L’égalité de l’homme et de la femme

Comité de la Jupe

Un texte extraordinaire

A propos de l’évangile de la Messe du 4 octobre 2009 (Marc 10, 2-16), Voici un texte d’un père de l’Eglise du IVème siècle, Grégoire de Naziance, évêque de Constantinople.
On remarquera l’extraordinaire modernité de ce texte vieux de 17 siècles…

Texte découvert sur le site de l’Abbaye de Boscodon le 16/11/2009 et communiqué par les bons soins de Malvina

Homélie de saint Grégoire de Naziance

Le Christ, prenant la parole, répliqua aux pharisiens : N’avez-vous pas lu l’Ecriture ? Au commencement, le Créateur les fit homme et femme. La question que tu poses, (dit-il) me paraît concerner l’honneur qu’il faut rendre à la chasteté, et réclame une réponse empreinte d’humanité, - chasteté au sujet de laquelle je vois que la plupart des hommes ont des idées erronées, et que leur loi est injuste et inégale.  Pourquoi les hommes ont-ils châtié la femme et laissé l’homme impuni ?

L’épouse qui a déshonoré le lit de son mari est adultère et la conséquence en est, pour elle, les dures sanctions des lois; au contraire, l’homme qui est infidèle à sa femme n’encourt aucune peine.  Je n’accepte pas cette législation; je n’approuve pas cette coutume.

Ce sont des hommes qui ont légiféré de la sorte; voilà pourquoi cette législation est dirigée contre la femme; ils ont placé aussi les enfants sous l’autorité des pères, et ils ont négligé les intérêts de la femme.  Dieu n’agit pas ainsi.  Remarque l’égalité de la législation divine : un unique créateur de l’homme et de la femme, une unique poussière qu’ils sont tous les deux ; une image unique, une loi unique, une mort unique, une résurrection unique.  Nous sommes nés à la fois de l’homme et de la femme; unique est la dette des enfants à l’égard de ceux qui les ont engendrés.

Comment réclames-tu donc, toi, la chasteté, sans l’apporter ? Comment demandes-tu ce que tu ne donnes pas ? Comment, étant un corps de même dignité, légifères-tu d’une manière inégale ? Si tu regardes le mauvais côté des choses, la femme a péché, mais Adam aussi; le serpent les a trompés tous les deux; un parti ne s’est pas trouvé plus faible, ni l’autre plus fort.  Songes-tu au bon côté des choses ? Le Christ les sauve tous les deux par ses souffrances.  Le Christ s’est fait chair pour le salut de l’homme ? De même aussi pour le salut de la femme.  Il est mort pour l’homme ? La femme aussi est sauvée par sa mort.

Orat.37, 6-7   PG 36, 290-29

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Commentaires

Malgré cet écrit éclatant de lucidité et d'esprit de justice-certainement laissé dans l'ombre avec prudence -, L'Eglise-Institution, confisquée par des personnes de genre masculin, a persisté à légiférer contre les femmes, et a laisser, sempiternellement "l'homme impuni". En effet, nous ne voyons jamais l'Eglise dénoncer les violences spécifiques faites aux femmes dans le monde, ni en rechercher la cause, alors qu'elle s'indigne à bon escient des autres formes de violence. Elle condamne et fustige l'avortement, en se bouchant les yeux et les oreilles sur l'évidence que l'embryon est bel et bien le produit d'un homme et d'une femme. Et que les premières causes d'avortement, le viol et l'inceste, sont des crimes commis par des hommes, dont certains sont des baptisés. Y a t-il jamais eu d'appel solennel qui rappelle aux hommes chrétiens que ces actes sont des crimes? Ont ils été menacés d'excommunication? Pas à ma connaissance. Quant aux interruptions de grossesse plus "banales", résultant de détresse sociale, d'abandon, ou de danger pour la santé de la mère, aucune enquête sérieuse et impartiale n'a été menée, qui mette en lumière la responsabilité partagée du genre masculin, avant de jeter l'anathème sur les femmes . Les individus les plus pauvres en France, sont des femmes, et leurs enfants (76% des salariés précaires ou travailleurs pauvres). Celles qui vivent avec moins de 850 euros par mois. On ne peut pas se loger avec des ressources si faibles. Demandez à la Fondation Abbé Pierre... Alors, beaucoup de jeunes femmes se mettent "en couple", parce que celà permet de vivre une vie un peu plus convenable. Si un accident de contraception survient, l'homme dit qu'il ne veut pas d'enfant, sinon, c'est la séparation. Pire, l'abandon, si le logement est au nom du compagnon. Que faire devant un pareil chantage? Un prêtre de mes amis aujourdh'ui disparu me confiait un jour qu'il avait même vu des maris exercer ce type de pression... Ayant mené dans le cadre de mes fonctions des centaines d'entretiens préalables à une éventuelle interruption de grossesse, je peux témoigner que jamais une femme qui a un emploi stable et correct, la possibilité d'un logement à elle, et une famille aidante, ne cédera à ces pressions si elle veut poursuivre sa grossesse. Alors? A-t-on vu l'Eglise promouvoir avec énergie l'éducation, la formation, et l'emploi des femmes, leur égalité professionnelle, qui leur permettrait de sortir de l'ornière de semblables dilemnes ? Non. Au contraire, un discours public affligeant insiste sur la place de la femme à la maison (souvenez vous de l'hostilité du clergé catholique allemand à la construction de crèches supplémentaires ) Si fort heureusement "Dieu n'agit pas ainsi", c'est bien notre unique consolation! Michelle

