Domination, nous disons "NON !"

Comité de la Jupe

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Y a-t-il discrimination entre les hommes et les femmes dans l’Église catholique ? La réponse est simple, oui, oui, et oui.
Cette discrimination est assumée et fondée sur une vision théologique : la femme est ordonnée à l’homme comme l’homme est ordonné à Dieu.
L’égale « dignité » (c’est le terme en usage) n’établit pas l’égalité réelle. Car il y a d’abord un ordre divin. Et dans cet ordre divin, le masculin est le sexe premier (pour preuve, Dieu est Père, et le Christ est homme-masculin) et le féminin est le sexe vicaire,  qui célèbre la gloire de Dieu par le service (de préférence, le service des hommes). C’est indiscutablement ce que nous transmet l’enseignement traditionnel de l’Église.

Reste à savoir si cet enseignement traditionnel peut ou doit être élevé au rang de Tradition, c’est à dire être considéré comme un usage inspiré par l’Esprit.

Nous, femmes et hommes, actifs au sein du Comité de la Jupe, catholiques fidèles, nous disons : « NON ».

Non, cette discrimination n’est pas légitime, nous ne lui reconnaissons aucun fondement théologique. Cette pratique et cet enseignement "traditionnels" sont les fruits d’une situation sociale et culturelle qui a un nom et qui se nomme patriarcat. Et l’organisation patriarcale du monde n’est pas un objet de révélation divine. Ce n’est pas Dieu qui fonde le patriarcat, c’est la situation de péché de l’humanité, qui a pour conséquence le déséquilibre de la relation entre les hommes et les femmes.

C’est ce que raconte l’auteur inspiré quand il fait énoncer par Dieu les conséquences du péché. Dieu dit à la femme : « Ta convoitise te poussera vers ton mari et lui dominera sur toi. » Genèse 3,16.

À la femme, la ruse et la séduction, à l’homme l’usage de la force et de la domination. Mais ces conséquences du péché, nous n’avons pas à nous y soumettre, au contraire, nous avons à nous battre contre. Et d’ailleurs, saint Paul le comprend bien qui énonce que sauvés dans le Christ, « Il n’y a plus ni homme ni femme. » Dans le Christ, nous sommes sauvés des anciens rapports de violence, de séduction et de domination entre les sexes.

À nous de faire advenir ce salut dans la vie de tous les jours, dans les rapports ordinaires entre les hommes et les femmes.

Alors, non, encore une fois, non ! La situation de soi-disant « complémentarité » entre l’homme et la femme, qui dans les faits impose aux femmes une situation de service, n’est pas la révélation d’un ordre divin. Elle n’est pas voulue par Dieu. C’est une situation de violence et d’injustice, une situation de péché, qui doit être combattue. C’est ce que nous faisons et ne cesserons de faire. À cause du Christ Jésus en qui nous sommes sauvés.

Christine Pedotti et Anne Soupa CDJ.

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Commentaires

Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face écrit : « Je me sens la vocation de GUERRIER, de PRÊTRE, d’APÔTRE, de DOCTEUR, de MARTYR (…)je sens en moi la vocation de PRÊTRE ; avec quel amour, ô Jésus, je te porterais dans mes mains lorsque, à ma voix, tu descendrais du Ciel » Docteur de l’ Eglise, Thérèse ne dit pas qu’elle devrait chasser de son coeur cette vocation de prêtre comme si elle commettait un péché, une faute ou se complaisait dans le désir coupable d’une fonction interdite !La vocation de prêtre ne nait pas que chez les garçons, elle est bien présente en tout être humain . Qui peut affirmer que l’Esprit Saint traite différemment l’homme et la femme et exclue de ses dons la moitié de l’humanité ?

