Communion et lectures : les femmes sont dignes de servir

Comité de la Jupe

Le Comité de la Jupe lance une campagne de soutien aux femmes discriminées dans l’accès aux fonctions liturgiques ouvertes aux laïcs

Dans des paroisses de plus en plus nombreuses, spécialement en certains diocèses et dans certaines fraternités de prêtres, les femmes sont systématiquement exclues des fonctions liturgiques de distribution de l’Eucharistie, voire de lecture de la Bible, sans même une explication préalable du curé.

Le silence de cette exclusion signe un manque de considération pour les fidèles très majoritairement féminins de nos paroisses et le caractère inavouable de cette discrimination.

Inavouable car le baptême, unique pour les deux sexes, réalise l’égalité des femmes et des hommes en Jésus i.

Inavouable car le droit de l’Église reconnaît ici cette égalité : nul ne peut nier le principe de l’égalité des femmes et des hommes devant l’appel à ce service.

Canon 208 du code de droit canonique :

« Entre tous les fidèles, du fait de leur régénération dans le Christ, il existe quant à la dignité et à l'activité, une véritable égalité en vertu de laquelle tous coopèrent à l'édification du Corps du Christ, selon la condition et la fonction propres de chacun. »

Congrégation pour le Culte divin :

« [ … ] les femmes remplissent souvent la fonction de lecteur dans la liturgie, et peuvent être appelées à distribuer la sainte communion, comme ministres extraordinaires de l’Eucharistie, ainsi qu’à exercer d’autres fonctions, comme il est prévu au canon. 230 § 3. »

Pourtant, les prêtres auteurs de cette exclusion s’affichent souvent par ailleurs comme les champions des normes romaines et certains disent même agir sur la recommandation de leur évêque.

Comment pouvons-nous faire valoir la dignité des baptisées ?

Les actions que nous vous proposons sont destinées aux femmes mais aussi aux hommes, car leur concours est précieux pour témoigner que la perte de la contribution féminine est un dommage pour toute l’Eglise.

Commençons par dialoguer

Nous pouvons nous inspirer de la correction fraternelle recommandée par Jésus :

« Si ton frère vient à pécher, va le trouver et reprends-le, seul à seul. S'il t'écoute, tu auras gagné ton frère. S'il n'écoute pas, prends encore avec toi un ou deux autres, pour que toute affaire soit décidée sur la parole de deux ou trois témoins. Que s'il refuse de les écouter, dis-le à la communauté. Et s'il refuse d'écouter même la communauté, qu'il soit pour toi comme le païen et le publicain. » (Mat 18,15-20, trad. Bible de Jérusalem).

Si vous avez sérieusement établi que votre communauté chrétienne a pour principe de n’appeler que des laïcs hommes à la distribution de la communion et/ou aux lectures, voici les cinq étapes que nous vous proposons :

  1. Communiquez au prêtre votre disponibilité pour les lectures ou la distribution de la communion. S’il vous répond que ce n’est pas un droit personnel, dites-lui que vous êtes d’accord et que vous seriez tout aussi contente si une autre femme était appelée à cet office. Si vous êtes un homme, dîtes au prêtre venant vous solliciter pour lire ou donner la communion : « je ne préfère pas mais vous pouvez demander à mon épouse / ma fille / ma sœur / mon amie ».
  2. Si le prêtre oppose un refus de principe (explicite ou implicite) à l’exercice de ces fonctions par les femmes, engagez la discussion avec lui, seule1 ou en couple, après la messe ou plus tard dans la semaine. Avec bienveillance et dans un endroit paisible, dites d’abord vos besoins spirituels, l’incompréhension que vous cause cette exclusion, et rappelez ensuite que le droit de l’Église permet d’appeler également des femmes et des hommes (vous pouvez lui donner un exemplaire des normes rappelées dans cet article [Lien vers article ci-dessous]). Si votre colère l’emporte, c’est légitime : votre dignité et vos droits sont bafoués. Essayez toutefois de « gagner un frère » en l’éclairant plus qu’en l’accablant.
  3. Si cette démarche est inefficace, parlez-en à deux ou trois ami-e-s qui pourraient partager votre préoccupation, si possible des personnes qui entretiennent de bonnes relations avec le prêtre ou travaillent avec lui. Et rencontrez-le à nouveau, sans publicité.
  4. Si rien n’y fait, rendez publique votre demande et le refus rencontré, en en parlant largement dans votre communauté, puis envoyez éventuellement un-e délégué-e d’un groupe plus large.
  5. En dernier recours, contactez le Comité de la Jupe : nous vous aiderons à avertir les autorités compétentes et pourrons éventuellement faire écho à votre situation. Écrivez à comitedelajupe@laposte.net

Pour aller plus loin : Communion et lectures : que dit le droit de l’Église ?

Notes

1 Dans la mesure où vous vous adressez à une personne exerçant l’autorité dans votre communauté, à un « père » qui pourrait avoir du mal à se considérer comme un frère, il peut vous paraître écrasant de rencontrer votre curé seule à seul. Libre à vous dans ce cas de sauter les premières étapes que nous vous proposons ou d’opter pour un moyen qui vous paraîtra plus libérateur.

i Épitre aux Galates 3, 27-28 : « Vous tous en effet, baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ : il n'y a ni Juif ni Grec, il n'y a ni esclave ni homme libre, il n'y a ni homme ni femme ; car tous vous ne faites qu'un dans le Christ Jésus. » (Traduction Bible de Jérusalem)

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