Dieu a créé la femme avant l’homme !

Comité de la Jupe

Non, ce n’est pas une blague, mais la conclusion logique d’une lecture biblique attentive. Dans son livre, Dieu aime-il les femmes? Anne Soupa montre le malentendu qui s’est installé et persiste au sujet de la séquence de création de l’homme et de la femme, le second récit de création, au chapitre 2 du livre de la Genèse.

En effet, l’être humain que Dieu a plongé dans un profond sommeil pour lui donner une aide qui lui soit assortie n’est pas l’homme masculin, mais un être humain générique représentatif de toute l’espèce humaine. C’est à partir de son « côté » que Dieu a créé la femme. Le premier être sexué dont il est question dans la Genèse est la femme. Incontestablement. La création de l’homme masculin n’est… même pas racontée !

Il va donc falloir demander à Michel Ange de reprendre son pinceau pour modifier l’anatomie de son Adam, à la chapelle Sixtine…

Dans Témoignage chrétien, Philippe Clanché interroge Anne Soupa. Voici le début de leur entretien.

Depuis quand portez-vous ce projet ?

C'est une vielle question chez moi. Je suis convaincue que l’Église a une vision tordue des femmes et qu’il est nécessaire de la redresser. Je voulais travailler la question à partir de la Bible, car je suis heurtée par la manipulation dont les Écritures font l’objet, simplement pour justifier des choix qui sont culturels et n’ont rien à voir avec la foi.

Selon vous, le problème vient de la lecture des grands récits de création, au livre de la Genèse ?

Dans les deux récits, Dieu crée d’abord l' ha'adam, le glaiseux, l'être humain générique. Par un jeu de miroir, le commentateur masculin - car historiquement, c’est un homme - s'est emparé de cet être humain générique, pour dire qu’il s’agissait de lui. Là est l'erreur originelle. Les lectures médiévales en ont tiré la conclusion que la femme était une création seconde, dans le temps et dans l'importance et surtout qu'elle était une aide pour l'homme. Mais si l'homme masculin n'existe pas encore, comment la femme pourrait-elle être son aide ? Pourtant, c’est bien sur cette lecture erronée de Gn 2 18-24 que s’appuie le magistère catholique.

Il ne s'agit pas un problème de vocabulaire et de confusion des mots. La langue allemande, qui dispose de deux termes différents (Mensch, l'être humain, et Mann, l'homme), conserve cette confusion. Mais la traduction de Luther est marquée par son époque. La culture du temps, masculine, a fait irruption dans le texte biblique et l’a proprement fait mentir. Il faudrait désormais engager une démarche officielle pour que soient distingués l'être humain et l'homme masculin.

La création divine se structure pourtant sur la différence des sexes ?

Dieu a bien créé la différence entre les deux sexes. Mais le texte de Genèse ne donne aucun contenu objectif à cette différence. Pour chacun et chacune, elle jaillit de l’expérience. Dieu ne dit pas que la femme est coquette, séduisante, secrète, maîtresse de maison et que l’homme est puissant, rationnel, inquisiteur. Dieu n’a pas créé le féminin ni le masculin. L’un et l’autre sont des traits culturels. Ce sont les sociétés qui sont responsables des exclusions dont souffrent les femmes.

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Commentaires

Quelle déception! Moi qui croyais que Dieu avait créé l'homme avant la femme car à tout chef-d’œuvre il faut un brouillon! Plus sérieusement, je veux bien convenir que la Bible dit des choses très profondes sur la nature humaine telle qu'elle est, y compris dans certains aspects que certains préféreraient occulter sous les stéréotypes sociaux, tels l'androgynie présente en tout être humain. Toutefois cette lecture et relecture de la Bible me semble pour finir assez stérile quant à l'objectif poursuivi: que chacun et chacune puisse accéder au plein épanouissement de ses potentialités quel que soit le côté de la barrière où il/elle a été jeté par la nature. C'est sur le terrain de la Justice que se situe le combat. L'exégèse n'aboutit qu'à nous envoyer des théories, arguments et contre-arguments à la figure, mais personne ne change jamais vraiment d'idées. Oui ce sont les sociétés qui sont responsables des discriminations envers les femmes. Heureusement les sociétés peuvent évoluer.