chères Christine et Anne , Ce n'est pas une situation de service qui est scandaleuse, au contraire être serviteur ou servante est la base même de toute vocation et l'exemple même du Christ et de Marie . c'est que ce service soit ressenti comme 1) obligatoire 2) passé sous silence et non reconnu par le symbole manifeste d'un ministère ordonné, quel qu'il soit, qui est scandaleux pour moi . Un symbole éclatant de cet état d'esprit : la disparition deux à trois fois plus rapide des vocations religieuses féminines/masculines ne suscite à ma connaissance aucune réaction de la hierarchie, aucun appel à prier pour l'appel à des vocations féminines ! il y a 40 ans il y avait environ 3,5 religieuses pour un prêtre au niveau mondial, aujourd'hui elles ne sont plus que 2 et dans 15 ans au rythme où disparaissent les congrégations et communautés , il y aura parité numérique! Pourquoi cette absence de réaction, aussi bien des millieux "traditionnels " que "progressistes" d'ailleurs, à la disparition des 3/4 des vocations religieuses féminines en 50 ans. Ne servaient-elles vraiment à rien ? Cette inégalité de traitement me parait aller dans le sens d'une discrimination et contribuer à décourager les jeunes filles d'aujourd'hui. S'il y avait un ministère diaconal féminin ordonné, y aurait-il une telle indifférence hiérarchique aux vocations féminines ? Par contre , je me pose la question de savoir si dans la société d'aujourd'hui, la prise du pouvoir de contrôle de la fécondité par les femmes, n'a pas généré des tendances inverses au détriment des hommes. Une femme peut faire un enfant aujourd'hui ou refuser d'en faire un sans tenir compte de l'avis de son partenaire masculin ! La plupart des décisions de garde des enfants après divorce sont rendues au bénéfice pas toujours équitable des femmes. Donc il y a bien dans le domaine familial tout au moins des contre-exemples manifestes de discrimination envers les hommes! Je crois que l'arrivée dans la société de la contraception chimique dans les années du Concile vatican II, a entrainé une révolution anthropologique copernicienne qui mettra plusieurs générations à produire ses effets dans l'Eglise. après tout la génération du Pape actuel et des évêques n'ont pas eu de mères impliquées dans cette révolution, qui sait si la génération des 45 ans actuels dont les mères ont intégré ce bouleversement culturel profond dans les couples, ne sera pas plus attentive et consciente du scandale que vous dénoncez et plus à même d'y apporter une réponse vraiment digne de la survie de notre Eglise ? Wait and See ...

En effet, Jean-Paul, depuis toujours, les hommes faisaient des enfants aux femmes, avec ou sans leur consentement. Aujourd'hui, dans certains pays, c'est l'inverse. Il faut du temps et beaucoup d'espérance pour que l'harmonie et le dialogue soient la règle entre hommes et femmes. Cela passe par un éducation au respect et la lutte contre notre péché. Mais c'est un magnifique défi. Quant aux vocations religieuses féminines, leur chute est un véritable désastre dont ne mesurons pas pleinement les conséquences. Mais je dois avouer que je ne peux pas voir sans crainte une fille s'engager dans cette voie, qui trop souvent (heureusement, il y a de magnifiques exceptions) n'est pas celle de l'humilité mais celle de l'humiliation. Ma crainte explique peut-être la chute que nous déplorons. Il faut sans doute "inventer" des vocation à la mesures des femmes de notre temps, pour que la vocation du service ne soit pas en réalité un asservissement.

@christine Pourquoi dites vous que la vocation des religieuse ressemble plus à une voix d'humiliation qu'une voix d'humilité ? y-a-t-il une différence entre la vie communautaire des religieuse et la vie des religieux ?

Au lieu de critiquer la tradition de l'Eglise, vous feriez mieux de la suivre. Car l'écriture est bien plus misogyne qu'elle. C'est bien joli de citer saint Paul et la genèse, mais il faut lire attentivement leur lettre. - "car la femme est faite pour l'homme et non l'homme pour la femme" - "que les femmes se taisent à l'église" - "le chef de la femme c'est l'homme comme le chef de l'homme c'est le Christ" Vous êtes bien contentes de trouver la tradition apostolique pour adoucir et interpréter ces propos. Le prurit libéral des broads churches luthériennes et anglicanes ne doit pas vous faire illusion. Elles sont en régression face aux évangéliques qui ne reculent pas devant la lecture littérale. Ne soyez pas esclaves des modes. Avons-nous besoin d'une "sex war" ? Un peu de cohérence ne nuit pas...

@ Julius Vous vous plantez complètement en faisant une lecture fondamentaliste de l'écriture et surtout de celle de Paul qui a particulièrement besoin d'être expliquée ! D'ailleurs ces paroles de Paul sont contredites par le magistère, Paul les a dites dans des situations très particulières qui ne s'appliquent pas toujours : les derniers Papes ont mis les choses au point et spécialement Vatican II : - Egalité foncière avec l'homme, dans MC - toute forme de discrimination fondée sur le sexe...contraire aux desseins de Dieu, GS 29 Enfin la femme n'est pas plus faite pour l'homme que l'homme pour la femme, Dieu les a faits pour eux mêmes : relisez la Genèse.

