Douze raisons d’être catho ET féministe (sans être schizo...)

TELLOU

Il y a des jours où je reçois des gros yeux ronds étonnés, déconcertés. Forcément, quelqu’un qui, à la machine à café, vous tient un jour un discours féministe (comment ça, j’ai droit à des post-it roses pour mon bureau parce que je suis une fille ?) et le lendemain vous aide à monter la cérémonie de baptême de votre petit dernier, ça vous remue le ciboulot. Elle n’est pas schizophrène au fond la fille ? Catho et féministe, ce n’est pas vraiment compatible, hein… ? Et si, pourtant, c’est non seulement super compatible, mais vraiment nécessaire ! Avant de vous donner douze bonnes raisons, j’ajoute juste que j’entends par féminisme (gros raccourci) la défense de l’égalité entre hommes et femmes, et non la supériorité des femmes sur les hommes. C’est une évidence, mais c’est bien de la rappeler. Donc 12 raisons les filles pour faire lever vos voix (et pas que dans l’animation de la messe dominicale…)

1 - Parce qu’au lieu d’être à la traîne, les chrétiens devraient être les plus à même à promouvoir l’égalité entre les sexes, entre les races, bref, entre toutes les personnes. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est saint Paul quand il écrit aux Galates : « Vous tous, qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ. Il n'y a plus ni Juif ni Grec, il n'y a plus ni esclave ni homme libre, il n'y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus-Christ. » On rajoutera que Jésus a valorisé et protégé les femmes. Sans condescendance. Sans les considérer à part. L’inégalité dans l’Église, ce n’est pas normal, ce n’est pas une tradition, et ce n’est pas une fatalité.

2 - Parce que la moitié de l’humanité est constituée de femmes. Donc la moitié de l’Église est constituée de femmes. Une Église qui ne tourne que par les hommes et pour les hommes passe à côté de la moitié de sa communauté. Or l’Église est un corps (cf saint Paul) : cela fait des siècles que l’Église s’auto-ampute.

3 - Parce que l’Église est comme le reste de la société : bâtie sur des schémas patriarcaux de domination masculine. C’est bien normal : elle s’est implantée dans des cultures différentes en absorbant la culture (patriarcale prédominante). Elle a eu beau venir avec de beaux arguments plus égalitaires, il a bien fallu qu’elle se coule dans certains moules sociaux. Or oui, cela relève de représentations sociales. Donc, comme les autres mouvements féministes, au sein de l'Église il faut casser ces moules patriarcaux.

4 - Parce que quand on est catholique, ce qui compte le dimanche, c’est la communion avec toute l’Église. Tu vas à la messe non seulement pour revoir tes amis et tailler la bavette, mais aussi pour te reconnecter avec toute l’Église par la prière. En Jésus, nous sommes tous unis. Sauf que moi, quand je vais dans un endroit pour « communier », mais que dès que je rentre, je sens que la communion ne va concerner que la moitié de l’Église, cela m’agace vois-tu. Parce que d’un côté, on ne peut pas dire qu’on est une grande et belle famille qui communie, et n’avoir par exemple que des garçons enfants de chœur (et pas des filles, qui elles, sont à l’accueil parce que tu comprends, c’est dans leur vocation alors que les garçons pourraient avoir la vocation d’être prêtre). Tu commences avec les petites filles et le message que tu envoies à toute une communauté c’est : de toute façon, de par votre sexe, vous ne serez jamais égaux. Et ça, je suis désolée, mais ce n’est pas catholique. Alors, la communion du dimanche, elle me reste entre le gosier.

5 - Parce qu’il y en a marre d’entendre le Magistère nous dire que si les prêtres sont des hommes, c’est parce que les Douze Apôtres étaient des hommes. Et alors ? On notera au passage que c’est justement l’un des Douze qui a trahit Jésus, mais bon ça, hein, ça a dû leur passer à côté. C’est à une femme (la Samaritaine) que Jésus a demandé de l’eau et a montré que sa mission était universelle (pour autant, la vocation de « missionnaire » ne s’adresse pas qu’aux femmes). C’est à des femmes que Jésus s’est montré ressuscité. Mais bon, ça, ça doit être du pipi de chat théologique à côté…

