Être catholique : se mettre à l'école de l'amour

Comité de la Jupe

J.F.Bouthors

« Aime et fait ce que tu veux ! » dit saint Augustin. S’il me faut dire ce que signifie être catholique, c’est de là que je partirai. L’ordre des mots d’Augustin soumet le vouloir à l’amour. Autrement dit : « Que ton faire soit l’expression de ton vouloir commandé par l’amour ! » Jésus nous a laissé son commandement nouveau : « Aimez-vous les uns les autres… C’est à l’amour que tous vous reconnaîtront pour mes disciples… » Mais quel est donc cet amour ?

Aimer, comme en parle saint Augustin, c’est un acte bien plus qu’un sentiment, une détermination personnelle, un vouloir, mais un vouloir qui n’enferme pas, qui consent à l’incertain et s’ouvre à l’inattendu. C’est une aventure toute d’écoute, d’humilité, dans laquelle peu à peu s’affine le vouloir, et qui, chemin faisant, mène à la liberté. La liberté est moins le début de l’amour que son aboutissement, son fruit – comme la joie.

Cet amour-là, naturellement, n’est pas enfermé dans les frontières du catholicisme. Cependant, c’est là que je l’ai reçu. Et pour moi, être catholique, c’est avant tout se mettre à l’école de cet amour auquel Jésus a donné chair. Au point que nous comprenons, en Jésus, que cet amour est Dieu.

Parce que l’Église se veut communion, elle est ce lieu où nous pouvons nous soutenir les uns les autres dans l’amour, nous encourager et nous corriger. Parce qu’elle est humaine, l’Église, est un lieu où l’amour est à la fois servi et blessé, mais, en la personne du Fils de l’homme, la blessure appelle à la remise en question, pour aimer davantage. En la personne du Fils de l’homme, nous apprenons que l’amour est fort comme la mort, qu’il traverse la nuit…

Être catholique, c’est croire que dans la communion de ceux qui ont, sont et seront appelés par le Fils vers le Père, cet amour peut être découvert, reçu, vécu, donné, pour tous les hommes sans exception aucune, parce que tous naissent de cet amour. Être catholique, c’est croire que cet amour est le nom d’un salut – d’une vie en plénitude – qui ne connaît aucune frontière, pas même celle de l’Église. Être catholique, c’est vouloir servir cet amour, s’en savoir incapable par soi-même, et s’en découvrir pourtant la force et la joie, par la grâce de cet amour lui-même. Être catholique, c’est cet appel, ce très puissant désir…

Jean-François Bouthors


Nota du comité : bien sûr, on pourrait dire "chrétien" au lieu de "catholique".

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