Blues/Requiem pour les petites servantes d'autel.

Comité de la Jupe

Déjà, sous le pontificat de Jean-Paul II, les petites filles servantes d'autel suscitaient la méfiance du Vatican. On arguait dans ses couloirs feutrés  qu'à leur donner un doigt, l'Église pourrait y perdre le bras ; laisser la féminine engeance frôler de trop près les autels, n'était-ce pas  courir le risque de fourrer dans la tête de ces femmes en herbe, la pernicieuse envie de  réclamer un jour la prêtrise?

Illustration :

Dans les années 90, un vicaire de ma paroisse -qui avait travaillé quelques années auparavant dans l'entourage pontifical- a eu l'opportunité d'y revenir avec son groupe d'enfants de choeur. Faveur insigne, les enfants seraient admis à servir une messe dans la chapelle privée du pape. Seul problème : il y avait une fille parmi eux. Les Monsignore ont fait la grimace. Ils n'ont rien voulu rien promettre. En tout cas, pas donner l'assurance qu'elle serait admise avec ses camarades. Dans ces conditions voulait-elle toujours venir à Rome ?

Elle le voulait.

Ce n'est qu'au petit matin du grand jour, devant la porte dérobée menant aux appartements privés du pape, que la fillette a appris qu'elle ne serait pas obligée- comme cela avait été envisagé- d'attendre là les garçons.

À cette époque, la foudre n'était pas encore tombée sur les petites servantes d'autel ; elle a pu servir la messe au milieu d'eux et recevoir comme eux un chapelet béni des mains du pape.

Qu'en serait-il aujourd'hui ?

Anne C

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