6 - Parce que quand il s’agit du mariage, le magistère nous ressort le coup d’Adam et Ève, créés tous les deux à l’image de Dieu et donc complémentaires. Donc pour le mariage, il faut les deux, à égalité. Par contre, pour le reste du temps, dans nos communautés, la femme passe après l’homme (c’est bon, le coup de la côte d’Adam, on connait…)

7 - Parce que chez les cathos comme dans beaucoup d’autres domaines de la société où il y a des femmes qui sont expertes, l’on ne fait encore appel qu’à des hommes : la parole d’un frère aura souvent plus de poids que celui d’une religieuse. Idem pour toutes mes sœurs diplômées en théologie qui ne feront jamais que s’amuser tandis que les vrais experts seront les hommes.

8- Parce qu’il faut proposer des femmes auxquelles les petites filles peuvent s’identifier. Cela commence par les femmes de la Bible, mais cela continue aussi par les saintes et par celles qui font notre quotidien. Si dans nos églises, in fine, ce sont des hommes (du prêtre au pape) qui guident une communauté, quel est le message envoyé aux filles ? Vous pouvez faire tout ce que vous voulez, aider vos paroisses du mieux que vous pouvez, mais jamais vous ne serez un « pasteur »… Ça s’appelle un « plafond de verre » en langage de féministe.

9 - Parce qu’on n’a pas à me dire comment je dois m’habiller pour aller prier (couvre ta tête, pas de débardeur, jupe à la bonne longueur etc.). A priori dans une Église, je viens prier. Ce qui se passe entre Dieu et moi ne regarde personne. Je ne suis pas là pour faire autre chose. Si tu as peur que je « racole », c’est que tu n’es pas certain de pouvoir gérer tes pulsions sexuelles. Mais là, mon ami, ce n’est pas aux femmes à ne pas créer ces pulsions, c’est à toi à apprendre à les contrôler. Hommes ou femmes, une tenue descente (normale quoi) est plutôt de mise. A priori, on ne va pas à la messe comme on va à la plage (sauf si on était aux JMJ de Rio….)

10 - Parce qu’il y en a assez de voir des hommes, assez âgés de surcroît, débattre des positions de l’Église sur des problèmes qui concernent les femmes : la famille (autant qu’on sache, vu que le magistère défend le modèle homme+femme, cela semblerait logique de demander leur avis à l’autre moitié du couple), la contraception (oui, cela semble étrange d’entendre des messieurs d’un certain âge parler stérilet et pilule sans nous…), voire l’avortement.

11 - Si l’on regarde les stéréotypes de genre véhiculés par l’Église catholique (les femmes sont naturellement accueillantes, maternelles, ouvertes, à l’écoute etc.) alors, je suis désolée, mais les hommes n’ont rien à faire dans des fonctions où l’accueil, l’écoute, la faculté de « materner » une communauté sont primordiaux : allez, au hasard, prêtre ! Ben oui, les stéréotypes, ça pourrait marcher dans les deux sens. C’est nul un stéréotype ? Je suis bien d’accord

12 - Parce que la plupart des courants féministes rejettent en bloc les religions qui asservissent les femmes. On ne peut les blâmer de voir une certaine réalité (cf point 3). Est-ce pour autant la peine de jeter le bébé avec l’eau du bain ? Pas si certaine. Ce n’est pas parce qu’on est catho et que l'on a la foi qu’on est des quiches non plus. Et, oui, on peut croire en Dieu et défendre l’égalité hommes-femmes. Voire même pour certaines d’entre nous, défendre la contraception, le remariage des divorcés etc.

Tellou

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Angelica Kauffmann: Jésus et la Samaritaine au puits de Jacob, Munich, Neue Pinakothek.
Angelica Kauffmann: Jésus et la Samaritaine au puits de Jacob, Munich, Neue Pinakothek.
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Commentaires

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Zazie
Merci, merci infiniment pour cet article ! Je suis catholique et féministe, et j'en étonne plus d'un avec ça, mais j'en suis fière et je ne le cache pas. Ce n'est pas parce que je fais partie de l'Eglise que je suis d'accord avec tout ce qu'elle porte et impose !

