Il est bon de travailler avec des femmes !

Comité de la Jupe

La Congrégation Générale des Jésuites de 1995 a fait acte de reconnaissance à l’égard des femmes
et recommande des changements dans la pratique
.

(suite du précédent article...)

Acte de reconnaissance

Après l'acte de repentance et de pardon vu précédemment, vient la reconnaissance du bienfait de la complémentarité du travail avec les femmes : « Nous savons que le développement de notre propre foi et une grande part de notre ministère seraient considérablement amoindris sans le dévouement, la générosité et la joie que des femmes apportent dans nos écoles, nos paroisses et d'autres champs d'apostolat dans lesquels nous travaillons ensemble. Cela est particulièrement vrai de l'apport des femmes, laïques et religieuses, parmi les pauvres, en milieu urbain ou rural, souvent dans des situations très difficiles et pleines de défis. […] De nombreuses femmes ont contribué à renouveler notre tradition théologique d'une manière qui a libéré à la fois les hommes et les femmes. Nous voulons dire ici que nous apprécions cette généreuse contribution des femmes, et nous espérons que cette collaboration dans le ministère pourra se poursuivre et se développer. » (§ 10)

Peut alors s’envisager avec lucidité, sans idéalisme ou angélisme, l’avenir pour continuer à avancer : « Nous ne supposons pas qu'il y ait un modèle unique de relations entre homme et femme qui doive être recommandé, encore moins imposé, pour le monde entier ou même dans une culture donnée. Nous soulignons plutôt la nécessité de beaucoup de tact dans notre réponse. […]Nous devons être spécialement attentifs à adopter une pédagogie qui ne mène pas à une plus grande séparation entre hommes et femmes, celles-ci étant déjà, dans certaines circonstances, soumises aux énormes pressions d'autres forces culturelles et socio-économiques sources de division. » (§ 11)

Ministère d'écoute et recommandations

Suit la reconnaissance de ce que l’on pourrait appeler un ministère d’écoute, première étape fondamentale avant d’aller plus loin : « En tout premier lieu, nous invitons tous les Jésuites à se mettre sérieusement et courageusement à l'écoute de l'expérience des femmes. Beaucoup de femmes sentent que les hommes tout simplement ne les écoutent pas. Rien ne peut remplacer cette écoute. Plus que toute autre chose, c'est elle qui apportera le changement. Sans écoute, toute action dans ce domaine, quelque bien intentionnée qu'elle soit, passera probablement à côté des préoccupations réelles des femmes, confirmera la condescendance masculine, et renforcera la domination des hommes. L'écoute, dans un esprit de partenariat et d'égalité, est la réponse la plus concrète que nous puissions donner, et le fondement même de notre partenariat pour la réforme des structures injustes. » (§12)

Peut venir enfin l’invitation à des actions de solidarité très concrètes à savoir
« l'enseignement explicite dans nos ministères, […] de l'égalité essentielle entre hommes et femmes ;
un soutien donné aux mouvements de libération qui s'opposent à l'exploitation des femmes et encouragent leur entrée dans la vie politique et sociale ;
une attention spéciale au phénomène de la violence exercée contre les femmes ;
une présence adaptée de femmes dans les ministères et les institutions jésuites, sans exclure la formation ;
la participation authentique de femmes dans les instances de consultation et de prise de décision dans nos ministères ;
une collaboration pleine de respect avec nos collègues femmes dans les projets communs ;
l'emploi du langage "inclusif" qui convient dans les discours et les documents officiels ;

la promotion de l'éducation des femmes et, en particulier,
l'élimination de toute forme de discrimination injustifiée entre garçons et filles dans le processus d'éducation. » (§ 13)

Les Jésuites mesurent bien que de telles attitudes ne peuvent aller sans provoquer des changements profonds au sein même de l’Eglise : « Le changement de sensibilité que cela comporte aura, inévitablement, des implications pour l'enseignement et la pratique de l'Église. Dans ce contexte nous demandons aux Jésuites de vivre, comme toujours, avec la tension qu'implique le fait d'être fidèles aux enseignements de l'Église et d'essayer en même temps de lire avec exactitude les signes des temps. » (§ 14)

Vient alors le temps de la conclusion : « La Compagnie rend grâces pour tout ce qui a déjà été accompli, souvent au prix d'une lutte difficile, pour de plus justes relations entre hommes et femmes. Nous remercions les femmes pour l'exemple qu'elles ont donné et continuent à donner. » « Surtout nous voulons engager la Compagnie d'une manière plus formelle et plus explicite à considérer cette solidarité avec les femmes comme faisant partie intégrante de notre mission. » (§15 & 16)

Un bel exemple qui nous est donné en Église et qui peut en inspirer d’autres !

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