Chère Anne S. Pour moi cette interprétation fait violence aux écritures et les rend insensés. Si ce n’est pas de l’homme (mâle) que Dieu tiré la femme alors les versets 23 et 24 n’ont plus de sens . Car en effet si la femme n’est pas l’aide de l’homme (mâle) comme le dit la Bible de qui est elle l’aide ? de l'espère humaine ? Et surtout de qui est la joie qui s’exclame « l’os de mes os et la chair de ma chair» et pourquoi ? Et que dire alors du verset 24 (et 25 ) qui donne non seulement la finalité de ce couple qui vient de se créer et qui donne en plus un sens aux versets précédents : « A cause de cela, l'homme quittera son père et sa mère, il s'attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu'un. » . Qui est cet homme qui quittera son Père et sa femme et qui s’attachera à sa femme ? Il est vrai que l’homme se découvre sexué à partir du moment que la femme existe mais cela ne veut pas dire qu’il ne l'était pas avant .C’est un peu comme la découverte de l’Amérique .Il est clair qu’avant que Christophe Colomb ne traverse l’atlantique l’Amérique existait déjà et pourtant nous parlons de "la découverte de l'Amerique" et non parce qu’elle n’existait pas avant mais parce que c’est lui qui nous a révélé son existence. De même c’est la femme qui révèle à l’homme qu’il est sexué mais cela ne veut pas dire qu’il ne l’était pas avant . S’il ne l’était pas avant les versets 24 et 25 n’ont aucun sens.

Nous sommes bien d'accord, Anne, sur la création d'Adam: c'est du genre humain qu'il s'agit, pas uniquement du mâle humain. Mais quend vous dites que la création du sexe mâle n'est pas évoquée, c'est pour une raison bien connue de nous toutes: l'auteur biblique "ne se rend pas compte," si j'ose dire, que son humain primitif et générique, il l'imaginait (ça va de soi...) de sexe mâle, et dès qu'il est question de la création d'Eve, celui dont on tire une côté devient un mâle qui va rencontrer sa femelle. Pourtant, puisqu'il est certain que, avant la création d'Eve, Adam est l'humanité entière, quand Dieu dit "il lui faut une aide qui lui soit assortie", il énonce une vérité qui va au-delà de la seule fondation du couple hétérosexuel. Il dit par là que l'humanité n'est pleinement humaine que dans le vis-à-vis des humains les uns avec les autres, que l'humanité est langage donc pluralité d'individus liés les uns aux autres par l'aide nécessaire non seulement à la survie mais à la conscience de soi. C'est parce qu'un autre, semblable à moi, est en face de moi qui me regarde, que je me découvre humain(e). C'est pourquoi le cri de joie d'Adam en présence d'Eve n'est pas seulement le premier mot d'amour d'un mâle humain à une femmelle humaine, mais l'accession d'un in-fans à l'humanité parlante, dans la découverte de la pluralité humaine. Et pardonnez-moi, Anne, si vous avez déjà dit cela dans votre livre, que je n'ai pas encore eu le plaisr de lire. Bien amicalement, Anne-Marie

Un grand merci à Sylviane Agacinsky pour ses travaux sur la construction du rôle des sexes, en particulier aux source du christianisme. Sur ce sujet, mieux vaut lire cela que la bible, de la Genèse à la plupart des pères, à commencer par Paul de Tarse! Ces textes "saints!" tissés d'élans magnifiques, d'hymnes à l'amour, sont hélas bâtis sur une trame de misère humaine et sexuelle plutôt terrifiante et juridique. Ces textes ne peuvent pas avoir été inspirés que par l'idée de divin; l'hommerie qui fait plus qu'affleurer est parfois d'une "bêtise" à pleurer !!! Anne, l'humour de la couverture est extra et je reçois la réponse à la question -"qui Dieu a conçu en premier?"- comme la couverture: de l'humour pour détendre une atmosphère lourde.