de tout temps il y a eu des justes .Merci cela fait du bien

Merci pour ce beau texte d'un Père de l'Eglise "juste" pour les femmes ! une fois n'est pas coutume,chers "Pères", on l'apprécie d'autant plus... Grâce à Grégoire de Naziance et à Malvina, j'ai découvert le très beau site de l'abbaye de Boscodon et quelques textes du frère Jean Mansir qui valent aussi le détour, en particulier : "Le christianisme, religion du corps" http://pagesperso-orange.fr/abbaye.boscodon/conference-jm-24-mai-09.html Petit extrait: "Dieu a pris corps. La foi chrétienne lancera cette affirmation inouïe que Dieu a pris corps. Plus encore : il ne s’est pas pétri un corps de la glaise de la terre, comme il le fit pour Adam, le Terreux : il a confié ce soin, il s’en est remis à l’une d’entre nous, à son corps. Il a reçu un corps, comme un chacun, pour devenir homme parmi les hommes et sauver l’humanité du mal dans lequel elle ne cesse de s’enfoncer. Il nous faut bien à présent parler du corps de Dieu : celui qui s’est formé lentement dans le corps d’une femme d’Israël nommée Myriam. Quoi qu’il en soit de la virginité de sa mère, de l’effacement de son père selon l’État civil, Dieu est réellement devenu charnel. Venu au monde, circoncis le huitième jour, ce corps de Dieu, allaité, lavé, langé, a grandi peu à peu, s’est formé, s’est épanoui. Corps d’enfant, de garçon, d’adolescent, il est devenu le corps d’un homme dans toute la force de l’âge. Dieu est devenu… Oui, recevant un corps, Dieu acceptait d’entrer dans le temps, de commencer. Au matin de l’Annonciation, Dieu, en son éternité, assumait le risque de se lier au temps, d’évoluer par conséquent. Et de finir… Car le corps, le temps et la mort ont partie liée. Finir, oui, car Dieu est mort dans son corps. Mais ce corps est le corps de Dieu : et ce qui est fin pour la chair est commencement pour l’Esprit. Corps charnel, corps vivifié par l’Esprit, alors commença le corps divin de l’Église, corps du Seigneur Christ ressuscité, sa Tête. Et si l’éternité s’est ainsi liée au temps, alors le temps s’est ancré dans l’éternité, et voici que notre corps, vecteur du temps, participe lui aussi désormais de l’éternité."

Les juifs interprètent différemment ce passage de la femme adultère. S'il n'y a pas d'homme, c'est que la femme est adultère en ce sens qu'elle fait de la magie, elle est donc adultère à Dieu, ce qui est le blasphème "par excellence". Même ce péché, terrible pour Israël, peut être pardonné. Bonnes fêtes de Noël ! Françoise

@ Michelle. C'est vrai qu'il faut redire ces vérités sans oublier les violences physiques sur les femmes. Cependant je voudrais défendre un peu l'Eglise allemande car il y avait en Allemagne partout des centres catholiques de conseil familial où beaucoup de femmes voulant avorter ont trouvé écoute,appui et conseil. C'est le pontificat actuel qui a demandé aux catholiques de s'en retirer et beaucoup d'évêques allemands ont réagi et défendu ce qui se faisait dans ces centres. Il faut faire attention avec la culture allemande. Certes, pendant longtemps, les femmes se devaient d être au foyer et d'élever leurs enfants. Mais il y a des changements considérables partout et la question de l'égalité homme-femme est une question très présente en Allemagne. Bien sûr, il y a aussi un clergé conservateur mais pas plus que chez nous et les allemands n'ont pas d'aussi gros problèmes avec les traditionalistes ou intégristes que nous.

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