Bonjour, Vous qui aimez tant citer Saint Paul, nous pourrions prendre un peu de temps pour lire le chapitre 5 de l'Epitre aux Ephésiens, du verset 22 à 25, et le verset 33 : - Que les femmes soient soumises à leurs maris, comme au Seigneur; 23car le mari est le chef de la femme, comme le Christ est le chef de l'Eglise, son corps, dont il est le Sauveur. 24Or, de même que l'Eglise est soumise au Christ, les femmes doivent être soumises à leurs maris en toutes choses. 25Maris, aimez vos femmes, comme le Christ a aimé l'Eglise et s'est livré lui-même pour elle, - 33 : Au reste, que chacun de vous, de la même manière, aime sa femme comme soi-même, et que la femme révère son mari. Mesdames, je vous en prie, ne vous abaissez pas à faire du féminisme sans fondements, et surtout ne cédez pas aux tentations du monde d'aujourd'hui ! La femme a toute sa place dans l'Eglise, et Dieu vous réserve la plus belle place : celle de donner la Vie (je ne vous enferme pas dans ce rôle, je dis juste que vous avez ce privilège et pas les hommes) ! Vous avez la joie d'être le "tabernacle de la Vie", de protéger les enfants au commencement de leur vie, de pouvoir les protéger pendant 9 mois ! Vous n'êtes pas au service de l'homme, mais au service de l'humanité, par vos prières, par votre maternité, et votre humilité !

@ Augustin 1- Mettons que nous fassions une lecture littérale de saint Paul: il s'agit bien de l'homme et de la femme en tant qu'ils sont maris et femmes, pas des hommes et des femmes en tant qu'il sont mâles et femelles. Donc votre argument ne touche que les rapport conjugaux, pas les rapports sociaux. 2- Pouvez-vous envisager qu'être femme ne se résume pas à être "mère". Nombre d'entre elles n'ont pas et n'auront pas d'enfant. Les raisons en sont variées, mais elles n'en sont pas moins femmes. Elles ne sont nécessairement ni mutilées, ni handicapées, ni inaccomplies. Pour vous dire mon sentiment profond, cette façon de réduire un être humain à la compétence de ses entrailles me soulève le coeur. On n'est pas "mère" parce qu'on a un corps qui a "fabriqué" de la chair humaine pendant neuf mois. On devient mère, et père, parce qu'on met des enfants au monde, et ça prend beaucoup d'années. Au final, dans certains propos, qui mettent si violemment en avant la biologie, j'ai un peu l'impression que les femmes sous couvert de belles paroles sont finalement considérées comme des animaux de reproduction.

@ Julius et bien d autres A lire de telles idioties (et je suis polie) et si ce sont des soit-disant chrétiens de votre espèce qui constitueront les assemblées de demain, je rends grâce que mes petits-enfants soient éloignés de ces communaués. Que peuvent bien cacher cette mysoginie et ce retour à l ordre moral!!!!!

@ Christine Vos propos sont honteux !Une femme enceinte fabrique de la "chair humaine" ?Que faites vous de la défense de la Vie par l'Eglise ?Vous avez le droit de penser ça si vous êtes agnostique ou franc-maçon, mais pas sur un forum qui se réclame catholique ! Dans la foi catholique, on parle de "miracle de la Vie", on ne parle pas de fabrication d'enfant. Le miracle de porter la vie humaine, de protéger son enfant, de prendre soin de lui est le privilège de la femme pendant les 9 premiers mois !Arrêtez de voir ça du point de vue biologique, je prends le point de vue de l'Eglise !Il est vrai que le rôle de mère ne se termine pas là, continue et s'épanouit dans l'éducation de ses enfants, mais ne voyez pas la grossesse comme un simple fait biologique ! Je ne résume pas la féminité à être mère, bien au contraire !Les soeurs sont tout autant femmes que les mères ! Mais je trouve que la féminité s'épanouit et porte vraiment des fruits quand, au sein d'un couple, elle permet le miracle de la Vie ou quand la femme s'offre totalement au Christ par des voeux magnifiques ! Pour vous, qu'est ce qu'être femme ?On peut commencer par cette question, ce qui aura l'avantage de fixer le débat !Etes vous "la chair de ma chair, l'os de mes os" d'Adam ?Pour vous, une femme célibataire est elle aussi épanouie qu'une femme mariée ou consacrée ?

Ah bon? Moi, je croyais que c'était Dieu qui animait la chair humaine, pas la femme, mais c'est comme vous voulez, libre à vous d'être plus "catholique" que saint Thomas.