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Anne-Joelle Philippart
Merci pour cette belle mise au point bien nécessaire en ces temps où des mouvements très tradis essayent de restaurer et renforcer les bases du patriarcat et du différentialisme. Je citerai particulièrement un qui se cache derrière un visage bien sympathique: l'Emmanuel. Plusieurs prêtres de ce mouvement m'ont ainsi affirmé que, pour eux, les filles et les garçons étaient tellement différents qu'il fallait absolument une éducation séparée pour mieux expliquer, aux filles, leur vraie nature et les préparer à leur rôle d'épouse et mère. En effet, pour lui, les petites filles ne peuvent, par elles-mêmes, découvrir leur vraie nature. Formatage ou éducation? Toujours pour ces prêtres, les études sur le genre sont un grand complot pour démollir la famille.  L'ONU a de dangereux penchant anti-famille et anti-femmes car elle promeut le contrôle des naissances dans le tiers monde et empecherait ainis les femmes d'être vraiment des femmes . Quant à discuter de la place des femmes dans le choeur, de l'égalité femmes-hommes dans toutes les fonctions de l'Eglise, ce fut impossible même en argumentant que plusieurs théologiens commençaient à en parler et à défendre une autre vision des femmes  et de leur rôle en Eglise. La réponse fut : il ne faut pas écouter ou lire les textes et discours des nouveaux théologiens. Il faut faire une confiance aveugle dans l'Eglise et sa tradition. Il ne faut pas se poser de questions. Et effectivement, dans l'Emmanuel, on apprend à ne pas critiquer..! Pas de débat. Dans l'Emmanuel on prie, on ne doit pas trop penser. D'ailleurs,  on n'en a pas le temps. D'autres pensent pour eux et leur déversent leur vérité.     

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laurent kloeble

Douze bonnes raisons de découvrir l'orthodoxie, et de ne pas devenir féministe

le féminisme n'est pas la quête d'égalité entre hommes et femmes mais un énième avatar de l'idéologie des Lumières. Au lieu d'aider à la parfois difficile harmonie entre hommes et femmes, le féminisme propose de créer un fantasmatique affrontement, destiné à cacher le véritable affrontement entre riches et pauvres. Il s'agit d'un leurre, leurre qui fonctionne parfaitement. Si l'on essaie de l'attaquer, l'on devient un odieux misogyne. Qui étudiera l'histoire verra à quel point le prisme féministe est faux et combien son bilan est calamiteux. Je suggère pour cela d'étudier la condition de la femme au moyen-âge, l'époque la plus décriée de nos jours pour y découvrir quel était son pouvoir, et combien elle a perdu depuis que les Lumières gouvernent.
L'égalité en elle-même est un faux prisme, puisque rien n'est égal. Il n'est pas question de revenir sur l'égalité de dignité, il m'est pénible de devoir le préciser, mais je sais que ma réponse me rend suspect en toute chose. Je prends l'exemple du travail de nuit. Les femmes en étaient exclues. Exclusion diront certains. Je répondrais protection. Toujours est-il que c'est le discours égalitaire qui a permis de revenir à l'égalité, grâce à la construction européenne, toujours prête à détruire les acquis sociaux, mais c'est un autre sujet. Les femmes, ont maintenant, comme les hommes, le droit de travailler de nuit. L'égalité est un attrape nigaud. Ou alors, allons-y a fond : pas de séparation dans les compétitions sportives, et les femmes de ma classe d'âge font le service militaire (généralement, là il y a beaucoup moins de volontaires...)

argument 1 : l'Église devrait être à l'avant garde de l'égalité des sexes. La citation de Paul est tirée de Galates, et reprend la prière juive du matin, et n'est absolument pas un appel à l'égalité comme beaucoup le pensent. Mais ici n'est pas le lieu de l'exégèse. Jésus a toujours valorisé les femmes, c'est vrai, mais n'a jamais considéré les femmes comme porteuses de la capacité de réaliser des sacrements, puisque c'est cela le fond de la question. L'Église n'est pas une association de promotion des droits. C'est un organisme divino-humain qui est le lieu de la déification de chaque humain.

