et distribuer les feuilles paroissiales.

Michelle C. Drouault

* Fabrice Virgili est également l’auteur d’un ouvrage sur l’image des femmes dans la France de Vichy

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Commentaires

Merci Sylvie c'est la question que je me pose depuis la lecture de l'article paru dans La Croix ce matin. Serait il temps de quitter cette secte ?

Il a fallu deux guerres mondiales pour que les femmes aient le droit de vote... Que faudra il pour que les femmes soient reconnues dans l'Eglise catholique: un cataclysme.. évidement. Choisissez : 1) une bombe lors du prochain conclave 2) la disparition presque totale des prêtres 3) l'apocalypse

Quel découragement, les femmes ne forment que 50% de la population, les femmes font et forment les futures générations, sans les femmes, leur courage et leur abnégation que seraient les sociétés et que serait l’église aujourd’hui si ce n’est un groupe de d’esprits de plus en plus bornés éditant des règles exclusives de la moitié de l’humanité. Quel enferment ! je ne peux croire que Jésus aurait eu la volonté d’abaisser, de nier les femmes ainsi. Ou sont respect et amour ? Dans notre foyer nous insistons sur l’égalité entre les enfants, faisons notre possible pour qu’ils se comportent de la même façon avec garçons et filles, pour renforcer idée que tout est possible si on le veut, que l’on peut tout devenir, que l’on soit un garçon ou une fille, infirmier, vétérinaire ou pilote. Mais l’église, nous dit exactement contraire : une fille ne peut officier, ne peut être servant d’autel. Nous avons hésité longtemps mais je pense que vraiment il est temps de réfléchir à quitter cette église rétrograde et renfermés sur elle-même qui se talibanise. Hélas. On peut croire en Dieu, être chrétiens, ailleurs !

Ni partir ni se taire mais prendre ses distances. Cesser d'aider financièrement et autrement quand on n'en peut plus: temps donné sans attente de retour, compétences, obéissance passive à des idées devenues stupides et aussi enthousiasme béat. Il faut proclamer contre vents et marées vaticanes que trop c'est trop, que plaire aux puissants et aux trop richissimes est mortifère (Opus Dei et autres enseignes très en cours de Rome et au cœur de nos épiscopats). Le temps semble venu de proclamer le camp choisit. Dieu reconnaîtra les siens car la bonne foi et elle seule est respectable. Merci Christine. A Zoé, j'ai fait le vœux il y a 25 ans qu'il n'y ait plus de prêtre (plutôt d'évêques, cardinaux Pape), et prie pour cela de temps en temps. A Léa: Jésus ne peut pas avoir voulu cela, dons pas d'inquiétude. C'est juste la preuve par l'absurde que beaucoup de grands saints proclamés ont été des hommes comme les autres, à commencer par les pères de l'Église à leur tête Paul de Tarse, qui ne s'embarrasse pas en matière hommes/femmes de contradictions. Leurs opinions sont culturelles et sans lien avec le sens religieux qui habite les humains.

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