Autant que je sache, Dieu, avant de créer l'espèce humaine, a créé toute une lignée d'êtres vivants, tous sexués, dont l'espèce humaine est l'aboutissement. A moins que l'on rejette toute la pensée moderne sur l'évolution. Alors, Dieu a-t-il créé Monsieur Amibe avant ou après Madame Amibe, Monsieur Diplodocus avant ou après Madame, Monsieur Cromagnon avant ou après Mme ? etc...etc... Que pensent les généticiens, les biologistes, et autres spécialistes de la vie, chrétiens notamment, de l'éxégése un peu acrobatique et pour tout dire aussi inutile que ridicule de Mme Soupa ?

Je crois qu'Anne vous répondra elle-même, mais pour l'avoir lue attentivement, il me semble que ce n'est pas ce qu'elle dit. Elle souligne que contrairement à ce que de fausse lecture du texte de la Genèse laisse croire, la femme (être humain de sexe féminin) n'est pas créée à partir et après l'homme (être humain de sexe masculin) mais que les deux viennent de "l'adam" initial - être humain. Le féminin "isha" et le masculin "ish" naissent de cet adam, et paradoxalement c'est d'abord isha dont il est question dans e texte. Avant de renvoyer Mme Soupa au ridicule et de la prendre de haut, lisez ce qu'elle écrit. Sinon, vous risquez de vous laisser aller à la vieille malédiction originelle "Tu domineras sur la femme".

Je ne suis pas d'accord avec la phrase « Dieu a bien créé la différence entre les deux sexes ». On n'est même pas sûr que Dieu a voulu le Big Bang. La biologie et l'ensemble des phénomènes naturels ne sont que cela... des phénomènes naturels. Dieu n'intervient pas dans la nature. Dieu n'exclut pas les hermaphrodites ou la reproduction asexuée. La reproduction sexuée n'est que l'une des nombreuses stratégies du vivant. L'homme n'a pas encore découvert tout l'univers. Il est possible que sur une autre planète, dans une autre galaxie, on découvre des formes de vies tout aussi passionnantes que celles que nous avons sûr la terre et qui ne procèdent pas de la reproduction sexuée. L'erreur est de chercher des réponses toutes faites dans la Bible. Il y a un siècle, les législateurs des Etats du Sud des Etats-Unis croyaient lire dans la Bible que Dieu avait créé les différences de races. Il faut arrêter de lire la Bible de cette façon.

Ce que cherche à signifier M. Lemaire à Mme Anne Soupa, ce n'est pas un argumentaire théologique. Les adjectifs "inutile" et "ridicule" en sont témoins. C'est la question que l'on pose régulièrement depuis deux siècles aux femmes qui osent se détourner de leurs fourneaux, c'est à dire du "dedans", pour s'aventurer dans la sphère où elles sont tout justes tolérées,( parce que maintenant, on ne peut plus faire autrement), le "dehors": l'étude, le savoir, la pensée, dont le territoire est farouchement défendu par les hommes, le ressentant comme leur possession indiscutée. En effet , sont cités les généticiens, biologistes, devant lesquels Mme Soupa ferait mieux de s'incliner.... La question de M. Lemaire est simplement "Que faites vous là ?". Que faites vous sur le territoire du masculin? Démystifions ce type de propos, décortiquons les au scalpel, au bistouri, ils en valent la peine!....et se dégonflent comme des baudruches.

Bien incapable de formuler une réinterprétation pertinente des premiers versets de la Génèse je tiens cependant à souligner le constat d'Anne Soupa: le Dieu et l'homme qui nous sont décrits par ces textes fondateurs sont des "révélations" de mâles. Les femmes n'accèderont à l'écriture qu'après de nombreuses remontrances des prophètes. Ce premier constat irréfutable suffit à disqualifier la lucidité des premiers rédacteurs!...

