Des femmes en noir, d’Anne-Isabelle Lacassagne

Anne SOUPA
26/12/2016

Panique à l’évêché : un prêtre âgé meurt, et sur le certificat de décès, le médecin coche la case « femme » ! Furieux de ce mensonge, mais surtout vexé de n’avoir rien vu, l’évêque envoie deux de ses collaborateurs mener l’enquête : sa chancelière et l’un des prêtres du diocèse. La suite, je n’en dis rien. Le lecteur la découvrira.

À la fois délicat et vigoureux, d’une écriture vive et efficace, ce délicieux roman d’Anne-Isabelle Lacassagne expose tout en douceur, sans bavardage idéologique, la malchance de ceux qui, tombés sur les mauvais chromosomes, les XX au lieu des XY, ne peuvent réaliser leur vocation : devenir prêtre. Son argument se déploie tout seul, dans la trame même du roman. Il est que personne, ni l’évêque, ni les formateurs du séminaire, ni les collègues de paroisse, n’y ont rien vu pendant plus de 40 ans… « Un si bon prêtre ! », disaient ses paroissiens ! Comme quoi, homme ou femme, l’essentiel de la vocation presbytérale est ailleurs.

Merci pour cette belle démonstration, faite avec humour et une parfaite connaissance des milieux ecclésiastiques, mais plus encore, des réalités de la foi.

Anne Soupa

Des femmes en noir, d’Anne-Isabelle Lacassagne

Éditions du Rouergue – 2016 – 222 p. – 18, 90€

Share

Ajouter un commentaire