Contre l’exclusion des femmes de la liturgie : notre premier recueil d’articles pour comprendre et agir.

Comité de la Jupe

« Le plus difficile, c’est d’avoir des femmes qui soient formées. Le tout n’est pas d’avoir une jupe, c’est d’avoir quelque chose dans la tête. » C’est ce que répond en 2009 sur Radio RCF un cardinal interrogé sur le non-accès des femmes à des ministères liturgiques institués.

Indignées par ce propos, nous avons alors créé le Comité de la Jupe et porté plainte devant le tribunal ecclésiastique de Paris. Ce fut le début d’une aventure qui se poursuit avec vous depuis 3 ans sur le site Internet du Comité où vous avez réagi avec passion et intelligence à nos articles, notamment sur cette question fondatrice pour nous : l’exclusion des femmes des fonctions liturgiques.

Avec le temps, beaucoup des articles ont été enfouis dans les profondeurs de ce blog. Nous vous proposons aujourd’hui de les découvrir dans un recueil à télécharger, assortis d’une sélection de vos précieux commentaires.

A picorer ou à lire d’une traite : des témoignages, des arguments éthiques, théologiques ou juridiques et des actions concernant le service de l’autel, la distribution de la communion, les lectures, le lavement des pieds lors du Jeudi Saint et l’annonce de la résurrection le jour de Pâques.

Notre espérance est assez forte pour vouloir « ni partir ni nous taire ».

Comité de la Jupe, 31 mars 2012

TÉLÉCHARGER LE RECUEIL (Le recueil est lisible au format PDF, vous pouvez ensuite l'enregistrer sur votre ordinateur pour l'imprimer ou le diffuser)

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Commentaires

Bonjour, L'expression du Cardinal Vingt-Trois est sûrement très maladroite, pour autant, l'Eglise est grande et large, et il y a la place pour tout le monde. La grande erreur, en revanche, est de penser le service comme un droit. Nous devons servir, chacun à notre manière, mais il n'y a jamais eu de droit établi pour servir dans un domaine et pas dans un autre. Les filles, ainsi que les fillettes, peuvent participer à la Schola (la chorale), ou avoir telle activité d'évangélisation, animer des groupes de catéchèse si elles sont bien formées. Bref, le travail ne manque pas dans l'Eglise. Pourquoi donc viser ce qui n'est pas possible ? Il n'y a pas que le service de l'Autel (encore que la préparation florale de celui-ci est souvent lié à la sensibilité féminine, et c'est une très bonne chose). Il faut aussi des sopranos, des altos pour renforcer la chorale (un chef de chorale peut être une femme, à condition qu'il ou qu'elle ne soit pas dans le choeur !). Je suis donc un homme, et candidat au sacerdoce. Je désire servir Dieu dans le sacerdoce. J'ai bien dit je "désire", et non pas "je veux". Je dois admettre l'éventualité d'une non confirmation de ce que je crois être une vocation sacerdotale. L'homme que je suis n'en fais pas un droit. Dans le Catéchisme de l'Eglise catholique, au numéro 1578, on peut lire "nul n'a un droit de recevoir le sacrement de l'ordre". Le sacerdoce ne peut en aucune manière être l'objet d'une revendication. Si l'Eglise confirme mes intuitions, c'est elle qui me fera prêtre, ce n'est pas moi qui me ferai prêtre.

@Pierre, je ne vois vraiment pas le rapport. Vous désirez devenir prêtre et l'Église exercera un discernement. Selon quels critères selon vous les femmes et les petites filles seraient-elles exclues du choeur liturgique? Rien dans les textes de l'Église ne le stipule. L'exclusion est donc un acte de pure discrimination non sur les critères liés aux personnes et à leurs aptitudes, mais selon leur sexe. Vous dites: "Pourquoi viser ce qui n'est pas possible?" Expliquez-nous pourquoi il n'est pas possible que les jeunes filles assurent le service de l'autel au même titre que les garçons de leur âge ou que des femmes donnent la communion. À moins que vous ne soyez convaincu qu'il y a une impureté rituelle des femmes. Cette notion existe dans certaines religions, mais elle n'est pas chrétienne.

