Crimes impunis, peut-être pas pour longtemps

Comité de la Jupe

femmes-kivuAprès plus de quinze ans de silence, le premier verrou de la Bastille de l’impunité serait-il enfin fissuré ? Nous avons déjà eu l’occasion de vous relater sur ce site les terribles sévices subis depuis plus de 15 ans par les femmes du Kivu dans l’est de la République Démocratique du Congo. Viols perpétrés devant la famille, les maris, les enfants, viols de petites filles, dont les conséquences vont bien au delà du préjudice subie par la personne, puisqu’ils provoquent le bannissement de la femme et de la petite fille.

Le corps des femmes est transformé en champ de bataille et leur sexe en arme d’asservissement et de conquête des territoires. Parfois, les violeurs sont porteurs du VIH qu'ils prennent plaisir à propager. Les victimes sont ensuite systématiquement mutilées, par introduction d’objets contondants, pour détruire l’appareil génital et empêcher la reproduction.

Le viol est ainsi considéré comme une « arme de guerre » capable de faire disparaître des ethnies pour pouvoir récupérer les terres : ces fameuses terres rares dont le sous sol recèle les minerais indispensables à la fabrication de nos Smartphones, i phones, et autres tablettes… On peut parler sans risque d’exagération d’un génocide basé sur le viol.

Est-ce le premier verrou de la Bastille de l’impunité qui se fissure ?

Un espoir, encore ténu, apparaît. Un rapport officiel préconise qu’un Tribunal Pénal International soit proposé par le gouvernement congolais. Cette préconisation est sans doute le fruit de la pétition pour l’instauration du tribunal en question, qui a recueilli plus de 35 000 signatures (des pétitions tournent sur internet : www.change.org.) C’est une joie profonde pour tous ceux et toutes celles qui ont répondu à l’appel des marraines et signé la pétition. Mais cette première victoire n’est pas la fin du combat. Á nous tous revient la responsabilité de maintenir une ferme résistance morale. À nous tous de ne pas retomber dans le silence. À nous tous de ne pas baisser les bras devant les très gros intérêts financiers qui entourent ces crimes contre l’humanité.

Comme Susan Georges, Andrée Michel et Françoise Héritier dans « ma vérité sur… », Beatrix Vêlez sur « Radio-Canada-internationale », portons le sujet sur la place publique, parlons en autour de nous. Il n’y a pas de petites actions, il n’y a que des prises de position.

La souffrance rend proche, seule l’ignorance peut rendre indifférent, le Comité de la Jupe est à l’écoute des femmes dans le monde et il tente de se faire proche de ce qui les concerne : leurs joies, leurs espoirs, leurs tristesses, leurs souffrances.

Nous femmes et hommes du Comité de la Jupe n’avons pas l’habitude de nous taire. En ce temps de l’Avent, portons une ferme Parole* pour nos sœurs du Kivu à l’est de la République Démocratique du Congo.

Jacqueline Lach-Andreae

 

 

 

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