À propos du genre : « D’autres » catholiques parlent.

Comité de la Jupe

L’introduction des notions de sexe et genre dans les nouveaux manuels scolaires de SVT (Sciences de la vie et de la Terre), continue à faire couler beaucoup d’encre et cause beaucoup de réactions, que l’on peut trouver disproportionnées. Cette abondance d’écrits et de gesticulations a fait pour moi référence à ce que dit Michel Foucault dans « La volonté de Savoir », au chapitre : « L’hypothèse répressive » : « Depuis le XVIIe siècle, le sexe n’a cessé de provoquer une sorte d’éréthisme discursif généralisé (...) Sur le sexe, la plus intarissable, la plus impatiente des sociétés, il se pourrait que ce soit la nôtre (…) tant parler du sexe, aménager des dispositifs insistants pour en faire parler, mais sous des conditions strictes, cela ne prouve-t-il pas qu’il est sous secret, et qu’on cherche à l’y maintenir encore ? » Cette dernière hypothèse m’a paru tout à fait adaptée au débat actuel. Le reproche sous-jacent fait à ce manuel n’est il pas de « révéler » quelque chose qui devrait être maintenu sous le boisseau ? Le « secret » n’est il pas cette évidence, considérée comme dangereuse par certains, que nous ne sommes pas pré-déterminés à certains rôles sociaux et comportements, de par notre sexe biologique ? En tout cas, même si une pétition contre la publication du manuel en cause a réuni des catholiques, l’opinion des catholiques est loin d’être homogène. Pour preuve, ce communiqué de l’association « FHDLES » que nous transmettons.

Michelle. C Drouault.

Réponse aux 80 députés : des catholiques disent oui à la lutte contre les stéréotypes grâce aux analyses de genre dans les manuels scolaires de sciences de la vie

80 députés UMP ont écrit au Ministre de l’Éducation pour dénoncer la présentation de l’identité sexuelle dans les nouveaux manuels scolaires de SVT. Nos 80 députés semblent croire que le comportement « masculin » ou « féminin » découle en droite ligne de nos hormones et de la forme de nos organes génitaux et certainement pas de notre culture ou d’un rapport de pouvoir. Pas de notre culture ? Alors pourquoi s’inquiètent-t-ils de la place des femmes dans l’Islam ? Et pourquoi prennent-ils la peine de signer des pétitions pour que l’éducation nationale enseigne aux jeunes les rôles encore traditionnellement transmis comme masculins et féminins ? Pas d’un rapport de pouvoir ? Alors pourquoi fallut-il attendre 1944 pour que les hommes accordent le droit de vote aux femmes ? Et pourquoi les nombreux hommes toujours au pouvoir à l’assemblée nationale freinent-ils l’inscription des femmes dans leurs listes électorales au mépris des lois sur la parité en politique ? Le genre est une catégorie d’analyse qui permet de rendre compte des variations, des enjeux et des modalités de la distinction entre les sexes ainsi que de l’organisation sociale des relations entre les femmes et les hommes. Les analyses de genre sont mises à profit par le programme officiel pour interroger les « préjugés » et les « stéréotypes », ce qui est la base de toute démarche scientifique. Nous sommes loin de la prétendue idéologie qui viserait à ce que chacun-e fasse tout et n’importe quoi de manière arbitraire, comme le prétendent certains. L’orientation générale des manuels scolaires est juste : remettre en question ce qui est souvent présenté comme un destin biologique et qui se solde par l’enfermement des personnes dans les rôles hiérarchisés attribués aux deux sexes. L’association FHEDLES (Femmes et Hommes, Égalité, Droits et Libertés dans les Églises et la Société) anime depuis dix ans le centre « Genre en Christianisme » qui a pour objet l’étude critique de la construction religieuse du genre et de ses modes d’influence dans la société civile. Nous nous désolidarisons des groupes catholiques qui ont inspiré aux députés leur indignation contre les analyses de genre. Le centre Genre en Christianisme ce sont 2000 ouvrages spécialisés consultables à la Bibliothèque du Saulchoir (43bis rue de la Glacière 75013 Paris), des cycles de conférences universitaires, l’allocation d’une bourse de recherche.

Vous trouverez plus d’informations sur le site de la FHEDLES
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Vous pouvez aussi contacter l'association à l'adresse suivante : contact@fhedles.fr

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