L’honneur de vivre : Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle Anthonioz

Comité de la Jupe

Malgré tout ce qu’elles ont vécu, comme elles sont tendres ces deux femmes, simples, directes, pétries d’une humanité réconfortante… Et surtout, comme elles savent vite aller à l’essentiel !  Cet essentiel, elles l’avaient déjà inscrit en elles dans leur activité de résistantes, toutes deux engagées dès juin 40 dans le fameux réseau du Musée de l’homme.  Elles l’ont défendu coûte que coûte au milieu de la barbarie des camps, à Ravensbrück. Là, douceur encore, l’une a accueilli l’autre à son arrivée au camp. Leur amitié est née là, dans un baraquement sordide… 

Cet essentiel n’a cessé de les hanter tout au long de leurs vies de très haute militance. 

Geneviève l’a mis sur son front comme un drapeau, comme une prière, en prenant fait et cause pour les mal logés du bidonville de Noisy le Grand. En 1958, elle rejoint le père Joseph Wresinski, fondateur d’ATD Quart Monde dont elle présidera la branche française de 1964 à 1998. La marque d’ATD ? Donner la parole aux gens, ne pas parler à leur place. Germaine, elle, a défendu cet essentiel par gros temps, avec une constance et un sens de l’équité remarquables. Ethnologue de son métier, elle qui avait séjourné dans les années trente-cinq dans l’Aurès, en Algérie, voyait, dans les années cinquante, combien l’urbanisation accélérée mettait à mal l’humanité de tous ces paysans. Pendant le conflit algérien, elle apaisera les tensions et jouera les bons offices. 

Ces deux femmes ont incarné l’essentiel, le même, avec sensibilité et discrétion, malgré les nombreux hommages publics qui leur ont été rendus. Germaine décrivait son métier comme la science de l’essentiel. Geneviève l’avait rencontré dans la foi de sa tradition catholique. L’être humain, disaient-elles, c’est quelqu’un de digne. Rien de plus, mais rien de moins. C’est là toute la Loi et les Prophètes. 

Mercredi 27 mai prochain, Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz entreront au Panthéon, en compagnie de Jean Zay et Pierre Brossolette. Puisse cet essentiel alourdir nos propos et réenchanter nos visages. L’histoire de ces deux grandes dames est racontée avec beaucoup de talent et finesse par Dominique Gros, réalisatrice du film L’Honneur de vivre (68 minutes). À voir absolument. 

 

Diffusion TV : mardi 26 mai à 23:10 sur France 2 

 
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