Encore une paroisse qui se ferme aux femmes

Comité de la Jupe

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Un dimanche, récemment, fête patronale dans une paroisse parisienne, des prêtres nombreux, des diacres, des servants de messe, une liturgie solennelle. Les lectures sont confiées à deux hommes, ce qui est devenu systématique aux messes dominicales depuis plusieurs mois, les femmes sont invisibles, sauf pour la lecture des intentions. A ce moment, le chef de chœur laisse la place à une femme de la chorale, pour entonner le refrain de l’invocation. Le symbolisme de ces deux voix féminines est transparent. Une scission selon les genres se fait parmi les laïcs : les femmes représentent l’assemblée, il n’est plus question du sacerdoce des Baptisés ni de leur responsabilité de Confirmés. Seuls les hommes, parmi les laïcs, de par leur appartenance au genre masculin, peuvent proclamer la Parole de Dieu et donner la Communion. A eux seuls la dignité du sacerdoce des Baptisés.  De nombreux clercs, surtout dans le diocèse de Paris, ne veulent plus de la présence visible des femmes dans la liturgie. On s’étonne même que les femmes proclament les intentions du même lutrin d’où la Parole a été proclamée un peu plus tôt !

La pensée différentialiste est ici poussée à l’extrême, aux hommes le culte, la lecture de la Parole, la distribution de la Communion. Les femmes sont silencieuses et invisibles, elles ne peuvent plus que représenter l’assemblée dans ses demandes suppliantes à Dieu. C’est la conception qui préside au clivage entre les servants de messe et les servantes de l’assemblée, conception faisant de la différence des sexes un marqueur très fort en terme de rôles et de fonctions, même au sein des laïcs, en contradiction avec les principes qui régissent une démocratie moderne et les pratiques sociales courantes, en contradiction avec les textes de l’Eglise qui parlent de la dignité de tous les baptisés et de leur responsabilité dans la proclamation de la Bonne Nouvelle au monde.

Et c’est ainsi que le catholicisme contemporain, voulant resacraliser la liturgie et « réenchanter » le monde, perd de sa crédibilité aux yeux de nombreuses femmes de la modernité et les plonge dans un profond désenchantement.

S. de Chalus

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