Pierre, Je trouve que vous attendez des autres quelque chose qui est au plus profond de vous même. Je crois qu'il faut être responsable de ses actes, pensées, bien sûr on peut être aider à ce discernemet. Ensuite, quel exemple du peuple catholique de Rome donne-t-on? Où les femmes ne sont pas égales aux hommes; Quel témoignage!!!!Après on s'étonne que l'eglise n'a plus d'impact sur le le peuple. On en est plus au temps de nos parents où l'église à annoncé une Parole d'obeissance et non pas d'Amour que Dieu à pour tous ses enfants, là où il est et comme il est.

@Pierre ► Vous dites : "un chef de chorale peut être une femme, à condition qu’il ou qu’elle ne soit pas dans le chœur" De quel choeur parlez-vous? du choeur de chant ou du choeur de l'église qui redevient un lieu tellement sacré où les femmes ne pourront bientôt plus accéder que pour y faire le ménage... ► Pour ma part j'en arrive à souhaiter que votre candidature au sacerdoce n'aboutisse pas : c'est un peu méchant de ma part mais avec de telles conceptions sur les rôles que vous attribuez aux femmes et aux hommes, on n'est pas prêts de faire sortir l'Institution des ornières dans lesquelles elle se complait à s'embourber par manque de discernement et refus de s'ouvrir à l'action de l'Esprit...

Un petit mot juste pour dire que je n'arrive pas à télécharger le recueil malgré plusieurs tentatives !...

Je viens de vérifier, de mon côté, ça marche parfaitement. Je vous l'envoie par mail directement.

Je me demande souvent où vous vivez... Personnellement je suis depuis 48 ans dans une paroisse d'une des trois villes royales du diocèse de Versailles, paroisse qui va fêter ses 50 ans en octobre... Nous avons toujours eu des enfants de chœurs "garçons et filles"... Nous avons eu et avons toujours "une équipe liturgique mixte", hommes et femmes. Dimanche dernier, jour des Rameaux, je participais à la lecture de la Passion en lisant tout ce qui était "les disciples et amis" et (avec d'autres) :la foule. Pour donner la communion nous étions 8 : le célébrant, 3 hommes et 4 femmes. C'est moi qui suis allée chercher le ciboire au tabernacle et qui l'y est remis après que soient terminés la distribution de la Communion et les ablutions. Et ça tourne chaque dimanche comme cela... Nous avons toujours fonctionné comme cela avec les différents curés que nous avons eu pendant toutes ces années et l'EAP (équipe d'animation pastorale) comprend actuellement 3 personnes (2 femmes et un homme). J'ai été après quatre années à la Catho et la mort de mon mari, envoyée par l'évêque comme aumônier avec une autre femme..., dans un grand hôpital du diocèse... Nous appelions un prêtre lorsqu'il y avait un sacrement souhaité, nous étions susceptibles d'être appelées jour et nuit, nous faisions toutes les cérémonies d'obsèques qui étaient demandées à l'hôpital par les familles qui n'avaient pas de liens précis avec une paroisse et qui souhaitaient tout de même prier une dernière fois autour de leur défunt. Cette mission m'a beaucoup apportée et que ce soit là où dans ma paroisse j'ai toujours trouvé ma place, et d'excellentes relations dans ma collaboration avec les prêtres avec lesquels j'ai travaillé et travaille encore dans l'esprit de ce magnifique concile de Vatican II.

et bien Denise, réjouissez-vous, et soyez dans l'allégresse, et surtout priez pour que votre prochain curé ne mette pas tout ça à la poubelle comme ça arrive en bien des endroits, parce que hélas, vous n'y pourrez pas grand-chose. Si vous voulez voir où ça arrive, sortez le nez de votre belle paroisse, allez faire une petite visite chez vos proches voisins.

