En marche !

Comité de la Jupe

Notre déclaration parue dans le journal La Croix de samedi 10 octobre, rubrique forum,
et lue solennellement pour lancer la marche du 11 octobre à Paris depuis les Arènes de Lutèce :

2009-10-11 464v2

Nous, femmes et hommes, catholiques, baptisés et confirmés,
croyons que Dieu nous a confié en son Fils Jésus-Christ une nouvelle de joie, de paix et de salut pour tous les hommes et toutes les femmes de la Terre, de tous pays, de toutes cultures, de tous temps. Nous constatons avec tristesse que trop nombreux sont les hommes et les femmes, nos contemporains, qui n’ont pas accès à cette bonne nouvelle.

Nous refusons de croire que cette situation serait exclusivement imputable à ceux qui n’entendent pas cette nouvelle et dont le cœur serait égaré par le péché, obscurci par le matérialisme et dépravé par l’immoralité.

Quand la voix de Dieu devient inaudible, c’est notre responsabilité, celle de chaque baptisé, celle de l’Église du Christ, qui est engagée. C’est pourquoi il est de notre devoir, alors que le monde et l’humanité ont plus que jamais besoin d’une parole d’espérance, de mettre en œuvre tous les moyens à notre disposition afin que cette voix puisse être entendue.

Nous voyons autour de nous trop de gens rongés par la peur et la dépression, convaincus intimement – même s’ils n’osent pas le dire – que le christianisme (le catholicisme) en est à la dernière phase de l’agonie. Nous voyons aussi ceux qui rêvent d’un avenir qui ressemblerait au passé et qui, au-delà d’une nostalgie passéiste, espèrent une « restauration » politique et sociale. Nous entendons également ceux qui nous disent que nous n’aimons pas l’Église et nous intiment de la quitter, alors que nous la voulons simplement plus fidèle à sa mission. Mais nous voyons surtout, et c’est cela qui nous fait bouger aujourd’hui, toutes celles et tous ceux qui, le plus souvent sur la pointe des pieds, usés, lassés, désabusés, écœurés, partent.

Nous, femmes et hommes, disciples du Christ, en fidélité à l’Évangile, considérons que le moment est venu de prendre nos responsabilités, non pour nous opposer ou revendiquer vis-à-vis de l’institution ecclésiale, mais pour que la mission que Dieu a confiée à son Église soit pleinement remplie.

Aujourd’hui, nous nous mettons en marche, avec de petits moyens, mais avec détermination et sans crainte. À tous, nous disons que nous regardons l’avenir et que nous le préparons, dans l’Église. Nous reconnaissons l’Église comme la maison de notre passé et de nos racines, et comme celle de notre avenir et de notre espérance ; notre maison de famille. Et c’est pourquoi nous l’aimons.

À cause de cet amour nous ne pouvons ni partir, ni nous taire.

Nous savons que l’Église n’a pas à être « de son temps » – au sens où elle se plierait sottement à toutes les modes –, mais elle a à être « pour ce temps ». Aussi, nous disons que l’égalité des droits et l’égale compétence des hommes et des femmes en matière de réflexion, de responsabilité et de capacité de décider, d’organiser et de gouverner n’est pas une « mode » : c’est une avancée de l’humanité.

Nous disons que la capacité de tous, prêtres ou laïcs fidèles du Christ, hommes ou femmes, à prendre la parole, à peser et discuter une décision, à débattre n’est pas le sous-produit regrettable du relativisme, mais le signe que l’Église devient un peu plus mûre, un peu plus adulte.

Nous disons que l’Église – notre Église –, au nom du Dieu trinitaire qu’elle annonce, a besoin de parole,

de débat. Elle est un corps qui a besoin que la vie circule. Elle a besoin que la vie et la joie promises par son Seigneur, Jésus le Christ, circulent parmi ses membres, afin qu’elle soit un vivant témoin de l’Espérance qui la porte.

C’est ce témoignage qu’en ces temps de grisaille, de doute et de peur nous voulons donner, c’est le combat que nous voulons mener, c’est pourquoi nous nous levons, nous nous parlons et nous marchons ensemble…

Et nous ne sommes pas près de nous rasseoir !

Anne Soupa et Christine Pedotti ont fondé le « Comité de la Jupe » à la fin de l’année 2008. Il s’agissait alors de protester contre des propos discriminatoires tenus à l’encontre des femmes au sein de l’Église catholique. Rejointes par des centaines de sympathisants, hommes et femmes, clercs et laïcs, à travers toute la France, il leur est apparu que le véritable enjeu était en fait, par-delà l’épisode particulier qui a suscité leur initiative, la participation plénière de tous les baptisés, femmes ou hommes, à la mission de l’Église. Pour répondre à la demande de parole et d’action qui s’exprime, elles ont décidé d’organiser une marche, ce dimanche, dans Paris tandis qu’en régions des groupes se rassemblent.

Marche du Comité de la jupe : Dimanche 11 octobre, à partir de 12 h 30 aux Arènes de Lutèce ; arrivée, après un pique-nique et quelques détours, place Saint-Sulpice vers 16 h 30.