Argument 2 : l'Église s'auto ampute depuis des siècles. Pourtant, elle fonctionne depuis 2000 ans comme ça, et donc son logiciel ne doit pas être si mauvais que cela. Il est vrai que le catholicisme traverse une crise, qui m'importe, même si je suis orthodoxe. Mais la place des femmes n'est pas ici l'issue centrale de cette crise. Il n'y a pas d'amputation, et si l'on regarde le calendrier, il y a plus de saintes que de saints, et donc il faut nous aider, nous les hommes, qui réussissons moins bien que les femmes dans l'exercice périlleux de la sainteté. Le fait de ne pas accéder au sacerdoce n'est pas une amputation, c'est une compréhension saine des charismes de chacun.

Argument 3 : l'Église est bâtie sur des schémas patriarcaux. Ceci est une vision catholique des choses en un sens, puisque vous avez un fonctionnement pyramidal depuis le schisme de 1054. L'Orthodoxie a gardé le mode de fonctionnement originel, à savoir, synodal. On pourra me répondre que les synodes sont faits avec les évêques, qui sont tous des hommes, ce qui n'est pas totalement exact. Tout membre de l'Église, même un laïc, peut participer à un concile, synode, et donc rien ne s'oppose à ce qu'une femme puisse le faire. Le problème en ce cas n'est pas l'Église, mais le manque de formation théologique qui pourrait donner un blocage. Le blocage, théologiquement et historiquement n'existe pas.

Argument 4 : La communion c'est avec toute l'Église. Chez nous orthodoxes, les femmes communient aussi, et donc je ne vois rien à répondre spécialement à cet argument. Le texte qui développe l'argument reprend le problème du sacerdoce, mais c'est un faux problème. Le sacerdoce pour une femme n'a pas de sens, ce serait une confusion des charismes (je développerai au point suivant)

Argument 5 : Les 12 apôtres étaient des hommes, et c'est là le blocage sur le sacerdoce. Pas du tout. Le blocage est encore plus simple, il vient du Christ. Le prêtre figure le Christ. Une femme, ne peut logiquement pas figurer le Christ. C'est la théologie issue de l’épître aux Hébreux et c'est toute la tradition de l'Église. Les femmes ayant eu une « position » particulière sont les diaconesses, ce qui a existé pendant des siècles. Rien ne s'oppose sérieusement à leur ré-instauration. Je ne comprends pas bien pourquoi une femme tiendrait absolument à être prêtre. Le prêtre est celui qui administre les sacrements, voilà tout. Mais cela n'empêche pas une femme de pouvoir faire l'homélie (rien ne s'y oppose dans le droit canon à ma connaissance) si elle est apte théologiquement à cela. Il y a le cas particulier des femmes pasteurs dans le protestantisme, mais cette branche du Christianisme n'est plus dans la succession apostolique et n'a plus aucun pouvoir sacramentaire. C'est donc un non problème. Ce qui est véritablement problématique pour une vision orthodoxe, c'est un prêtre catholique ne puisse pas se marier pour être prêtre. Chez nous, orthodoxes, c'est l'inverse. Si un prêtre n'est pas marié, s'il ne partage pas la vie d'une femme donc, il ne peut être prêtre. Il ne peut exercer de sacerdoce. Nous avons le cas des hiéromoines, les moines prêtres, mais ceci concerne le monde monastique, pas celui des paroisses avec les gens dans la vie du monde. Dans certains pays, les prêtres ne font que ça, mais en France, c'est assez merveilleux de ce point de vue : les prêtres sont mariés, et de plus ont une activité professionnelle (ou sont retraités et ont connus ça). Ils peuvent donc accompagner spirituellement les gens, car ils savent de quoi ils parlent. Ils connaissent les difficultés de couples, les enfants, les angoisses au boulot, etc. Si une femme soucieuse de la vision de la communauté ecclésiale sur les femmes devaient dire une seule chose ce serait : mais pourquoi, un homme doit-il sacrifier une vie de famille pour pouvoir délivrer des sacrements ? Nous autres orthodoxes disons que sans femme à ses côtés, un homme se saurait être prêtre. Et ça, c'est une erreur dans l'histoire de l'Église latine (c'est comme ça qu'on appelle les catholiques chez nous). Cela ne veut pas dire qu'il ne vous faut plus de prêtres ayant une vie de moine. Cela veut dire que vous devez retrouver une théologie du mariage plus équilibrée. Plus orthodoxe oserai-je dire.