Si vous saviez, Christine, nous venons de changer de curé en septembre dernier et j'espère qu' il va rester un temps normal car il est encore plus près des personnes fragiles, pauvres, malades etc... et il sait écouter! ( je l'ai d'ailleurs connu, il y a une quinzaine d'années en hôpital, en réunions périodiques de relecture avec d'autres aumôniers d'hôpitaux du diocèse). Je n'ignore pas et ne souhaite pas faire oublier le négatif que l'on peut trouver ici ou là, je ne suis pas fermée et aveugle, je fréquente d'autres paroisses où c'est vrai, il n'y a pas la même ouverture, mais je dis aussi qu'une communauté a souvent les prêtres qu'elle mérite... en ce sens qu'un prêtre a bien sûr une influence sur la communauté mais la communauté peut aussi avoir une grande influence sur ses prêtres. J'ai aussi eu mes préférences et apprécie particulièrement le dernier changement... Nous avons eu pendant 12 ans dans les années 80-90 un curé originaire du diocèse de Rennes qui avait souhaité venir dans la région parisienne (au moment de la débâcle des prêtres de cette région des années 70), avec lequel, avec d'autres je suis restée en contact ; combien de fois ne nous a-t-il dit tout ce que son long séjour dans les différentes paroisses de la banlieue parisienne lui avait apporté dans sa vie spirituelle... Pour terminer, voici ce que nous avons vécu, la semaine dernière, le vendredi saint à la "Célébration de la Croix" de ma paroisse en accord avec les paroisses voisines : "tout simplement " un jeûne eucharistique total (pour nous redire que l'acte de communier n'est pas un geste de l'habitude et en solidarité avec ceux qui ne peuvent pas communier...) J'aimerais savoir si d'autres paroisses ont vécu cela ?... Amitiés à vous

@Denise je ne puis que me réjouir pour vous, mais lorsque vous dites qu'un communauté "a les prêtres qu'elle mérite", je ne peux pas vous suivre, et je crois que vous allez ajouter la colère à la détresse de communauté qui tombent entre les mains de prêtres "restaurateurs", qui ne connaissent que l'argument d'autorité: "c'est comme ça parce que je suis le curé". Croyez-moi, au cours des dernières années, j'ai reçu beaucoup de confidences de gens qui n'étaient vraiment pas portés à se plaindre, des paroissiens fidèles, sages, obéissants, qui se révoltent d'être maltraités, ignorés, virés. Pour tout vous dire, j'ai même eu des confidences d'évêques qui savent que certains de leurs prêtres ne seront pas du tout à leur place là où ils les envoient, mais qui n'ont personnes d'autre à nommer. je connais même deux communautés paroissiales qui ont été tellement brutalisées qu'elles ont dit à leur évêque: "pour l'instant, ne nommez personne", il faut qu'on se remette, qu'on panse nos plaies et nos bosses. Et l'évêque a compris. La communauté prend soin d'elle-même, et l'évêque délègue un prêtre pour célébrer la messe et les sacrements, pas toutes les semaines, quand c'est possible, et nécessaire.

Merci Christine, j'ai réussi à le télécharger via votre lien. Comme je n'ai accès à un Internet "normal" que quelques heures de ci delà, je commenterai plus longuement lors de mon retour chez moi. J'écris en ce moment depuis mon IPhone, ce qui me limite un peu. Toutefois je voudrais juste citer ce passage d'une homélie du pére Cantalamessa concernant la place des femmes aux côtés de Jésus : "Les femmes avaient suivi Jésus pour lui-même, en reconnaissance du bien reçu de lui, non dans l'espoir de faire carrière à sa suite". Et à la fin de l'homélie il met l'accent sur Marie-Madeleine "apôtre des apôtres". Comme il est (était ?) prédicateur de la maison pontificale, je me demande pourquoi ces belles paroles ne se concrétisent pas au plus haut niveau... Voici le lien vers l'homélie : http://www.zenit.org/article-15136?l=french Bien sûr le père Cantalamessa ne peut pas s'empêcher de glisser vers l'apologie des vertus dites "féminines" mais l'ensemble vaut le coup d'être lu. Désolée si ce commentaire n'est pas très "rédigé" mais ce n'est pas évident avec un petit clavier !

@ Pierre Je conçois bien l’attrait que la cléricature peut exercer sur vous, la société civile étant en effet moins accueillante que celle-ci aux petits schémas sexistes que vous nous donnez à voir. A prôner ainsi sans fard la discrimination, hors de l’Eglise, on risque même d’être assigné ! Mais quel est ce Dieu que vous désirez « servir dans le sacerdoce » ? Pas le Dieu de Jésus-Christ, sans doute ? Vous ne prétendez tout de même pas que le Christ cautionne les diktats que vous émettez ici ? (« Pourquoi viser ce qui n’est pas possible… à condition qu’elle ne soit pas dans le chœur … ») Je n’ai pas beaucoup d’illusions sur les capacités de l’institution à discerner, trop d’exemples accablants nous montrent les limites de cette prétention. J’espère néanmoins que vous serez recalé, car vos propos vous disqualifient pour exercer la charge de pasteur.

