8 mars, journée Internationale des Femmes

Comité de la Jupe
Le Comité de la Jupe s’associe de bon cœur à la journée du 8 mars en l’honneur des femmes.  À cette occasion, Michelle Colmard Drouault en a retracé l’histoire. Pourquoi le 8 mars ?  Le 8 mars 1857, à New York, des couturières descendent dans la rue pour dénoncer leurs conditions de travail et l’exploitation des femmes en général. Le 8 mars 1909, d’autres ouvrières américaines, en souvenir de ce jour, manifestent à leur tour. En 1910, lors de la deuxième conférence Internationale des femmes socialistes à Copenhague, la journaliste allemande Clara Zetkin propose d’organiser une « Journée Internationale des Femmes » pour commémorer ces actions courageuses, et servir de tremplin à la revendication de suffrage des femmes. (À l’époque, seules les femmes de Nouvelle Zélande avaient obtenu le droit de vote en 1893).  Les déléguées de 17 pays acceptent avec enthousiasme.  Le 8 mars 1914, les femmes allemandes réclament dans la rue le droit de vote. Le 8 mars 1915 en Angleterre, une pétition pour le suffrage des femmes réunit un demi-million de signatures. Les Allemandes obtiendront le droit de vote le 12 novembre 1918, et les Anglaises, à peu prés en même temps. Les Américaines attendront le 26 août 1920, par le 19e amendement à la Constitution. Plus tard, le 8 mars 1937, des femmes espagnoles manifestent contre le franquisme au péril de leur vie… Et nous ? Si dès 1792, Théroigne de Méricourt proclamait : « Citoyennes, armons-nous ! Nous en avons le droit par la nature, et même par la loi ; montrons aux hommes que nous ne leur sommes inférieures ni en vertu, ni en courage ! » Si en 1848, George Sand renchérissait : « Oui, l’égalité civile, l’égalité dans le mariage, l’égalité dans la famille, voilà ce que vous pouvez, ce que vous devez demander, réclamer. », il nous a fallu attendre 1944 pour le droit de vote, et 1970 pour l’autorité parentale conjointe. En mars 1982, en France, le Mouvement de Libération des Femmes impulse une pétition pour demander au gouvernement que le 8 mars soit désormais une fête nationale, chômée et payée, et se donne le but de rassembler 50 000 signatures pour cette initiative populaire : « Pourquoi une fête nationale des femmes ? demandent-elles, les femmes en France sont 52 % des citoyens, c’est-à-dire la majorité. Toutes travailleuses, nous le sommes une fois, deux fois, trois fois : nous faisons les enfants, nous travaillons à la maison, nous avons une activité professionnelle. Travailleuses à la puissance trois, nous sommes, dans chacune de nos activités trois fois surexploitées…» La reconnaissance du 8 mars comme symbole de la lutte des femmes pour l’égalité, s’impose ! » C’était il y a 28 ans. Le statut de fête légale a été refusé, mais une manifestation, des assises, ont réuni des milliers de femmes partout en France. La date est restée populaire. Peu après ont été votées :
  • La loi Roudy sur l’égalité professionnelle
  • Le statut de conjoint collaborateur pour les épouses d’agriculteur et d’artisan ou de commerçant
  • L’égalité parentale en matière de gestion des biens des enfants mineurs (1985 !)
Où en sommes-nous en France ? Il existe toujours un écart de 20 % entre les salaires masculins et féminins, et de 17 % entre un homme et une femme célibataire sans enfants exerçant la même profession. Les femmes constituent 82 % des travailleurs à temps partiel, 80 % des smicards. Elles effectuent en moyenne 680 heures par an de travail domestique non rémunéré. Il n’y a toujours que 9 % de femmes chef d’entreprise. La représentation politique des femmes est une des plus faibles d’Europe. 19 % de députées, 69e rang de l’Union, 22 % de sénatrices… Même des lois instituées, soi disant en faveur de l’égalité, ne font qu’aggraver les choses : la loi du 31 janvier 2007 sur les mandats électoraux et les fonctions électives, institue un suppléant devant être de sexe opposé au candidat. Or, ce dispositif a conduit à reléguer les femmes au statut de suppléantes, car 80 % des titulaires investis sont des hommes. « Cette situation constitue un déni de l’égalité politique entre hommes et femmes » estime un expert du CNRS. Et où en sommes-nous, nous, femmes chrétiennes ?  Je suppose qu’on pourrait faire les mêmes statistiques sur la division des tâches dans l’Eglise ! Par ailleurs, j’estime qu’on doit contester Que le féminisme soit sous condition de laïcité : c’est un amalgame qui disqualifie ou annule les luttes féministes au sein de mouvements religieux (et il y en a ! il existe des féministes musulmanes ou juives, qui luttent contre les interprétations misogynes des textes de leur religion,… et nous, au comité de la jupe, avons aussi réagi en tant que femmes !) Cette association obligatoire ne tient pas compte non plus des luttes de femmes dans des sociétés non laïques dans le monde. L’espace de lutte des femmes est « hors cadre », il dépasse le cadre des clivages et partis. BON 8 MARS à toutes ! Prenez cette journée pour vous ! Partout en Île de France, dans toutes les municipalités, auront lieu des débats, des animations, des spectacles… Michelle Colmard Drouault.
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Commentaires

le 8 mars 2011, émission matinale sur radio Notre Dame "la voix est libre" sur le FEMINISME. Fort intéressante sur notre société, mais RIEN sur le machisme et le féminisme dans l'Eglise ! Censure ecclésiatique ? Auto-censure ? J'ai demandé deux fois au 01 5656 4444, je n'ai pas obtenu, la parole en tant qu'auditeur ; j'avais annoncé que je demanderais quelle était l'importance du COMITE DE LA JUPE. RND m'a rappelé mais je ne suis pas passé à l'antenne. Denis

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