Argument 6 : Pour le mariage nous sommes égaux, alors pourquoi pas sur le reste ? La côte n'est pas une traduction correcte, c'est le côté, et non la côte, même si on peut vouloir le traduire de cette façon. La femme est l'ultime réalisation de toute la création, et dans la logique biblique, sans flagornerie mal placée, elle est supérieure à l'homme. Sa malédiction, et sa soumission à l'homme dans le troisième chapitre de la Genèse est le résultat d'une malédiction. Dans l'Église, nous ne vivons pas comme des gens maudits, et la faute originelle a été réparée par la Mère de Dieu, et donc il ne saurait y avoir de domination de l'homme sur la femme dans un Christianisme bien compris.

Argument 7 : Les femmes ne sont pas écoutées en Église. Si dans votre paroisse, le prêtre ou les hommes ne vous écoutent pas, je n'ai qu'une chose à dire : changez de paroisse. La vie est trop courte pour la gâcher avec des gens médiocres. Cela les fera peut-être bouger. Mais ne vous trompez pas de combat : la revendication du sacerdoce n'a pas de sens.

Argument 8 : l'identification des femmes. Dans le monde orthodoxe, il y a des théologiennes, mais femmes chef de chœur, des directrices spirituelles dans des monastères pour femmes (moniales) et les exemples ne manquent pas.

Argument 9 : Le problème vestimentaire. L'argument est un peu spécieux, car vous citez Paul dans Galates quand cela vous arrange, mais Paul qui demande aux femmes de se couvrir la tête, cela ne vous plaît plus. Le Christianisme n'est pas une auberge espagnole où l'on fait son choix. La femme doit se couvrir la tête. Tout le monde le sait. Dans une église orthodoxe, je n'ai néanmoins jamais vu personne aller reprocher quoi que ce soit à une femme qui ne se couvre pas la tête, et je ne le ferai personnellement jamais. Nous savons ce que nous devons faire : ne pas juger les autres. Nous nous réjouirons lorsqu'elle le mettra, d'elle même. D'ailleurs, en tant qu'homme, je trouve que c'est un magnifique artifice de beauté...

Argument 10 : seuls les hommes débattent des problèmes impliquant les femmes. => j'ai tout dit dans l'argument 7.

Argument 11 : les stéréotypes sont nuls : tout à fait d'accord.

Argument 12 : les féministes rejettent les religions qui asservissent les femmes. Mon but n'est pas de séduire les féministes, qui souvent cachent une hostilité aux hommes derrière leur combat. De plus, comme je le disais en préambule, cette vision erronée du monde provient des Lumières, ennemies de l'Église, et nous n'avons pas à perdre de temps à séduire nos adversaires, juste prier pour leur conversion. En tout cas, aujourd'hui, dans notre monde d'apostasie, nul n'est obligé d'aller à l'Église, et certainement pas les femmes. Si elles viennent, c'est qu'elles le veulent, et je m'en réjouis. Je finirai sur la contraception et le remariage des divorcés. La démarche orthodoxe est beaucoup plus ouverte sur ce plan là, ce en quoi nous sommes fidèles à la Tradition millénaire de l'Église. N'oublions pas que nous sommes la religion du corps, et que le platonisme a été condamné sans ambiguïté au cinquième concile œcuménique de Constantinople. Ces problèmes, sont des faux problèmes, issus de déviances du monde latin, trop teinté de philosophie grecque...

En conclusion, je dirais donc que je le constate dans ma propre paroisse : il y a plus de femmes que d'hommes, et sans elles il n'y aurait pas de paroisse. Elles ont également une place éminente dans le monde chrétien comme dans le monde juif, c'est à dire les civilisations bâties sur le biblique. Ce que vous dénoncez parfois avec justesse est pour partie dû aux abandons de la Tradition orthodoxe dans le monde catholique romain, et pour partie des choses du monde qui n'ont pas leur place dans l'Église. Le féminisme, en tant qu'idéologie fait partie de ce qui doit rester à la porte des églises. Celui qui vous écrit ça fait tout relire par une théologienne plus experte que lui, est marié et a deux filles. J'espère que vous ne m'aurez pas pris pour un odieux macho, mais bien pour un chrétien soucieux.