Je fais partie aussi d'une chorale, qui "un week-end par mois environ", chante la liturgie chorale du Père Gouzes dans différents lieux de culte de notre ville : une messe à la chapelle de l'hôpital et une à la paroisse principale de la ville le samedi après midi , une à la chapelle du carmel et une autre de nouveau à la paroisse principale, le dimanche matin... Les 4 lieux nous accueillent à bras ouverts et les communautés chantent de plus en plus. Nous sommes environ 60 inscrits (femmes et hommes) dans cette chorale et nous recrutons presque chaque mois. C'est notre onzième année, une femme l'a dirigée durant 6 ans et fatiguée a cédé la place à un jeune père de famille très compétent. Lors des deux messes se déroulant à la paroisse principale, nous sommes tous et toutes installés dans le "chœur de l'église", ( les chœurs des chapelles des deux autres lieux sont trop petits...) et lors des sessions où le Père Gouzes nous rejoint pour un WE de travail et de célébrations, (au maximum une fois par an ) et pour lesquelles nous invitons largement dans le diocèse, nous sommes entre 150 et 200 choristes dans le chœur de l'église...

Merci à Christine pour sa réponse. Non, une communauté n'a pas les prêtres qu'elle mérite. moi aussi j'appartiens au diocèse de Versailles, mais aucun roi n'est passé dans notre paroisse... les prêtres dont on a "hérité" cette année remettent tout en cause et particulier la place de la femme. j'ai essayé d'avoir une influence sur eux et j'ai été " virée" de ma responsabilité de catéchèse. Aux dernières nouvelles,notre prêtre refuse de laver les pieds des femmes le Jeudi Saint.Dieu ne serait -il abaissé que devant la moitié de l'humanité??? Et pourtant, si un jour cet homme se retrouve à l'hopital, il y de grandes chances que ce soit une femme qui le lave...

page de La croix d'hier sur les servantes d'autel à lire qui indique l'égale dignité par rapport aux garçons mais aussi le bon vouloir des curés même contre l'avis des évêques ...qui ne se positionnent pas par peur des jeunes prêtres qui sont les chefs! je pense que je n'ai pas lu le même Evangile !!

en partage réaction à la page de LA CROIX sur les servantes d'autel " Intéressant de savoir d’une manière claire la position officielle de l’église. Prendre position parfois serait encore plus intéressant que de laisser au choix de chacun des curés. Tout le monde n’a pas la chance d’avoir un Jean-Claude Vinet à la tête de sa Paroisse…. Il faudrait évangéliser les curés, c’est le rôle des évêques ! A St Philippe du Roule, à Paris, le curé a pris la position inverse : femmes exclues des lectures, de la distribution de la communion, filles exclues d’une certaine manière – n’ont plus le droit d’être en aube, mais en cape blanche, et n’approchent plus de l’autel. Dans certaines paroisses de par ici, les femmes n’ont plus le droit d’entrer en quelque sorte dans le chœur….. tandis que tout le monde se remet à chanter en latin….." sans commentaire

Ci-joint le lien pour accéder à l’article de La Croix, http://www.la-croix.com/Religion/S-informer/Actualite/Les-servants-d-autel-ne-sont-pas-uniquement-des-garcons-_EG_-2012-08-23-845410. L‘article est, pour l’instant, en accès libre. Il rappelle que, lors de la messe pontificale célébrée par Benoît XVI en Allemagne, en 2011, des filles étaient servantes d’autel. C’est fréquent en Allemagne et en Belgique, pour ne parler que de l’Europe. En France, l’instauration des servantes de la liturgie ou servantes de l’assemblée, inaugurée au Puy en Velay, gagne du terrain et instaure une hiérarchie visible selon les genres. Le vêtement est moins beau et les services rendus pas les filles ne sont que des services mineurs, dont on se passe lorsqu’elles ne sont pas là, même si elles s’acquittent souvent très bien des fonctions subalternes qu’on veut bien leur confier.