Benoît XVI, le bon élève : "Faites comme moi !"

Comité de la Jupe

2008-12-17benoit-xvi

Cet après midi, dans l'avion qui l'emmenait au Cameroun, Benoît XVI a fait une déclaration où il a renouvelé sa condamnation du préservatif, allant même plus loin que Jean-Paul II.

Pourquoi le pape, qui reconnaît avec une humilité touchante qu'il n'est pas compétent en matière politique et économique, oublie-t-il cette modestie pour affirmer avec aplomb (c'est le moins que l'on puisse dire!) que le préservatif "ne fera qu'augmenter le problème"?

Sans doute veut-il dire que la permessivité sexuelle que le préservatif favorise - peut-être, mais ce n'est pas si sûr! - augmente les risques de contamination du sida? Mais de quelle compétence, de quelle expérience, de quels soins médicaux prodigués aux malades, s'arme-t-il pour parler ainsi?

Outre que cette prise de position du Vatican, pour être constante, n'en est pas moins surpenante, quasiment incompréhensible, surtout dans sa radicalité péremptoire, le pape, ici, ne se trompe-t-il pas de problème?  La permessivité est une chose, la lutte contre la maladie une autre.

Où est la prise en compte de la réalité dans de tels propos? On mesure, à l'entendre, le décalage qu'il y a entre un penseur en chambre et un responsable politique. Parfois, il est bon que les instances morales rappellent la norme, mais en l'occurrence, cette "norme" est trop contestable pour s'imposer, surtout lorsque la vie de milliers de personnes est en jeu.

Et, facteur aggravant de ce décalage, la pensée vers laquelle le pape, "penseur en chambre", s'investit, est d'ordre religieux, domaine où la spéculation est inévitable, et risque toujours de filer vers l'azur du ciel. Elle prépare donc encore moins à des prises de paroles de ce genre. Seul un débordement de miséricorde, une empathie vigoureuse avec ceux que l'on visite et qui souffrent pourraient corriger cette incompétence... Si celles-ci pouvaient s'imposer....

A essayer de comprendre la pensée de cet être brillant, courtois, déconcertant, je me sens comme la petite héroine du conte qui entre dans un palais de glace, séduisant de froide beauté, où la norme prime sur le réel de la vie des gens. Je ressens le poids de l'idéal, la terrible étreinte d'une main de fer qui organise toute la vie autour d'un projet, grandiose au risque d'en être tyrannique, insoucieux des corps, des êtres, de la complexité des histoires humaines. Organiser sa vie plutôt que la vivre.
Je ressens aussi la pesante, la dramatique incapacité à se mettre à la place d'autrui.
Il y a en ce pape quelque chose du bon élève qui dit aux autres : "Mais vous n'avez qu'à faire comme moi !"
Anne Soupa

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Commentaires

Vos propos sont durs. Ceux de Notre Seigneur aussi sont durs et réalistes : "On ne s'attache qu'à un seul maître". Vous avez visiblement fait votre choix. Cordialement, Paul

@Bizard En effet, nous avons choisi notre camp, celui du Christ, et nous avons de sérieuses raisons de penser que c'est aussi celui du Saint Père. Christine pour le Comité

Oui, vous avez raison, le camp du Saint Père est celui du Christ. Tellement raison que le SP est même le représentant du Christ ! Alors pourquoi ne pas lui faire confiance ? Est-ce si déchirant ? Personnellement, je préfèrerais quitter L'Eglise plutôt que prendre le risque de blesser NSJC et de me damner par la même occasion. Je sais que mes propos vont vous paraître rétrogrades. Cordialement, Paul

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