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Commentaires

Merci à vous, tous mes voeux et à demain. Sylvie Vincienne

Vous exprimez merveilleusement ce que je pense. Je viens de vous découvrir par l'Express, je ne sais pas si je pourrai vous rejoindre demain mais je serai en tout cas de tout coeur avec vous. Je vous dis Bravo pour votre action, je trouve que vous apportez un élan, une bouffée d'air qui font franchement du bien. Tous mes voeux vous accompagnent pour que cette marche soit une réussite !! Martine Faïsse

Bravo, je suis modéré, ni tradi ni progressiste et je vous envoie tous mes voeux pour votre action si nécessaire en ces temps difficiles ou le clergé masculin, célibataire et professionnel (c'est ainsi que mon curé s'est défini devant moi hier : j'en sais plus que vous car je suis prêtre de profession) veut de nouveau imposer sa loi. J'en viens à me demander ce que nous les laïques nous avons encore à faire dans l'Eglise (à part donner de l'argent encore et toujours). Nous avons un moyen de nous faire entendre : frapper au portefeuille, faire la grève du denier du culte et donner l'agent ainsi économisé à l'oeuvre philanthropique de notre choix ; c'est ce que nous faisons depuis plusieurs années avec mon épouse. Je ne suis pas pour une révolution mais pour que les chrétiens réfléchissent dès maintenant tous ensemble à une évolution raisonnable du pouvoir et à la mise en place d'une liturgie plus conviviale dans l'Eglise (des réformes oui la chienlit non). Continuez votre combat pour qu'il n'y ait plus jamais de "rire gras" d'un dignitaire ecclésiastique. J'ai observé que dans la quasi totalité des églises de Paris il n'y a plus de filles enfants de choeur et que l'on ne voit plus de femmes distribuer la comnunion. Par contre le clergé sait faire appel aux femmes pour nettoyer l'église et repriser les ornements liturgiques. Attention ! les prêtres tentent de récupérer le monopole du catéchisme (orienté dans le sens que vous pensez). Par crainte de représailles je signe d'un pseudonyme, car je subodore que votre site est "sous suveillance".

Bonjour, Je découvre ce jour votre démarche grace à un article du Monde. Je ne puis ici développer ce que je crois et pense de l'Eglise aujourd'hui, aussi vais je m'en tenir à des déclarations générales. -1-La parole de l'Eglise est aujourd'hui inaudible car décalée vis à vis des metalités et exprimée dans un langage complètement dépassé. -2-L'Eglise idolatre une position quasi monarcique du pouvoir, tout en refusant d'endosser les responsabilités de ses décisions. Le pouvoir se délègue les responsabilités non. Aussi la crise actuelle des vocations trouve sa source dans les décisions des 3 derniers papes notamment. -3- L'Eglise évolue sans cesse entre une conception rétrograde style intégriste ou traditionnaliste comme si l'avenir se lisait dans le passé(je suis médiéviste de formation). Elle penche aussi pour une conception compassionnelle et sentimentale de la Foi. Elle mélange enseignement et actions de foule (style JMJ) qui participe hélas à une manipulation du type de la dynamique des groupes. -4-La parole de Jésus n'est pas répercutée ni son enseignement, nous sombrons dans un moralisme de type XIX° siècle. -5-La rigueur intellectuelle de l'analyse est absente. Que dire de la réputation usurpée de Benoît XVI en la matière (conception simplificatrice du monachisme médiéval, racines chrétiennes de l'Europe....etc) et de celle de ses prédécesseurs notamment JP II qui voyait l'avenir du ctholicisme dans la Pologne... -6- Les femmes, les homùosexuels, les divorcés......que d'exclus sont fabriqués par un Vatican, gérontocratie coupée du réel. -7-Il faut revoir les questions de la sexualité, de la procréation, du genre (et non du sexe)... Il y a du pain sur la planche et je regrette cet inventaire à la Prévert, mais je développe couramment mes idées dans le forum de la Croix. Je reste attaché à cette Eglise, bien trop rationellement, et je me désespère de son manque d'audace et d'imagination. N'y a t il rie après Thomas d'Aquin ou pis Augustin, ni y a t il rien après le concile de Trente ou Vatican II? Allez les évêques révoltez vous un peu. Georges Bernanos disait dans un discours à la jeunesse durant la seconde guerre mondiale: "Le bonheur est un risque et le monde ne veut plus courrir ce risque, il veut la sécurité et la sécurité fait les esclaves". Ou est la Foi au risque du doute? Continuez, remuez les certitudes, secouez les cocotiers. Michel Pecha-Soulez

Ce n'est pas l'Eglise qui a voté la loi sur le divorce ou les homosexuels... Mettons-nous dans le plan d'Amour de Dieu et nous comprendrons mieux combien l'Eglise est "experte en humanité"... Il est possible de suggérer des solutions, mais sont-elles vraiment un fruit de la Prière et est-ce l'écoute de l'ESprit ? Nous n'allons pas rejoindre le troupeau des râleurs que l'on nous sert quotidiennement... En France, nous sommes privilégiés par rapport à bien d'autres lieux du monde. Nous avons la chance d'avoir d'excellents Prêtres, ne devrions- nous pas plutôt rendre grâces ?

bien dit !!! il faut que nous pratiqaunts nous fassions notre révolution car nous sommes loin d'avoir la science infuse : alors , REMETTONS NOUS en caus e & BASTA pour la PLUS GRANDE GLOIRE DE DIEU

Bonjour, je voudrais vous dire : ENFIN !!! Enfin des gens qui réveillent pour dépoussierer notre maniere de pratiquer. Je suis catholique mais ne me reconnais ni dans le discours du pape, ni dans le rituel de l'eglise. L'eglise doit donner un message d'ouverture en adoptant des positions différentes à l'egard du sacerdoce et de la sexualité. Ce sera un appel fort pour les catholiques dans le doute. Quand au rituel, il faut se débarasser des phrases apprises par coeur et chants à peine psalmodiés. Les liens sociaux dans les paroisses devraient etre renforcés, que l'on puisse sentir la joie dans les rassemblements mais aussi réflechir et débattre des sujets d'actualité. Je vous soutiens de tout coeur dans votre démarche !

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