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Christine Pedotti

Bien que la réposne de laurent kloeble soit extrêmement longue, j'ai un grand plaisir à la publier parce que ce que je trouve terrible c'est que cette personne puisse conclure en disant qu'elle espère qu'on ne la prendra pas pour un macho! C'est un comble!

Déployer un tel argumentaire - je laisse aux visiteurs et visiteuses le soin de répondre aux points qui leur sembleront le mériter le plus - et espérer qu'on ne va pas le prendre pour un macho… Mettons qu'on va juste le prendre pour une personnalité archaïque et desespèrement androcentrée.

En tous les cas, cela prouve que des arguments comme ceux qui sont déployés, tous plus faux les uns que les autres peuvent l'être en parfaite bonne foi et parfaite bonne conscience. Ce dont je fais crédit à Laurent qui a pris la peine d'écrire ce long pensum.

Laurent, je n'aurai qu'un mot, vous êtes désolant. Mais plutôt que de pleurer, pardonnez-nous, mais on va préférer rire.

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Jean-Pierre
Pourquoi faire relire quand on est si convaincu que vous dites des beautés romantico-mythiques de l'époque médiévale? Auriez-vous besoin d'un gourou?! De quelle époque médiévale parlez-vous, selon quel prisme? Les époques médiévales peuvent se lire à travers Jeanne Bourin ou à travers Le Goff ou D. Iogna-Prat (ordonner et exclure, la maison dieu): ce n'est pas la même chose! L'époque mérovingienne de Grégoire de Tours, Brunehaut : fusion entre la culture des germains et celle de feu le monde romain. Le  sommet quand le droit divin fut érigé en principe de droit a-évangélique au service les pouvoirs (Hugues de Semur, abbé de Cluny, ... plus tard, Thomas d'Aquin) quand d'autres comme Pierre Abailard préparaient les lumières en affirmant la prééminence de la conscience sur les trônes et les puissances (angéologie assyrienne). Celle de la pré-Renaissance, XIV et XV, avec Thomas d'Aquin qui, sur le tard, mécontent de son oeuvre, choisit le silence, et Jan Huss, ancêtre de la réforme. Le sommet de la décadence médiévale fut le concile de Trente quand le plus étroitement scolaire des écrits de Thomas d'Aquin, rebaptisé docteur angélique, fut pillé par la Curie baignant dans le luxe, le stupre et le crime, pour affermir les trônes. En tous cas, votre fumeuse "théorie du genre"  est celle adoptée aujourd'hui par les cercles (sectes) pseudo-ktos qui adorent plus un A. Bonnet (dir Soral) que Jésus. Bon vent, et gare à ne pas démâter.

Auteur du commentaire: 
Thierry Jaillet
Magnifique ! Je fais circuler.   NB attention à la tenue "descente", on risque une mauvaise chute. :-)

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melior
Merci pour ce billet. Quelle que soit la confession chrétienne dont on se révendique, on se confronte tous aux mêmes questions liées à l'égalité homme-femme. Les femmes chrétiennes de nos jours vivent une double vie: une dans la société laîque qui avance (même si timidement) vers l'égalité et une autre dans leurs églises où leur place est fixe et continue à être dictée par les hommes. Les minorités raciales, ethniques et même d'orientation sexuelle ont toutes réussi à obtenir plus de concessions dans les églises. Pour moi, c'est paradoxal qu'au 21e siècle on continue à refuser avec un tel sens de "entitlement' l'égalité aux femmes et notre patience et abnégation fait dans qu'on soit prises pour des 'quiches' (pour citer l'auteure de l'article).

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Tellou
Merci! Merci!Merci! de porter la voix des catholiques féministes!! Mais comment agir? J'aimerais rencontrer des personnes, femmes et hommes, catholiques et féministes pour échanger et travailler ensemble sur ces questions tellement importantes voire vitales pour notre Eglise, pour ses membres et pour la société en général... 