Comme le dit Paul Durand, les textes que nous considérons comme Parole de Dieu ont été écrits par des mâles, et au sein de cultures patriarcales. Et la plus élémentaire prudence nous recommande de ne pas l'oublier quand nous les lisons. Pourtant, est-ce que cela les "disqualifie complètement"? Je crois que c'est plus compliqué que ça. Ces hommes qui vivaient leur société patriarcale avec la conviction très honnête et très pieuse que cet ordre était voulu par Dieu, ces hommes étaient aussi des croyants, des prophètes, des priants qui essayaient de transmettre à leurs frères (et à leurs soeurs, même s'ils pensaient peu à ces dernières), ce que leur vie de foi, de prière et d'amour leur avait appris. Nous avons quelque chose à recevoir d'eux. C'est à nous de discerner quel don nous est fait à travers leur parole. N'avez-vous pas eu, vous tous et toutes qui aimeriez jeter aux orties les écrits de ces temps patriarcaux, des parents, ou des grands-parents, ou des parrains et marraines, que sais-je? qui étaient de fieffés réacs, des beaufs insupportables, des grenouilles de bénitiers incroyablement étroites d'esprits, et qui pourtant vous ont transmis la flamme de la foi? Soyez honnêtes la réponse est oui. Eh bien, les textes de la Genèse, c'est la même chose.

Pour faire honneur aux écrivains bibliques, qui écrivaient dans la Bible ce qui était pour eux, avec les yeux de leur époque, le "meilleur état de la science" (un Dieu qui crée un ordre, et cet ordre est fixe), nous devons avoir suffisamment confiance en l'Esprit Saint qui est en nous tout autant qu'en eux et écrire nous aussi le meilleur état de la science d'aujourd'hui. Qu'est-ce que les théories du vivant post-darwiniennes nous enseignent sur le projet divin ? Qu'est-ce que cette création si fluide, où ordre et chaos, biodiversités et extinctions massives, vie et mort jouent ensemble dit sur la place de l'homme et sur les possibilités de l'homme ? Et quel visage de Dieu se dessine en pointillés dans ces observations scientifiques ?

Bonjour revenir aux sources me semble un bon moyen de remettre tout le monde d'accord ! mais en tant qu'homme, j'aime bien l’interprétation de la genèse ou l'homme peut (exceptionnellement) engendrer comme le font (normalement) les femmes ce qui aussi une manière de nous remettre en équité (égalité) Bravo pour cette lettre qui me semble doit interroger nos pratiques d'Eglise...

Et l’Éternel Dieu fit tomber un profond sommeil sur l’homme, et il dormit ; et il prit une de ses côtes, et il en ferma la place avec de la chair. Genèse 21 pour crée une femme il faut 2 chromosomes : XX pour crée un homme il faut 2 chromosomes : XY à qui a - t- on enlevé un coté ? comme la génétique le prouve c'est à la femme que le coté à était retiré pour créer l'homme donc la femme est la première création

LOL! Merci.

2.6: Le paradis de la Bible est "emprunté" au poème sumérien (rédigé vers -2800) "Enki et Ninhursag"où l'Eden hébraïque et le Dilmun sumérien ne font qu'un: mêmes fleuves, même endroit, même souffrance, même péché originel 2.7: "L'éternel Dieu forma l'homme poussière de la terre" récupéré de la légende sumérienne ("poussière" se dit "tit" en hébreu et "ti.it" veut dire "ce qui est en vie" en sumérien) 2.21: Le mystère de la côte d'Adam est aussi "emprunté" au poème sumérien "Enki et Ninhursag": c'est là où est le mal d'Enki, la côte vient du jeu de mot sumérien "ti" ("côte" ou "faire vivre") jeu de mot qui n'a plus de sens en hébreu. 2:22 La femme a été créée à partir d'une côte de l'homme. Faux! on pourrait même presque affirmer l'inverse: tous les embryons sont féminins et ne se différencient qu'au bout de quelques jours. (Savez-vous qu'encore aujourd'hui, beaucoup de gens sont persuadés que l'homme a une côte de moins que la femme!)

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