Mais avant de parler de "la" femmme, il serait peut-être bon de parler de 'l'homme' mon cher Augustin ! Il est vrai ce dernier passe son temps à fantasmer son "ewige Weibliche"/"éternel féminin" ce qui devrait nous faire signe... Mère, femme, vierge... on a bien des éléments de réponse et on occulte peut-être le fait qu'en parlant de "la" femme, les hommes objectivisent surtout des individus pour mieux asseoir un rapport évident de domination, le singulier est d'ailleurs délicieux... Le particulier se généralise, le réel se simplifie, les mots mettent de l'ordre là où finalement tout n'est peut-être pas si évident... La construction socio-culturelle de "la" femme ne vise bien souvent qu'à cautionner en arrière-fond la place que souhaite s'accorder "l'homme" qui se définit par cette exclusion première. Espace public/autorité = homme, Espace privé/maternité OU -exclusif- virginité = femme et en avant jeunesse ! Malheureusement, il existe des individus qui ne se reconnaissent pas dans ce système ou qui en sont exclus du fait même de leur différentiel vécu psychique/sexe biologique, vous évoquez les religieuses , mais que faire aussi des femmes stériles ? dans votre imaginaire de 'la femme biologique', les vouez-vous aux gémonies ? les répudiez vous ? et les femmes qui ne souhaitent tout simplement ne pas avoir d'enfants ? Ce qui montre bien que c'est vous qui êtes la principale victime des prémisses de votre raisonnement. La question n'est pas tant aujourd'hui bien cher Augustin, qu'est-ce qu'une femme? mais bien comment "Homme" et "Femme" sont des construits socio-culturels, comment ces derniers souffrent lorsque les individus s'émancipent et prolongent l'égalité démocratique, et comment nous chrétiens nous pouvons être les témoins d'un changement des rapports sociaux afin de faire tomber ces montagnes d'évidence qui ne sont que des citadelles qui piègent les individus. Le Christ est venu sur cette Terre pour pacifier nos rapports et nous montrer combien les exclus, les dominés, les mis en minorités sont aussi et surtout nos frères/soeurs et combien tous nous sommes égaux aux yeux de Dieu. Historiquement, le christianisme institutionnel s'est trouvé du côté du patriarcalisme, mais nous chrétiens ne laissons pas passer le moment historique où l'humanité accomplit ce "signe des temps" qui est la mise en pratique de rapports humains plus égaux ou sinon nous devrons rendre compte, si ce n'est à nos filles et à nos fils, à celui qui nous place devant notre propre suffisance. De tout coeur

@ Augustin, Aujourd'hui plus qu'hier (et moins que demain, si rien ne change), la tentation pour une femme catholique c'est d'abord et avant tout la tentation de désespérer de l'Eglise, d'abandonner la pratique eucharistique au risque que sa foi s'atrophie et ne meurt. Toutes les tentations du "monde" ne peuvent en effet rien contre "le bouclier de la foi". Vous prenez le problème à l'envers parce que vous placez la foi dans des choses (traditions, "Loi", "dogme") au lieu de la placer dans le Dieu Vivant qui est Trinité Bienheureuse (Thérèse de Lisieux). Oui la foi des femmes est mise à rude épreuve. Je sais de quoi je parle. J'y suis passée et depuis que le bon Pasteur m'a ramenée au bercail sur Ses épaules, je L'aide du mieux que je peux, allant à la rencontre de Ses brebis dispersées dans les déserts. Et de fait ce sont le plus souvent des femmes que je rencontre et qui entrent en conversation avec moi, en partage d'amitié, avec très vite, explicitement, une demande d'aide à la foi. "Comment fais-tu pour y arriver ?" "Je ne peux plus croire au Dieu qu'on m'a présenté à la maison" "J'ai trop été au service de ma famille et mes filles en ont fait les frais" "J'étais très "mystique" à 18 ans : que c'est-il passé ? "Les homélies ne m'aident pas dans ma vie" "Je te dis des choses que je n'ai jamais dites à un prêtre" Etc. Etc. Quel gâchis cette éducation spéciale aux filles, avec son idéal d'un service et d'une obéissance déconnectés de leur source qui est Jésus. C'est Lui le Serviteur fidèle, le Fils obéissant jusqu'à la mort sur une croix et ce modèle est pour tous, hommes et femmes (et réciproquement pour Marie, Mère de Dieu).

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