Auteur du commentaire: 
Michelle
Il existe un blog intitulé "Féministe et croyante, oui!" que j'anime avec une amie . Vous pouvez toujours aller voir si vous y trouvez ce que vous cherchez....:si vous tapez ces termes sur Google, c'est le premier qui apparait...

Auteur du commentaire: 
Pierronne la Bretonne
Révélateurs, le texte de Tellou et les commentaires, mettent en lumière les écueils qu'à mon sens il faut maintenant, à l'orée du XXIe siècle, impérativement surmonter (mon pseudo ne doit pas vous tromper, je suis un homme). Si j'entends bien Laurent  ("l'Eglise, organisme divino-humain, lieu de notre déification", bien vu!), il ne s'agit toutefois pas de se retirer derrière l'essentiel pour esquiver les questions qui immanquablement exigent une réponse digne de la conscience des femmes et des hommes de notre temps. La Sainte Tradition, en principe vivifiée par l'Esprit, devient ainsi une source tarie, le témoin d'une époque révolue, une sorte d'anachronisme et l'église orthodoxe, frappée de sclérose, risque de cette façon de devenir un "musée vivant", le "Jurassic Park" du christianisme. Je n'évoque même pas ici certaines attitudes de la hiérarchie orthodoxe qui sont carrément condamnables (Cf. L'attitude du patriarche de l'Eglise russe dans l'affaire des Pussy Riot). Elle risque également de cette manière de devenir l'alibi, l'appui de courants fondamentalistes, intégristes, bien plus inquiétants qui traversent notamment l'Eglise de Rome. En effet, la question féminine qui devrait aujourd'hui recevoir une réponse digne de notre temps, est connexe à ces courants; elle est ravivée par ces derniers qui l'éludent, parfois maladroitement ou sur fond de plaisanterie sexiste douteuse, ou qui lui donnent une réponse qui relève d'une culture patriarcale de bon aloi. Je reste perplexe lorsque je vois des mouvements d'église comme les Hérauts de l'Evangile, alliés et inspirés par Tradition Famille et Propriété. Je suis consterné par l'offensive d'aucuns contre Jésuites et Dominicains qui ont su relever les défis et ouvrir de nouvelles voies (Cf. Le mouvement de la Théologie de la Libération qu'on a voulu étouffer, laminer à tout prix, n'importe comment et à quel prix!). Actuellement, certains cherchent à démolir - y compris par le mensonge et la calomnie! - Pierre Teilhard de Chardin et Karl Rahner. N'ai-je pas lu l'autre jour: "Pierre Teilhard de Chardin, le plus grand hérétique du XXe siècle"!!! Panthéisme de Teilhard! Teilhardisme! Que n'ai-je lu de fadaises. Non mais, où allons-nous? Où allons-nous?! Il y a là une ferme volonté d'écraser et d'abrutir, de se cloisonner, de s'isoler et de réduire à néant toute velléité d'ouverture. On préfère ainsi s'enfermer à nouveau et distiller une nouvelle fois de sois-disant vérités toutes faites: "Surtout ne réfléchissez pas trop, voire plus du tout, ce qui serait encore mieux!". Et on appelle ça la Foi!!! Ma foi, voilà une bien vilaine caricature de la Foi. Atteints de la phobie des précurseurs en tout domaine: la phobie de Marx, la phobie de Darwin, la phobie de Freud et j'en passe, ces grands esprits pourfendeurs d'hérétiques, qui remettent systématiquement tout en question au nom d'Aristote, préfèrent revenir à ce dernier et s'arrêter à Bossuet, voire se limiter à des balivernes étouffantes qui confinent au fondamentalisme créationniste, plutôt que de lever leur regard en toute humilité (au sens positif chrétien de ce mot galvaudé), de s'ouvrir, s'ouvrir à l'Esprit Créateur, Evoluteur (c'est une et même chose) et de scruter l'horizon à la recherche du chemin qui mène à notre Destination. Si c'est une femme qui lève son regard pour scruter l'horizon, osant ainsi tenir tête aux délires fondamentalistes, c'est encore plus encourageant et absolument nécessaire à notre époque. Je le tiens pour un grand prix. Encore une victoire pour Petite Espérance! Magnificat!

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